SCÈNE PREMIERE.
La Chambre de Marguerite.
Marguerite, Siebel.
Sie. (s'approchant doucement de Marguerite). Marguerite!
Mar. Siebel!...
Sie. Encore des pleurs.
Mar. (se levant). Hélas! Vous seul ne me maudissez pas.
Sie. Je ne suis qu'un enfant, mais j'ai le cœur d'un homme Et je vous vengerai de son lâche abandon! Je le tuerai!
Mar. Qui donc?
Sie. Faut-il que je le nomme? L'ingrat qui vous trahit!...
Mar. Non!... taisez-vous?...
Sie. Pardon! Vous l'aimez encore?
Mar. Oui!... toujours! Mais ce n'est pas à vous de plaindre mon ennui J'ai tort, Siebel, de vous parler de lui.
Sie. I. Si la bonheur à sourire t'invite, Joyeux alors, je sens un doux émoi; Si la douleur t'accable, Marguerite, O Marguerite, je pleure alors, Je pleure comme toi!
II. Comme deux fleurs sur une même tige, Notre destin suivant le même cours, De tes chagrins en fière je m'afflige, O Marguerite, comme une sœur, Je t'aimerai toujours!
Mar. Soyez béni, Siebel! votre amitié m'est douce! Ceux dont la main cruelle me repousse, N'ont pas fermé pour moi la porte du saint lieu; J'y vais pour mon enfant ... et pour lui prier Dieu! (Elle sort; Siebel la suit à pas lents.)