L'Illustration, No. 1592, 30 Août 1873
L'ILLUSTRATION
JOURNAL UNIVERSEL
31e Année.--VOL. LXII.--Nº 1592
SAMEDI. 30 AOÛT 1873
ÉVÉNEMENTS D'ESPAGNE.--Un poste d'insurgés surveillant l'entrée de la rade de Carthagène.
L'événement de la semaine, c'est le discours prononcé à Evreux par M. le duc de Broglie en réponse au toast que lui avait porté M. Pouyer-Quertier, président du conseil général, pendant un dîner offert par M. le préfet de l'Eure.
«Je vous remercie, a dit M. le vice-président du conseil des ministres, je remercie ceux de mes collègues qui se sont associés à vos paroles par leur assentiment, des témoignages si chaleureux de sympathie dont vous voulez bien m'honorer. Je les reçois avec une vive satisfaction, non pas en mon nom personnel (je ne mérite pas de tels éloges, pas plus que je ne les recherche), mais au nom du gouvernement que je représente, du président de la République qui est le chef de ce gouvernement, et de l'Assemblée nationale qui l'a investi de sa confiance.
«Le concours que vous nous apportez nous est aussi précieux que nécessaire. Nous sommes engagés dans une lutte périlleuse, non, quoi qu'on en dise, contre aucune institution, ni aucune opinion politique, mais contre ces principes destructeurs de tout ordre social qui se sont glissés dans trop d'esprits pendant le trouble causé par nos calamités publiques, et qui ont déjà, une fois, dans un jour néfaste, mis le comble à nos désastres. Cette lutte ne peut être l'œuvre ni d'un seul acte ni d'un seul jour; le mal que nous poursuivons se reproduit sous cent formes différentes; il faut le suivre sous ses déguisements divers et faire face à toute heure à ses attaques. Le succès serait impossible si nous ne pouvions compter sur le concours ferme, actif, de tous les gens de bien, tous également intéressés, quels qu'ils soient et de quelque part qu'ils viennent, dans cette cause qui leur est commune. Nous pouvons leur promettre l'appui d'une administration vigilante, dévouée à l'inflexible exécution des lois; mais il faut qu'à leur tour ils nous aident et s'aident eux-mêmes. Nous ne pouvons rien sans eux, sans leur courage; nous ne pouvons rien surtout sans leur union.