Notes
[1]: Celui qui est au palais Pitti à Florence.
[2]: Les rapports de la police furent pendant plus d'un mois remplis de ces bruits.
[3]: Lettre de Napoléon au duc de Cadore, existant au dépôt de la secrétairerie d'État.
[4]: Rapport du duc de Rovigo à l'Empereur.
[5]: Je ne fais ici qu'analyser une suite de lettres, dont le langage est beaucoup plus énergique que celui que j'emploie pour les résumer.
[6]: Partie en contributions levées sur le pays, partie en une contribution de guerre stipulée par le traité de paix.
[7]: C'est lui-même qui le raconte dans le tome III, p. 156 et 157 de ses Documents historiques sur le gouvernement de la Hollande.
[8]: Ces lettres sont nombreuses, surtout celles du roi Louis et de Napoléon. Elles ont été conservées, et c'est d'après leur infaillible témoignage que je trace ce récit.
[9]: Ces plans existent, et j'en ai vu le manuscrit dans les archives secrètes de la secrétairerie d'État.
[10]: Nous citons ici une dépêche de Napoléon qui prouve son état d'exaspération, mais dont il ne faut pas prendre toutes les expressions au pied de la lettre, car dans ses colères, sincères à un certain degré et au delà calculées, il menaçait de plus de mal qu'il n'en voulait faire.
«Au ministre de la police.
»Paris, le 3 mars 1810.
»Je vous prie de lire cette lettre (lettre de M. de Larochefoucauld annonçant l'intention des habitants d'Amsterdam de se défendre contre les Français) et de vous rendre chez le roi de Hollande, auquel vous en donnerez connaissance. Ce prince est-il devenu tout à fait fou? S'il n'y avait que la lettre de M. Larochefoucauld j'en rirais, et je me contenterais de trouver la chose absurde; mais je n'en puis dire autant après la réponse du ministre hollandais. Vous lui direz qu'il a voulu perdre son royaume, et que je ne ferai jamais d'arrangements qui feraient croire à ces gens-là qu'ils m'ont imposé. Vous lui demanderez si c'est par son ordre que ses ministres ont agi, ou si c'est de leur chef, et vous lui déclarerez que si c'est de leur chef, je les ferai arrêter et leur ferai couper la tête à tous. S'ils ont agi par ordre du roi, que dois-je penser de ce prince? et comment après cela peut-il vouloir commander mes troupes, puisqu'il parjure ses serments? Vous appellerez MM. Roell et Verhuel, afin qu'ils soient présents à ce que vous direz au roi. Vous aurez soin de ne pas vous dessaisir de ces pièces, et de vous rendre chez moi à l'issue de cette conférence.»
[11]: Je raconte ces affaires si compliquées de la Hollande, de la négociation avec l'Angleterre, de l'intervention de M. Fouché dans cette négociation, d'après des documents authentiques, qui me permettront, je l'espère, d'éclaircir des événements restés jusqu'ici fort obscurs. Ces documents sont les lettres de Napoléon, du roi Louis, du ministre Champagny, de M. de Labouchère, de M. Fouché, et enfin les interrogatoires qu'on fit subir depuis à tous les personnages compromis dans la négociation. J'ai lu et relu tous ces originaux, et je n'avance pas un fait sans en avoir eu sous les yeux la preuve matérielle.
[12]: Il est peu de sujets sur lesquels les auteurs de mémoires aient débité plus de fables que sur celui-ci. On a prétendu notamment que M. Fouché fut disgracié pour avoir refusé de rendre les lettres de Napoléon, et des lettres fort compromettantes. Il n'y a rien de vrai dans cette assertion. Les lettres de Napoléon à M. Fouché étaient peu nombreuses, et pas plus compromettantes que celles qu'il écrivait à tous ses agents, et dans lesquelles, se livrant à son impétuosité naturelle, il disait souvent: Je ferai couper la tête à tel ou tel, sans songer à le faire. Il se souciait d'ailleurs fort peu de ce qu'il avait écrit, et ne songeait guère à en rougir, étant déjà si peu embarrassé de ce qu'il avait fait, même de la mort du duc d'Enghien. La vérité est qu'il s'était fort échauffé l'esprit sur l'envoi de M. Fagan à Londres, et qu'il croyait avoir été plus compromis qu'il ne l'était véritablement. Ses ordres et sa correspondance prouvent que la seconde et la plus éclatante disgrâce de M. Fouché fut motivée par le refus de livrer des pièces que celui-ci n'avait plus, relativement à la mission de M. Fagan. Mais le public aimant les mystères, surtout les mystères sinistres, crut, et beaucoup d'écrivains aussi puérils que le public répétèrent qu'il y avait là d'affreuses lettres, dont Napoléon voulait obtenir la restitution, et dont le refus provoqua un nouvel éclat de sa part. Il n'en est rien, et il n'y a de vrai dans toutes ces suppositions que ce que nous venons de rapporter.
