CHAPITRE PREMIER.

Paris sous le Directoire.—La Réveillère, Barras, Carnot.—Soirées chez
Lenoir.—Les amis.—Départ de Leclerc pour l'Italie.—M. Petitain.

De retour à Paris, j'y trouvai un changement notable. Cinq mois avaient opéré une révolution réelle dans les moeurs. À la terreur à laquelle cette grande ville avait été si long-temps en proie avait succédé une insouciance presque absolue pour tout, excepté le plaisir; c'était un besoin universel, et ce besoin était insatiable: tout en jouissant du présent, on anticipait sur l'avenir et l'on se récupérait du passé. On avait à la vérité, en fait de plaisir, un fort arriéré à recouvrer. Les gens qui avaient sauvé quelque fortune craignaient peut-être encore d'en donner la preuve, et vivaient modestement; mais ceux qui par d'heureuses spéculations s'étaient enrichis au milieu des malheurs publics, et même par suite de ces malheurs, s'empressaient de jouir de leurs richesses, comme s'ils eussent craint qu'elles ne leur échappassent, et prenaient dans la société, qui s'organisait d'après un nouveau principe, possession du premier rang, d'où l'importance politique venait de déchoir, du premier rang que la gloire militaire n'occupait pas encore, et que la disparition de la noblesse semblait abandonner à l'opulence.

L'installation du Directoire contribuait aussi à cette révolution. Le Luxembourg, dont les cinq hommes avaient pris possession, était déjà devenu ce que sera toujours le lieu où siége la puissance, une cour; et comme il n'était pas inaccessible aux femmes, avec elles y avaient pénétré des manières plus douces. Dépouillant leur brutalité, ces républicains commençaient à concevoir que la galanterie pouvait être compatible avec les fonctions politiques; qu'il y avait même quelque habileté à s'en servir comme d'un moyen de gouvernement; et des fêtes, où les dames reprenaient l'empire dont elles avaient été dépossédées pendant le long règne de la Convention, prouvaient que les hommes du pouvoir songeaient moins à détruire les anciennes moeurs qu'à les ressusciter.

Le plus brillant ou plutôt le moins terne de ces salons était celui de Barras. Plusieurs dames, remarquables à des titres différens, s'y réunissaient et y portaient un charme qui ne se trouvait pas dans ceux de ses collègues. Les jeunes gens briguaient la faveur d'y être admis.

Présenté par deux de ces dames à ce directeur, j'allais assez assidûment chez lui, et, à parler franchement, dans l'intérêt d'y faire ma cour; mais comme ce n'était pas à lui, il me savait peu gré de cet empressement; peut-être même le voyait-il avec quelque déplaisir: il avait tort.

Nos relations, au reste, ne durèrent pas long-temps, l'intérêt qui les avait provoquées ayant bientôt fait place à un intérêt de même nature qui m'appelait ailleurs. Barras, ne me voyant plus, oublia facilement un homme qui n'avait pas trop pensé à lui, et depuis ne l'a revu qu'une fois. Il ne m'a fait ni bien ni mal.

Que dirai-je de Barras? qu'il dut sa fortune à son habileté moins qu'à son caractère. Les crises du 10 thermidor et du 13 vendémiaire, où le danger lui donna le courage qu'il avait enlevé à la plupart de ses collègues, pouvaient seules le porter au pouvoir. Au milieu de gens qui ne savaient que parler, fait pour l'action, il fût resté sans importance, si l'occasion d'agir ne se fût pas présentée. L'audace militaire le tira de la foule des députés, où il ne s'était fait remarquer ni par la science de l'administration, ni par des connaissances en législation, ni par le talent de la parole; mais il était homme de résolution, homme d'exécution. Ne craignant pas la mitraille et sachant monter à cheval, il agissait pendant que les autres délibéraient. Ces qualités, dont il avait fait preuve devant Toulon, lui firent conférer au 10 thermidor, par la Convention, le commandement des troupes qui allèrent enlever Robespierre à l'Hôtel-de-Ville, et, au 13 vendémiaire, celui des colonnes que la Convention opposa aux sections révoltées. On le crut le plus habile parce qu'il était le plus courageux, et on le nomma directeur pour honorer en lui les braves, et leur donner un représentant dans le gouvernement.

