NOTES

[1] G. Mouravit, le Livre, p. 370.

[2] Le Gallois, auteur d'un Traité des plus belles bibliothèques de l'Europe (Paris, Michallet, 1680).

[3] Rien ne réussit mieux en France que ce qui n'est pas français: on l'a dit souvent et depuis longtemps: «Les François ont toujours eu cela de bon (entre autres mauvaises graces) de prester plus voulentiers audience et faveur aux estrangers qu'aux leurs propres». (Bonaventure des Periers, Nouvelles Récréations, Nouv. 88, p. 222. Paris, Delahays, 1858.)

[4] «France must be regarded as the real mother of bibliography… The labours of French bibliographers, especially after Naudé, converted a study, more or less desultory, into a science and a systematic pursuit.» (E. F. Taylor, Encyclop. britannica, art. Bibliography, t. III, p. 651, col. 2.) «La France doit être considérée comme la vraie mère de la bibliographie… Les travaux des bibliographes français, surtout après Naudé, ont converti une étude plus ou moins décousue en une science et un travail systématiques.»—Cf. aussi Constantin, Bibliothéconomie, p. 6.—«Paris is much better provided than London or any other city in the world with great public libraries.» (H. R. Tedder et E. C. Thomas, Encyclop. britannica, art. Libraries [Bibliothèques], t. XIV, p. 525, col. 2.) «Paris est bien mieux pourvu que Londres ou que toute autre ville du monde en grandes bibliothèques publiques.»—Et, de l'aveu des Allemands eux-mêmes, parmi tous les systèmes de classification qu'on possède, le moins imparfait est encore le nôtre, celui de Brunet.

[5] Gabriel Naudé, Advis pour dresser une bibliothèque, p. xv.

[6] Selon les Règles typographiques de la librairie Hachette (pp. 1, 22 et 50), nous écrivons «Chapitre I», comme on écrit «Chapitre II, III, IV,» etc., et non «Chapitre premier», forme employée par la plupart des imprimeurs. Autant que possible, nous suivrons d'ailleurs, dans le cours du présent livre, la marche (c'est-à-dire l'ensemble des règles typographiques) de la librairie Hachette, qui est aussi la marche adoptée par l'imprimerie Lahure. Quantité de ces règles sont non seulement très minutieuses, mais aussi très variables et sujettes à caution et à discussions. Sans parler de la ponctuation, l'emploi des lettres majuscules et des caractères italiques donne lieu notamment à des incertitudes et des tâtonnements continuels. Écrira-t-on: Ministère de l'Intérieur, ou Ministère de l'intérieur, ou ministère de l'Intérieur, ou ministère de l'intérieur? Bibliothèque Nationale, ou Bibliothèque nationale, ou bibliothèque nationale? L'architecture du Moyen Age, ou du moyen âge? De même, à quels mots mettra-t-on des majuscules dans: le Traité des études de Rollin, la Nouvelle Héloïse de Rousseau, les Précieuses ridicules de Molière, De l'esprit des lois de Montesquieu? Les titres des livres, journaux, etc., devant toujours être composés en italique (caractères penchés) lorsque le texte est en romain (caractères droits, analogues à ceux-ci), nous avons le choix entre: Je lis le Temps, Je lis le Temps, et Je lis Le Temps. Cette dernière marche, très justifiable, puisqu'elle reproduit le titre exact du journal, est suivie par de bonnes imprimeries et d'excellentes publications, comme la Revue universelle, que dirige avec tant de compétence et de goût M. Georges Moreau. La seconde marche: Je lis le Temps, conserve l'italique au titre entier, mais met une minuscule à l'article, ce titre se trouvant compris dans le texte, et la majuscule à l'article n'étant de règle qu'au début de la phrase. C'est la marche que nous adoptons, tout en reconnaissant que la précédente est tout aussi défendable et satisfaisante. Quant à la première: Je lis le Temps, elle a encore des partisans; ils considèrent ici l'article, non comme appartenant au titre du journal, mais «comme partie intégrante de la phrase, et il est évident alors qu'il faut l'exprimer comme elle, c'est-à-dire en romain,» selon le conseil de Daupeley-Gouverneur, dans son manuel le Compositeur et le Correcteur typographes, p. 119. Au début d'un ouvrage concernant «le Livre», ces courtes observations typographiques ne paraîtront sans doute pas inopportunes. (Outre les deux sources citées ci-dessus, voir sur ces questions: Auguste Tassis, Guide du correcteur, passim;—Émile Leclerc, Typographie (Manuels Roret), chap. V, pp. 111-198;—E. Desormes, Notions de typographie à l'usage des écoles professionnelles: Lecture des épreuves, pp. 280-321;—etc.)

