EXTRACTS FROM M. VERMEIRE.

After most of this fasciculus is in type, I am favoured with a copy of M. Vermeire’s “Le Libre Travail,” Brussels, 1864, from which I subjoin three extracts.

The first, a noble passage quoted by that gentleman from M. Bastiat’s “Harmonies Economiques:”—

“C’est la concurrence qui fait tomber dans le domains commun toutes les conquêtes dont le génie de chaque siècle accroît le trésor des générations qui le suivent. Tant qu’elle n’est pas intervenue, tant que celui qui a utilisé un agent naturel est maître de son secret, son agent naturel est gratuit sans doute, mais il n’est pas encore commun; la conquête est réalisée, mais elle l’est au profit d’un seul homme ou d’une seule classe. Elle n’est pas encore un bienfait pour l’humanité entière. Si les choses devaient rester ainsi avec toute invention, un principe d’inégalité indéfinie s’introduirait dans le monde; mais il n’en est pas ainsi, Dieu, qui a prodigué a toutes ses créatures la chaleur, la lumière, la gravitation, l’air, l’eau, la terre, les merveilles de la vie végétale, l’électricité et tant d’autres bienfaits innombrables, Dieu, qui a mis dans l’individualité l’intérêt personnel qui, comme un aimant, attire toujours tout à lui, Dieu, dis-je, a placé aussi au sein de l’ordre social un autre ressort anquel il a confié le soin de conserver à ses bienfaits leur destination primitive, la gratuité, la communauté. Ce ressort, c’est la concurrence.

“Ainsi l’intérêt personnel est cette indomptable force individualiste qui nous fait chercher le progrès qui nous le fait découvrir, qui nous y pousse l’aiguillon dans le flanc, mais qui nous porte aussi a le monopoliser. La concurrence est cette force humanitaire non moins indomptable qui arrache le progrès, à mesure qu’il le réalise, des mains de l’individualité, pour en faire l’héritage commun de la grande famille humaine. Ces deux forces qu’on peut critiquer, quand on les considère isolément, constituent dans leur ensemble, par le jeu de leurs combinaisons, l’harmonie sociale.

“Et, pour le dire en passant, il n’est pas surprenant que l’individualité, représentée par l’intérêt de l’homme en tant que producteur, s’insurge depuis le commencement du monde contre la concurrence, qu’elle la réprouve, qu’elle cherche à la détruire, appelant à son aide la force, la ruse, le privilége, le sophisme, la restriction, la protection gouvernementale, le monopole.”

The second, portion of an interesting letter by M. Paillottet, éditeur-commentateur of Bastiat’s works, (written in May, 1863):—

“Cette connaissance, résultat de son travail, est pour toujours à lui; nul ne peut la lui enlever ni ne doit l’empêcher de s’en servir.

“Seulement, comme la nature permet à d’autres hommes de se livrer à la même recherche, qu’elle les y excite et souvent même leur en fait une nécessité, le jour doit arriver où la notion que cet homme possédait seul est aussi possédée par d’autres. Ce jour-là, je dis que le premier inventeur n’a plus seul le droit de se servir d’une notion qu’il n’est plus seul à posséder. Prétendez-vous que je le dépouille du résultat de son travail? J’ai à vous répondre: Si je dépouille le premier, vous, vous dépouillez le second, le troisième, le centième inventeur peut-être; si je dépouille le Chinois, vous, vous dépouillez Guttemberg!

“Un mot maintenant sur le droit à la réciprocité de services.

“Je crois fermement, avec Bastiat, que ‘la véritable et équitable loi des hommes, c’est: Echange librement débattu de service contre service.’

“Si un inventeur me rend service, je lui dois un service équivalent; Dieu me garde d’en disconvenir. Mas de même que je n’exige pas de l’inventeur ses services et ne l’oblige pas à en recevoir de moi, j’entends qu’il n’exige pas les miens et ne m’impose pas les siens. Entre lui et moi, l’échange doit être précédé d’un libre débat amenant le consentement des deux parties. M. Le Hardy de Beaulieu oublie ou supprime la nécessité du libre débat.”

The third, a narrative by my able and ardent Belgian fellow-labourer in this great cause, the Abolition of Patents, M. Vermeire himself, to whose work I refer readers. He will allow me to say I impute it to no deficiency in courtesy on his part that it escaped earlier and due notice. He there gives the Chambers of Commerce of this kingdom credit for opinions which they have not generally embraced up to this hour:—

“M. Eugène Flachat attaque la loi des brevets comme une lépre industrielle. M. Arthur Legrand ne critique pas moins vivement cette législation surannée ainsi que M. Michel Chevalier, que l’on peut considérer, à juste titre, comme le chef des économistes français.

“Quand l’opinion de ces hommes érudits me fut connue je n’hésitai plus et je publiai l’exposé de ma doctrine du Libre travail dans l’Economiste Belge du 28 Mars, 1863.—Plus tard M. Macfie, president de la Chambre de Commerce de Liverpool, fit connaître ses idées sur la matière et le congrès des économistes allemands réuni à Dresde en Septembre, 1863, émit la résolution suivante qui fut adoptée à une forte majorité:

“‘Considérant que les brevets d’invention n’encouragent pas les progrès des inventions et mettent plutôt obstacle à la réalisation de celles-ci.

“‘Considérant, que les brevets d’invention entravent plutôt qu’ils ne favorisent la prompte exploitation des inventions utiles et qu’ils ne sont pas un mode convenable de récompense.

“‘Le congrès a résolu que les brevets d’invention sont nuisibles au développement de la prospérité publique.’

“Cet avis des hommes de la science a été écouté en Allemagne par les hommes de la pratique; car sur les 47 Chambres de Commerce que renferme la Prusse, 31 viennent de se prononcer pour l’abolition des brevets d’invention d’après ce que je viens de lire dans les journaux, au moment même où j’écris ces lignes.—

Le libre travail qui fut suivi, de mon Examen critique de la garantie légale des modèles et dessins de fabrique provoqua une ardente discussion,” &c.