[13]: Ce rapport existe aux archives des affaires étrangères, avec la date du 6 juillet, jour même où M. de Caraman, porteur de la nouvelle de l'abdication, arrivait à Paris. Il avait donc été ordonné, et avait dû être rédigé avant que l'on connût l'abdication de Louis. Une phrase de ce rapport, d'ailleurs, prouve qu'il est antérieur à la connaissance de l'abdication; elle dit que S. M. I. est résolue à rappeler auprès d'Elle le prince auguste qu'Elle avait pris dans sa famille pour le donner à la Hollande. Il est donc certain que, décidé par ce qui se passait, Napoléon allait réunir la Hollande à la France, lorsque son frère prit la résolution d'abdiquer. Le fait n'a pas grande importance, assurément; il faut cependant le constater dans l'intérêt de la vérité, qu'on doit chercher avant tout en histoire, indépendamment de toutes les conclusions qu'on peut en tirer.
[14]: Cette tolérance, dans laquelle consistait toute la combinaison, fut formellement autorisée par la correspondance des douanes, laquelle existe encore aujourd'hui dans les archives de cette administration.
[15]: C'est après avoir lu toute la correspondance des douanes, du ministre de l'intérieur, des ministres des finances et du trésor, enfin de nos consuls à l'étranger, que je suis parvenu à tracer ce tableau des combinaisons et des effets du blocus continental. Je crois donc pouvoir affirmer la parfaite exactitude de tous les détails dans lesquels je suis entré, et qui m'ont semblé utiles à la connaissance des temps dont je raconte l'histoire.
[16]: Je parle ici d'après la correspondance authentique des généraux et du ministre de la guerre, et je n'ajoute rien aux tristes couleurs de ce tableau.
[17]: On possède en Angleterre une partie de la correspondance privée de Joseph, particulièrement avec la reine son épouse, qui était restée à Paris, et lui racontait avec le plus grand détail tout ce qui l'intéressait, en cherchant du reste à le calmer plutôt qu'à l'irriter. Il existe aussi à nos archives la correspondance autographe de Joseph avec Napoléon, celle de l'ambassadeur de France, M. de Laforest, celle d'un chef de la police française en Espagne, homme spirituel et modéré, M. de Lagarde, celle enfin du général Belliard, gouverneur de Madrid, et c'est dans ces documents authentiques, souvent contradictoires, mais faciles à mettre d'accord quand on sait démêler la vérité à travers les passions contemporaines, que je puise les détails rapportés ici, et dont je garantis la rigoureuse exactitude. Suivant ma coutume, j'adoucis les couleurs pour être plus vrai, car les couleurs du temps sont toujours exagérées, et je ne veux fonder mes récits que sur la partie incontestable des documents que j'emploie.
[18]: Je rapporte ici le récit du maréchal Jourdan dans ses mémoires manuscrits. Le maréchal s'appuie sur le témoignage de plusieurs généraux qui étaient présents, et sur une lettre fort précise du roi Joseph, qui expose lui-même avec détail les circonstances du conseil de guerre tenu à Carmona.
[19]: On est souvent exposé, lorsqu'on veut entrer dans de pareilles particularités, à ne donner que des détails imaginaires. Heureusement on peut ici rendre avec exactitude les scènes qui se sont passées entre le général en chef et ses lieutenants, parce qu'indépendamment de la correspondance de plusieurs officiers, il y a celle de l'intendant général de la police de Portugal, dont j'ai déjà parlé, lequel était un homme spirituel, bienveillant, étranger à tous les partis qui divisaient l'armée, très-intéressé au succès de l'expédition, n'en voulant qu'à ceux qui le compromettaient, et mettant un prix infini à dire la vérité à Napoléon, sous les yeux duquel sa correspondance était placée directement par le duc de Rovigo. Cette correspondance très-détaillée peint toutes les phases de la campagne avec une vérité frappante, et une sincérité qui saisit à la première lecture. Grâce à cette correspondance, j'ai pu reproduire certaines particularités précieuses, sans prêter à l'histoire des couleurs de fantaisie, comme on est exposé à en employer lorsqu'on veut faire agir ou parler avec trop de détail des personnages qui ne sont plus, et qui ont emporté dans la tombe le souvenir de ce qui s'est fait ou dit en leur présence.