[7] Osymandias. Cf. Diodore de Sicile, Biblioth. histor., I, 49; et Bossuet, Discours sur l'hist. univers., III, 3. Dans le texte de Diodore, il y a simplement ἰατρεῖον, officine médicinale.

[8] Et combien de livres sont «journaux» en ce point! Mais ici la rapidité et la négligence ne sont pas essentielles à l'œuvre, elles ne proviennent que du fait de l'auteur; tandis que le journal, pressé par l'actualité, aiguillonné par la concurrence, est tenu de se hâter avant tout.

[9] Théophile Gautier, Mademoiselle de Maupin, préface, p. 34. (Paris, Charpentier, 1866.)

[10] «Aimer à lire, c'est faire un échange des heures d'ennui que l'on doit avoir en sa vie contre des heures délicieuses.» (Montesquieu, Pensées diverses, Variétés.—Œuv. compl., t. II, p. 431. Paris, Hachette, 1866. 3 vol. in-18.)

[11] Le mot est de Gilles Ménage. Cf. Octave Uzanne, Du prêt des livres, in Miscellanées bibliogr., t. I. p. 35.

[12] Cf. Bollioud-Mermet, Essai sur la lecture et De la bibliomanie;—Gabriel Peignot, Œuv., passim, et notamment Manuel du biblioph., Discours prélimin.;—Jules Janin, l'Amour des livres (plaq. de 61 pp.) et le Livre;—Jean Darche, Essai sur la lecture;—Mouravit, le Livre;—B.-H. Gausseron, Bouquiniana, notes et notules d'un bibliologue, ouvrage destiné à «tous les amants du livre, curieux des opinions et des impressions de ceux qui l'ont aimé avant eux» (p. 6), où l'auteur a réuni, comme nous allons le faire, un grand nombre de maximes et pensées sur les livres et la lecture. M. Gausseron a glané de préférence parmi les écrivains anglais.—Etc., etc.

[13] «Hæc studia adolescentiam alunt, senectutem oblectant, secundas res ornant, adversis perfugium ac solatium præbent, delectant domi, non impediunt foris, pernoctant nobiscum, peregrinantur, rusticantur.» (Cicéron, Pro Archia, VII.) C'est encore Cicéron qui a dit (Ad Famil. [Varroni], IX, 4): «Si hortum in bibliotheca habes, deerit nihil.» M. Octave Uzanne (Nos amis les livres, p. 268) a délicatement commenté cette sentence: «Seigneur, s'écriait un ancien, accordez-moi une maison pleine de livres, un jardin plein de fleurs!» Il semble que dans cette prière soit contenue toute la quintessence de la sagesse humaine: les fleurs et les livres masquent les tristesses de cette vie, et nous font aller en souriant, l'œil égayé, l'esprit bienheuré, jusqu'au jour de la grande échéance définitive, au vrai quart d'heure de Rabelais.»

[14] Sénèque, Lettres à Lucilius, 82.—Pour abréger, je m'abstiens de citer le texte original, mais en maintenant l'indication de la source, qui permet de s'y référer sans difficulté.

[15] Id., De la tranquillité de l'âme, III. Cf. aussi De la brièveté de la vie, XIV et XV, etc.

[16] Lettres, I, 13.

[17] Pline le Jeune, Lettres, III, 5.

[18] Montaigne, Essais, II, 2; t. II, p. 109. (Paris, Charpentier, 1862.)

[19] Plutarque, Vie de Coriolan. Voir aussi les Œuv. morales, pass.

[20] § XVII.

[21] Histoire ecclésiastique des Francs, préface.

[22] Le mot bibliothèque (de βιβλίον, livre, et θήκη, lieu de dépôt) s'emploie dans quatre acceptions différentes. Il signifie: 1o un édifice ou une salle servant à contenir une collection de livres: la bibliothèque Sainte-Geneviève; cet écrivain vit enfermé dans sa bibliothèque; 2o les tablettes ou le meuble garni de tablettes sur lesquelles les livres sont rangés: une bibliothèque en chêne; 3o une collection de livres: posséder une nombreuse bibliothèque; 4o une série d'ouvrages ayant un caractère commun: la Bibliothèque bleue, la Bibliothèque des voyages. Au lieu de bibliothèque, on disait autrefois librairie: la librairie du roi Charles V. (Littré et Hatzfeld, Dictionn.)

[23] Cf. Lalanne, Curiosités bibliogr., pp. 29 et suiv., 150 et suiv., 186 et pass.; Lecoy de la Marche, les Manuscrits et la Miniature, p. 90; etc.—Lalanne ajoute (p. 32) que, dans beaucoup de couvents, cette règle de la copie des manuscrits «n'était guère mieux observée que les vœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance».

