SONNET A L’INGENUE.

Tout en martyrisant les divines mandores

Du mensonge sacré des mots, je songe, ôsi

Nonchalamment belle! à ta voix de colibri:

Avec ta triste voix de colibri tu dores

Toute imbécillité qu’exhale les landores

Dans leurs meurtres de sens à jamais aboli;

Inconsciente, tu perces le coeur ravi,

Où je ne puis qu’à peine ouvrir un peu les stores.

Péniblement de mes bouquins moisis j’évoque

L’esprit mystique et frais de la Sainte Alacocque;

Mais sans verve pour moi saigne le Sacré Coeur.

Tu parles, et ta voix de petite ingénue

Imite un Séraphin, cul nu sur une nue,

Louant Dieu de son psaume infiniment moqueur.