NOTES:

[1] Mémoire contenant les preuves de noblesse faites par Bertrand de Salignac pour être reçu Chevalier de l'Ordre du Saint Esprit en 1579. (Archives du Royaume, Cartons des Rois, K. 96.)—Les auteurs de Gallia Christiana citent un grand nombre d'Évêques et d'Archevêques de cette Maison; ils disent en parlant de Boson, Archevêque de Bordeaux en 1296. «Ex vetustâ et nobili gente Baronum de Salignaco in Petrocoriis oriundus,» et d'Hélie, aussi Archevêque de Bordeaux en 1361: «Hic Archiepiscopus cognominabatur de Salignac, quæ gens in pago Petracoricensi est antiquissima et nobilissima.» (Gal. christ., t. II, p. 828 et 837. Parisiis, 1720, in-folio.)

[2] 14e Ascendant, ATHON DE SALAGNAC (vivait en 997).—13e, Geofroy (1031).—12e, Aymery I.—11e, Boson.—10e, Malvin (1151).—9e; Aymery II (1163).—8e, Aymery III (1186).—7e, Aymery IV (1244).—6e, Hélie I (1260).—5e, Mainfroy (1314).—4e, Jean I (1324).—3e, Raymond (1444).—«Il fut du nombre des seigneurs qui, sur la fin du règne de Charles VI, soutinrent le parti du Dauphin au delà de la Loire, et il le servit sans solde, pendant plusieurs années, avec dix neuf escuyers sous sa bannière.»—2e ascendant, JEAN II DE SALAGNAC, qui a fait la branche de FÉNÉLON,—marié, en 1473, à Catherine de Lauzière de Thémines.—1er ascendant, Hélie II de Salagnac, leur troisième fils,—marié, en 1510, à Catherine de Ségur Théobon.

De ce mariage sont issus douze enfants:

1o Armand;—2o François;—3o Pons;—4o Jean III;—5o Agnet ou Odet;—6o Louis;—7o BERTRAND;—8o Jean IV;—9o Poncet;—10o Catherine;—11o Jeanne;—12o Magdelène.

L'Archevêque de Cambrai fut l'arrière-petit-neveu de Bertrand de Salignac au sixième degré. Il remontait en ligne directe à son frère aîné Armand, qui eut pour descendants:—1er degré, Jean;—2e, François Ier;—3e, Pons;—4e, François II;—5e, François III;—6e, François IV de Salignac de La Mothe Fénélon, Archevêque duc de Cambrai. (Archives du Royaume, M. 675.)

[3] Extrait du Mémoire déjà cité contenant les preuves de noblesse de Bertrand de Salignac.

[4] Jean de Gontaut, Baron de Biron, seigneur de Montaut, de Montferrand et de Puybeton, Gentilhomme de la Chambre du Roi. —«Il fut employé en ambassades et négociations vers l'empereur Charles Quint et le roi de Portugal; se trouva aux batailles de la Bicoque en 1522 et de Pavie en 1525, où il fut blessé et resta prisonnier, servit au siège de Metz et mourut à Bruxelles, prisonnier du seigneur de Mansfeld, des blessures qu'il avoit reçues à la journée de Saint Quentin, le 10 août 1557.» (Moréri, Dictionnaire historique, t. II, p. 481. Paris, 1759, in-folio.)—Gaston de Gontaut, son aïeul, avait épousé, en 1456, Catherine de Salignac, fille de Raymond; et, en 1545, Armand de Gontaut, son frère, épousa Jeanne de Salignac, petite-fille de Raymond, et dernière héritière de la branche aînée de la famille; de ce mariage sont sortis les Gontaut-Salignac. Par suite de l'extinction des enfants mâles, le droit d'aînesse avait passé, vers 1542, à la branche de Fénélon.

[5] En septembre 1568, V. Mézeray, t. X, p. 499. Paris, 1830, in-8o.

[6] «Bertrandus Salignacus Mota Fenelonius, et bello et pace clarus.» (De Thou, t. IV, lib. LXXXVII, p. 459. Lond., 1733, in-folio.)

[7] Le Siege de Mets en l'an MDLII. Paris, Charles Estienne, 1553, in-8o.—Metz, 1665, in-4o, et collection Petitot, 1re série, t. XXXII.—Traduit en italien, sous le titre: Mets difesa da Francesco di Lorena, Duca di Ghiza, tradotta dalla lingua francese, in Firenze, Franc. Onofri, 1643, in-4o.

[8] Le voyage du Roy au Pays Bas de l'Empereur en l'an MDLIIII, brefvement récité par lettres missiues que B. de Salignac, gentilhomme françois, escripuoit du camp du Roy à Monseigneur le Cardinal de Ferrare.—Paris, Charles Estienne, 1554, in-4o.—Rouen par Florent Valentin, 1555, in-8o.—C'est le titre exact que nous avons vérifié sur les exemplaires qui se trouvent à la Bibliothèque royale et à celle de l'Arsenal.—Le Père Lelong, et après lui tous les bibliographes, parlent de cet ouvrage sous deux titres différents: Lettres au Cardinal de Ferrare, etc. Paris, Estienne, 1554, in-4o, et le Voyage du Roy aux Pays Bas, etc. Paris et Lyon, 1554.—V. la Biblioth. historique, t. II, p. 228. Paris, 1769, in-folio, et le Dict. historique de Prosper Marchand, art. Salignac, t. II, p. 182. Lahaye, 1758, in-folio.—Ce dernier mentionne les éditions publiées à Lyon par Thibault Payen en 1554, in-4o; à Paris par Charles Estienne en 1554, in-4o; et à Rouen, par Florent Valentin en 1555, in-8o.

[9] Bertrand de Salignac succédait, en 1568, dans l'ambassade d'Angleterre, à Bochetel de La Forêt, et il eut lui-même pour successeur, au mois de septembre 1575, Castelnau de La Mauvissière.

[10] Voir à la suite de cette Notice, p. XXV.

[11] Voir The compleat Ambassador, p. 246. London, 1655, fo; l'art. consacré dans la Biographie universelle (Michaud) à Bertrand de Salignac au mot Fénélon, t. XIV, p. 285. Paris, 1815, in-8o, et la Notice insérée dans la Collection Petitot en tête du Siège de Metz, 1re série, t. XXXII, p. 241. Paris, 1823, in-8o.

