L'Illustration, No. 1593, 6 Septembre 1873
L'ILLUSTRATION JOURNAL UNIVERSEL
31e Année.--VOL. LXII.--Nº 1593 SAMEDI 6 SEPTEMBRE. 1873
VERDUN.--La porte Chaussée.
La politique chôme, et pour suppléer aux faits qui font défaut, les journaux en sont réduits à épiloguer sur ceux que chacun connaît déjà, ou à en inventer d'imaginaires, sauf à les démentir le lendemain. C'est toujours la fusion, ses chances d'avenir et les conséquences de son succès ou de son avortement qui servent de thème aux polémistes et aux lanceurs de nouvelles à sensation. Tantôt c'est le Salut public de Lyon qui, dans une correspondance affectant des allures officieuses, nous annonce que lui seul sait la vérité sur les négociations entamées à Frohsdorf, que l'homme politique chargé de ces négociations n'est aucun de ceux dont on s'est plu à mettre le nom en avant, mais bien M. Lucien Brun, député de l'Ain, et que les déclarations à lui faites par M. le comte de Chambord ont anéanti toutes les espérances de la droite. Un autre jour, c'est le XIXe siècle qui se charge de nous dévoiler l'avenir que réserverait à la France l'avènement de Henri V: guerre avec l'Italie et la Prusse, nouvelle invasion, démembrement, etc. Inutile d'ajouter que ces informations, entourées d'un luxe de détails de nature à faire, pour un instant, illusion aux naïfs, étaient presque aussitôt démenties que publiées. Au Salut public on s'est contenté de répondre en établissant que M. Lucien Brun n'avait pas quitté la France; et au XIXe siècle on a demandé quelle était la chancellerie qui livrait à son rédacteur les secrets de la diplomatie européenne, sur quoi le XIXe siècle s'est jusqu'à présent abstenu de donner des éclaircissements.
Ce qui paraît mériter davantage d'être pris au sérieux, c'est une correspondance adressée de Paris au Times et contenant, sur les sentiments du cabinet actuel à l'égard de la fusion, des indications évidemment puisées à bonne source, car cette correspondance a été reproduite par la plupart des feuilles ministérielles: «Si l'orléanisme n'existe plus depuis la visite du comte de Paris à Frohsdorf, dit le rédacteur du Times , il existe dans l'Assemblée et dans le pays un parti constitutionnel dont le comte de Paris n'avait pas le droit de disposer et qui ne pourra et ne voudra jamais abdiquer. C'est avec ce parti que le comte de Chambord devra compter. Ce parti, qui compte parmi ses membres les principaux ministres du cabinet lui-même, adjure le comte de Chambord de ne pas sacrifier la politique de Henri IV à la bannière de Jeanne d'Arc. Si donc, le comte de Chambord compte arriver avec son programme et son drapeau, il trouvera dans le gouvernement, actuel un adversaire résolu.» Passant ensuite à l'appréciation du discours de M. le duc de Broglie au conseil général de l'Eure, le correspondant du Times conclut en ajoutant:
Various
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SOMMAIRE
HISTOIRE DE LA SEMAINE
FRANCE
ESPAGNE.
ITALIE.
COURRIER DE PARIS
NOS GRAVURES
Verdun et la porte Chaussée
Correspondance d'Espagne
Obsèques du duc de Brunswick
La restauration de la colonne Vendôme
L'île de Man
Un héros du siège de Paris
LA CAGE D'OR
NOUVELLE
XVIII
ÉVÉNEMENTS D'ESPAGNE: LE PORT ET LA VILLE DE CARTHAGÈNE.
LES THÉÂTRES
LES VICTIMES DE LA FOUDRE
HISTOIRE DE LA COLONNE
L'ILE DE MAN.
Les bibliothèques.
Rébus