[20]: La pensée du duc de Wellington à l'égard de la guerre de la Péninsule est parfaitement connue depuis la publication de sa correspondance. On la trouve consignée à toutes les pages de cette correspondance, et elle fait le plus grand honneur à sa sagacité et à la sûreté de son esprit.
[21]: Le duc de Wellington, dans sa correspondance si sensée et en général si impartiale, blâme beaucoup le maréchal Masséna d'avoir adopté la route de Viseu. Il prétend que c'est la plus mauvaise que le maréchal pût choisir, et il n'en donne aucune raison valable. Puisqu'on ne partait point de la Galice, ainsi qu'on l'avait fait sans succès dans la campagne précédente, puisqu'on ne descendait pas jusqu'en Estrémadure, ce qui eût entraîné un long détour pour gagner l'Alentejo, il ne restait à suivre que la vallée du Mondego, située au nord de l'Estrella; et, dans la vallée du Mondego, la rive droite comme plus fertile était évidemment préférable, et n'offrait pas plus que la gauche des positions favorables au génie défensif des Anglais. Il est vrai qu'on aurait pu passer par le versant sud de l'Estrella, au lieu de passer par le versant nord; mais on y aurait trouvé la route de Castel-Branco, sur laquelle Junot avait failli périr trois années auparavant. Masséna n'avait donc pas une autre route à suivre que celle de Viseu, et on a droit de s'étonner d'une critique qui est souvent répétée dans la correspondance imprimée du duc de Wellington, sans l'appui d'aucune bonne raison. On peut dire qu'elle n'est pas digne de la justesse et de la justice ordinaire de ses jugements, et on regrette que l'illustre général britannique n'ait pas été plus équitable envers un rival non moins illustre que lui. Il est vrai que les dépêches du noble duc étaient destinées à son gouvernement, dictées pour le moment présent, et que plus tard, jugeant son rival avec l'élévation qui convenait à sa gloire, il rendait une éclatante justice au maréchal Masséna, particulièrement pour cette campagne.
[22]: J'ai reproduit ici avec une exactitude scrupuleuse les conversations d'Alexandre contenues en cent dépêches, et je dois dire qu'on est frappé, en les lisant, de la connaissance des affaires que ce prince avait acquise à cette époque. Le plus habile des conseillers d'État français ou russes n'aurait pas mieux exposé les raisons que le czar tirait des traités et de la législation pour soutenir la thèse qu'il avait adoptée, et qui était de son point de vue finement et solidement raisonnée.
[23]: Cette célèbre campagne de Portugal a donné lieu naturellement à de vives controverses. Les écrivains militaires se sont partagés en sens divers. Récemment un habile défenseur du maréchal Masséna, M. le général Koch, dans un ouvrage remarquable, a reproché au général Drouet, d'ailleurs avec vérité, d'avoir fort accru les embarras de tout genre qui vinrent assaillir le maréchal Masséna pendant cette déplorable campagne. Si le général Koch avait connu la correspondance de Napoléon, il aurait vu que le tort n'était pas au général Drouet, mais bien à Napoléon lui-même, qui, tout rempli d'illusions, se figurant que le soin des communications pouvait et devait être en Portugal ce qu'il était en Allemagne, lui donnait l'ordre étrange de secourir Masséna sur le Tage, et de conserver en même temps ses communications vers Alméida. Nous citons les propres lettres de Napoléon, lesquelles, sans détruire les allégations du général Koch relativement aux embarras causés à Masséna par le général Drouet, font voir cependant à qui doit remonter le reproche adressé au général Drouet. Ce n'est pas du reste au génie de Napoléon qu'il faut s'en prendre ici, car si quelqu'un au monde était capable de donner des instructions, c'était lui, mais à sa politique, qui le réduisait, pour suffire à toutes ses entreprises, à donner des ordres indignes de lui, indignes de sa haute prévoyance. Voici, au surplus, le texte même des lettres dont il s'agit.
«Au major général.
»Fontainebleau, 3 novembre 1810.
»Je reçois la lettre du général Drouet du 22 octobre, de Valladolid.