[12] Ce fait d'armes, qui se rapporte à l'année où le maréchal de Biron tenait la campagne en Guyenne (V. Davila, t. I, lib. VI, p. 331. Paris, 1644, in-folio; et son traducteur, t. II, p. 91. Amsterdam, 1757, in-4o), a été l'occasion de la lettre suivante dans laquelle le Roi adresse à M. de La Mothe Fénélon ses félicitations et ses remercîments.

LETTRE DU ROI.

—du 1er d'octobre 1580.—

(Archives du Royaume, Cartons des Rois, K. 101.)

Monsieur de La Mothe, j'ay été bien ayse de sçavoir de voz nouvelles et ce qui se passe en voz quartiers par la lettre que vous m'avez escripte du viiȷe de ce moys[12_A]. Je suis très certain que, en quelque endroict et estat que vous vous trouviez, je y ay un très fidelle et soingneux ministre et serviteur, qui veille et pourvoit à ce qui est nécessaire pour le bien et advantage de mon service; ce dont me rand tesmoignage le bon ordre que vous avez donné à la tuition des villes de Sarlat, Gourdon, Domme et vostre propre maison, comme il est porté par vostre dicte lettre; et suis bien ayse que les habitans de la première ayent demandé vostre nepveu de Gaulejac, et que mon cousin, le maréchal de Biron, [le] leur ayt accordé pour ayder à vostre autre nepveu à conserver la dicte ville soubz mon obéissance; où il avoit jà si bien oppéré que noz adversaires n'y avoient peu rien gagner avecques leurs machines et engins extraordinaires. Je vous diray, monsieur de La Mothe, que s'ilz me servent bien de ce costé là, que le Sr. de La Mothe, qui est icy, ne s'en acquicte pas avecques moins de fidellité et vertu, dont je vous assure que je suis très contant, et semblablement de l'heureux acheminement, que mon dict cousin a donné à mes affaires de pardelà avecques les gens de bien qui l'assistent.

[12-A]Lisez du mois dernier.

Je vous advise que Dieu ne me favorise pas moins partout ailleurs où la guerre ce faict. Mon cousin le Duc du Mayne a nestoyé en Dauphiné la rivière de l'Ysère, y ayant repris cinq ou six fortz de grande importance. Il est a présent devant la Mure, dont j'espère qu'il viendra bientost à bout. Les sieurs de Tournon et de Sainct Vidal ont repris, en Vivaretz, la ville de Sainct Agrone. Le marquis de Canillac a nestoyé le hault pays d'Auvergne; et j'ay repris de deçà la ville de la Fère, envoyant maintenant à mon dict cousin le maréchal les forces et munitions qui en sont demeurées de reste pour lui donner plus de moyen de poursuivre ses coups; lesquelz je suis tout résolu de n'intermètre que par effect l'on ne m'ayt randu l'obéissance qui m'a esté promise, faisant mon dict édict de paciffication.

J'ay adverty mon dict cousin et le sieur de Bordeille de pourveoir à Domme et ay donné moyen à cestuy cy de ce faire, lui ayant envoyé commission pour lever dedans sa Séneschaussée la solde de sept ou huict cens hommes de pied. Advertissez moy de l'ordre qu'il y aura mis, car cette place m'est de telle importance que je n'en puis estre trop jaloux, ainsy que je vous prie continuer à estre, tant que vous serez pardelà. Je vous envoye aussy trois lettres en blanc pour adresser à ceulx que vous jugerez estre plus à propoz. Je ne vous répèteray rien par la présente de la substance d'icelles, mais je vous assureray bien que je suis tout résolu d'aller toute ma vye audevant de ceulx qui se voudront recongnoistre, et porter respect et obéissance à mes édictz. Je prie Dieu, monsieur de La Mothe, vous maintenir en sa saincte garde.—Escript à Fontainebleau, le premier jour d'octobre 1580.—Henry.—De Neufville.

[Au dos est écrit]:

A Monsieur de La Mothe Fénellon, Chevallier de mon Ordre et Conseiller en mon Conseil Privé.

[13] Voir les pièces relatives à cette négociation, qui ont été publiées par Le Laboureur dans ses Additions aux Mémoires de Michel Castelnau, t. I, p. 674 et 678. Bruxelles, 1731, in-folio.

[14] Ces instructions, traduites en anglais, ont été publiées par Robertson, qui les a jointes aux pièces justificatives de son Histoire d'Écosse (append. no VIII du vol. II, p. 419. London, 1781, 8o). Elles sont tirées de Calderw MS. history, vol. XXXI, p. 208. Campenon les a retraduites d'anglais en français, t. III, p. 419. Paris, 1821, in-8o.—Ce fut Bertrand de Salignac qui porta la parole devant les États d'Écosse, le 22 janvier 1583. Son discours, qui trouvera sa place dans le Recueil des Dépêches concernant les ambassades en Écosse, est conservé MS. (Archives du Royaume, Cartons des Rois, K. 101).—Voir, au sujet de cette mission, Robertson, t. II, p. 96; Spotswood, p. 324. London, 1677, folio; William Maitland, t. II, p. 1169. London, 1757, folio; Gilbert Stuart, t. II, p. 178. London, 1784, 8o.

[15] Le président de Thou, à l'endroit déjà cité, t. IV, lib. LXXXVII, p. 459, fait le récit du siége et de l'assaut que Bertrand de Salignac eut à soutenir. La délivrance de la ville fut célébrée par une fête religieuse qui a laissé des traces profondes dans l'histoire du pays. M. de Bausset, dans son Histoire de Fénélon (Paris, 1808, in-8o), rappelle qu'à cette occasion des actions de grâce furent instituées pour consacrer l'anniversaire de la levée du siége.—«La ville de Sarlat, dit-il, était dans l'usage, jusqu'à ces derniers temps, de célébrer l'anniversaire d'un événement qui l'avait préservée de tous les désastres trop communs dans les guerres civiles. On faisait toujours entrer dans le sermon qui se prononçait le jour de cette fête, l'éloge de la Maison de Fénélon, pour attester éternellement la reconnaissance des habitants de la ville de Sarlat» (t. Ier, p. 504).—Ces souvenirs ne sont pas entièrement effacés, car on était aussi dans l'usage de faire ce jour-là une procession publique, qui a lieu encore maintenant.—Du reste, M. de Bausset s'est trompé en attribuant cet acte à Jean de Salignac, qui fut tué, la même année, à l'attaque de Domme (voyez ci-après p. xvij, note 1); il en a seulement partagé la gloire avec son oncle Bertrand de Salignac, à qui ce fait appartient. Il ne peut y avoir le moindre doute sur ce point, car, à l'autorité du président de Thou, nous pouvons ajouter les propres lettres qui furent écrites par le Roi et la Reine Mère à Bertrand de Salignac pour lui témoigner toute leur reconnaissance d'un service aussi important. Elles sont conservées en original aux Archives du Royaume, Cartons des Rois, K. 101.

