SCENE VI.
LES MEMES, LE GRAND-DUC, OFFICIERS, VORONZOFF, JOLLIVET, BLOUNT, MARFA, NADIA, FEDOR.
LE GRAND-DUC. Emparez-vous de cet homme. (A Strogoff.) Qui es-tu, toi qui as assassiné un courrier du czar?
STROGOFF.
Michel Strogoff, Altesse, et voici Ivan Ogareff.
MARFA, entrant. Oui! Michel Strogoff, mon enfant! Altesse, vous avez devant vous le dévouement et la trahison!
JOLLIVET, montrant Strogoff.
Et le dévouement, le voici!
BLOUNT, montrant Ivan.
Et le trahison, le voilà!
LE GRAND-DUC.
Quels sont ces hommes?
STROGOFF.
Mes braves compagnons de périls!
JOLLIVET, désignant Blount. J'ai l'honneur de présenter à Votre Altesse monsieur Blount, un courageux Anglais!
BLOUNT, même jeu. Mister Jollivet, une Française aussi coura… bien plus courageuse!
LE GRAND-DUC.
Et vous affirmez?…
BLOUNT.
Que celui-là était Ivan Ogareff!
JOLLIVET.
Et celui-ci est Michel Strogoff!
FEDOR.
Le sauveur de ma fille, Altesse! (Coups de canons rapprochés.)
STROGOFF.
Ecoutez! C'est le canon qui tonne!
LE GRAND-DUC. Oui!… Les colonnes ennemies attaquent la ville! Il faut défendre les remparts!
STROGOFF. Non!… Ecoutez encore!… Au canon qui gronde sous nos murs répond le canon plus lointain!… C'est aujourd'hui le 24 septembre!… Voilà l'armée de secours qui arrive!…
TOUS.
L'armée de secours!
STROGOFF. Que Votre Altesse ordonne une sortie générale, et l'armée tartare sera anéantie!
LE GRAND-DUC.
Allons, mes amis, au combat!
TOUS.
Au combat! (Tous sortent.)