»Les dispositions qu'il fait pour rouvrir les communications avec le Portugal ne me paraissent pas satisfaisantes. Réitérez-lui l'instruction d'aller à Alméida, et de réunir des forces considérables, pour pouvoir être utile au prince d'Essling et aider à ouvrir ses communications.
»Il faudrait qu'il donnât au général Gardanne ou à tout autre général une force de 6 mille hommes avec 6 pièces de canon pour rouvrir la communication, et qu'un autre corps de même force se trouvât à Alméida pour correspondre avec lui. Enfin il est important que les communications de l'armée de Portugal soient rétablies, afin que pendant tout le temps que les Anglais ne se seront pas rembarqués, il puisse assurer les derrières du prince d'Essling.
»Envoyez-lui le Moniteur d'aujourd'hui, où il y a des nouvelles de Portugal venues de Londres.
»Aussitôt que les Anglais seront rembarqués, il portera son quartier général à Ciudad-Rodrigo, mon intention n'étant pas que le 9e corps s'engage dans le Portugal, à moins que les Anglais ne tiennent encore, et même le 9e corps ne doit jamais se laisser couper d'Alméida, mais il doit manœuvrer entre Alméida et Coimbre.
»Écrivez au général Drouet qu'il me tarde fort d'avoir des nouvelles de Portugal; que cela est important sous tous les points de vue, et qu'il faut que les communications soient rétablies de manière à avoir des nouvelles, sinon tous les jours, au moins tous les huit jours.
»Demandez-lui l'état des troupes laissées sur les derrières, de la division Seras, de ce qu'a laissé le prince d'Essling, cavalerie, infanterie, artillerie, enfin de ce qui est dans le 6e gouvernement.»
«Au major général.
»Paris, le 20 novembre 1810.
»Vous trouverez ci-joint l'extrait des derniers journaux anglais. Vous sentirez l'importance d'expédier un officier d'état-major au général Drouet pour lui faire connaître qu'au 1er novembre il n'y avait pas encore eu de bataille; que l'armée française avait sa gauche à Villa-Franca et sa droite à Torrès-Védras, et que l'armée anglaise était à quatre lieues de Lisbonne; que 10 mille hommes de milices occupent Coimbre et interceptent la route, que la cavalerie n'est presque d'aucun usage; qu'il est donc important qu'il ne fasse point de petits paquets et qu'il rouvre les communications avec le prince d'Essling avec un fort corps; que je compte du reste sur sa prudence pour ne pas se laisser couper d'Alméida.
»Il paraîtrait par les journaux anglais que la garnison de Coimbre se serait laissé surprendre du 10 au 15 octobre et aurait laissé prendre 1,500 malades qui se trouvaient dans cette place.
»Réitérez les ordres aux généraux Caffarelli, Dorsenne et Reille pour l'exécution des mouvements que j'ai ordonnés précédemment, c'est-à-dire que la garde se réunisse à Burgos; que tout ce qui appartient au général Drouet lui soit envoyé. Recommandez au général Kellermann de ne pas retenir la division Conroux et de la laisser filer sur Salamanque.
»Quand les fusiliers de la garde arrivent-ils à Bayonne? Vous donnerez l'ordre qu'ils se reposent deux jours à Bayonne. Les détachements qui se trouvent au camp de Marac joindront leurs compagnies.
»Écrivez au duc de Dalmatie pour lui faire connaître ce que disent les Anglais de l'armée de Portugal, et lui faire comprendre l'importance de faire une diversion en faveur de cette armée.»
Ces lettres, comme on le voit, sont toutes antérieures d'un mois ou deux à la situation que nous décrivons; mais elles contiennent expressément le principe de toutes les instructions données depuis par le ministère de la guerre au général Drouet, et expliquent la position ambiguë de ce général, qui, partagé entre le désir de secourir Masséna et celui de ne pas perdre ses communications, fut pour l'armée de Portugal plus embarrassant qu'utile.
[24]: Le même qui a publié un excellent ouvrage sur les siéges soutenus par les Espagnols et les Français dans Badajoz.
[25]: Dans son ouvrage sur les divers siéges de Badajoz, le général Lamare exprime l'opinion suivante:
«Parmi les beaux faits des assiégeants, nous ne laissons pas que de trouver aussi des fautes, et la franchise avec laquelle nous allons les exposer justifiera les éloges que nous venons de leur donner.