I. LETTRE DE LA REINE MÈRE.

—du ve de janvier 1588.—

Monsieur de La Mothe Fénélon, vous avez faict, avecques voz nepveux, ung très notable et agréable service au Roy, monsieur mon Fils, et à Vostre party par la deffense de la ville de Sarlat, qui a esté préservée par vostre prudence, et par la vertu et valleur de voz dicts nepveux, contre les forces de ceulx du party contraire, qui auront receu ce coup de baston avecques celluy de la deffaicte entière de leur armée estrangère advenue par la singullière grâce de Dieu et par la bonne conduite et le bon heur du Roy, mon dict sieur et Fils. Je me resjouys grandement du bon debvoir que vous avez faict en ceste occasion, tant pour l'advantage que en recepvra le service du Roy, mon dict sieur et Fils, que pour l'affection particullière que je vous porte et à tous les vostres, pour lesquelz je seray tousjours preste à m'employer, quand l'occasion de ce faire s'en présentera. Atant je prye Dieu, monsieur de La Mothe Fénellon, qu'il vous ayt en sa saincte garde.—Escript de Paris, le ve jour de janvier 1588.—Caterine.—De Neufville.

[Au dos est écrit]:

A Monsieur de La Mothe Fénélon, Chevalier des Ordres du Roy, monsieur mon Fils, et Conseiller en son Conseil d'Estat.

II. LETTRE DU ROI.

—du xiȷe de febvrier 1588.—

Monsieur de La Mothe, vous et voz nepveux, accompaignez de voz bons parens et amys et de la fidélité des habitans de ma ville de Sarlat, m'avez faict ung très signalé et utile service de m'avoir si bien et heureusement deffendu et conservé la dicte ville contre l'effort et la puissance des perturbateurs du repoz publicq de mon royaulme; en quoy vous avez acquis une très grande gloire et de moy ung gré éternel et perdurable, et suis très marry de ce que l'estat présent de mes affaires ne me permect de le recognoistre à ceste heure envers voz dictz nepveux et les dictz habitans selon leur mérite et mon desir; mais j'espère les récompenser à l'advenir de façon qu'ilz serviront d'exemple aux aultres et auront toute occasion de s'en louer. Quoy attendant, je vous prié, et eulx aussi, vous contanter de ma bonne volonté, et continuer à vous emploier pour la conservation de la dicte ville, et à maintenir en debvoir et obéissance mes subjectz, tant de la noblesse que aultres, qui vous sont voisins, leur faisant sçavoir que j'ay dellibéré de m'approcher d'eulx pour les dellivrer des maulx qu'ilz souffrent, et, en chastiant les meschans, recognoistre et gratiffier les bons tant qu'il me sera possible, et y commencer, dès la présente année, pour ne discontinuer ny cesser jamais que je n'aye mis à bout ung si bon œuvre; vous priant, et eux pareillement, de vous tenir prestz pour m'y accompagner et servir, et au reste croire que j'ay eu à grand plaisir de veoir le sieur de Gaulejac, vostre nepveu, lequel m'a rendu très bon compte de tout ce qui s'est passé au siège du dict Sarlat, et s'est en toute chose comporté très sagement. Je prie Dieu, monsieur de La Mothe, vous avoir en sa saincte et digne garde.

Escript à Paris le xiȷe jour de febvrier 1588.—Henry.—De Neufville.

[Au dos est écrit]:

A Monsieur de La Mothe Fénélon, Chevalier de mes Ordres et Conseiller en mon Conseil d'Estat.

III. LETTRE DE LA REINE MÈRE.

—du xiiȷe de febvrier 1588.—

Monsieur de La Mothe Fénélon, le Roy, monsieur mon Fils, est non seullement très bien informé du bon debvoir que l'évesque de Sarlat et voz autres nepveux ont faict en la conservation de la dicte ville, mais il recognoist aussy que le bon succez qui en est arrivé est deub à vostre soing et prévoyance, qui aviez si bien donné ordre à toutes choses, auparavant que l'on y eust mis le siège, que cela a grandement aydé à repousser les ennemys. Or, il vous en sçait le bon gré que mérite ung si notable et utile service, et vous asseure que, se présentant occasion de le recognoistre en vostre endroict et de voz dictz nepveux, vous sentirez par effect le contentement qu'il en a; en quoy je le conforteray tousjours, aultant qu'il me sera possible, vous voulant bien dire que le Sr. de Gaulejac, présent porteur, s'est très bien acquitté de la charge que vous luy aviez donnée; priant Dieu, monsieur de La Mothe Fénélon, qu'il vous ayt en sa saincte et digne garde.—Escript à Paris le xiiȷe jour de febvrier 1588.—Caterine.—De Neufville.

[Au dos est écrit]:

A Monsieur de La Mothe Fénélon, Chevalier des Ordres du Roy, monsieur mon Fils, et Conseiller en son Conseil d'Estat.

[16] Jean de Salignac, fils d'Armand. Il s'était distingué au siége de La Fère, en Picardie, à la bataille de Coutras et au siége de Sarlat. Il fut tué à l'âge de trente ans, le 6 novembre 1588, à l'attaque de la ville de Domme, après avoir déjà forcé deux barricades. Il était venu au secours du château de Domme, où son oncle se trouvait assiégé.

[17] Les deux lettres suivantes du Roi se rapportent à ce dernier événement. Elles se trouvent en original aux Archives du Royaume, Cartons des Rois, K. 101.

