Du rôle des coups de bâton dans les relations sociales et, en particulier, dans l'histoire littéraire - Victor Fournel - Livre

Du rôle des coups de bâton dans les relations sociales et, en particulier, dans l'histoire littéraire

PAR VICTOR FOURNEL
PARIS A. DELAHAYS, LIBRAIRE-ÉDITEUR RUE VOLTAIRE, 4-6
1858
PARIS. — TYP. SIMON RAÇON ET C ie , RUE D’ERFURTH, 1.
DU ROLE DES COUPS DE BATON DANS LES RELATIONS SOCIALES ET, EN PARTICULIER, DANS L’HISTOIRE LITTÉRAIRE
Le sujet que nous nous proposons de traiter ici pourrait fournir aisément la matière d’un gros livre ; mais nous préférons, par égard pour les gens de lettres du temps passé, et par ménagement pour le lecteur, le renfermer dans des proportions plus restreintes. Même en élaguant tout ce qui dépasserait les bornes d’un modeste in-32, il nous restera assez de faits encore (trop peut-être) pour justifier amplement notre titre.
Et qu’on ne croie pas que ce soit là un simple thème d’érudition, un prétexte à recherches plus ou moins amusantes, sans utilité et sans enseignement : ce n’est point ainsi que nous l’avons compris. A nos yeux, il y a, dans la réponse à la question que nous nous sommes posée, un des chapitres les plus instructifs de l’histoire littéraire, ainsi l’un des plus glorieux, en somme, pour les écrivains d’aujourd’hui, puisque, en les faisant rougir du passé, il leur permet de s’enorgueillir du présent.
Ce petit livre eût pu s’intituler aussi bien, n’eût été la peur de l’emphase : Histoire de la condition sociale des gens de lettres, de leur abaissement, et de leur émancipation progressive . En même temps qu’il montrera de quel point ils sont partis, il permettra de mesurer nettement la route parcourue par eux ; il rappellera, à ceux qui les oublient trop, les progrès de la littérature elle-même, en rappelant ceux des littérateurs, — c’est-à-dire, à défaut de chefs-d’œuvre comparables à ceux du passé, l’élévation générale du niveau des intelligences, et le respect croissant des choses de l’esprit, se traduisant par le respect de leurs interprètes.
Sans autre introduction, qu’on nous permette d’entrer tout de suite en matière.
Nous ne remonterons pas plus haut que le dix-septième siècle : c’est de cette époque seulement que date, à proprement parler, l’homme de lettres en France, et que la lumière se fait, grâce aux ana et aux biographies, dans les moindres recoins de l’histoire littéraire. Auparavant, l’écrivain existe plutôt à l’état individuel qu’à l’état collectif, et les vies ne se révèlent guère que par les œuvres. Il est fort probable sans doute que des poëtes comme Gringore, Villon surtout, peut-être même Clément Marot, que maint et maint troubadour ou trouvère, maint enfant sans souci ou clerc de la basoche, durent, en plus d’une circonstance, faire connaissance avec le bâton, ou quelque chose d’approchant ; mais l’absence de documents particuliers ne nous permet pas de recherches suivies sur ce grave sujet, et nous en sommes réduits, dans la plupart des cas, à de simples conjectures, qui ne suffisent point en pareille matière.

Victor Fournel
Содержание

О книге

Язык

Французский

Год издания

2023-11-10

Темы

French literature -- History and criticism; France -- Social life and customs; Authors, French

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