XX.

Feronce an Faucitt.

(S.P.O. German Papers, Vol. 110.)

Brunsvic, ce 23. Fevrier 1778.

L'incertitude dans laquelle nous sommes à l'egard du sort de nos trouppes qui ont capitulé à Saratoga, n'empeche pas Msgr. le Duc de Brunsvic de s'occuper de tous les moins propres à rendre utile au service de Sa Majesté Brittannique le reste de ses trouppes qui se trouve en Canada; S.A.S. est tres persuadée que le Ministre Brittannique fera son possible pour hater l'echange des trouppes qui ont capitulé et Msgr. le Duc est trop pursuadé de la bienveuillance de Sa Majesté Brittannique et de la prudence de son Ministere pour supposer qu'on puisse jamais songer à faire passer en Allemagne les trouppes Allemandes qui ont capitulé, le renvoi de ces trouppes dans cet etat de delabrement produiroit les effets les plus facheux et feroit la sensation la plus douloureuse. Afin de tirer au moins quelque partie des Trouppes de Brunsvic qui sont restées en Canada et à Ticonderoga, notre intention seroit d'en former trois regimens, chacun d'environ six cent hommes, y compris les officiers et bas officiers necessaires, les recrues qui sont prets à partir d'ici seront suffisans pour fournir à ce qui manque pour completter ces trois regimens et pour les porter à bien pres de six cent hommes chacun; ces trois regimens seroient commandés ad interim, par trois Lieutenants Colonels des Trouppes de Brunsvic qui se trouvent actuellement en Canada et qui sont Messieurs d'Ehrencreuz, de Barner et Pretorius, il seroit fort à desirer qu'avant l'ouverture de la Campagne on trouvat moien d'echanger le Colonel Specht qui pourvoit passer en Canada pour commander ces trois regimens; nous aurons soin de faire partir avec nos recrues tout ce qui sera necessaire pour armer et equipper complettement ces trois regimens qui se trouveront en etat de faire la campagne dès le moment ou les recrues sont debarqués.