I. LETTRE DU ROI.

—Du ive de novembre 1588.—

Monsieur de La Mothe, j'ay entendu que voiant la surprinse que les ennemys ont faicte de la ville de Dome, vous vous estes geté dans le chasteau pour le conserver soubz mon obéissance, dont je vous sçay le bon gré que mérite le tesmoignage que avez en cela donné de vostre dévotion à mon service, et vous veulx bien asseurer que, aux occasions de vous gratiffier, vous me trouverez d'autant plus favorable à vostre avancement, j'envoye par delà le sieur de Gaulegeac avec dépesche fort expresse affin d'y faire donner tout le secours qui se pourra, non seulement pour la conservation du dict chasteau, mais aussi pour le recouvrement de la ville, s'il est possible, comme il y a occasion d'espérer, si les ennemys sont promptement serrez et assailliz sans leur donner temps de s'y fortiffier et pourveoir de munitions. Je m'asseure que tous mes bons serviteurs s'y emploieront si vertueusement qu'ilz délivreront le pays de ceste incommodité, et moy du regret que j'en porte, priant Dieu, monsieur de La Mothe, vous avoir en sa saincte garde.—Escript à Bloys le iiȷe jour de novembre 1588.—Henry.—Revol.

[Au dos est écrit]:

A Monsieur de La Mothe Fénélon, Gentilhomme ordinaire de ma Chambre.

II. LETTRE DU ROI.

—du xxviȷe de novembre 1588.—

Monsieur de La Mothe, j'ay receu vostre lettre du xiȷe de ce mois, contenant le discours de ce qui est passé au faict de Domme, dont je suis très marry que le succez n'ait esté meilleur pour mon service et le bien du pays; et particulièrement je regrette fort la perte que je y ay faicte d'un si bon et affectionné serviteur que m'estoit le feu sieur de La Mothe, vostre nepveu, et quoy que l'effort qui y a esté faict n'ait apporté le fruit que je desirois, si ne laissè je de vous sçavoir autant bon gré du devoir que vous y avez rendu de vostre part, et ay tant d'asseurance de vostre dévotion au bien de mon dict service que, en toutes occasions qui s'en présenteront, vous y apporterez tous les bons effects qui peuvent dépendre de vous. Je adviseray à ce qui se pourra faire sur cest accident de Domme et y donneray tout l'ordre et remède que l'estat de mes affaires pourra porter; priant Dieu qu'il vous ait, monsieur de La Mothe, en sa saincte et digne garde.—Escript à Bloys le xxviȷe jour de novembre 1588.—Henry.—Revol.

[Au dos est écrit]:

A Monsieur de La Mothe Fénélon, Chevalier de mes Ordres, Conseiller en mon Conseil d'Estat et Cappitaine de cinquante hommes d'armes de mes Ordonnances.

[18] «Testament fait au château de Fénélon en Périgord, le jour de la feste de Saint Michel, 29 de septembre 1594, par Haut et Puissant Messire Bertrand de Salaignac de La Mothe Fénélon, Chevalier des deux Ordres du Roy, Conseiller d'Estat de Sa Majesté, Sr Vicomte de Saint Julien de Lanpont et Baron de Lobert, par lequel il demande d'être inhumé dans le tombeau de ses pères dans la forme des obsèques et funérailles accoutumés pour un chrestien de sa qualité en l'église catholique et romaine;—charge son héritier de raporter dans l'année de sa mort son grand colier de l'Ordre du Saint Esprit au Roy avec le respect et révérence qu'il convient, selon le statut de cet Ordre;—lègue une coupe d'argent doré à son très honoré et très cher nepveu révérend père en Dieu, messire Loys de Salaignac Évesque de Sarlat;—trois autres coupes pareilles à mesdemoiselles de Gaulejac, et de Fonpiton, veuves de ses très chers frères et à madame de La Mothe Fénélon, veuve de son bien aimé nepveu;—cinq mil écus à son très cher nepveu messire Armand de Salaignac, chevalier, seigneur de Gaulejac;—trois mil trois cens trente trois escus un tiers à son très cher nepveu noble Pierre de Salaignac Sr. de Fonpiton;—cinquante escus à chacune de ses bien aimées nièces, filles de feu messire Armand de Salaignac, très honoré frère aîné du testateur, comme de feue damoiselle Caterine de Salaignac dame de Lostanges sa très chère sœur;—trois mil trois cens trente trois escus un tiers à sa bien aimée nièce Caterine de Salaignac femme du Sr. de Clarens, en considération de ce qu'elle est chargée d'affaires et d'enfans;—mil escus à son très cher nepveu noble Pons de Salaignac de Fonpiton.

«Institue son héritier universel son très cher et bien aimé petit nepveu Noble François de Salaignac, fils de feu son très aimé nepveu messire Jean de Salaignac, chevalier, Capitaine de cinquante hommes d'armes, et petit fils de feu messire Armand de Salaignac, chevalier de l'Ordre du Roy, frère aîné du testateur, (arrière fils) de feu messire Hélie de Salaignac chevalier, père du testateur, et bisayeul du dict héritier universel, avec substitution graduelle et à l'infini de masle en masle par ordre de primogéniture, et apelle les filles après l'extinction de tous les mâles de son nom.

«Lègue encore deux mil écus à chacune des sœurs de son dict héritier universel, nommées Marguerite, Jeanne et Antoinette de Salaignac, et nomme pour exécuteurs de son testament son dict nepveu Évesque de Sarlat, et Haut et Puissant Messire Pons de Thémines et de Cardaillac son très honoré cousin, chevalier, Capitaine de cinquante hommes d'armes, Séneschal et Gouverneur de Quercy;—ce testament receu par de Cazalès notaire.»—Preuves de noblesse faites en 1739 par Gabriel Jacques de Salignac de La Mothe Fénélon, p. 30.—Archives du Royaume, Cartons des Rois, K. 101.

[19] Henri IV offrit cette ambassade à Bertrand de Salignac dans des termes tellement flatteurs, qu'un refus devenait impossible. Les deux lettres suivantes, qui sont conservées en original aux Archives du Royaume, Cartons des Rois, K. 105, témoignent de la profonde estime du Roi pour Bertrand de Salignac.

