Thrène II
Ah! puisqu’il me fallait consacrer aux enfants,
Je le vois aujourd’hui, mes veilles et mes chants,
Que n’ai-je écrit plutôt jadis pour leurs berceuses,
Ainsi qu’on m’en priait, quelques chansons joyeuses,
Quelques refrains naïfs faits pour les endormir,
Lorsque dans leur couchette on les entend gémir!
Mieux eût valu redire une rime légère,
Que de venir ici verser, malheureux père,
Des pleurs sur le tombeau de l’enfant qui n’est plus,
En poursuivant Pluton de mes cris superflus.
Si j’avais su choisir!... Le choix n’est plus possible,
Hélas!... Je dédaignai, dédain sot et risible,