Dans ce poste éminent, Barras ne montra guère d'autre talent que celui d'assurer sa fortune future et de prolonger sa fortune présente. Tenant une maison fastueuse et accueillant surtout les hommes d'épée, il sut s'appuyer sur eux en s'en faisant l'appui. Plus que médiocre dans le gouvernement des affaires publiques, il eut l'adresse d'attirer à lui des gens habiles, et de se faire une espèce de gloire de la leur. C'est lui qui porta le citoyen Talleyrand au ministère des relations extérieures, et le général Bonaparte au commandement de l'armée d'Italie.

Ce dernier choix surtout explique sa prospérité et ses revers. Tant qu'il eut pour lui l'homme dont les talens suppléaient à ceux qui lui manquaient, il eut pour lui la fortune; mais dès qu'il eut contre lui cet homme qui enchaînait la destinée, réduit à sa nullité naturelle, il lui fallut céder sans combat un pouvoir qu'il avait exercé sans génie.

Barras eut d'abord pour collègues dans l'exercice du quinquemvirat La Réveillère-Lépaux, Carnot, Rewbel et Le Tourneur de la Manche. Qu'on me pardonne de ne parler que des deux premiers; je n'ai pas connu les autres.

Doué de rectitude d'esprit moins que de raideur de caractère, citoyen estimable, mais gouvernant détestable et plus maussade encore qu'austère, La Réveillère n'était certes pas dénué de vertus; mais, dans un homme d'État, ses vertus avaient plus d'inconvéniens que des vices. Ce quaker sortit du Directoire avec la réputation d'un homme plus honnête qu'habile. Sa philosophie n'était cependant exempte d'aucune ambition. Avec le pouvoir politique, qu'il ne dédaignait pas, il eût volontiers cumulé le pouvoir religieux, et trouvait assez piquant, à cette époque où l'on ne souffrait ni roi ni prêtres, d'être souverain pontife en France, où il était un cinquième de roi. Les théophilantropes le regardaient comme leur pape; mais son église n'était pas assise sur une pierre aussi solide que la ou le Pierre sur laquelle ou lequel repose l'Église de Rome[23]. Simple dans sa doctrine, mesquine dans sa liturgie, et fondée sur le sens commun, elle n'avait aucun attrait pour la multitude, dont la crédulité veut des mystères, dont la pauvreté veut du luxe, dont la curiosité veut des spectacles. Comme elle ne s'appuyait sur aucun intérêt, elle devint, dès son origine l'objet de la risée des indifférens même, et tomba avant son apôtre sous les sifflets, comme une mauvaise comédie.

Tel est au reste le sort qui attend aujourd'hui toute religion nouvelle. Les gens qui ne croient pas ne l'accueilleront pas plus favorablement que ne l'accueilleront les gens qui croient. Elle sera pour ceux-ci un objet de dédain, comme pour ceux-là un objet d'horreur. Proposer à la société une religion nouvelle par le temps qui court, c'est pourvoir à un besoin qui n'existe pas.

La cour la plus brillante après celle de Barras, était la cour de Carnot; celui-là avait été porté au gouvernement par des titres un peu plus positifs que son voluptueux collègue. C'est du cabinet d'où ce tacticien faisait mouvoir nos quatorze armées qu'étaient sortis en 1794 les plans qui ramenèrent la victoire sous nos drapeaux à Fleurus, où, forcés d'évacuer notre territoire, les Autrichiens perdirent cette bataille qui nous rendit la Belgique, nous livra la Hollande et ouvrit l'Allemagne aux armées de la république. Moreau, Jourdan et Pichegru durent leur première réputation à l'habileté avec laquelle ils exécutèrent les conceptions de Carnot qui, dans le comité de salut public, avait la direction de la guerre.