I. LETTRE DU ROI.

—du xıe d'avril 1599.—

Monsieur de La Mothe Fénélon; je sçay bien que vostre eage et voz services méritent repoz et rémunérations plustost que une surcharge d'occupations et d'affaires, mesmement hors de vostre maison et patrie. Toutesfois voullant faire eslection d'ung personnage propre et capable pour me servir d'ambassadeur auprès du Roy d'Espagne, après avoir jetté les yeux sur plusieurs, je n'en ay point trouvé de plus digne d'ouvrir le pas de ceste légation que vous, par ceque toutes les bonnes qualités nécessaires, pour ce faire comme il appartient, se rencontrent et concourent en vous quasi à l'envy l'une de l'aultre et selon mon desir, de sorte que, si elles estoient accompagnées de pareille force et santé, j'aurois trouvé mon compte en vous pour remplir dignement et à mon gré ceste place qui est de présent des plus importantes à mon estat; et au lieu d'envoier sçavoir quelle est vostre disposition, je vous envoierois dès à présent mes dépesches pour me faire ce service, car vous cognoissant comme je fais, je suis très asseuré que vous embrasseriez et effectueriez volontiers mon commandement: mais estant incertain de la disposition de vostre personne, et par conséquent si je puis recevoir ce service là de vous, je vous fais la présente par ce lacquais, que je vous envoie exprez, pour en estre esclaircy, vous priant vous résoudre d'entreprendre ceste légation, si vostre santé le vous peut permectre. Ce ne sera que pour tant de temps que vous voudrez, car ce me sera assez que vous enseigniez ce chemin à d'aultres. Je pourrois, ce faisant, vous faire tenir où vous estes les dépesches et deniers nécessaires, pour de là vous acheminer en Espagne, sans avoir la peine de venir icy les prendre, et aurois tel soing de vous que vous auriez occasion de vous en louer. En tout cas je n'ay voullu adresser ce commandement à ung aultre que à vostre reffuz, tant je prise vostre vertu et les moiens que vous avez de me servir. Renvoiez moy doncques ce lacquais incontinant avec vostre délibération, et je prieray Dieu, monsieur de La Mothe Fénélon, qu'il vous ayt en sa saincte garde.—Escrit à Fontainebleau le xȷe jour d'avril 1599.—Henry.—De Neufville.

[Au dos est écrit]:

A Monsieur de La Mothe Fénélon, Chevalier de mes Ordres, Capitaine de cinquante hommes d'armes de mes Ordonnances, et Conseiller en mon Conseil d'Estat.

II. LETTRE DU ROI.

—du iȷe de may 1599.—

Monsieur de La Mothe Fénélon, je n'attendois pas, de vostre ancienne et esprouvée affection au bien publicq de mon royaulme et à mon service et contentement particullier, aultre response à la prière que je vous ay faicte d'entreprendre la légation d'Espagne que celle que vous m'avez faicte par vostre lettre du xxȷe du mois passé, que j'ay receue par le lacquais que je vous avois envoié; dont je n'ai voullu différer daventage à vous faire sçavoir que j'en ay receu très grand plaisir et contentement, espérant que Dieu vous donnera aultant de santé et de force que je vous en desire pour accompagner et mettre en œuvre vostre bonne volonté et cappacité à me servir en telle et toutes aultres occasions. Au moien de quoy je vous prie de donner ordre, à voz affères domestiques, et ceulx de mon Conseil pourveoiront aux instructions et deniers nécessaires et accoustumez pour vostre expédition, affin que le tout vous soit envoyé à propos pour pouvoir partir dans la Sainct Jehan, qui est le temps que vous avez escript au Sr. de Villeroy, que vous pourrez estre prest à ce faire; priant Dieu, monsieur de La Mothe Fénélon, qu'il vous tienne en sa saincte et digne garde.—Escript à St. Germain en Laye le iȷe jour de may 1599.—Henry.—De Neufville.

[Au dos est écrit]:

A Monsieur de La Mothe Fénélon, Chevalier de mes Ordres, Conseiller en mon Conseil d'Estat.

[20] Mémoire historique concernant la négociation de la paix traitée à Vervins, l'an 1598, t. II, p. 430. Paris, 1667, in-12.

[21] Archives du Royaume, Cartons des Rois, K. 96.

[22] Armand, fils aîné d'Hélie de Salignac; Pons, le troisième des enfants, et Agnet ou Odet, le cinquième.

[23] Pons, abbé de Nesle, qui périt en 1574 à Sarlat, étant grand archidiacre de son frère François de Salignac, Évêque de cette ville.—Le registre généalogique déjà cité contient à ce sujet la mention suivante, p. 30.—Armand de Salagnac compta parmi ses frères «François de Salagnac, Évesque de Sarlat, depuis 1567 jusqu'en 1578, qui se démit de cet évesché en faveur de Louis de Salagnac son nepveu, après avoir souffert pour la religion tous les mauvais traitemens que la fureur des Huguenots leur inspiroit, et avoir perdu son frère Pons de Salagnac, son grand archidiacre, et abbé de Nesle, lequel fut tué par les religionnaires dans la ville de Sarlat en 1574.»—Jean, le huitième des enfants, avait également péri dans les guerres: il fut tué jeune au siége de Perpignan, l'an 1542.

[24] Jean de Salignac, seigneur de La Mothe Fénélon, et Armand de Salignac, seigneur de Gaulejac.—Ils furent nommés tous deux gentilshommes ordinaires de la Chambre; et, par lettres du 2 janvier 1582, une partie de la pension que Bertrand de Salignac avait sur la caisse de l'Épargne leur fut attribuée.—La nomination de Jean de Salignac remonte à l'année du retour de l'ambassadeur.—On trouve en effet dans le même registre généalogique les mentions suivantes:

1^o. «Lettres de retenue en la charge de gentilhomme ordinaire de la chambre du Roy, accordées par Sa Majesté au sieur Jean de Salagnac, tant en considération des services rendus par son amé et féal le sieur de La Mothe Fénélon, chevalier de son Ordre, conseiller en son conseil privé, aux feus Rois et à Sa Majesté en plusieurs belles, honorables et importantes charges, et en dernier lieu, dans son ambassade d'Angleterre, que de ceux de son dict nepveu pendant la même ambassade. Ces lettres données à Paris le 15 décembre 1575, signées Henry, et plus bas, par le Roy, signé Pinart et scellées; avec l'acte de serment fait le même jour par le dict sieur de Salagnac entre les mains du duc de Mayenne, Grand Chambellan.» (P. 28.)

