SCÈNE IV.

Valentin, Siebel.

Val.   (apercevant Siebel). Eh! parbleu! c'est Siebel!

Sie. Cher Valentin....

Val. Viens vite! Viens dans mes bras. (Il l'embrasse.) Et Marguerite?

Sie.   (avec embarras). Elle est à l'église, je crois.

Val. Oui, priant Dieu pour moi.... Chère sœur, tremblante et craintive, Comme elle va prêter une oreille attentive Au récit de nos combats!

Cho. Gloire immortelle De nos aïeux, Sois-nous fidèle Mourons comme eux! Et sous ton aile, Soldats vainqueurs, Dirige nos pas, enflamme nos cœurs! Vers nos foyers hâtons le pas! On nous attend; la paix est faite! Plus de soupirs! ne tardons pas! Notre pays nous tend les bras! L'amour nous rit! l'amour nous fête! Et plus d'un cœur frémit tout bas Au souvenir de nos combats! L'amour nous rit! l'amour nous fête! Et plus d'un cœur frémit tout bas Au souvenir de nos combats! Gloire immortelle.


Val. Allons, Siebel! entrons dans la maison! Le verre en main, tu me feras raison!

Sie.   (vivement). Non! n'entre pas!

Val. Pourquoi?...—tu détournes la tête? Ton regard fuit le mien?...—Siebel, explique-toi!

Sie. Eh bien!—non, je ne puis!

Val. Que veux-tu dire?

(Il se dirige vers la maison.)

Sie. (l'arretant). Arrêté! Sois clément, Valentin!

Val. (furieux). Laisse-moi! laisse-moi! (Il entre dans la maison.)

Sie. Pardonne-lui! (Seul.) Mon Dieu! je vous implore! Mon Dieu, protégez-la.

(Il s'éloigne; Mephistopheles et Faust entrent en scène; Mephistopheles tient une guitare à la main.)