[24] Vers 39.

[25] M. Hippolyte Cocheris en a donné une excellente édition avec traduction. (Paris, Aubry, 1856. In-16.)

[26] Lalanne, loc. cit., p. 186.

[27] Philobiblion, chap. I, pp. 16-17.

[28] Loc. cit., chap. III, p. 28.

[29] Loc. cit., chap. XVII, p. 143 et pass.—Cf. infra, chap. IX, pp. [364]-[365].

[30] Lalanne, loc. cit., pp. 226-227.

[31] Voir Peignot, Manuel du biblioph., t. I, pp. XXXI et suiv.; Lalanne, loc. cit., pp. 191 et suiv.

[32] Poésies pour Hélène, X, Élégie. (Œuv. chois., p. 64. Paris, Garnier, 1841. In-18.)

[33] Montaigne, Essais, III, 3; t. III, pp. 360-367. (Paris, Charpentier, 1862.)

[34] Ibid., pp. 365-366.

[35] Cf. Voltaire, Siècle de Louis XIV, chap. XXVI. (Œuv. compl., t. II, p. 446. Paris, édit. du Siècle, 1867-1870. 8 vol. in-4.)

[36] Gui Patin, Lettres choisies, lettre VIII, p. 27. (Paris, Jean Petit, 1688.) Littérairement, Gui Patin devrait se placer avant l'avènement de Louis XIV. «Gui Patin se croyait sorti du XVIe siècle, et il ne l'était qu'à demi,» dit fort bien Sainte-Beuve. (Caus. du lundi, 3e édit., t. VIII, p. 97.)

[37] Lettre du 14 décembre 1689. (Lettres de Mme de Sévigné, t. VI, p. 58. Paris, Didot, 1867. 6 vol. in-18.)

[38] Lettre du 15 juin 1689.

[39] Lettre du 17 juillet 1689.

[40] Lettre du 23 septembre 1671.

[41] Lettre du 15 janvier 1690.

[42] Lettre du 16 novembre 1689.

[43] Les Aventures de Pyrrhus. (Œuv. compl., t. IX, p. 463. Paris, Garnier, 1876. 20 vol. in-8.)

[44] Liv. II, p. 28. (Paris, Dezobry, s. d.)

[45] Pensées diverses, Portrait. (Œuv. compl., t. II, pp. 419-420. Paris, Hachette, 1866. 3 vol. in-18.)

[46] Montesquieu, Discours sur les motifs qui doivent nous encourager aux sciences. (Œuv. compl., t. II, p. 402.)

[47] Pensées diverses, Portrait. (Œuv. compl., t. II, p. 424.)

[48] Cf. Sainte-Beuve, Caus. du lundi, t. III, p. 411.

[49] Réflexions et Maximes, p. 276. (Paris, Didot, 1858. In-18.)

[50] Lettre de décembre 1744. (Œuv. compl., t. VII, p. 651. Paris, édit. du Siècle, 1867-1870.)

[51] Lettre au cardinal de Bernis, 18 janvier 1764.

[52] Dictionn. philos., art. Livres.

[53] L'Homme aux quarante écus, chap. X.

[54] Dialogue XXIV. (Œuv. chois., t. I, p. 184. Paris, Biblioth. nation., 1866, 3 vol. in-16.) Cf. la réponse de l'oracle à Zénon le Stoïcien sur le meilleur genre de vie et la règle capitale de conduite à adopter: «Converse avec les morts» (avec les livres).

[55] Paul et Virginie, pp. 93-94. (Paris, Didot, 1859, In-18.)

[56] Ap. Lubbock, le Bonheur de vivre, trad., p. 54. (Paris, Alcan, 1891.)

[57] Walter Scott, notice sur Le Sage, ap. Sainte-Beuve, Caus. du lundi, t. dernier (sans numéro), table, p. 28.

[58] Vic. de Wakef., trad. Fournier, chap. XX, p. 144. (Paris, M. Lévy, 1869.) Et, un siècle avant Goldsmith et Gray, Milton disait, «en un latin superbe» (B.-H. Gausseron, loc. cit., p. 46):

Et totum rapiunt me, mea vita, libri.

[59] Cf. Sainte-Beuve, Caus. du lundi, t. VIII, p. 436.

[60] Comme écrivain, P.-L. Courier (1772-1825) appartient bien au XIXe siècle, mais la lettre d'où est extrait cet éloge des livres et de la «relecture» est datée du 10 septembre 1793. Voir P.-L. Courier, Œuv., p. 425. (Paris, Didot, 1865. In-18.)

