SCENE II.
LES MEMES, BLOUNT, puis JOLLIVET.
BLOUNT.
L'émir! je voulais parler à l'émir.
FEOFAR.
Qu'est-ce donc?
IVAN.
Que voulez-vous?
BLOUNT.
Je voulais parler à l'émir.
L'EMIR.
Parle.
BLOUNT. Emir Féofar, je suppliai… non!… je conseillai à toi de entendre moi!
FEOFAR.
Approche.
BLOUNT. Je demandai au puissante Féofar d'empêcher le fousillement d'un gentleman!
FEOFAR.
Que signifie?
IVAN. Un étranger qui a osé m'insulter et dont j'ai ordonné le châtiment!
L'EMIR.
Qu'on amène cet homme.
(Jollivet est amené et se place près de Blount.)
BLOUNT. Et si je conseillai à toi, grande Féofar, de rendre son liberté à mister Jollivet, c'était dans le intérêt de toi, de ton sécourité, car si une seule cheveu tombait de son tête à lui, il mettait en danger ton tête à toi!
FEOFAR.
Et qui donc aurai-je à redouter?
BLOUNT.
Le France!
FEOFAR.
La France!
BLOUNT. Oui, le France qui ne laisserait pas impiouni le assassinat d'une enfant à elle! Et je avertis toi, que si on ne rendait pas la liberté à lui, je restai prisonnier avec! Je prévenai toi que si on touyait lui, il fallait me touyer avec, et qu'au lieu de le France tout seule, tu auras sur les bras le France et le Angleterre avec!… Voilà ce que j'avais à dire à toi, émir Féofar. A présent, fais touyer nous si tu voulais!
FEOFAR. Ivan, que les paroles de cet homme s'effacent de ta mémoire et qu'on épargne sa vie!
IVAN.
Mais il m'a insulté!
FEOFAR.
Je le veux.
IVAN.
Soit! Qu'on le chasse du camp à l'instant même.
JOLLIVET. Vous prévenez mes désirs, monsieur Ogareff!… J'ai hâte de n'être plus en votre honorable compagnie!… Blount, je n'oublierai pas ce que vous venez de faire pour moi!
BLOUNT.
Nous étions quittes et très bonnes amis, Jollivet!
JOLLIVET.
Et nous continuerons la campagne ensemble!
BLOUNT.
All right!
(Tous deux sortent par le fond. Féofar et ses officiers entrent avec lui sous une tente à gauche.)