Relativement à Bonaparte, Carnot prouva encore l'excellence de son jugement. On sait que les opérations qui nous soumirent l'Italie avaient été conçues par le général qui les exécuta. Au mérite de diriger les autres généraux, Carnot joignit celui de laisser toute liberté à un génie qui n'avait pas besoin de guide.

Au reste, c'est surtout par sa modération que Carnot se fit remarquer au Directoire. Il la porta assez loin pour se voir accuser par les républicains de complicité avec les partis qui en 1797 conspiraient le rétablissement de la royauté, laquelle n'en fut pas très-reconnaissante en 1815.

Au comité de salut public, pendant que ses collègues dressaient des listes de proscriptions, Carnot organisait la victoire; au Directoire aussi, il était uniquement occupé de la guerre, pendant que ses collègues s'occupaient d'intrigues.

Carnot avait ainsi obtenu un grand crédit. Cela ne convint pas long-temps à Barras, qui songea bientôt à s'en défaire. Carnot n'étant pas toujours de l'avis de la majorité du Directoire sur les moyens de sauver la république, Barras se prévalut de cette opposition pour l'accuser d'intelligence avec le parti qui voulait la perdre, et le fit comprendre dans le décret dont furent atteints les ennemis de la liberté; ainsi, après avoir été signalé comme terroriste au 9 thermidor, Carnot fut proscrit comme royaliste au 18 fructidor. Il n'avait été et ne fut jamais que le plus intègre des patriotes.

Par suite des relations qui résultèrent de celles que j'avais formées pendant mon séjour à Marseille, je me trouvai lancé dans une nouvelle société. À Paris aussi les amis de Lenoir devinrent les miens; hommes d'esprit pour la plupart, et tous hommes de plaisir, ils se réunissaient souvent chez lui le soir: c'était la maison de l'homme aux quarante écus. Libre de toute affaire, on y soupait, on y prenait du punch, et la conversation toujours piquante, quel qu'en fût le sujet, s'animant de plus en plus, on ne se séparait que très-tard.

Réunions délicieuses dont l'esprit fin et judicieux d'Andrieux fit plus d'une fois le charme, et qu'il égayait par ses contes, après lesquels les fables ingénieuses de M. Grenus étaient encore entendues avec un vif plaisir; réunions au milieu desquelles l'incroyable naïveté de Petitain, et les malicieuses turlupinades de Frogères et de Michot improvisèrent plus d'une comédie, qui paraissaient d'autant plus piquantes qu'elles n'avaient pas été préparées; réunions auxquelles Talma apportait le tribut de sa bonhomie et Lenoir celui d'une originalité inépuisable comme sa bonté.

Leclerc qui, peu de temps après nous, avait quitté Marseille, et qui à Paris avait été attaché à l'état-major de la place, venait quelquefois aussi passer la soirée avec nous. Quoiqu'il fût d'un caractère sérieux, il s'amusait assez de nos folies, et même il nous en amusait en nous racontant les extravagances que nous nous permettions quelquefois dans nos excursions nocturnes, dont il avait été instruit par les rapports de la police militaire.

