SCENE VII.
LES MEMES, JOLLIVET, BLOUNT, UN BATELIER, PLUSIEURS FUGITIFS.
(Au moment où les Tartares vont fusiller Marfa, un radeau venant de la gauche apparaît sur l'Angara.)
JOLLIVET. Une femme que des Tartares veulent assassiner!… Arrière, misérables!
STROGOFF.
A moi!… mes amis!
L'OFFICIER, aux tartares.
Feu! vous autres!
BLOUNT. Jollivet, tirez sur les soldats!… Je me charge, moi, du capitaine! (Il tire.)
L'OFFICIER, blessé.
Ah!
BLOUNT.
Je avais bien visé, n'est-ce pas?
JOLLIVET.
Très bien visé, ami Blount!
(Les Tartares entourent leur chef, pendant que Strogoff et
Nadia détachent Marfa.)
L'OFFICIER.
Emmenez-moi aux réservoirs!… C'est l'ordre d'Ogareff!
(Les Tartares l'emmènent.)
BLOUNT, JOLLIVET.
Vive la France! vive l'Angleterre! hurrah! hip! hip!
JOLLIVET.
Tiens! Michel Strogoff!
STROGOFF.
Merci, monsieur Jollivet! Merci, monsieur Blount!
BLOUNT.
C'était nous, infortuné aveugle!
STROGOFF.
Ne perdons pas une minute!… Ce radeau vous conduisait…
JOLLIVET.
A Irkoutsk.
STROGOFF.
A Irkoutsk!… C'est le ciel qui vous envoie.
BLOUNT.
Oui, toujours très maligne, le ciel!
MARFA.
Vous nous emmenez avec vous!
JOLLIVET. Certes!… En descendant le cours de l'Angara, nous pénétrerons dans Irkoutsk à la faveur de la nuit!
STROGOFF.
Embarquons!
JOLLIVET.
Il n'est donc pas aveugle!
MARFA. Sa tendresse filiale a sauvé mon enfant! Ses yeux, en m'adressant un dernier adieu, étaient inondés de tant de larmes!…
BLOUNT. Ah bonne! très bien! je comprends, et je voulais instruire de cette chose notre Académie de médecine!
JOLLIVET. Oui, oui, écrivez, Blount: Fer rouge excellent pour sécher les larmes…
BLOUNT.
Mais insiouffisant pour brûler la vue!
TOUS.
Embarquons!
(Ils s'embarquent.)