[61] Pensées, CCXI, t. II, p. 146. (Paris, Didier, 1861. 2 vol. in-8.)

[62] Ibid., CCVIII, t. II, p. 145. Cf. aussi pp. 133, 136 et pass.

[63] Soirées de Saint-Pétersbourg, t. I, p. 11. (Lyon, Pélagaud, 1870, 10e édit.)

[64] Dans le chap. VI, De l'achat des livres, nous examinerons cette question: De la quantité de volumes que doit posséder une bibliothèque particulière.

[65] Courrier de la librairie, mai 1858. Cf. aussi l'Amour des livres, du même écrivain, pp. 35 et 59: «O mes livres! mon juste orgueil! ma fête suprême! Oraison funèbre qui ne saurait périr!» Etc. C'est dans ce petit livre que je trouve (p. 54) l'anecdote suivante: «M. le chancelier Séguier causait avec le roi [Louis XIV] dans sa chambre. On parlait de la vénalité des juges. «Monsieur le chancelier, disait le roi, à quel prix vendriez-vous la justice?—Oh! Sire, à aucun prix!… Pour un beau livre, je ne dis pas!»

[66] De l'éducation qu'on se donne à soi-même, in Revue des Cours littér., t. III, 24 mars 1866, pp. 281-288. Voir aussi d'Éd. Laboulaye une conférence sur les Bibliothèques populaires, loc. cit., 30 décembre 1865, pp. 83-88; et in Revue des Deux Mondes, 1er septembre 1859, pp. 212-224, un très intéressant article sur la Manie des livres, à propos d'un catalogue (le catalogue de la bibliothèque du trop fameux «collectionneur» G. Libri).

[67] Poésies, t. I, préface, p. 7. (Paris, Lemerre, 1890.) Cf. Ponsard, l'Honneur et l'Argent, III, VI:

L'art, ce consolateur des misères humaines!

[68] Remarquons en passant que Sainte-Beuve a soin d'écrire Lettres (dans le sens de connaissances que procure l'étude des livres) avec une majuscule: homme de Lettres, gens de Lettres, la république des Lettres, les Belles-Lettres, etc. (Cf. Caus. du lundi, 3e édit., t. VI, pp. 463 et 474; t. VIII, p. 112; etc., etc.)

[69] Caus. du lundi, t. XV, p. 362.

[70] Tome III, pp. 54-55.

[71] Ils font partie de l'Épître à Horace (1772). (Voltaire, Œuv. compl., t. VI, p. 575. Paris, édit. du Siècle, 1867-1870.)

[72] Page 410. (Paris, Lemerre, 1889.)

[73] Grammaire des arts décoratifs, p. 336. (Paris, Laurens, s. d.)

[74] Cette même sentence se rencontre sous la plume d'un autre historien, critique et polygraphe, M. Jules Claretie, et avec les légitimes restrictions suivantes: «Dis-moi ce que tu lis, et je te dirai qui tu es. L'axiome peut être vrai pour un particulier qui choisit selon ses goûts, pour un amateur qui se compose une bibliothèque comme on composerait un bouquet… mais la vérité n'est plus stricte lorsqu'il s'agit d'un homme de lettres, tenu à tout garder, après avoir tout lu.» (Causerie sur ma bibliothèque, in Annales littéraires des bibliophiles contemporains, 1890, p. 5.) C'est dans la même Causerie (p. 21) que se trouve cette très belle profession de foi, que je me reprocherais de passer sous silence: «J'aime les Lettres, je les aime uniquement, profondément, passionnément, et je les aime par-dessus tout. Je les aime sous toutes leurs formes, avec toutes leurs luttes, toutes leurs rancœurs, tous leurs déboires. Elles consolent même des tristesses qu'elles font naître, comme cette lance d'Achille qui guérissait les blessures qu'elle pouvait faire. «La littérature mène à tout, disait Villemain, à la condition qu'on en sorte.» Quel paradoxe! La littérature peut ne mener à rien, mais elle rendra heureux jusqu'à la fin celui qui l'adore, à la condition qu'il n'en sorte jamais.»

[75] Ou le marquis d'Argenson? Dans ses Mémoires (t. V, p. 255.—Paris, P. Jannet, 1857-1858), il s'attribue la même proposition de la même plaisante devise: Multi vocati, pauci lecti.

[76] Ap. Mouravit, le Livre, pp. 170-172.

[77] L'Art de former une biblioth., pp. 152-153.

