Antiquités d'Herculanum, Tome II. Peintures

À PARIS
CHEZ: PIRANESI, Frères, place du Tribunat, n°. 1354; LEBLANC, Imprimeur-Libraire, place et maison Abbatiale St.-Germain-des-Prés, n°. 1121.
Le Dieu de la poésie est représenté assis sur un trône, et jouissant de ce calme heureux, ami des vers et de l'imagination. Toute son attitude caractérise le repos, sur-tout ce bras replié sur sa tête, ainsi qu'on le voit dans plusieurs monumens antiques; sa main droite repose sur une lyre à onze cordes; une longue draperie retombe avec négligence de son épaule, glisse le long de son corps, et, laissant nu toute la partie supérieure, vient se rassembler sur ses cuisses. Le Dieu est couronné de lauriers, et près de lui s'élève un rameau de cet arbre qu'il chérit. Ce rameau rappelle l'usage des chanteurs qui tenaient à la main une branche de laurier quand ils ne s'accompagnaient pas sur la lyre, de-là l'expression proverbiale chez les Grecs, chanter au laurier ; la branche de laurier pourrait aussi avoir trait aux purifications religieuses auxquelles présidait Apollon. Le peintre a peut-être voulu représenter ici Apollon Musagètes , le guide des Muses; c'est du-moins l'attribut que nous lui donnons ici, en lui faisant précéder les Muses, la tête de ce volume.
Cette peinture et les suivantes, d'égale proportion, furent trouvées ensemble dans les fouilles de Résine, en 1755; les ornemens qu'on voit au bas, sont indépendans des sujets.
SUJET PRINCIPAL.—Hauteur, 11 p°. 2 lig.—Largeur, idem .
Après Apollon, Considéré comme Dieu des arts et de la poésie, se présentent les Muses, ces aimables divinités auxquelles ont sacrifié les beaux génies de l'antiquité, et dont le culte a été transmis fidèlement jusqu'à nous. Le divin Homère, leur premier favori, les reconnaît au nombre de neuf; Hésiode les nomme dans l'ordre suivant, que nous avons adopté: Clio, Euterpe, Thalie, Melpomène, Terpsichore, Erato, Polymnie, Uranie et Calliope . On a varié souvent dans les attributs qui conviennent à chacune d'elles; aucun monument ne fait mieux autorité que les peintures précieuses de l'antique Herculanum; les inscriptions dont chaque figure est accompagnée fixent toutes les incertitudes; c'est un mérite très-rare, et qui rachète quelques légères négligences qu'on a pu remarquer dans quelques unes d'entr'elles; ces incorrections ont fait penser que l'artiste n'en était pas l'inventeur, mais qu'il les avait copiées d'après d'excellens originaux. En remontant à une plus haute antiquité, ou en supposant des modèles arrêtés, on accorderait ces figures un degré d'authenticité encore plus précieux. Quoi qu'il en soit, cette suite est vraîment inappréciable. On ne doit pas chercher dans les couleurs des draperies, des intentions particulières pour chacune de ces divinités; c'est plutôt l'effet du caprice qu'une allusion mystérieuse. On remarquera, avec plus de justesse, que les tuniques longues ( talares ), l'agencement modeste des draperies et l'expression douce qui règne dans les traits des Muses, conviennent aux chastes Sœurs. Cette précieuse collection, envoyée en présent par le roi de Naples, orne actuellement le cabinet de l'Impératrice, à la Malmaison.

Tommaso Piroli
О книге

Язык

Французский

Год издания

2005-12-05

Темы

Herculaneum (Extinct city) -- Antiquities

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