2o. «Brevet du 2 janvier 1582, le Roy étant à Paris, portant que Sa Majesté, à la supplication du sieur de La Mothe Fénélon, conseiller en son conseil privé et d'Estat, chevalier de ses Ordres, consent que de sa pension de 1333 écus ⅓ sur l'Espargne, les sieurs de La Mothe Fénélon le jeune et de Gaulejac, ses nepveux, gentilshommes ordinaires de la Chambre de Sa Majesté, jouissent chacun de 400 écus par an. Signé Henry, et plus bas, De Neufville.» (P. 26.)

Jean de Salignac fut tué à l'attaque de Domme l'an 1588 (voyez note [16], ci-dessus p. xvij).—Un autre des neveux de Bertrand, qui est nommé dans son testament, Pons de Salignac, second fils de Louis, seigneur de Fonpiton, fut tué au siége de Montauban en 1621; il était lieutenant de la compagnie des gendarmes du maréchal de Thémines.

[25] C'est ce qui résulte de la xxıe Dépêche, t. I, p. 215.

[26] Il était lieutenant général, et fut tué à la bataille de Raucoux, le 11 octobre 1746. Les registres que nous publions portent sur leur couverture une mention indiquant qu'il en était propriétaire. Il se trouvait en effet par représentation l'héritier direct de Bertrand de Salignac, dont il était l'arrière-petit-neveu.

[27] L'un des cahiers de cette copie, qui fut envoyé sous la forme d'un paquet cacheté, porte l'adresse suivante: A Monsieur Fallit à Peyrac, pour faire tenir promptement à Monsieur l'abé de La Mothe Fénélon à Carennac.—L'abbé de Fénélon, en modifiant la copie textuelle, se contentait de passer sur les mots un léger trait d'encre qui permet de les lire comme s'il n'y avait aucune rature. Il ne manque à ce second manuscrit que quelques cahiers que nous espérons retrouver dans les archives de Poitiers. C'est là un renseignement que nous devons à l'obligeance de M. de La Fontenelle de Vaudoré, conseiller à la Cour royale de Poitiers.

[28] Nouvelles additions aux Mémoires de Michel de Castelnau, contenant plusieurs pièces très-intéressantes, qui servent de preuves auxdits Mémoires, tirées d'un MS. de la Bibliotèque de l'Abbaye royale de Saint Germain des Prez à Paris, et qui n'ont jamais esté imprimées jusques à présent. Brux., 1731, in-fo.

[29] Carte a averti ses lecteurs de cette communication dans la préface jointe à ce volume, qui a paru en 1752. Il s'exprime ainsi à cet égard:—«A great part of the transactions, in the succeeding reign, relative to Mary queen of Scotland, during her captivity, are taken from the dispatches of Mr de La Mothe Fénélon, a minister of great virtue, abilities, and integrity, who was embassador at this court from A. D. 1568 to A. D. 1576. His dispatches in five volumes folio were communicated to me by the late Mr de Fénélon, who was for several years embassador at the Hague, and are now in the hands of his heir.»—Ce sont ces mêmes volumes qui se trouvent aujourd'hui aux Archives du Royaume.

[30] Carte, qui a consacré à peine quatre-vingts pages à l'Histoire générale d'Angleterre pendant les sept années qu'a duré l'ambassade de La Mothe Fénélon, a dû consulter rapidement ces registres, dont l'écriture et la langue déjà vieillies offraient pour un étranger de graves difficultés. Il n'est donc pas surprenant qu'il ait commis des erreurs. Nous nous bornerons à une seule citation qui s'applique à un fait important.

Carte a dit (t. III, p. 486), et l'on a répété d'après lui, que lors du projet de mariage formé entre le duc de Norfolk et Marie Stuart, le contrat de mariage avait été dressé devant l'ambassadeur de France et remis en dépôt entre ses mains.

Il a tiré cette assertion de la 55e Dépêche, datée du 1er septembre 1569, et renfermant une lettre confidentielle dont il a voulu traduire une phrase, mais il n'en a pas saisi le véritable sens.

Pour que l'on puisse en juger, voici les deux passages que nous mettons en regard:

Carte (t. III, p. 486).—«M. de Fénélon laboured so earnestly in the matter, that the two parties, queen Mary, by the bishop of Ross, and the duke, in person, declared their mutual consent to the marriage, on supposition of her restitution to her crown, and of his restoring her; and the contract was entrusted to the keeping of the French embassador.—Dépêche 55, september 1.»

La Mothe Fénélon (55e Dépêche, du 1er septembre 1569, t. II, p. 194).—«Madame, je n'ay plus tost entendu vostre desir sur les propoz d'entre la Royne d'Escoce et le duc de Norfolc, que je n'aye incontinent miz peine de l'advancer par tous les moyens que j'ay peu, et ay si bien conduict l'affaire que luy, en personne, et elle, par l'évesque de Roz, m'ont déclairé y avoir (soubz l'espérance de la restitution d'elle à sa coronne et promesse de luy qu'il l'y restituera) ung mutuel consentement de mariage entre eulx: DE QUOI LUY S'EST FRANCHEMENT COMMIZ A MOY, et m'a dict avoir lettre d'elle pour s'y commettre.»

Carte a donc annoncé qu'il y avait eu déclaration devant l'ambassadeur d'un mariage conclu et remise du contrat entre ses mains.

C'est là une double erreur, car il n'y avait qu'un simple projet et la seule chose qui ait été confiée à l'ambassadeur, c'est l'aveu des intentions réciproques de Marie Stuart et du duc de Norfolk, de quoy luy s'est franchement commiz à moy.

Cette faute de traduction a trompé Robertson et Gilbert Stuart, qui n'ont pas hésité à reproduire l'assertion de Carte.

Robertson (t. I, p. 504).—«A contract to this purpose was signed, and entrusted to the keeping of the embassador. Carte, vol. III, p. 486.»

Gilbert Stuart (t. I, p. 455).—«The marriage contract was actually entrusted to the keeping of M. Fénélon the French embassador. Fénélon, dépêche 55; ap. Carte, vol. III, p. 486.»

[31] Élisabeth de France, fille de Henri II et de Catherine de Médicis, née le 13 avril 1545, mariée le 26 juin 1559, à Philippe II, roi d'Espagne, décédée le 3 octobre 1568.