[78] Paris, Aug. Aubry, s. d.—Lorenz (Catalogue général, t. VI, p. 309) donne 1870 comme date de publication, et ajoute que ce livre n'a été tiré qu'à 200 exemplaires. C'est ce qui en explique le peu de diffusion et la rareté.

[79] Pages 3-4.

[80] Loc. cit., pp. 403-404.

[81] Ibid., pp. 341-342.

[82] Ibid., p. 362.

[83] Cardinal Bessarion, Lettre au doge et au sénat de Venise (1468).—Cf. supra, p. [10].

[84] Bulletin du bibliophile, 17e sér., p. 323.

[85] Ibid., pp. 356-357.

[86] Parmi les écrivains modernes qui ont le mieux célébré le livre et l'amour de la lecture, il nous faudrait citer encore: Goethe, Entretiens avec Eckermann;—Alexandre Vinet, Études sur la littérature française, etc., et X. Doudan, Mélanges et Lettres, etc. (deux noms peu connus, mais chers à tous les amis des Lettres);—Charles Asselineau, dont l'opuscule le Paradis des Gens de Lettres contient un vrai chant de triomphe du livre;—Ernest Legouvé, l'Art de la lecture et la Lecture en action;—Mgr Landriot, Conférences sur l'étude des Belles-Lettres, etc.;—Antony Méray, les Diverses Façons d'aimer les livres (in Annuaire du bibliophile, 1861, pp. 142-157);—François Fertiault, les Amoureux du livre, sonnets d'un bibliophile; les Légendes du livre (autre recueil de sonnets); Drames et Cancans du livre, anecdotes bibliographiques, dont le meilleur chapitre est intitulé: Comment j'aime mes livres;—Gabriel Hanotaux, la Seine et les Quais, promenades d'un bibliophile;—Albert Collignon, la Vie littéraire, notes et réflexions d'un lecteur;—etc.

[87] Et tant de fois altérée et faussée, car cette admirable page a eu le sort des Provinciales et des Pensées de Pascal, «qu'on tronque toujours quand on le cite», selon la piquante réflexion de M. Ferdinand Brunetière (Histoire et Littérature, t. I, p. 314). Comme exemples de ces inexactitudes et déformations, cf. Fontaine de Resbecq, Voyage litt. sur les quais de la Seine, p. 134;—Rouveyre, Connaissances nécessaires à un biblioph., 3e édit., t. II, pp. 163-164;—etc. Le pieux Jean Darche a fait mieux: il s'est approprié le texte, l'a démarqué et rebaptisé, puis l'a terminé en sermon: «Mais, ô mon Dieu! rien n'est stable en ce monde! et ce sera bien ma faute si… Amen!» (Essai sur la lecture, pp. 374-375.)—Cet article de Silvestre de Sacy a paru dans le Journal des Débats du 25 octobre 1853, et il fait partie des Variétés littéraires, morales et historiques de cet écrivain (Paris, Didier-Perrin, 1884; 2 vol. in-12; 5e édit.: la 1re édit. est de 1858), t. I, pp. 242-255. «L'article mémorable… chef-d'œuvre de M. de Sacy, a été celui du mardi 25 octobre 1853, sur le Catalogue de la bibliothèque de feu J.-J. de Bure.» (Sainte-Beuve, Caus. du lundi, t. XIV, p. 191.)

[88] Cf. le mot du sage Valincour (1653-1730), à qui Boileau a dédié sa satire XI, sur l'Honneur. Ayant perdu sa bibliothèque, détruite par un incendie, Trousset de Valincour répondait à ses amis qui le plaignaient: «Je n'aurais guère profité de mes livres, si je n'avais appris d'eux à m'en passer». (Cf. Charles Nodier, Mélanges tirés d'une petite bibliothèque, Préface, p. III; et Sainte-Beuve, Caus. du Lundi, t. XII, p. 465.)

[89] Chevillier, Origine de l'imprimerie de Paris, p. 60.

[90] Loc. cit., pp. 158-159.

[91] Mouravit, loc. cit., pp. 162-163.

[92] Dans son récit la Nouvelle Ecbatane, in Bagatelles, par le Comité de la Société des Gens de Lettres, p. 302. (Paris, Dentu, 1892.)

