APPENDIX IX

[P. 303, n. 2]

BIBLIOTHEQUE NATIONALE

Fonds français, Ms. no. 3,197, fo 92, recto

[The Cardinal’s War]

[2 juillet 1565]

[Au dos] Coppie. De Monsr de Salzede à Monsr d’Auzances, du IIe Juillet 1565.

Cause de l’empeschement faict à Monseigneur le Cardinal par le Sr de Salcede.

Monsieur, comme le diable qui ne cerche jamais que de mectre des choses en avant, il est survenu que, estant arrivé Monseigneur le cardinal de Lorraine a Ramberviller, ses officiers m’ont dict aultre commandement de publier et attacher par touttes les villes et chastellenyes la protection et sauvegarde qu’il a recouvert de l’Empereur, le double de laquelle je vous envoye signé et collationné de son chancellyer. Et avec cela, je suis esté adverty de bon lieu certainement qu’il veult et a despeché capitaines pour mettre ès place lesquelles je conserve il y a environ dix ans aux despens du Roy et avec ses soldatz; et veoir à ceste heure ung remuement devant moy avec ceste saulvegarde et[1761] une particularité que je sçay je ne suis deliberé de le souffrir que premièrement le Roy et la Royne ou vous (comme les representans) vous n’ayez bien pensé le faict et la consequence que cela peult advenir pour l’advenir.[1762] Je vous asseure, Monsieur, que je suis bien mary qu’ayant tant faict de services à Monseigneur le Cardinal et à sa maison, comme tout le monde sçayt bien, il[1763] me contraigne pour mon honneur de thumber en sa malle grace. Et quant luy au aultre vouldront mectre quelques particularitez en avant, vous vous bien asseurer avec tous mes seigneurs et amys que je mouray et me coustera ma vye et mon bien que je ne serviray jamais aultre que à monseigneur et roy, auquel je suis tant tenu. S’il vous plaist de me envoyer la coche de madame d’Auzances[1764] par Florymont,[1765] je vous envoyeray à Metz en charge ma femme et enffans avec le peu de bien que j’ay en France, pour vous asseurer que je ne feray jamais chose qui ne soit pour le service du Roy, synon pour sa grandeur et authorité. Et, en ce pendant que j’aurai de voz nouvelles, j’entretiendray les choses en l’estat que j’ay deliberé, avec la plus grande modeste que je pouray, sy je ne suis contrainct aultrement. Et sur ce, je me recommande de bien bon cuer a vostre bonne grace et prye Dieu

Monsieur, vous donner très heureuse et longue vye.

De Vic, ce IIe jour de Juillet. Ainsy signé:

Po de Salcede.