«Qu'as-tu de nouveau à nous apprendre de nous? lui dîmes-nous un soir qu'il était venu d'assez bonne heure: as-tu quelque avis à nous donner? —Non, mais je viens vous demander un conseil. Je suis dans une position…—Fâcheuse?—Nullement, mais embarrassante. Je suis entre les offres de Barras et celles de Bonaparte.—Explique-toi.—L'un me propose de rester à Paris, où il me donnerait, en qualité d'adjudant général, le commandement de la garde du Directoire; et l'autre me presse de venir en Italie, où il m'emploierait dans ce grade. Je ne sais, à parler franchement, quel parti prendre.—À ta place, lui répondis-je, mon parti serait déjà pris. Barras te propose de t'attacher à des hommes. Bonaparte te propose de t'attacher à une armée. S'il y a d'un coté, sous le rapport des appointemens et de la douceur du service, des avantages, à quel prix ne les achèteras-tu pas? C'est moins un service militaire qu'un service domestique que tu accepterais. Es-tu d'âge et d'humeur à ne camper que dans les antichambres? Les qualités qui t'ont fait arriver si jeune au grade que tu as doivent te porter plus haut. Ne borne pas ta carrière; parcours-la tout entière; continue à faire ton chemin l'épée à la main. Le général Bonaparte ira loin: asssocie-toi à sa fortune. Il est plus glorieux de servir sous lui que de commander les janissaires des cinq hommes.—Il est vrai qu'à leur suite tu auras moins à craindre qu'un boulet ne vienne déranger tes combinaisons, ajouta Lenoir, mais…—Vous m'expliquez tout ce que je pensais, reprit vivement Leclerc. Je partirai demain.»

Le lendemain, en effet, il partit pour l'Italie, d'où il revint treize mois après pour apporter le traité de Léoben. Combien de fois ne nous a-t-il pas répété alors: «C'est vous autres qui m'avez décidé; c'est à vous que je dois ma fortune!»

On sait quelle a été cette fortune. Promu au grade de général de brigade, après la campagne d'Italie, Leclerc obtint la main de Pauline, soeur du général qu'il avait préféré à Barras; et, par suite de cette alliance, à quel degré d'élévation ne se trouva-t-il pas porté après la révolution du 8 brumaire? Que fut-il devenu alors s'il eût été capitaine des gardes de Barras?

J'ai nommé Petitain. Deux mots sur cet homme qui n'eut aucune importance, mais qui, par la singularité de son caractère, a droit néanmoins à quelque attention.

Petitain avait de l'instruction, et même de l'esprit; mais l'absence totale de jugement en faisait le niais le plus complet qu'on puisse imaginer. Le petit Poisinet le lui cédait en crédulité. Pendant tout un hiver, on lui fit prendre l'acteur Michot pour le tribun Baboeuf, et le farceur Frogères pour un citoyen Boivin, ci-devant procureur, et cependant il les voyait journellement en scène tous les deux. Prenant au pied de la lettre les théories de l'un en matière de philantropie, et de l'autre en matière de probité, il n'était désabusé ni par les propositions ridiculeusement atroces du premier, ni par les maximes naïvement révoltantes du second, mystifications si évidentes, que l'esprit le plus borné ne pouvait y être pris.

Un jour Michot ayant dit du ton le plus sentimental qu'il ne fallait plus guère sacrifier que trois ou quatre cent mille têtes au bonheur de l'humanité, et un rire universel ayant accueilli le soupir qui avait accompagné cette profession de foi, Petitain ne put s'empêcher de déclarer qu'il ne trouvait pas à cela le mot pour rire. Mais ce fut bien autre chose quand ce Ménechme de Baboeuf, que cette incartade n'avait pas déconcerté, prié de chanter au dessert, soupira de la voix la plus douce, sur l'air Pauvre Jacques, le couplet suivant que le poëte élégiaque de l'époque lui soufflait:

Il faut du sang pour affermir la paix;
Il faut du sang pour finir nos misères;
Il faut du sang au bonheur des Français;
Il faut s'égorger entre frères!

À ce dernier vers, se levant de table, Petitain protesta qu'il ne pouvait rester plus longtemps auprès d'un homme qui débitait de pareilles maximes entre la poire et le fromage; et quand, deux ans après, Baboeuf fut condamné à mort, par suite de ses extravagances démagogiques, Petitain s'en allait disant: «Je l'avais bien prévu; c'était le moins qui pouvait arriver à un homme qui chantait de pareilles romances.»