[93] Cf. les journaux de février 1896, principalement l'Événement du 19, et l'Éclair du 23 février. Cf. aussi la Revue scientifique du 4 février 1899, pp. 153-154, les Papiers dangereux et leur désinfection. Voici un extrait de ce dernier article: «Le Bulletin mensuel de l'Œuvre des enfants tuberculeux nous apprend que la Caisse d'épargne de Bruxelles vient d'installer un service pour la désinfection des livrets et autres papiers qui affluent dans l'établissement. Tous les documents sont exposés maintenant pendant quelques heures aux vapeurs de l'aldéhyde formique… Mais il est un danger de contamination beaucoup plus grand encore, et dont le public ne semble pas s'émouvoir: c'est celui que présentent les livres des bibliothèques publiques ou des cabinets de lecture. Tel roman populaire, tel bouquin à succès passe par mille ou quinze cents paires de mains, avant d'être absolument trop crasseux ou trop fripé pour être hors d'usage. Dans ce nombre de lecteurs, il y a des convalescents, des malades, des tuberculeux. Or le papier est un excellent véhicule à microbes, et un livre, passant de main en main, peut apporter dans une famille un choix très complet de maladies transmissibles, depuis la rougeole, la scarlatine et la variole, jusqu'au choléra asiatique et la peste, en passant par le typhus, le croup et la diphtérie, la coqueluche, la gale, le charbon, les septicémies, les affections puerpérales et la tuberculose pulmonaire. Il y a là des mesures à prendre d'urgence, et nous nous étonnons que les services compétents n'y aient pas encore songé, d'autant plus que le remède est d'application facile, comme le prouve l'expérience de la Caisse d'épargne de Bruxelles.» Nous reparlerons, dans le chapitre IX, de l'emploi de l'aldéhyde formique (p. [325]), et des risques de propagation de la tuberculose par les livres (pp. [371]-[373]).

[94] Larcher, qui travaillait alors à sa traduction d'Hérodote, reçut un jour un ouvrage des plus rares, et précieux pour ses études, que Langlès venait d'acquérir et qu'il s'empressait de lui communiquer. Se retournant vers le porteur du message et lui rendant le livre avec humeur: «Remportez cet ouvrage, dit le docte bibliomane: apprenez que je n'ai pas l'habitude de travailler avec «des livres qui ne sont pas ma propriété». (Mouravit, loc. cit., pp. 125-126.)

[95] Cf. Lalanne, loc. cit., p. 286.

[96] Le Livre, p. 264.

[97] Gustave Brunet, Fantaisies bibliogr., p. 293, donne: Ingratis servare nephas.

[98] Intermédiaire des cherch. et cur., 10 juillet 1879, col 402.

[99] Cf. Gustave Brumet, loc. cit., pp. 271 et 296. De même, M. J. Gomez de la Cortina, dont plusieurs volumes se trouvent à la bibliothèque universitaire de Douai, faisait graver sur le plat de ses livres, au-dessus de ses armoiries: J. Gomez de la Cortina et amicorum, et au-dessous: Fallitur hora legendo. (Cf. Jules Cousin, De l'organisation… des biblioth., p. 160, n. 1.) Et Jacques Denyau, bibliophile angevin: Sum Jacobi Denyau et amicorum, non omnium. (Intermédiaire des cherch. et cur., 10 juillet 1879, col. 390.)

[100] Cf. Peignot, Dictionn. raisonné de bibliol., t. II, p. 361. C'est en l'honneur de Michel Bégon et en souvenir du bon accueil qu'avait reçu de lui le botaniste Plumier que celui-ci donna le nom de bégonia à un genre de plantes d'Amérique.

[101] Intermédiaire des cherch. et cur., 10 juillet 1879, col. 401.

[102] Cf. Gustave Brunet, Dictionn. de bibliol., col. 519.

[103] Uzanne, Du prêt des livres, in Miscellanées bibliogr., t. I. p. 37.

[104] Loc. cit., p. 71.

[105] Fertiault, Drames et Cancans du livre, p. 264.

[106] Du prêt des livres, in Miscellanées bibliogr., t. I, pp. 35-40.

[107] Uzanne, loc. cit., pp. 38-39.

[108] Intermédiaire des cherch. et cur., 10 août 1893, col. 127.

[109] L'épithète est de M. Octave Uzanne, loc. cit., p. 36.

[110] Cf. Uzanne, ibid.;—Jules Richard, l'Art de former une biblioth., p. 41;—Édouard Fournier, l'Esprit des autres, p. 295 (5e édit.);—Intermédiaire des cherch. et cur., 10 juillet 1879, col. 401;—etc.

[111] Voir, entre autres, pour cette attribution à Condorcet: Jules Janin, l'Amour des livres, pp. 60-61;—Rouveyre, Connaissances nécessaires à un biblioph., 3e édit., t. I, p. 92;—Yve-Plessis, Petit Essai de biblio-thérapeutique, p. 20;—etc. Sur la paternité de Colletet, voir l'Intermédiaire des cherch. et cur., 10 et 25 février 1878, col. 65 et 122. A part une épître A un jeune Polonais exilé en Sibérie, Condorcet, qui s'est surtout occupé de science et de politique, n'a jamais écrit de vers.

