V. SUJETS DE RÉDACTION
I
Le soir, après souper, je relisais mon Robinson, je l’apprenais par cœur; le jour, je le jouais, je le jouais avec rage, et tout ce qui m’entourait, je l’enrôlais dans ma comédie (voir p. 6).
ROBINSON SAUVEVENDREDI
1. Un matin, il aperçoit de loin une trentaine de sauvages, qui débarquent dans son Île et allument un grand feu. Ils ont avec eux deux prisonniers, et, pendant qu’ils en tuent un et le découpent pour le faire rôtir, l’autre s’échappe.
2. Trois des sauvages se mettent à sa poursuite, mais il court plus vite qu’eux et gagne une crique, qu’il traverse à la nage. Un de ses ennemis s’arrête, ne sachant pas nager, et les deux autres n’atteignent le bord que longtemps après le fugitif, qui se dirige précisément du côté de Robinson.
3. Celui-ci décide de le sauver, prend son fusil, et, par un raccourci, arrive entre lui et ceux qui le poursuivent. Ne voulant pas faire feu de peur d’attirer l’attention du reste de la troupe, il s’élance sur le plus proche et l’abat d’un coup de crosse.
4. L’autre se dispose à lui décocher one flèche. Il se résout alors à tirer, et le tue. Stupéfaction du fugitif; façon dont il exprime sa reconnaissance.
5. Robinson le conduit dans sa caverne, lui donne à manger et à boire, et lui fait ensuite signe de se coucher et de dormir.
(Placer le récit dans la bouche de Robinson.)
II
— Mon perroquet, criai-je, mon perroquet!
— Il parle donc maintenant? dit Jacques.
S’il parlait, je crois bien; on l’entendait d’une lieue (voir. p. 12).
LES CAMBRIOLEURS ET LE PERROQUET
1. Dans une villa isolée aux environs de Paris (en faire la description) demeure un vieillard fantasque, qu’on dit fort riche, bien qu’il n’ait pas de domestique.
2. Un cambrioleur, le sachant seul, conçoit le projet de le dévaliser et s’en ouvre à un camarade, qui accepte volontiers de l’aider dans une expédition aussi simple.
3. Les deux bandits s’introduisent la nuit dans le jardin, et pénètrent sans bruit dans la maison.
4. Ils approchent de la chambre du vieillard, lorsque l’un d’eux laisse tomber sa lanterne sourde. Aussitôt une voix perçante crie: “Qui va là?”
5. Se voyant découverts et croyant avoir affaire a forte partie, ils prennent la fuite.
C’est un perroquet qui leur a fait peur!
III
C’est toujours la même chanson, des larmes et de la misère! les affaires qui ne vont pas, des loyers en retard, des créanciers qui font des scènes, les diamants de la mère vendus, l’argenterie au mont-de-piété (voir p. 21).
DAVID COPPERFIELD CHEZ LES MICAWBER
1. Doléances de Mrs. Micawber à l’arrivée de David dans la maison. Elie était bien loin de se douter, avant son mariage, qu’il lui faudrait jamais prendre un locataire, mais que faire dans sa position? Et elle lui explique les difficultés du ménage.
2. Visite d’un créancier brutal; désespoir de Mr. Micawber; son étonnante gaieté une demi-heure après.
3. Un jour, Mrs. Micawber confie à David qu’elle n’a plus un sou et que, pour subvenir aux besoins de la famille, ii ne lui reste qu’un talon de fromage.
4. Il met à sa disposition les deux ou trois schellings qu’il possède, mais elle les refuse avec dignité et le prie de porter une partie de son argenterie chez un prêteur sur gages.
5. David s’acquitte de la commission, et le soir on festine sans souci du lendemain.
IV
— Monsieur Eyssette, conclut le principal, vous pouvez vous retirer. Pour ce soir encore, il faudra que vous couchiez à l’hôtel.... Soyez ici demain à huit heures (voir p. 34).
LE PETIT CHOSE ÉCRIT À SA MÈRE
1. Il vient de voir le principal, qui l’a trouvé bien jeune, mais qui a pourtant consenti à le prendre, grâce à la chaude recommandation du recteur.
2. Son chagrin d’être loin de ses parents, mais sa joie de sentir qu’au lieu d’être une charge pour eux, il gagnera désormais sa vie et pourra bientôt leur venir en aide.
