Vathek
NOUVELLE ÉDITION.
LONDRES: RICHARD BENTLEY, NEW BURLINGTON STREET.
1834.
F. Pickering, pinx t . J. W. Cook, sculp t . VATHEK.
LONDRES: SCHULTZE ET CO. POLAND STREET.
Les éditions de Paris et de Lausanne, étant devenues extrêmement rares, j'ai consenti enfin à ce que l'on republiât à Londres ce petit ouvrage tel que je l'ai composé.
La traduction, comme on sait, a paru avant l'original; il est fort aisé de croire que ce n'était pas mon intention; des circonstances, peu intéressantes pour le public, en ont été la cause.
W. Beckford.
Dans le premier de ces palais, les tables étaient toujours couvertes des mets les plus exquis. On les renouvelait nuit et jour, à mesure qu'ils se refroidissaient. Les vins les plus délicats et les meilleures liqueurs coulaient à grands flots de cent fontaines qui ne tarissaient jamais. Ce palais s'appelait le Festin éternel ou l'Insatiable .
On nommait le second palais le Temple de la Mélodie ou le Nectar de l'Ame . Il était habité par les premiers musiciens et poètes de ce temps, qui, se dispersant par bandes, faisaient retentir tous les lieux d'alentour de leurs chants.
Le palais des Parfums , qu'on appelait aussi l'Aiguillon de la Volupté , était divisé en plusieurs salles. Des flambeaux et des lampes aromatiques y étaient allumés, même en plein jour. Pour dissiper l'agréable ivresse que donnait ce lieu, on descendait dans un vaste jardin, où l'assemblage de toutes les fleurs faisait respirer un air suave et restaurant.
Dans le cinquième palais, nommé le Réduit de la Joie ou le Dangereux , se trouvaient plusieurs troupes de jeunes filles. Elles étaient belles et prévenantes comme les Houris, et jamais elle ne se lassaient de bien recevoir ceux que le Calife voulait admettre en leur compagnie.