No. VIII—JONNIE.
(Par DICK DODY, Auteur de "Le Nabab Boffin-Newcome," "Madame de Marneffe Jeune et Rawdon Crawley Commerçant," "Trente Ans à prendre mon bien partout," "La Lie de mon Encrier," "Raclure des Petits Journaux," &c, &c.)
I.—LE HIGLIFE SCOLASTIQUE.
Le recteur regardait avec un air égrillard le museau chiffonné de la jolie Madame COPPERFIELD, qui désirait lui confier son petit garçon comme élève dans l'institution la plus distinguée de tout Paris, une maison où chaque enfant devait apporter dans sa petite malle trois couverts en vermeille, et un trousseau de six douzaines de chemises en batiste fine; une maison où les extras, les vin d'oporto, les beef-tea, les sandwich, souvent dépassaient la pension.
"Voyons, ma belle dame," dit le recteur, "comment s'appelle-t'il—ce petit mome—pardon—ce cher enfant?"
"DOMBEY, Monsieur, JONNIE DOMBEY. JONNIE sans l'H."
"Il est noble?"
"Mais, non, Monsieur. Son père était banquier, financier, que sais-je! Il faisait des affaires énormes—gigantesques! Il regardait les ROTHSCHILD comme de nouveaux venus—il—" et la gentille petite COPPERFIELD se perdait dans un labyrinthe de phrases, et se réfugiait dans une énorme houppe à poudre-Sarah, qu'elle portait toujours dans son manchon.
"Mais il n'était pas noble," dit le recteur, avec dureté; "je regrette fort, Madame, de ne pouvoir accepter votre petit gosse—votre fils—comme élève; mais cette institution scolastique est des plus fashionables de Paris. Si vous aviez une petite couronne de Marquise sur votre carte de visite, si vous étiez descendue d'une voiture blasonnée aux chevaux fringants, avec cocher en perruque spun-glass, mes bras de père spirituel se seraient ouverts avec effusion pour accueillir cet enfant. Mais vous portez sur votre oarte un nom suspect, et vous êtes arrivée en voiture de place. Ainsi avec la plus haute considération je dois vous prier de prendre la peine de débarrasser le plancher. Adieu, mon petit bonhomme. Tu as l'air scrofuleux mais charmant."
Madame COPPERFIELD, qui était entrée comme Zéphire partit comme Borée. Sa robe de soie faisait un frou-frou prodigieux dans le vestibule. Elle monta dans la voiture au cheval étique, aux coussins moisis, tirant le petit JONNIE avec une violence hystérique.
"Parceque tu n'est pas fils de Marquis on m'outrage," elle dit, fondant en larmes. "Et pourquoi n'est-tu pas fils de Marquis, petite brute? Moi, je ne sais pas."
Le petit DOMBEY sautait sur les genoux de sa mère; il la consolait, et quelques instants plus tard mère et fils suçaient emsemble un grand morceau de butter-scotch, pendant que la petite écervelée considérait le costume qu'elle devait porter le soir au Bal Bullier.
II.—UN GYMNASE À TOUTES LES COULEURS.
MADAME COPPERFIELD ne se tenait pas pour vaincue sur cette question d'une pension pour le petit. Sa cuisinière lui soufflait le nom d'un Monsieur SQUEERS qui habitait dans les environs de Clichy, et cette fois c'était la cuisinière qui conduisait le petit JONNNIE chez son alumnus; et la cuisinière ne faisait pas de façons; c'était à prendre ou à laisser.
Le bon SQUEERS, qui avait habité auparavant le Yorkshire, avait developpé une goutte de sang nègre, et s'était établi avec la seconde Madame SQUEERS (soeur cadette de la respectable Madame MICAWBER) dans les environs de Clichy. Malheureusement il n'avait pas oublié son système anglais, et quoiqu'il faisait bien des raffinements sur les rudes et franches pratiques de Dotheboys, le système était au fond le même. Il lui fallait toujours sa victime—son SMIKE. À Dotheboys le SMIKE était blanc, et s'attachait à NICHOLAS, le pion; à Clichy le SMIKE était noir, mais c'était toujours bien SMIKE, qui entrait dans la pension bien vêtu, ses frais payés ponctuellement, et qui tombait bien bas, jusqu'à balayer le plancher, et à servir à table. Et plus tard le SMIKE noir devait mourir accablé de cruautés, d'une mort encore plus larmoyante et plus terrible que la douce phthisie du SMIKE blanc. Il est mort dans la seconde manière de DICKENS, plus travaillée, plus tendue que le style jeune et fort de NICKLEBY.
III.—CE QU'ON APPELLE UN BEAU-PÈRE.
