S. WULFRAN, ABBEVILLE.

There is a rococo iron screen of about the same date as that at S. Riquier, and probably executed by the same smiths. It is divided into three compartments, with the gates in the centre.

[13] De Moleon mentions in his voyage that three silver crosses, each holding three tapers, were suspended in the rood loft, under standing candlesticks; he also describes the jubé as being built of marble, and of what was considered in his time a fine design.

[14] Extrait de l'Histoire de S. Ouen, de Rouen.

Ce fut par sa magnificence que l'on bastit le jubé, qui étoit une des plus belles et des plus delicates pièces que l'on eust pû voir, et que l'on admireroit encore aujourd'huy, si depuis il n'auoit ressenty les effets de la rage des hérétiques. Il est placé avec tant d'adresse, que n'y la croisée n'y le chœur n'en sont aucunement incommodez. Il étoit enrichy d'excellentes figures et de quantité de rares embellissemens qui étoient sortis de la main d'un très habile ouvrier. Mais ces malheureux, ne pouvant souffrir ce bel ouvrage, qui bien que quasi tout neuf, ne laissoit pas d'estre beaucoup plus ancien que leur fausse religion, et de leur en reprocher la nouveauté, le ruinerent avec leur fureur accoûtumée, et jetterent par terre toutes les saintes images et tous les autres ornemens, qui étoient autant de chefs-d'œuvres de sculpture. Mais ce ne fut pas là la plus grande perte qu'ils causèrent à cette Abbaye, ainsi que nous dirons. Les armes de ce magnifique cardinal qui étoient sous le jubé, c'est à dire, dessus la porte par où l'on entre de la nef dans le chœur, furent abatues et détruites dans ce mesme pillage; et ci celles qui sont au haut d'une vitre du costé de la croisée, par où l'on descend dans le cloistre, n'eussent esté hors de la prise de ces furieux, elles eussent aussi couru la mesme fortune.

[15] "Enfin, entre tant de jubés détruits, un seul, le plus riche de tous, celui de l'église paroissiale de la Madeleine, est resté debout. Son existence peut être regardée aujourd'hui comme un problème, si l'on considère les différentes causes qui ont amené la destruction des premiers. Aussi ce n'est pas sans avoir éprouvé quelques mutilations, et sans avoir été menacé plus d'une fois d'une ruine complète, que ce monument a traversé trois siècles, et est parvenu jusqu'à nous. Outre la richesse des détails, sa construction est remarquable; il est absolument plat, et terminé en sous-œuvre par trois culs-de-lampe à jour, et sans aucune apparence de voûte. Chacune des deux faces se compose de trois arcs ou archivoltes, ornées de moulures et de festons à jour, dont les courbes sont réunies par des pommes de pin. La retombée des arcs au milieu reste suspendue en l'air, et se termine par des doubles culs-de-lampe, dont les plus saillants portaient jadis des statues, parmi lesquelles on voyait Saint Longin, tenant la lance, et des anges tenant les autres instruments de la passion. Les clochetons, ornés de fleurons et découpés à jour, que l'on voit dans l'intervalle des archivoltes, abritaient ces statues. Entre les clochetons sur chaque arc, est posé un cadre à plusieurs pans, rempli par des petites figures de saints en bas-relief; autour des cadres le champ est occupé par diverses fleurs et feuilles d'ornement. Au-dessus règne la rampe, ou galerie, qui est entièrement découpée à jour. La forme élégante des fleurs-de-lis couronnées, qu'on y remarque, suffirait pour faire connaître l'âge du monument, si nous ne savions d'ailleurs qu'il fut construit vers 1506, à la même époque où l'on jetait les fondements des tours de la cathédrale. Sur la rampe on voyait autrefois quatre statues qui accompagnaient le Christ; il n'en reste que deux, celle de la Vierge et de Saint Jean. Aux angles il y avait des vases à parfums munis d'un couvercle. A chaque extrémité, le jubé est terminé par une construction, en forme de chapelle, appuyée aux gros piliers du chœur. Ces chapelles sont décorées de chaque côté par un pilastre chargé d'arabesques. Au milieu, il existe un enfoncement considérable, de forme carrée, avec des angles rentrant dans la partie supérieure; cet enfoncement était autrefois rempli par un bas-relief, qui en a été arraché et détruit. Au-dessus on voit trois niches sans statues, dont le haut est terminé par des petits dômes et des pyramides évidés à jour avec beaucoup de délicatesse. L'escalier est habilement disposé à droite sous la première arcade du chœur, de manière à ne pas être aperçu de la nef, et à ne pas gêner le service. Il s'élève sur une base octogone, engagée dans le gros pilier, et autour de laquelle la rampe, formée de petites arcades en ogives, se contourne en formant un encorbellement; le dessous de cette saillie est orné de moulures et de gorges profondes remplies par des feuilles d'ornement et des figures d'animaux fantastiques. Sous ce jubé a été enterré Jean Gualde, ou Gaylde, son auteur; on y voyait autrefois son épitaphe, gravée sur un carreau de marbre. Il s'y désignait lui-même par la qualité de maistre maçon, semblait nous donner une garantie de la solidité de son ouvrage, en ajoutant qu'il attendait dessous la resurrection bienheureuse sans crainte d'être écrasé. Le jubé de la Madeleine a de largeur, compris les deux chapelles qui en font partie, trente-six pieds, et de hauteur, jusqu'au haut de la rampe, dix-neuf pieds dix pouces."

[16] This is Sauval's description.

[17] This must be a mistake of the historian: a crucifix of these dimensions could not possibly be worked in one piece of timber; but it was a very vulgar error to attach great importance to the idea of tabernacle-work, &c. being worked out of a single block or piece; recent investigation has shown the absurdity of these ideas.