»Nous n'avons cependant pas le dessein d'entrer dans un examen détaillé de toutes celles qui ont été commises, car, pour y parvenir, il faudrait suivre les attaques jour par jour, et rédiger pour ainsi dire une nouvelle relation; nous nous bornerons donc à signaler celles qui nous paraissent les plus graves.
»Voici en peu de mots leur exposé: D'abord la cause principale qui a autant prolongé la durée du siége vient de ce que le premier point d'attaque des assiégeants, celui du centre, fut mal choisi. Le général Léry aurait dû profiter de l'avantage que lui offrait la position saillante du bastion dont le revêtement, vu en partie de la campagne, n'était protégé alors que par un simple chemin couvert, diriger rapidement sur ce bastion une vigoureuse attaque et cheminer en capitale jusqu'aux glacis, de manière à couronner le chemin couvert en moins de huit jours. Pendant cette opération, une seconde attaque aurait été conduite également vers Pardaleras, pour éteindre les feux de ce fort et l'enlever de vive force.
»Dans cette hypothèse, les règles du métier lui faisaient une loi d'ouvrir la première parallèle à 5 ou 600 mètres des fronts (1, 2, 2, 3) et du fort Pardaleras, en appuyant fortement, par de bonnes redoutes, la gauche de la parallèle à la Guadiana, et la droite au Calamon.
»On conçoit que ce plan d'attaque eût été préférable à celui qui fut adopté, et qu'on aurait vraisemblablement épargné beaucoup de temps et de pertes en hommes et en munitions de guerre, si l'on eût su profiter des avantages qu'il présentait.
»Bien que la défense des Espagnols ait été courageuse, que la rigueur de la saison, les pluies continuelles, les inondations qui submergeaient nos tranchées, le manque de vivres, les sorties multipliées, l'arrivée de Mendizabal, la bataille de la Gevora, et le petit nombre de travailleurs, aient contrarié et retardé les opérations du siége, nous devons cependant dire qu'outre les fautes commises dans la direction des attaques, soit de la part du génie, soit de la part de l'artillerie, le siége de Badajoz a été mené avec lenteur, et que l'armée a perdu au moins huit jours devant cette place; temps précieux qui aurait peut-être permis au duc de Dalmatie d'approcher des rives du Tage, et de changer la série des malheurs qui suivirent la retraite de l'armée de Portugal.»
(Relation des siéges et défenses de Badajoz, d'Olivença et de Campo-Mayor, en 1811 et 1812, par les troupes françaises de l'armée du Midi en Espagne, sous les ordres de M. le maréchal duc de Dalmatie, par le général Lamare. Paris, 1837. Pages 82 et 83.)
L'opinion de Napoléon est différente, quoique dans le même sens, et il croyait qu'on aurait pu s'emparer de Badajoz dès le mois de janvier. Il est vrai que c'était en prenant les opérations de plus haut, et en supposant que le maréchal Soult serait parti beaucoup plus tôt de Séville pour se porter en Estrémadure.
Voici la lettre qu'il écrivait à ce sujet:
«Au major général.
»Paris, 5 février 1811.
»..... Écrivez au duc d'Istrie pour lui annoncer, en lui envoyant le Moniteur, qu'il trouvera là les dernières nouvelles que nous avons du Portugal, qui paraissent être du 13; que tout paraît prendre une couleur avantageuse: que si Badajoz a été pris dans le courant de janvier, le duc de Dalmatie a pu se porter sur le Tage, et faciliter la construction du pont au prince d'Essling.
»Il devient donc très-important de faire les dispositions que j'ai ordonnées afin que le général Drouet, avec ses deux divisions, puisse être tout entier à la disposition du prince d'Essling.
»Écrivez en même temps au duc de Dalmatie pour lui faire connaître la situation du duc d'Istrie, et pour lui réitérer l'ordre de favoriser le prince d'Essling dans son passage du Tage; que j'espère que Badajoz aura été pris dans le courant de janvier, et que la jonction avec le prince d'Essling sur le Tage aura eu lieu avant le 20 janvier; que si cela est nécessaire, il peut retirer des troupes du 4e corps; qu'enfin tout est sur le Tage.»
[26]: Caldiéro en 1805.
Notes au lecteur de ce fichier numérique:
Seules les erreurs clairement introduites par le typographe ont été corrigées. L'orthographe de l'auteur a été conservée.
Autres corrections effectuées:
—Page 15: "l'Inviertel" remplacé par "l'Innviertel".