[112] «Un volume une fois sorti de l'intérieur d'une bibliothèque est exposé à toutes les chances, sinon de perte, du moins de dégradation et d'avarie, de la part des maladroits, des négligents et des malpropres; il ne rentre ordinairement qu'à la volonté de l'emprunteur, qui le garde pendant des années et souvent même tout à fait, parce que le principe que garder un livre n'est pas un vol est malheureusement adopté par beaucoup de personnes.» (Constantin, Bibliothéconomie, p. 68.)

[113] Tallemant des Réaux, Historiettes, Du Moustier, t. III. p. 139. (Paris, Techener, 1862. 6 vol. in-18.)

[114] Ap. Jules Janin, loc. cit., pp. 59-60.

[115] Loc. cit., p. 61.

[116] P. L. Jacob (Paul Lacroix), Mélanges bibliogr., p. 5.

[117] Mélanges d'histoire et de littérature, ap. Lalanne, Curiosités bibliogr., pp. 302-303.

[118] Cf. Jules Richard, l'Art de former une biblioth., p. 30; etc.

[119] Page 13.

[120] Page 37.

[121] Catalogue de la librairie A. Lemerre, 1899, pp. 20-21.

[122] J. Darche, Essai sur la lecture, p. 15. Comme nous le verrons plus loin (p. 106), un autre roi de France, Louis XII, usait de la même hyperbole en parlant de l'imprimerie, d'origine «plus divine qu'humaine», elle aussi.

[123] Et cette fabrication ou plutôt ces essais de fabrication multiples remontent assez loin, puisqu'«on voit au British Museum un livre écrit en langue hollandaise et publié en 1772, imprimé sur 72 sortes de papiers provenant d'autant de matières différentes». (Ch. Laboulaye, Dictionn. des arts et manufactures, art. Papier.)

[124] Magasin pittoresque, avril 1860, p. 135.

[125] Cf. Paul Charpentier, le Papier (t. X de l'Encyclopédie chimique publiée sous la direction de M. Fremy), passim;—Delon, Histoire d'un livre, pp. 105 et suiv.;—Maire, Manuel prat. du biblioth., pp. 371 et suiv.;—Émile Leclerc, Typographie (Manuels Roret), pp. 542 et suiv.;—Larousse, Grand Dictionn., art. Papier, t. XII et 2e supplément;—Ch. Laboulaye, loc. cit.;—etc.; et passim, le Magasin pittoresque, la Nature, la Revue des bibliothèques, la Revue biblio-iconographique, etc.—«La science a découvert de belles et grandes choses, et elle en a inventé aussi de bien jolies; entre autres, la fabrication rapide du papier à très bon marché. Elle l'extrait aujourd'hui du bois et de la paille; demain, elle le tirera de la houille; elle trouvera bientôt un moyen de le façonner avec la terre où pourriront nos corps. C'est sur cette ordure qu'on vous imprime, et voilà une fameuse leçon pour l'orgueil de nos constructeurs de monuments! Ces feuilles faites avec rien se décomposent en quelques années, se tachent, s'usent, se déchirent, redeviennent poussière et cendre et rentrent avec avidité dans le néant dont elles n'auraient jamais dû sortir.» (Paul Stapfer, Quatre Consolations aux auteurs, in Bibliothèque universelle. Lausanne, janvier 1901, p. 111.) Cf. aussi Voltaire, la Guerre civile de Genève, poème héroïque, chant IV:

Tout ce fatras fut du chanvre en son temps;

Linge il devint par l'art des tisserands,

Puis en lambeaux des pilons le pressèrent;

Il fut papier: cent cerveaux à l'envers

De visions à l'envi le chargèrent;

Puis on le brûle, il vole dans les airs,

Il est fumée, aussi bien que la gloire.

De nos travaux, voilà quelle est l'histoire;

Tout est fumée, et tout nous fait sentir

Ce grand néant qui doit nous engloutir.

[126] En termes d'imprimerie, on appelle aussi maculatures (du lat. maculare, tacher) les feuilles de papier qui ont reçu un excédent d'encre et qu'on a mises au rebut pour servir de sous-main ou d'enveloppe.—Larousse (Grand Dictionn., art. Papier, 2e supplément, p. 1671) dit qu'en Angleterre et en Amérique on recueille les vieux papiers «beaucoup plus soigneusement qu'en France», et qu'après un lessivage au sel de soude et autres opérations, on en fabrique un papier «d'excellente qualité».

[127] Bouant, Dictionn. des sciences usuelles, art. Papier.