3. Amabilité du recteur, qui lui a promis de ne pas le perdre de vue.
4. Son déjeuner chez la vieille Annou.
5. Son arrivée, le soir, à Sarlande. Rues noires et désertes. Il n’a pu se défendre d’un sentiment de tristesse, mais il va tellement travailler qu’il n’aura pas le temps de s’ennuyer.
V
Quelquefois, quand ils avaient été bien sages, je leur racontais une histoire.... J’avais composé à leur intention cinq ou six petits contes fantastiques: Les Débuts d’une cigale, Les Infortunes de Jean Lapin, etc. (voir p. 43).
LE CHAT, LA BELETTE ET LE PETIT LAPIN
Raconter à votre façon la fable suivante de La Fontaine.
Du palais d’un jeune lapin
Dame belette, un beau matin,
S’empara: c’est une rusée.
Le maître étant absent, ce lui fut chose aisée.
Elle porta chez lui ses pénates, un jour
Qu’il était allé faire à l’aurore sa cour
Parmi le thym et la rosée.
Après qu’il eut brouté, trotté, fait tous ses tours,
Jeannot lapin retourne aux souterrains séjours.
La belette avait mis le nez à la fenêtre.
“O dieux hospitaliers! que vois-je ici paraître!
Dit l’animal chassé du paternel logis.
Holà! madame la belette,
Que l’on déloge sans trompette,
Ou je vais avertir tous les rats du pays.”
La dame au nez pointu répondit que la terre
Était au premier occupant.
C’était un beau sujet de guerre
Qu’un logis où lui-même il n’entrait qu’en rampant!
“Et quand ce serait un royaume,
Je voudrais bien savoir, dit-elle, queue loi
En a pour toujours fait l’octroi
A Jean, fils ou neveu de Pierre ou de Guillaume,
Plutôt qu’à Paul, plutôt qu’à moi.”
Jean lapin allégua la coutume et l’usage:
“Ce sont, dit-il, leurs lois qui m’ont de ce logis
Rendu maître et seigneur, et qui, de père en fils,
L’ont de Pierre à Simon, puis à moi Jean, transmis.
Le premier occupant, est-ce une loi plus sage?
— Or bien, sans crier davantage,
Rapportons-nous, dit-elle, à Raminagrobis.”
C’était un chat vivant comme un dévot ermite,
Un chat faisant la chattemite,
Un saint homme de chat, bien fourré, gros et gras,
Arbitre expert sur tous les cas.
Jean lapin pour juge l’agrée.
Les voilà tous deux arrivés
Devant sa majesté fourrée.
Grippeminaud leur dit: “Mes enfants, approchez,
Approchez; je suis sourd, les ans en sont la cause.”
L’un et l’autre approcha, ne craignant nulle chose.
Aussitôt qu’à portée il vit les contestants,
Grippeminaud, le bon apôtre,
Jetant des deux côtés la griffe en même temps,
Mit les plaideurs d’accord en croquant l’un et ’autre.
Ceci ressemble fort aux débats qu’ont parfois
Les petits souverains se rapportant aux rois.
VI
Le petit Chose rêve aux yeux noirs toutes les nuits, il n’en dort plus (voir p. 60).
UN RÊVE
1. Les yeux noirs habitent, libres et heureux, dans un grand château avec leurs parents, dont ils sont toute la joie.
2. Arrive l’horrible fée aux lunettes, qui les force à la suivre, les retient prisonniers au collège de Sarlande et les fait coudre d’un bout de l’année à l’autre.
3. Désespoir des parents; leurs recherches inutiles. Ils finissent par annoncer qu’ils donneront leur fille en mariage à celui qui la leur rendra.
4. Le petit Chose délivre les yeux noirs et les ramène au château. Grandes réjouissances.
5. La mère informe sa fille de la promesse qu’on a faite de sa main. Celle-ci rougit et avoue tout bas qu’elle aimait déjà son libérateur avant qu’il la délivrât.
VII
Quand il entrait dans l’étude brusquement, ses clefs à la main, c’était comme une pierre dans un étang de grenouilles (voir p. 65).
