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Et il y en avait dix, vingt, de ces sociétés: on citait les Pur-sang, les Bousingots, les Infatigables, etc., et tant d’autres dont les noms nous échappent. Celles-ci étaient composées de fils de famille, d’artistes et même de négociants, car tout le monde avait alors les mêmes goûts; tout le monde se tuait en riant à gorge déployée.
C’était le temps où Eug. G...[M] rencontrait un de ses amis et lui disait:
«Ah! je suis fatigué, voilà cinq jours que je suis en malin, cela m’ennuie; je vais me mettre en bergère.»
Ces hommes-là étaient de fer; N. D. A...[N], un des grands noms du premier Empire, partit le jeudi gras de chez lui, déguisé en postillon. Il passa les trois premiers jours du carnaval monté sur le premier cheval d’une voiture à six chevaux, et ne rentra que le mercredi des cendres à trois heures, après avoir passé toutes les nuits à danser et toutes les journées à festoyer.
Vous dire ce que pouvait coûter une fête aussi prolongée, les usuriers seuls peuvent le savoir.