Les mille et une nuits: contes choisis - Unknown

Les mille et une nuits: contes choisis

PARIS.—IMP. SIMON RAÇON ET COMP., RUE D'ERFURTH, 1
CONTES CHOISIS
TRADUITS DE L'ARABE PAR GALLAND
ILLUSTRATIONS DE GODEFROY DURAND
PARIS MORIZOT, LIBRAIRE-ÉDITEUR RUE PAVÉE SAINT-ANDRÉ, 5

Les chroniques des Sassaniens, anciens rois de Perse, qui avaient étendu leur empire dans les Indes, dans les grandes et petites îles qui en dépendent, et bien loin au delà du Gange jusqu'à la Chine, rapportent qu'il y avait autrefois un roi de cette puissante maison, qui était le plus excellent prince de son temps. Il se faisait autant aimer de ses sujets par sa sagesse et sa prudence, qu'il s'était rendu redoutable à ses voisins par le bruit de sa valeur, et par la réputation de ses troupes belliqueuses et bien disciplinées. Il avait deux fils: l'aîné, appelé Schahriar, digne héritier de son père, en possédait toutes les vertus; et le cadet, nommé Schahzenan, n'avait pas moins de mérite que son frère.
Après un règne aussi long que glorieux, ce roi mourut, et Schahriar monta sur le trône. Schahzenan, exclu de tout partage par les lois de l'empire, et obligé de vivre comme un simple particulier, au lieu de souffrir impatiemment le bonheur de son aîné, mit toute son attention à lui plaire. Il eut peu de peine à y réussir: Schahriar, qui avait naturellement de l'inclination pour son frère, fut charmé de sa complaisance, et par un excès d'amitié, voulant partager avec lui ses États, il lui donna le royaume de la Grande-Tartarie. Schahzenan alla bientôt en prendre possession, et il établit son séjour à Samarcande, qui en était la capitale.
Il y avait déjà dix ans que Schahriar vivait heureux sans que rien troublât sa sécurité, quand une circonstance inattendue vint lui apprendre la déplorable conduite de la sultane son épouse, qu'il chérissait, et dont il se croyait tendrement aimé.
Schahriar conçut alors un projet de vengeance bizarre et cruel; ce fut de choisir chaque jour une nouvelle femme qu'il ferait étrangler le lendemain. Il jura sur le saint nom de Dieu, d'être fidèle à la loi barbare qu'il s'était imposée, et ne tint que trop bien sa parole. Ses officiers exécutaient ses ordres avec une obéissance aveugle; enfin chaque jour c'était une fille mariée et une femme morte.

Unknown
Содержание

О книге

Язык

Французский

Год издания

2011-04-26

Темы

Fairy tales; Tales -- Arab countries

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