LE LIÈVRE ET LES GRENOUILLES
1. Une belle matinée d’été à la campagne. Sur la lisière d’un bois s’arrête un lièvre, l’oreille au guet.
2. Est-il un être plus malheureux que lui? se dit- il. Son naturel craintif l’empêche de jouir de l’existence; toujours inquiet, il n’ose même pas fermer les yeux pour dormir.
3. Pendant qu’il songe ainsi, une abeille vient à passer. Son bourdonnement soudain lui fait peur, et il détale pour gagner son gîte.
4. Il passe en courant sur le bord d’un étang, où une douzaine de grenouilles se reposent dans l’herbe. A sa vue, saisies d’effroi, elles se précipitent dans l’eau.
5. Rentré chez lui, le lièvre se félicite de les avoir épouvantées. Il ne se trouve plus si malheureux à la pensée que lui aussi en fait trembler d’autres.
VIII
Vingt fois de suite on lui faisait raconter son histoire, et à chaque fois le misérable inventait quelque nouveau détail (voir p. 70).
BOUCOYRAN RACONTE SON HISTOIRE
1. Portrait fantaisiste du petit Chose.
2. Depuis longtemps en butte à ses persécutions (en citer deux ou trois exemples), Boucoyran ne voulait pas se plaindre, mais l’autre jour il y a bien été forcé.
3. Une boulette de papier mâché était venue s’aplatir contre la chaire. Accusé de l’avoir lancée et sommé de prendre ses livres et de sortir, il a poliment répondu qu’il n’avait rien fait, et tous les élèves ont déclaré que ce n’était pas lui qui avait lancé la boulette.
4. Alors, furieux, le tyran s’est rué sur lui et l’a traîné jusque dans la cour, où il l’a presque assassiné (donner des détails).
5. Boucoyran aurait aisément pu se défendre, mais il a préféré n’en rien faire pour laisser tous les torts à son bourreau, et s’il souffre encore des coups qu’il a reçus, il se réjouit d’avoir, pan sa patience, démasqué le traître, qui n’osera plus en donner à personne.
IX
Heureusement je pensai à Jacques; quelle bonne idée sa lettre avait eue d’arriver précisément le matin! (voir p. 81).
MADAME EYSSETTE AU PETIT CHOSE
Vous supposerez que l’après-midi le petit Chose reçoit une autre lettre, cette fois de sa mère.
1. Madame Eyssette a cru s’apercevoir que la gaieté de sa dernière lettre était factice, et elle craint qu’il ne soit au fond très malheureux. Qu’il lui dise la vérité, cela le soulagera.
2. Elle le plaint de tout son cœur, mais qu’il ne se décourage pas. Grâce à son travail acharné, il pourra dans deux on trois ans passer l’examen qui lui permettra d’être professeur.
3. Son frère Jacques est à Paris et parait très content. Détails sur son départ, la position qu’il a trouvée et son ambition littéraire.
4. Quant à son père, il est toujours en voyage pour le compte d’une compagnie, de sorte qu’elle est maintenant toute seule. Cette solitude lui pèse, mais elle va écrire à l’oncle Baptiste pour lui demander de la recevoir chez lui pendant quelques mois.
5. Les voilà donc tous dispersés, mais elle espère que la Providence récompensera leurs efforts et qu’ils pourront avant longtemps reconstruire le foyer.
X
Si l’étude me parut longue, je n’ai pas besoin de vous le dire (voir p. 93).
LE PETIT CHOSE À SON FRÈRE
Pour abréger la longueur de l’étude, le petit Chose écrit à son frère Jacques.
1. Plaisir que lui a causé sa lettre. Il le félicite chaudement d’avoir si bien réussi.
2. La description qu’il lui fait de sa chambre l’a ravi, et il saura bientôt s’il ne l’a pas trop embellie avec son imagination de poète, car il va partir lui aussi pour Paris et lui demander l’hospitalité!
3. Ce n’est pas là une plaisanterie, il part le jour même. Impossible de rester plus longtemps au collège. Il lui est arrivé une terrible histoire, qu’il lui contera de vive voix.
4. Dans un accès de désespoir, il a même voulu se tuer! L’abbé Germane, dont il lui a déjà parlé, est arrivé juste à temps pour l’en empêcher.
5. C’est au bon abbé qu’il a emprunté l’argent pour le voyage. Il lui a promis de tâcher d’être un homme, et il entend tenir sa promesse. Il rougit maintenant de sa lâcheté et se sent plein de courage.