IV. CONCERNING NOW AND THEN
Ce que je vois alors dans ce jardin, c’est un petit bonhomme qui, les mains dans les poches et sa gibecière au dos, s’en va au collège en sautillant comme un moineau. Ma pensée seule le voit; car ce petit bonhomme est une ombre; c’est l’ombre du moi que j’étais il y a vingt-cinq ans. Vraiment, il m’intéresse, ce petit: quand il existait, je ne me souciais guère de lui; mais, maintenant qu’il n’est plus, je l’aime bien. Il valait mieux, en somme, que les autres moi que j’ai eus après avoir perdu celui-là. Il était bien étourdi; mais il n’était pas méchant et je dois lui; rendre cette justice qu’il ne m’a pas laissé un seul mauvais souvenir; c’est un innocent que j’ai perdu: il est bien naturel que je le regrette; il est bien naturel que je le voie en pensée et que mon esprit s’amuse à ranimer son souvenir.... Tout ce qu’il voyait alors, je le vois aujourd’hui. C’est le même ciel et la méme terre; les choses ont leur âme d’autrefois, leur âme qui m’égaye et m’attriste, et me trouble; lui seul n’est plus.—Anatole France, in “Le Livre de mon Ami.”
“I prefer the little girls and boys ... that come as you call them, fair or dark, in green ribbons or blue. I like making cowslip fields grow and apple-trees bloom at a moment’s notice. That is what it is, you see, to have gone through life with an enchanted land ever beside you....”—Kate Greenaway to Ruskin.