Roman d'Eustache le moine, pirate fameux du XIIIe siècle / publié pour la première fois d'après un manuscrit de la bibliothèque royale
Ce volume, publié aux frais de MM. Monmerqué, membre de l'Institut, de la Société des Bibliophiles françois, etc., P. de Larenaudière, Secrétaire de la Société de Géographie, etc., et Francisque Michel, a été tiré à cent dix exemplaires, dont quinze sur papier de Hollande, et trois sur papier de couleur.
TYPOGRAPHIE DE FIRMIN DIDOT FRÈRES. IMPRIMEURS DE L'INSTITUT, RUE JACOB, N o 24.
PAR FRANCISQUE MICHEL
PARIS CHEZ SILVESTRE LONDRES PICKERING MDCCCXXXIV
SUR LE ROMAN
Quoi qu'il en soit, les chroniques se taisent ensuite sur le compte d'Eustache jusqu'à ce qu'elles aient à parler du combat dans lequel il perdit la vie. Mais nous trouvons d'autres renseignements sur lui dans des pièces dont l'autorité a encore plus de poids, et ces renseignements nous instruisent de faits qu'on chercheroit vainement dans les chroniques: nous voulons parler des lettres closes des rois d'Angleterre que vient de publier notre savant et excellent ami M. Thomas Duffus Hardy, attaché aux archives de la Tour de Londres. Dans cet ouvrage, auquel on ne sauroit accorder trop d'éloges, nous trouvons les pièces suivantes relatives à Eustache:
I. «Le Roi (Jean), à Enguerrand de Sandwich, etc. Nous vous mandons que les deniers qu'Eustache le Moyne et les hommes de justice ont arrêtés et que vous avez en votre garde, vous les délivriez, pour les garder, à notre cher W., archidiacre de Taunton, parce que nous lui avons mandé qu'il les reçoive de vous. Témoin, moi-même, à Gillingeham, le 13 novembre (1205). Par Philippe de Lucy.
II. «Il est ordonné à W., archidiacre de Taunton, que vous (archidiacre) preniez d'Enguerrand de Sandwich, pour les garder dans la main du Roi, les deniers qu'Eustache le Moyne et les hommes de justice ont arrêtés et que le même Enguerrand a en sa garde, parce qu'il a été mandé à ce dernier qu'il vous les délivre.
III. «Le Roi, au vicomte de Norfolk, etc. Sachez que nous avons donné répit à Eustache le Moine pour le payement des vingt marcs qu'il nous doit, jusqu'à la Saint-André, c'est pourquoi nous vous mandons que vous mettiez en répit, jusqu'à la fête susdite, la demande que vous lui en faites, et que vous le laissiez jouir en paix, tant qu'il sera présent à notre service et tant qu'il nous plaira, de deux marquées de terre dont lui Eustache a été saisi dans l'étendue de votre juridiction. Témoin, G., fils de Pierre, à Westminster le 13 octobre (1212). Par le même, en présence des barons de l'Échiquier.