CXXIX
LE ROY A LA ROYNE D'ANGLETERRE.
du XXIe jour de septembre 1572—
Nécessité où s'est trouvé le roi de permettre l'exécution de la Saint-Barthèlemy.—Créance remise à l'ambassadeur pour donner à Élisabeth toutes les explications nécessaires.
Très haute, très excellente et très puissante Princesse, nostre très chère et très amée bonne sœur et cousine, le Sr de Walsingham, vostre conseiller et ambassadeur résidant par deçà, nous a présenté les lettres que nous avez escrites, le XIIe de ce moys, et, avec ceste occasion, nous a faict entendre ce qu'il vous sembloit de l'esmotion naguières adveneue en ceste nostre ville de Paris; laquelle s'est faicte, et avons esté contrainct y lascher la main à nostre très grand regret, pour éviter le danger éminent de la conspiration faicte en nostre personne et estat, ainsy que la vérité vous en a esté déclarée par le Sr de La Mothe Fénélon, nostre conseiller et ambassadeur résidant près de vous; ayant encores fort bien satisfaict vostre dict ambassadeur sur ce qu'il nous en a dict, ce jourdhuy, comme nous nous asseurons qu'il vous en advertira avec les mesmes parolles que luy avons dictes, qui vous seront aussy déclarées par le Sr de La Mothe Fénélon; auquel nous en escrivons[134], vous priant, de bien bon cœur, le croire de ce qu'il en faira entendre de nostre part, et pareillement, sur le retour en Angleterre du dict Sr de Walsingham, comme vous feriés nous mesmes; qui prions Dieu, très haute, très excellante et très puissante Princesse, nostre très chère et très amée bonne sœur et cousine, vous avoir en sa saincte et digne garde.
Escrit à Paris, le XXIe jour de septembre 1572.
Vostre bon frère et cousin.
CHARLES. PINART.