Thrène XII
Nul n’aima son enfant plus que je ne t’aimais
Ma fille, et plus que moi ne le pleura jamais.
C’est que bien rarement on a vu jeune fille
Plus digne de l’amour d’un père de famille.
Proprette, obéissante et se faisant aimer,
Sachant si gentiment chanter, parler, rimer;
Imitant les saluts de tous, leurs attitudes,
Connaissant des enfants les jeux, les habitudes,
Sage, polie, humaine, ayant toujours bon cœur,
Serviable, attentive et pleine de pudeur,
Au repas du matin s’asseyant la dernière,
Après avoir au ciel adressé sa prière;