XXXVIII.

Sur un chant joyeux.

QUAND Dieu naquit á Noël

Dedans la Judeé,

On vit ce jour solemnel

La joie inondée;

Se n’etoit ni petit ni grand

Qui n’apportât son presént,

Et n’o, n’o, n’o, n’o,

Et n’offrit, frit, frit,

Et n’o, n’o, & n’offrit,

Et n’offrit sans cesse Toute sa richesse.

L’un apportoit un agneau

Avec un grand zele,

L’autre un peu de lait nouveau

Dedans une écuelle;

Tel, sous ses pauvres habits,

Cachoit un peu de pain bis,

Pour la, la, la, la,

Pour la, sain, sain, sain,

Pour la, la, pour la sain,

Pour la Ste Vierge et Joseph Concierge.

Ce bon Père putatif

De Jesus mon Maitre,

Que le pasteur plus chétif

Desiroit connaitre,

D’un air obligeant & doux,

Recevoit les dons, de tous,

Sans cé, cé, cé, cé,

Sans céré, ré, ré,

Sans cé, cé, sans céré,

Sans cérémoniè, Pour le fruit de vie.

Il ne fut pas jusqu’ aux Rois

Du rivage Maure,

Qui joint au nombre de trois,

Ne vinssent encore;

Ces bons Princes d’Orient.

Offrirent en le priant,

L’en, l’en, l’en, l’en, l’en,

Cens, cens, cens, cens, cens,

L’en, l’en, l’en, cens, cens, cens,

L’encens & la myrrhe et l’or qu’on admire.

Quoiqu’il n’en eût pas besoin,

Jesus notre Maitre,

Il en prit avecque soin

Pour faire connoitre

Qu’il avoit les qualités

Par ces dons représentés,

D’un vrai, vrai, vrai, vrai,

D’un Roi, Roi, Roi, Roi,

D’un vrai, vrai, d’un Roi, Roi,

D’un vrai, Roi de Gloire en qui l’on doit croire.

Plaise à ce divin Enfant

Nous faire la grâce,

Dans son sejour triomphant

D’avoir une place:

Si nous y sommes jamais,

Nous goûterons une paix

De lon, lon, lon, lon,

De gue, gue, gue, gue,

De lon, lon, de gue, gue,

De longue durée dans cet empireé.