"La Guzla" de Prosper Mérimée
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Préface de M. AUGUSTIN FILON
PARIS LIBRAIRIE HACHETTE ET Cie
1911
Dans ce volume, dont j'ai grand plaisir à être l'introducteur auprès du public, l'auteur, M. Yovanovitch, un écrivain serbe qui s'est établi en France depuis plusieurs années pour étudier de plus près son sujet, a consigné le résultat de ses recherches sur La Guzla de Mérimée. Ce volume lui a valu le titre de docteur, conféré par l'Université de Grenoble; et les éloges qui lui ont été donnés, à cette occasion, par les membres du jury m'autorisent à dire que rarement diplôme de docteur a été plus brillamment conquis par un écrivain étranger.
Que vaut La Guzla ? Quelle place doit-elle occuper dans l'œuvre de Mérimée et dans la production littéraire de son temps? Appartient-elle au romantisme? Est-ce une traduction ou un pastiche? Jusqu'à quel point nous laisse-t-elle entrevoir le génie poétique des peuples slaves de la péninsule balkanique? Jusqu'à quel point devons-nous la considérer comme une invention personnelle, une création originale? Nous, les mériméistes de la première et de la dernière heure (car deux générations se sont déjà succédé dans notre petite chapelle), nous n'avions pu qu'entrevoir la réponse à ces questions: M. Yovanovitch, entré après nous dans la confrérie, les résout d'une façon complète et définitive.
Les ballades qui composent La Guzla ne sont pas, bien entendu, l'œuvre du prétendu Hyacinthe Maglanovitch si complaisamment décrit par Mérimée dans l'édition de 1827. Non seulement ce personnage n'a jamais existé, mais il ne représente pas exactement le type de ces chanteurs populaires. Car ceux-ci ne sont pas de véritables auteurs: ils se contentent de répéter, en les modernisant, des chansons transmises de siècle en siècle, à la façon des rhapsodes homériques.
Une douzaine d'années avant la première publication de La Guzla , trois volumes de chants populaires serbes avaient été publiés en Allemagne, sous les auspices de Jacob Grimm, par Vouk Stéphanovitch Karadjitch. Ces chants étaient absolument inconnus de Mérimée, mais ils étaient familiers à Goethe et à un grand nombre de ses contemporains, allemands ou anglais. Devons nous donc, alors, penser que Mérimée était, comme il nous le laisse croire dans la préface de la seconde édition, l'inventeur de tous ces petits drames auxquels se mêlent une ou deux idylles? M. Yovanovitch nous retire cette illusion en nous indiquant l'une après l'autre toutes les sources auxquelles a puisé le grand écrivain. Celui-ci s'était contenté de nommer, comme son principal informateur, l'abbé Fortis, naturaliste italien, qui a visité l'Illyrie en 1771 et qui, dans le récit de son voyage, avait joint à ses copieuses observations scientifiques quelques données sommaires sur l'histoire des mœurs et sur la littérature populaire. Mérimée faisait encore négligemment allusion à certaine compilation de statistique dont l'auteur était «un employé du Ministère des Affaires étrangères», qu'il ne prenait pas la peine de nommer. Avec ces maigres moyens, il avait deviné la poésie des Slaves de la région balkanique et s'était plu à montrer combien il est aisé de fabriquer cette «couleur locale» qui était le grand secret du romantisme.
Vojislav Mate Jovanović
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VOYSLAV M. YOVANOVITCH
«LA GUZLA» DE PROSPER MÉRIMÉE
PRÉFACE
TABLE DES MATIÈRES
PREMIÈRE PARTIE
CHAPITRE PREMIER
CHAPITRE II
CHAPITRE III
DEUXIÈME PARTIE
CHAPITRE IV
CHAPITRE V
CHAPITRE VI
CHAPITRE VII
TROISIÈME PARTIE
CHAPITRE VIII
CHAPITRE IX
CHAPITRE X
CHAPITRE XI
INDEX
AVANT-PROPOS
NOTE SUR LA TRANSCRIPTION DES NOMS SLAVES
PREMIÈRE PARTIE
«LA GUZLA» DE PROSPER MÉRIMÉE
CHAPITRE PREMIER
CHAPITRE II
CHAPITRE III
DEUXIÈME PARTIE
CHAPITRE IV
CHAPITRE V
CHAPITRE VI
CHAPITRE VII
I
II
III
IV
V
TROISIÈME PARTIE
CHAPITRE VIII
L'ÉDITION DE 1842
CHAPITRE IX
CHAPITRE X
I
II
III
IV
V
CHAPITRE XI
I
II
III
APPENDICE
I
II
III
IV
V
INDEX
A
B
C
D
E
F
G
H
I
J
K
L
M
N
O
P
Q
R
S
T
U
V
W
X
Y
NOTES