Les grandes chroniques de France (2/6) / selon que elles sont conservées en l'Eglise de Saint-Denis
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PUBLIÉES PAR M. Paulin Pâris De l'Académie royale des Inscriptions et Belles-Lettres.
1837.
Note 1: Mémoires de l'Académie des Inscriptions . Tome IV, in-4°.
A compter de cet anonyme, si curieux de la gloire de l'abbaye de Saint-Denis et dont le récit offre un mélange de traditions vulgaires, de légendes pieuses et de souvenirs véridiques, l'histoire de France tombe entre les mains des ennemis de la race mérovingienne. Les successeurs de Clovis II disparoissent de la scène active du monde, et l'on ne dit pas même comment Clovis II mourut. On lui prodigue les outrages, on lui donne l'épithète d'insensé qu'il peut avoir méritée dans les dernières années de sa courte existence, mais dont chacun de ses successeurs légitimes ne devoit pas être responsable. C'est à qui fera le plus de reproches à ces derniers, dont les droits légitimes étoient, après tout, le véritable crime. Ils avoient les mains liées, on les blâme de leur fainéantise; ils étoient gardés à vue dans de lointaines maisons de campagne, on les accuse de vivre au sein de la mollesse. «A quoi bon,» disoit-on autour des maires du palais, «des rois qui ne règnent pas, des enfants qui prétendent gouverner des hommes?» Puis, si le Mérovingien prenoit des années ou faisoit mine de vouloir détacher ses mains enchaînées, on lui donnoit secrètement un breuvage, ou bien on le laissoit assassiner en public: heureux quand on se contentoit de lui ravir sa glorieuse chevelure et de le confiner dans un monastère.
Peut-être, moins opprimés, ces princes se seroient-ils montrés dignes de leurs ancêtres. Mais il eût d'abord fallu les imiter en forfaits, et malheureusement pour eux, Nantilde, veuve de Dagobert Ier, ne fut pas une Frédégonde: elle ne voulut pas défendre avec des ruisseaux de sang les avenues du trône auquel étoit appelé son fils; elle ne sut pas tenter de nouvelles guerres et promener à la tête des armées le roi Clovis, âgé de cinq ans. Si les Mérovingiens succombèrent, c'est uniquement parce que les François étoient toujours les fils des compagnons du grand Clovis, et parce qu'il leur falloit toujours un chef qui reçût leurs serments en échange de butin et de dépouilles. On a beaucoup parlé de l'amour superstitieux de nos premiers ancêtres pour leurs princes héréditaires; je n'ai pu reconnoître aucune trace d'un pareil sentiment dans nos vieilles annales. Quand Childeric Ier oublie la guerre pour les femmes, ses leudes l'abandonnent et vont mettre leurs services aux pieds d'un Romain plus belliqueux. Le fort roi Clovis attire dans les rangs de ses guerriers vainqueurs les hommes d'armes de tous ses parents, rois chevelus, héréditaires et légitimes aux mêmes titres que lui. Plus tard, n'avons-nous pas vu les Francs courir au devant de Sigebert, de Chilperic et de Clotaire; dès qu'il s'agissoit de dépouiller un enfant et de partager la proie d'un vaincu? Partout où l'on se bat, les Francs y courent de préférence; et s'ils restent long-temps dévoués aux fils de Clovis, c'est que tous étoient des lions ou plutôt des tigres singulièrement dignes de ceux qui les maintenoient sur le pavois. Childebert, Clotaire Ier, Chilperic, Clotaire II, Dagobert Ier, voilà des noms assez terribles, assez redoutables: et comment ces bêtes féroces n'auroient-elles pas trouvé dans les François de ces temps-là une admirable sympathie, une fidélité à toute épreuve? Mais, dès que le prince guerrier vint à manquer, il dut se présenter quelque audacieux sujet pour prendre sa place. Et quand le trône eut été plusieurs fois de suite occupé par des enfants, il dut se former une nouvelle famille de guerriers, opposant son hérédité à celle de la première race royale. Voilà comment les Carliens ou Carlovingiens furent aisément substitués aux descendants du fort roi Clovis.
Unknown
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HISTOIRE DE FRANCE.
DEUXIÈME DISSERTATION
LA SUITE DU CINQUIESME LIVRE DES GRANDES CHRONIQUES.
LE PREMIER LIVRE DES FAIS ET DES GESTES LE FORT ROY CHARLEMAINES.
I.
II.
III.
IV.
V.
VI.
VII.
VIII.
IX.
X.
XI.
LE SECOND LIVRE DES FAIS ET DES GESTES LE FORT ROY CHARLEMAINES.
I.
II.
III.
IV.
V.
VI.
VII.
CI COMENCE LE TIERS LIVRE DES FAIS ET DES GESTES LE FORT ROY CHARLEMAINES.
I.
II.
IV.
V.
VI.
VII.
VIII.
IX.
X.
XI.
XII.
LE QUART LIVRE DES FAIS ET DES GESTES LE FORT ROY CHARLEMAINES.
I.
II.
III.
IV.
V.
VI.
VII.
VIII.
IX.
X.
LE SIXIESME LIVRE DES FAIS ET DES GESTES LE FORT ROY CHARLEMAINES.[665]
I.
II.
III.
IV.
V.
VI.
VII.
VIII.
IX.
X.
CI COMENCENT LES GESTES DU DÉBONNAIRE ROY LOYS.
I.
II.
III.
IV.
V.
VI.
VII.
VIII.
IX.
X.
XI.
XII.
XIII.
XIV.
XV.
XVI.
XVII.
XVIII.
(DES CHRONIQUES SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS.)