A Une Fleurette
FLEURETTE! Sur sa poitrine si blanche et belle
Combien sens-tu de joie! Quel insensé bon heur
Que de t’y prélasser doucement toute une heure!
Sur ses seins arrondis, là, serrée tout contre elle,
Tu respires son être. Une volupté telle
Que moi j’en sentirais, là, si près de son coeur,
Sur ces deux petits monts de neige, heureuse fleur
Tu ressens... Ta mort, même, ô fleurette, est un ciel!
Dieu! Que je suis las de tout ce monde de peine
Et de ses vanités et de ses maux! Toujours
Te veut mon âme inquiète. Donne-moi ô Reine
Du royaume désert de mon coeur, mes amours,
Comme à cette fleurette ta poitrine aimée
Pour y dormir toujours, à toute éternité!...