D.
This song was written immediately after the loss of the battle of Fontenoy, and was addressed to Lady Catherine Hanmer, Lady Falconberg, and Lady Middlesex, who were to act the three goddesses with Frederick Prince of Wales, in the Judgment of Paris, whom he was to represent, and Prince Lobkowitz, Mercury.
SONG,
BY FREDERICK, PRINCE OF WALES.
1.
Venez, mes cheres Deesses,
Venez, calmer mon chagrin;
Aidez, mes belles Princesses,
A le noyer dans le vin.
Poussons cette douce ivresse
Jusqu’au milieu de la nuit,
Et n’écoutons que la tendresse
D’un charmant vis-à-vis.
2.
Quand le chagrin me devore,
Vite à table je me mets,
Loin des objêts que j’abhorre,
Avec joie j’y trouve la paix.
Peu d’amis, restes d’un naufrage,
Je rassemble autour de moi,
Et je me ris de l’étalage
Qu’a chez lui toujours un Roi.
3.
Que m’importe que l’Europe
Ait un ou plusieurs tyrans?
Prions seulement Calliope
Qu’elle inspire nos vers, nos chants.
Laissons Mars et toute la gloire,
Livrons nous tous à l’amour;
Que Bacchus nous donne à boire;
A ces deux faisons la cour.
4.
Passons ainsi notre vie,
Sans rêver à ce qui suit;
Avec ma chere Silvie[252]
Le tems trop vite me fuit.
Mais si par un malheur extreme,
Je perdois cet objêt charmant;
Oui, cette compagnie même
Ne me tiendroit un moment.
5.
Me livrant à ma tristesse,
Toujours plein de mon chagrin,
Je n’aurois plus d’allegresse
Pour mettre Bathurst[253] en train.
Ainsi pour vous tenir en joie,
Invoquez toujours les Dieux,
Qu’elle vive et qu’elle soit
Avec nous toujours heureux.