Thrène IX
Que d’or l’on donnerait pour t’acheter, Sagesse,
S’il est vrai que tu sais apaiser la tristesse,
Extirper de nos cœurs les désirs, le chagrin,
Et faire, peu s’en faut, de l’homme un séraphin,
Qui ne sait ce que c’est que le deuil et la plainte,
Qui tient tête aux revers et dédaigne la crainte.
Les choses d’ici-bas sont pour toi sans valeur.
Dans la prospérité comme dans le malheur
Toujours ferme, la mort n’a rien qui t’épouvante;
Rien ne peut ébranler ta force triomphante.
La richesse, dis-tu, ce n’est pas aux trésors,
C’est au contentement et de l’âme et du corps