Il traitait, il faut le dire, avec moins de sévérité le faux procureur dont la morale n'était pourtant pas très-sévère, et qui se bornait à dire qu'il n'y avait de mauvaise action que celle pour laquelle on avait été pendu. Quand celui-là lui avait expliqué ses doctrines en matière de propriété: «Il est fâcheux, disait Petitain, qu'un homme qui a tant d'esprit n'ait pas plus de délicatesse.» S'étendant un jour sur le chapitre de la bienfaisance, comme Frogères disait que c'était un grand plaisir que de faire du bien, et que l'homme qui pouvait s'abandonner à un penchant si naturel était véritablement heureux, «Vous l'entendez, dit Petitain, Boivin lui-même connaît tout le prix d'une bonne action.—Sans contredit, répondit Boivin, je me ruinerais en bonnes actions, si j'en croyais mon coeur; mais je n'en crois que ma raison, et j'en fais le moins que je puis.

«C'est à soi-même, ajouta-t-il, qu'il faut faire du bien avant tout, or je ne connais pas d'autre moyen pour y réussir aujourd'hui que de faire des affaires. Faites comme moi, citoyen Petitain.» Et à cette occasion il lui proposait de faire en tiers, avec un capitaliste, une fourniture, affaire un peu véreuse dont celui-ci fournirait les fonds, et dont ils partageraient les bénéfices en y apportant leur industrie, ce que Petitain ne refusa pas.

Je ferais soupçonner ma véracité si je racontais toutes les mystifications dont Petitain a été la dupe. Plusieurs ont été mises en scène sur divers théâtres: les spectateurs, qui les applaudissaient comme des inventions, étaient loin de s'imaginer que ces pièces n'étaient que des représentations d'un fait réel. Tel est pourtant le cas où se trouve, entre autres, le Voyage à Dieppe, qui a tant égayé les habitués de l'Odéon; comédie qui ne diffère de celle dans laquelle Petitain jouait sans le savoir, qu'en ce que c'est le voyage d'Orléans qu'il fit sans sortir de Paris.

Le trait suivant donnera la mesure de la naïveté de cet homme singulier. Après avoir tenté pour se tirer d'affaire plusieurs moyens qui ne lui réussirent pas, il prit le parti d'établir un pensionnat, qu'il prétendait diriger sous le rapport de l'enseignement, de l'éducation et de l'administration. Il y avait déjà six mois que sa maison était ouverte quand Lenoir le rencontre: «Eh bien! Petitain, comment va l'entreprise?—Pas mal.—Les pensionnaires viennent-ils?—Eh! oui.—Combien en avez-vous?—Déjà trois.—Trois!—Trois: mon fils d'abord, puis le fils de ma cuisinière, puis enfin le fils de la bouchère, qu'elle m'a promis pour Pâques.» On était alors à la Toussaint.

Par une alliance de facultés qui semblent s'exclure, et qui néanmoins se sont rencontrées plus d'une fois dans un même sujet, Petitain unissait quelque malignité à beaucoup de niaiserie; mais comme il était gauchement malin, cela ne tendait qu'à le compromettre. Pour se soustraire aux poursuites provoquées par un libelle qu'il avait publié contre le Directoire, il se crut obligé de se tenir caché. «Leur ai-je joué un bon tour!» disait-il après avoir passé dans sa prison volontaire trois grands mois, pendant lesquels personne n'avait pensé à lui. C'était La Fontaine sans génie.

Cette disparate de caractère ne surprendra que ceux qui prennent la niaiserie pour de la bonhomie. Pour achever ce portrait, j'ajouterai que Petitain était fort instruit: c'était ce qu'on appelle un érudit, une tête farcie de grec et de latin, une tête où il y avait de tout, excepté du jugement; marmite pleine, mais qui cuisait mal.