[32] Le château de Bolton, dans l'Yorkshire.—Marie-Stuart s'était réfugiée en Angleterre le 16 mai 1568; débarquée à Workington, elle avait été conduite avec honneur à Carlîle, et presque aussitôt enfermée à Bolton.

[33] Jean Casimir, fils du comte Palatin du Rhin.

[34] Ces lettres sont imprimées dans la collection de Jebb. Londres 1725, t. 1, p. 333 et suiv.

[35] Escarmouche.

[36] Combat de Jaseneuil, livré le 17 novembre 1568.

[37] Le 29 septembre 1567, la cour se trouvant près de Meaux, les protestants avaient formé le projet d'enlever le roi et la reine-mère, qui se retirèrent en toute hâte à Paris. Ce fut le signal d'une nouvelle prise d'armes.

[38] Les seigneurs de Shane O'Neale, famille très-puissante dans le nord.

[39] Anne, fille aînée de l'empereur Maximilien II, était alors promise à don Carlos: elle a épousé Philippe II. Élisabeth, sa seconde fille, née en 1554, fut en effet mariée à Charles IX le 26 novembre 1570.

[40] Marguerite, fille de Henri II, qui fut mariée au roi de Navarre, depuis Henri IV. Lorsque Sébastien, alors roi de Portugal, fut tué dans son expédition d'Afrique le 4 août 1578, il était âgé de vingt-quatre ans, et n'était pas encore marié. Le cardinal Henri, son oncle, lui succéda.

[41] Par le traité de Hamptoncourt, du 20 septembre 1562, les protestants avaient livré le Havre de Grâce aux Anglais; mais, après la pacification d'Amboise (19 mars 1563), ils se réunirent aux catholiques pour faire le siége de cette place, qui capitula le 28 juillet. Le comte de Warwick rendit la ville, le 31, au maréchal de Brissac.

[42] En 1543.

[43] Dans les premiers mois de 1568, Philippe II avait relégué Mann, ambassadeur d'Angleterre, dans un village nommé Bannias, près de Madrid, sur le motif qu'il aurait parlé du pape avec peu de respect.

[44] «Die sexto januarii Programma Londini editum est, de bonis Anglorum ab Albano detentis, in quo pleraque jam dicta explicantur, et culpa in De-Spesium conjicitur. Ille Antigramma opponit in quo innuit, Programma illud non à Reginâ emissum, sed Reginæ nomine à nonnullis, qui Hispano iniquiores, et Belgis rebellibus æquiores. Pristinam Reginæ ergà Hispanos benevolentiam collaudat, eamdem immeritò abalienatam deplorat, non majorem fidem sibi legato, et Albani litteris adhibitam stomachatur, pecuniam illam detineri demiratur, cùm magis interesset Reginæ, ut ipse dixit, pecuniam Hispano contrà rebelles suppeditare, quàm detrahere. Denique eam, quasi prima injuriam intulerit, taxat, Albanique factum et se excusat.» (Camden, Année 1569, in ppio.)

[45] Ce terme, que les Anglais emploient dans le style familier, se rapporte exactement à notre mot poulet, billet de galanterie.

[46] Pendant le siége du Havre (juillet 1563), Thomas Smith fut envoyé comme ambassadeur résident, et Nicolas Trokmorton le suivit bientôt avec le titre d'ambassadeur extraordinaire; mais étant arrivés en France après la prise de la ville, ils furent arrêtés tous deux par Michel de Castelnau, sur un ordre du roi. Trokmorton fut conduit prisonnier au château de Saint-Germain-en-Laie. On se borna à donner des gardes à Smith, qui fit bientôt des ouvertures de paix. Le traité de Troie, signé par les deux ambassadeurs (11 et 12 avril 1564), déclara par un article exprès que Trokmorton serait, à partir de ce jour, délivré des gardes qui lui avaient été laissés; mais il s'engageait, sur sa parole, à ne pas sortir de France sans la permission du roi, tant que les deux actes, des 11 et 12 avril, n'auraient pas été expressément ratifiés par la reine d'Angleterre.

[47] William Douglas, qui avait fait évader Marie Stuart du château de Lochleven, le 2 mai 1568.

[48] Perfidie.

[49] Qui se rapporte.

[50] La fin de cette relation se trouve annexée à la XVe Dépêche (p. 172).

[51] Confession d'Augsbourg et de Genève.—Le MS. porte confusion, terme que les catholiques employaient pour tourner en dérision les cultes dissidents.

[52] Jean de Ribault et Réné de Laudonnière, tous deux protestants, avaient formé un établissement français à la Floride, avec l'autorisation et le secours de Charles IX. En 1565, Ribault arriva dans la colonie pour remplacer Laudonnière, qui en était gouverneur. Le 4 septembre, don Pedro Menezez se présente à la tête d'une flotte espagnole, et, quoique l'on fût en pleine paix, il attaque quatre vaisseaux français. Ribault se met aussitôt en mer pour aller à la recherche de Menezez, mais ses navires sont détruits par la tempête. Les naufragés furent accueillis par les Espagnols avec de vives assurances d'amitié. Ribault accepta pour lui et les siens la protection qui lui était offerte; mais Valmont, le commandant espagnol, ne les eut pas plus tôt en son pouvoir qu'il les fit tous pendre, au nombre de six cents, non comme Français, mais comme hérétiques. Laudonnière, qui avait été obligé d'abandonner le fort français aux Espagnols, s'était enfui dans l'intérieur du pays: il parvint à rentrer en France.—Trois années plus tard, vengeance fut tirée de cette exécution. Dominique de Gourgues parut à l'improviste avec quelques vaisseaux sur les côtes de la Floride, au mois de mai 1568; il attaque les forts espagnols, s'en empare, et fait mettre tous les prisonniers à mort, non comme Espagnols, mais comme assassins.

[53] Il s'agit du port de la Vera-Cruz et de l'île de Saint-Jean-d'Ulloa.

[54] Grenades.

