VIII
SOULT’S REPORT ON GALICIA,
JUNE 25, 1809.
N.B.—The first half of this report, a lengthy narrative of the Marshal’s march from Lugo to Puebla de Senabria, is omitted.
Je me permettrai, avant de terminer ce rapport, de présenter à Votre Majesté quelques observations sur la situation actuelle de Galice. Cette province est toujours en état de fermentation. Les menaces de mort et d’incendie qu’employe La Romana; les nombreux agents qui agissent en son nom; les exécutions qu’il fait; les dévastations qui ont inévitablement lieu par les fréquents mouvements des troupes; la ruine de la plupart des habitants; l’absence de toute autorité qui représente Votre Majesté; l’influence des prêtres, qui sont très-nombreux, et la grande majorité opposante; l’argent que les Anglais répandent; la détresse des généraux français, qui, faute des moyens, ne peuvent souvent payer les émissaires qu’ils employent: toutes ces causes contribuent à augmenter de jour en jour le nombre des ennemis, et à rendre la guerre qu’on fait dans ce pays très-meurtrière, infiniment désagréable, et d’un résultat fort éloigné. On s’y battra encore longtemps avant que Votre Majesté en retire quelque avantage, à moins qu’elle n’adopte le système de faire fortifier sept à huit postes importants, susceptibles de contenir chacun 5,000 à 6,000 hommes de garnison, un hôpital, et des vivres pour quatre mois, pour maintenir la population, fermer et garder les principaux débouchés dont l’ennemi ne pourrait plus profiter, et aussi pour offrir aux colonnes qui agiraient dans la province des appuis, quelque direction qu’elles suivissent. Ainsi elles pourraient recevoir des secours et déposer leurs malades. Cette dernière considération est très-puissante, et je ne dois pas dissimuler à Votre Majesté qu’elle fait beaucoup sur le moral des soldats, qui, dans l’état actuel des choses, sont exposés à périr de misère, ou sous les coups des paysans, s’ils ont le malheur d’être blessés, ou atteints de la fièvre, et de se trouver éloignés d’un lieu sûr pour y chercher des secours.
Je crois qu’avec une dépense d’un million on parviendrait à mettre en état de défense la Galice, et certes jamais argent n’aurait été mieux employé, d’autant plus que par la suite on pourrait diminuer le nombre des troupes qui pour le moment y sont nécessaires; dans cette persuasion j’ai engagé M. le Maréchal Ney à faire fortifier Lugo, et à ordonner la construction de trois blocus sur la ligne de Villa Franca; les places de Tuy, de Monterey, de Viana et de Puebla de Sanabria, qui toutes peuvent contenir des canons, ont une enceinte et un reste de fortification, pourraient aisément être rétablies et rempliraient parfaitement cet objet; et, s’il le fallait, il est encore d’autres postes qui par leur situation seraient à même de concourir à la défense, sans que les frais fussent considérablement augmentés. Si cette mesure, que je considère comme urgente et d’un résultat assuré, n’est point adoptée, il deviendra nécessaire que des renforts soient envoyés à M. le Maréchal Ney, ne fusse que pour remplacer ses pertes et maintenir libres les communications, quoique aujourd’hui il puisse être assez fort pour tenir tête au corps de La Romana et de Carrera réunis, s’ils se présentaient en ligne. Mais leur système étant d’harceler sans cesse et d’éviter une affaire générale, avec le temps ils auraient l’avance la plus forte, et ils finiraient, même sans combattre, par le détruire s’il n’était soutenu, et on ferait une perte d’hommes incalculable sans obtenir le résultat qu’on se propose.
Il est probable que je ne serai plus dans le cas d’entretenir Votre Majesté au sujet de la Galice; ainsi, pour cette dernière fois, j’ai cru de mon devoir de lui rendre compte des observations que mon séjour dans cette partie de ses états et la connaissance que j’ai acquise du caractère de ses habitants m’ont mis à même de faire. J’ai donc l’honneur de supplier Votre Majesté de daigner excuser cette digression en faveur et en considération des motifs qui l’ont dictée.
J’ai l’honneur d’être, &c.,
Maréchal Duc de Dalmatie.
Puebla de Senabria, 25 juin 1809.