No. IV.
Address to Brigadier-General Prevost from the Inhabitants of St. Lucie, p. 7.
Les Habitans de l'Isle de St. Lucie, à Son Excellence Monsieur le Brigadier-Général George Prevost, Lieut.-Gouverneur de cette Isle, &c.
Monsieur le Gouverneur,
Lorsque le paix, objet de tous ties vœux, fait rentrer l'Isle de Sainte Lucie sous la domination Française, c'est un hommage bien légitime que de vous rendre au nom de tous les Colons un témoignage public de l'amour, du respect, et de la reconnoissance que votre gouvernement doux et paternel, et votre sage administration, ont fait naître dans tous les cœurs. Les avantages sans nombre dont vous avez fait jouir la Colonie, depuis que vous en avez pris le Commandement, l'attachent hautement. En effet, M. le Gouverneur, l'amour constant que vous avez manifesté pour le bien public; les soins infinies que tous avez pris pour rendre et faire rendre la justice dans un tems où toutes les loix étaient en oubli; le zèle infatigable avec lequel vous tous êtes occupé des discussions des intêrets des Colons; votre gouvernement paternel, qui, en vous conciliant tous les esprits, à detruit les divisions qui pouvaient exciter, a fait regner l'union et la concorde parmi les habitans, et a fait renaître la confiance, et la prospérité. Enfin, votre gouvernement tutelair, qui a fait chérir l'authorité de sa Majesté dans la votre, sont autant de bienfaits dont vous avez fait jouir les habitans de la Colonie, et dont ils conserveront éternellement le souvenir.
Mais il en était un plus grand que le zèle et l'amour du bien public, qui vous animaient, reservoit à la Colonie; c'est votre sollicitude paternelle qui a emploié et obtenue, pour nous, de sa Majesté, qu'elle nous rendit nos loix, non tribunaux, nos magistrats, c'est-à-dire, le témoignage le plus convainçant qu'elle préferait au droit de nous traiter comme un peuple conquis, la douceur de nous adopter pour ses enfans, et de nous rendre les objets de sa tendresse. Nous en sommes tellement convaincus, M. le Gouverneur, que nos infortunes ont été adoucis, et que nous en avons ressentis les plus grands effets. Le bonheur, la tranquillité et la prospérité dont les habitans de la Colonie out jouis jusqu'à present, ils les tiennent de la bonté du Roi, et de votre administration paternelle, M. le Gouverneur; et si notre reconnoissance ne trouve pas d'expressions assez forte pour vous peindre aussi vivement que nous le sentons, notre admiration pour vos talens, notre vénération pour vos vertus, et notre amour profonde pour votre personne,—daignez permettre que la Colonie vous présente, comme un foible témoignage, une épée, sur la lame de laquelle seront gravé ces mots:—La Colonie de St. Lucie reconnoissante.
Jouissez, M. le Gouverneur, du bien que vous avez fait à la Colonie; et les vœux des Colons pour votre gloire et votre bonheur vous suivront à votre patrie.