Il n'y a pas loin du premier chapitre dans la vie de JONNIE jusqu'à l'entrée de MURDSTONE—le MURDSTONE français, dur, mais poète, ainsi plus frivole que le MURDSTONE anglais. Mais, puisque pour le petit ARRIE tout ce qu'il y a de pénible dans l'histoire de son petit cousin anglais doit s'augmenter, le MURDSTONE français a des traits des NÉRON et des CALIGULA. Naturellement le jeune DOMBEY, se souvenant des escapades du cousin, fait son petit voyage d'enfant—une fuite de la pension jusqu'à la maison maternelle où la petite dame s'est installée en secondes noces avec MURDSTONE D'ARGENTON, le poète. Alors commencent l'éducation de l'enfant par le beau-père, les larmes de la mère, le martyre du petit. Que de gifles; que de dictionnaires lancés à la tête du chétif bambin!
"Faut qu'il aille quelque part gagner sa vie," dit MURDSTONE, qui s'enrageait de plus en plus, à cause de deux incommodités dans leur vie de famille, la première que lui, MURDSTONE, n'avait pas le génie d'ALFRED DE MUSSET, la seconde que l'enfant avait un rhume de cerveau incurable. "Envoyez-le laver les bouteilles chez un marchand de vins," proposait un ami de la maison.
"Mais, non, cela ne serait pas assez dur," repondit le poète. "Je suis fâché qu'il n'y ait plus à Londres ce bon système de ramoneurs-garçons qu'on faisait brûler vifs quelquefois dans les cheminées. Faute de cela je le mettrai sur la voie ferrée, à graisser les roues avec son petit pot de pommade jaune—et si par hasard il se faisait écraser par un train—tant pis pour lui."
Il était grand garçon maintenant, ce joli petit JONNIE du premier chapitre, et avant de partir pour se perdre entre les Parias du pot à graisse sur la ligne d'Est, il s'enhardit jusqu'à questionner sa mère sur un sujet qu'elle avait approché de temps en temps gentillement du bout des lèvres, en lui soufflant des idées romanesques, des visions de ducs espagnols et de millionnaires anglais.
"Dis done, p'tite Maman, comment s'appelait-il, mon père?"
"Mais, mon cheri, naturellement, il s'appelait COPPERFIELD."
"Mais, Maman, tu me disais autrefois qu'il était DOMBEY, un grand financier, riche à millions. Se peut-il que de DOMBEY je sois devenu COPPERFIELD?"
La pauvre inconséquente sanglotait avec véhémence—"Mon JONNIE, je te trompais. DOMBEY, le financier raide et hautain, n'a jamais existé dans la vie réelle. C'était un mannequin en bois. Ton père était DICKENS, le grand romancier anglais. Il est mort avant ta naissance. Sans lui tu ne serais pas."
TO A CORRESPONDENT.—We do not think you are wise to have asked a large circle of distinguished French sporting friends to bring their rods over with a view to salmon-fishing in the Serpentine. Trout, there may be; no doubt, there are, but we have some doubts about salmon. Your suggestion that if you can't get a rise you might perhaps "bang away" at the waterfowl, certainly has a more promising sound, but we would advise you to commence your sport early, for fear of hitting the bathers. You will require the permission of the Duke of CAMBRIDGE. This you will get through any Park-keeper.
MR. MANTALINI ON THE LINCOLN CASE.—"And both were right, and neither wrong, upon my life and soul, O demmit!"—Nicholas Nickleby.
THE FINAL TEST.
Bellona (to the "Times" and Mr. Stanhope). "I SUPPOSE, GENTLEMEN, YOU DON'T WANT TO WAIT FOR ME TO SETTLE THE QUESTION!"
TOMMY ATKINS, loquitur:—
Oh, where and wot am I? A spindle-shank'd stripling,
As blue-gilled old Tory ex-Colonels protest?
Or a 'ero, as pictured by young RUDYARD KIPLING,
Six foot in my socks, forty-inch round the chest?
I'm blowed if I know arter all the discussion.
But if I'm the cove as they're going to trust,
To give good account of yer Frenchy or Russian,
At least they'd best give me a gun as won't bust.
They've bin fighting this battle of barrels and breeches,—
Ah yus, from the days of our poor old Brown Bess,
And wot's the result as their 'speriments teaches?
They'd better jest settle it sharp-like, I guess.
If once of a rattlin' good rifle I'm owner,
A thing as won't jack-up or jam, I don't care.
But if they stand squabblin' till Missis BELLONER
Puts in 'er appearance, there'll be a big scare.
Ah, she's the true "Expert"; wuth fifty Committees!
But then 'er decision means money—and blood.
Wot price TOMMY ATKINS, then? Everyone pities
His fate, when he's snuffed it, and pity's no good.
Whether STANHOPE is right, or the Times, I ain't sayin';
But here Marm BELLONER gives both a big hint,
As it's rayther a touch-and-go game they are playin',
And TOMMY, he thinks she is right,—plain as print!