HOMMAGE A JULES LAFORGUE.

Que je t’aime, mon cher Laforgue,

Frère qui connais les nostalgies

Qu’engendrent les sanglots des violons;

Et puis, dans la rue, les pâmoisons

Crépusculaires des orgues—des orgues

D’une par trop lointaine Barbarie.—

O ciel, tu les as senties

Percer ton coeur de Bon Breton!

Tu avais la solitude dans l’âme:

Orphelin par ton génie,

Tu n’as jamais trouvé la femme

Qui pourrait être l’Unique Amie.

Parmi les parfums et les frou-frous,

Malgré toi ta chair est restée pure,

Et tu en as devenu presque fou;

Tu pensais, tu étais un Hors-Nature.

Hélas, il faut que l’on vivote

Selon la Nature et le père Aristote;

Mais c’était une bien autre loi

Que nous suivions, toi et moi.

Vois-tu, mon pauvre Jules,

Nous nous sommes faits assez ridicules.