Lettres portugaises / Publiées sur l'édition originale avec une notice préliminaire par Alexandre Piedagnel

Publiées sur l’édition originale AVEC UNE NOTICE PRÉLIMINAIRE PAR ALEXANDRE PIEDAGNEL
PARIS LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES Rue Saint-Honoré, 338
M DCCC LXXVI
TIRAGE A PETIT NOMBRE
Il a été fait un tirage spécial de :
Cette guerre, qui dura jusqu’en 1668, et dans laquelle triompha le Portugal, est, en effet, bien oubliée ! Les Lettres portugaises, au contraire, ont eu depuis lors vingt éditions, et leur grand succès ne semble point épuisé. Évidemment, cela tient surtout à l’accent de sincérité de l’auteur. La pauvre religieuse de Beja a peint avec tant de chaleur, avec une émotion si communicative, l’état de son cœur blessé, ses défaillances, ses espoirs éphémères, sa passion persistante, ses déceptions nombreuses et si cruelles, ses colères si légitimes, que l’on relit volontiers une correspondance dont les pages, ardentes et touchantes à la fois, restent jeunes parce qu’elles sont absolument vraies.
Ce qui augmente encore le charme des lettres de Marianna Alcaforado, c’est que l’on reconnaît sans peine qu’elles ne furent pas écrites en vue d’une publication. Oh, non ! ces élans, ces tristesses, ces aveux, ces plaintes amères, n’ont rien d’apprêté. Ce sont les cris d’une âme loyale et tendre, et le lecteur s’intéresse bien vite à tant d’amour mêlé à tant de désespoirs !
Quelques lignes suffiront pour résumer le drame intime qui a donné lieu aux Lettres portugaises.
Notre héroïne, qui appartenait à l’une des meilleures familles du pays, a raconté elle-même que ce fut du haut d’un balcon de son couvent qu’elle vit pour la première fois M. de Chamilly, et un critique très-érudit, M. Eugène Asse, a eu, croyons-nous, raison de penser qu’elle l’aperçut sans doute à l’occasion d’une sorte de revue ou d’entrée triomphale, à Beja, des troupes franco-portugaises.
Quoi qu’il en soit, M. de Chamilly, ayant de son côté remarqué la charmante religieuse, pénétra dans le couvent à plusieurs reprises ; il sut se faire écouter de l’infortunée Marianna, qui, jusqu’à sa dernière heure, chercha vainement à maudire le brillant officier dont l’abandon, si brusque et si complet, avait brisé son cœur trop confiant.

vicomte de Gabriel Joseph de Lavergne Guilleragues
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О книге

Язык

Французский

Год издания

2021-12-20

Темы

Epistolary fiction; Alcoforado, Mariana, 1640-1723 -- Fiction

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