[55] Le concile de Trente, ouvert le 13 décembre 1545, contre Luther et les autres hérétiques, s'était prolongé sous les trois papes, Paul III, Jules III et Pie IV, pendant vingt-un ans; il fut terminé, après vingt-cinq sessions, dans la séance du 4 décembre 1563. Tous les parlements du royaume se refusèrent à l'admettre; cependant les protestants soutenaient qu'on voulait leur en faire l'application en France, où leur extermination était résolue. Le voyage, entrepris par le roi et la reine-mère en 1564 et 1565, n'avait pas, disait-on, d'autre objet. Charles IX et Catherine de Médicis avaient alors parcouru tout le royaume en commençant par la Lorraine et la Bourgogne. Après avoir passé l'hiver en Languedoc, ils s'étaient rendus à Bayonne, où ils se trouvèrent réunis, le 10 juin, avec Élisabeth, reine d'Espagne, et le duc d'Albe. On a dit que ce fut dans cette conférence, et surtout par l'instigation du duc d'Albe, que fut arrêtée la résolution du massacre des protestants, qui s'exécuta sept ans après, le 24 août 1572, jour de la Saint-Barthélemy. Quoi qu'il en soit, il n'est pas douteux que des mesures violentes n'aient été alors proposées contre eux et les nouvelles conférences tenues, peu de temps après, sur les frontières de Picardie, alors que le duc d'Albe avait déjà commencé une guerre de religion, vinrent encore ajouter à leurs inquiétudes.—A l'égard de la cession prétendue faite par la reine d'Écosse au duc d'Anjou de ses droits au trône d'Angleterre, ce point d'histoire n'a jamais été bien éclairci: la suite de cette correspondance nous permettra de faire connaître toute la vérité sur un fait aussi important. Voyez la xxxvıııe Dépêche.

[56] Élisabeth fait ici allusion à ce qui s'était passé en 1548 et 1549. Le duc de Sommerset, régent du royaume pendant la minorité d'Édouard VI, avait résolu de marier ce prince avec Marie Stuart; il avait eu recours aux armes pour vaincre les résistances des Écossais, qui ne voulaient pas que leur reine épousât le roi d'Angleterre. Léon de Strozzy, qui était en Ecosse comme volontaire, étant parvenu à arrêter les Anglais dans leur conquête, Henri II envoya aussitôt aux Écossais un secours de six mille hommes commandés par d'Essé, qui, après avoir repris aux Anglais les places dont ils s'étaient déjà emparés, fit conduire la jeune reine à la cour de France, où elle fut élevée jusqu'à son mariage avec le Dauphin, depuis François II.—Au mois d'août 1549, pendant que les Anglais étaient occupés en Écosse, Henri II envahit lui-même, sans déclaration préalable de guerre, la Picardie et le Boulonnais, qui se trouvaient alors, pour la plus grande partie, sous la domination de l'Angleterre.

[57] Mann, son ambassadeur à Madrid en 1568. Voyez la note p. 97.

[58] Tous les noms mis en italique avaient été laissés en blanc par le secrétaire; ils ont été remplis ensuite, sur le registre, de la propre main de l'ambassadeur.

[59] Ce fait, qui se trouve ainsi fixé entre les années 1547 à 1559 (règne de Henri II), se rapporte probablement à l'expédition tentée sur la Toscane, pendant la guerre de Sienne, en 1554, par Pierre Strozzi, avec le secours de la France. Cosme 1er de Médicis, duc de Florence en 1537, duc de Sienne en 1555 et grand-duc de Toscane en 1569, gouvernait alors. Son règne, qui s'est prolongé jusqu'en 1574, a été signalé par une suite non interrompue de proscriptions et de supplices.

[60] Le mémoire contenant les plaintes des Anglais n'a pas été transcrit sur le registre de l'ambassadeur, qui renferme seulement la copie de l'ordonnance.

[61] C'est-à-dire de ce qu'ils peuvent entreprendre contre mes fidèles sujets.

[62] Remportée à Jarnac, sur la Charente, le 13 mars 1569.

[63] En 1561.

[64] Cet accord se réfère à l'une des clauses du traité de Crépy, conclu, le 18 septembre 1544, entre Charles Quint et François Ier, quatre jours après que Henri VIII se fût rendu maître de Boulogne.

[65] Entreprises pour lesquelles Cateville et Lignebœuf, ainsi que plusieurs autres, furent, peu après, condamnés à mort et exécutés.

[66] Les vicomtes de Monclar, de Bourniquel, de Paulin et de Gourdon.

[67] Escarmouche, engagement partiel.

[68] Voir l'addition faite à la xxxvıııe Dépesche, à la fin de ce volume, où sont réunies toutes les pièces relatives à ce point historique.

[69] Jedburg, petite ville d'Écosse dans le comté de Roxburg, sur la Jed. En 1566, Marie Stuart se trouvant dans cette ville, fut saisie subitement d'une maladie tellement violente que l'on avait désespéré de la sauver.

[70] Voyez Keith, p. 73. Edimb. 1734, fo;—Camden, p. 159. Lond. 1615, in-4o;—Jebb, t. II, p. 260. Lond. 1725, in-fo;—Rapin Thoiras, t. VI, p. 272. Lahaye 1733, in-4o;—CARTE, t. III, p. 349. Lond. 1752, fo;—William Maitland, t. II, p. 901. Lond. 1757, fo;—Robertson, t. I, p. 157. Lond. 1781, 8o;—Gilbert Stuart, t. I, p. 453. Lond. 1784, 8o;—Mademoiselle de Kéralio, t. III, p. 415. Par. 1787, in-8o;—Sismondi, t. XVIII, p. 71. Par. 1834, in-8o.

[71] Cet acte, dont l'original a été depuis longues années soustrait du Trésor des Chartes, se trouvait joint aux deux précédents du même jour, dont il est inséparable. Communiqué à Léonard par MM. Godefroy, il a été inséré à sa date dans le Recueil des traités, et reproduit dans la collection de Du Mont (Corps diplomatique, t. v, part. I, p. 21). Il en est fait mention en ces termes dans l'Inventaire du Trésor des Chartes de Dupuis (t. VIII, fo 401 Vo, no. 58):—«Protestation par Marie, reine d'Écosse et son mary le Dauphin, qu'elle entend que la disposition par elle faite [au profit du roi de France] ayt lieu et sortisse effect, par laquelle elle avoit ordonné, si elle décédoit [sans hoirs] de son corps, que le royaume d'Escosse fût uny à la couronne de France, quelque consentement qu'elle ayt donné aux articles envoyés par les estats du dict royaume d'Escosse et à ce que le dict royaume fût affecté, en deffaut des dicts hoirs à aulcuns seigneurs du pays.—A Fontainebleau, l'an 1557, le 4 avril.»