XXXVI
LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
(Lettre secrète.)
du XIVe jour de janvier 1570.—
Injonction faite à l'ambassadeur d'assister les révoltés du nord, et de leur promettre des secours d'argent, si la rébellion peut tenir encore.
Monsieur de La Mothe Fénélon, vos dernières despesches des XVIIe, XXIe et XXVIIe du passé, avec les mémoires que Vassal a aporté, sont si amples, et nous ont si clairement représenté l'estat des choses de par delà qu'il ne se peut rien desirer davantage; et le Roy, Monsieur mon fils, a une très grande satisfaction du bon debvoir dont vous usés en cest endroit, desirant, pour le mouvement du North, si les choses sont encore en quelque estat, que vous confortiez tousjours les chefs d'iceulx, le plus que vous pourrés, et leur donniés espérance de recevoir de luy toute l'ayde et faveur qu'il sera possible, selon que plus amplement vous entendrés par le Sr de Montlouet, et mesme le secours d'argent que l'on leur peut faire de par deçà; ayant semblé que, où les comtes seroient rompus et deffaictz, selon ce que m'en mandés par vostre dernière lettre du XXVIIe, et que ceste nouvelle vient d'être confirmée de deux aultres endroicts, il sera fort à propos que vous alliez voir ma bonne sœur, la Royne d'Angleterre, sur ceste occasion, et luy user du langage que vous escript le Roy, Mon dict Sieur et fils. Si les choses continuent aussy au mouvement qu'elles étoient par vos précédentes, vous ensuivrés ce que le Sr de Montlouet vous faira sçavoir de l'intention du Roy, mon dict Sieur et fils, ayant advisé de vous faire ceste despesche par la voye de la poste, en attendant que, sur plus grande occasion, l'on vous puisse despescher Vassal. Et sur ce, etc.
Escript à Angers le XIVe jour de janvier 1570.
CATERINE BRULART.