Thrène XV
Ô toi, blonde Erato, toi, lyre enchanteresse,
Qui des cœurs déchirés consolez la détresse,
Apaisez un instant mon esprit affligé,
Tant qu’en un froid rocher je ne suis pas changé,
Versant des pleurs de sang à travers cette pierre
Au cruel souvenir de ma douleur de père.
Est-ce erreur? ou l’aspect des souffrances d’autrui
Nous laisse-t-il plus froids que notre propre ennui?
Ô mère malheureuse (en effet qui s’abuse
Soi-même, c’est toujours le malheur qu’il accuse),
Tes filles et tes fils que sont-ils devenus?
Qu’as-tu fait de ta joie? Hélas! je ne vois plus