[128] Leclerc, loc. cit., p. 546. Voir aussi la Nature, 27 mars 1897, p. 270: «Dans un volume de l'«Encyclopédie Léauté», les Succédanés du papier, M. V. Urbain, répétiteur à l'École centrale, montre avec quelle intensité on défriche pour se procurer la pâte à papier. «Pendant le cours de l'année 1895, dit-il, on a constaté que la France et l'Angleterre avaient manufacturé plus de 400 000 tonnes de pâte chimique, avec des bois importés de Suède et de Norvège. Ce chiffre doit attirer l'attention des économistes, car il représente le rendement en cellulose de pins ou de sapins, âgés de trente ans au moins. Un pin de trente-cinq à quarante ans de belle venue ne cube pas plus de 1 mètre cube. Lorsqu'il aura été ébranché, écorcé, etc., il ne pourra donc former plus de 150 kilogrammes de pâte mécanique, propre à la papeterie. Il en résulte qu'un journal à grand tirage absorbe, à lui tout seul, une centaine d'arbres par numéro, en attribuant à son papier moitié de pâte de bois chimique et moitié de pâte de bois mécanique. Dans un demi-siècle, si l'on n'y prenait garde, toutes les forêts d'Europe seraient fauchées et imprimées à fond; le bocage serait sans aucun mystère et les rossignols de muraille seraient le dernier souvenir de leur poétique espèce. Au point de vue statistique, la consommation du papier, dans le monde entier, a atteint, en 1895, 1 500 000 000 de kilogrammes. Le chiffon est devenu une rareté, et il faut recourir à la paille, à l'alfa, à l'aloès et à l'ortie.»

Un article de l'Illustration, analysé dans le Mémorial de la librairie française (22 novembre 1900, p. 622), prétend, au contraire, que cette disparition des forêts et leur transformation totale en papier n'est nullement à redouter. «Les forêts du Canada, lit-on dans cet article, sont avec celles de la Sibérie les plus vastes du monde. On les trouve partout, du Pacifique à l'Atlantique, et, se renouvelant tous les vingt ans, elles sont pour ainsi dire inépuisables. Une des régions de la province de Québec peut, à elle seule, fournir plus de 500 000 tonnes de papier par an et cela pendant un temps indéfini.»

C'est être vraiment trop optimiste, et l'opinion précédente nous semble plus juste. D'abord il faut plus de vingt ans à une forêt pour se renouveler et se reconstituer; ensuite la bouteille inépuisable est tout aussi chimérique que le mouvement perpétuel.

[129] «… Les feuillets sortis de leurs presses (des anciens imprimeurs) se montrent tout brillants de jeunesse, à côté de nos impressions ternes, à demi éclipsées sur les pages jaunies de nos livres nés d'hier.» (Mouravit, le Livre, p. 191.)

[130] Cf. A.-F. Didot, l'Imprimerie, la Librairie et la Papeterie à l'Exposit. univers. de 1851, p. 86.

[131] Cf. P. Charpentier, loc. cit., passim;—Henri Bouchot, le Livre, chap. VII, pp. 253 et suiv.;—Delon, loc. cit., pp. 106 et suiv.;—etc.

[132] Frisquette est aussi un terme d'imprimerie désignant le châssis qui, au moment du tirage, s'applique sur les marges du papier pour les maintenir d'aplomb et les empêcher de se maculer.

[133] Le mot «flotre est une altération de feutre». (Littré, Dictionn., art. Flotre.)

[134] Lalanne, loc. cit., p. 108.

[135] Cf. P. Charpentier, loc. cit., passim;—Leclerc, loc. cit., pp. 544 et suiv.;—Delon, loc. cit., pp. 114 et suiv.;—Renel, la Fabrication actuelle du papier, in la Nature, 18 janvier et 15 février 1890, pp. 99-103 et 167-170;—V. Mortet, le Papier, et le Papier au moyen âge, in Revue des bibliothèques, 1891, pp. 195-207, et 1892, pp. 349-350;—etc.

[136] Bouillet, Dictionn. universel des sciences… Nouvelle édit., refondue sous la direction de MM. J. Tannery et É. Faguet, art. Papier.

[137] Cf. Renel, loc. cit., in la Nature, 18 janvier 1890, p. 102. Voir aussi P. Charpentier, loc. cit., p. 112.

[138] On fait souvent de papier brouillard le synonyme absolu de papier buvard (cf. Littré, Hatzfeld, Larousse, Dictionn.). On désigne cependant plus particulièrement sous le nom de papier brouillard un papier non collé mais calandré, d'ordinaire plus mince et plus léger que le papier buvard habituel, et d'ordinaire aussi de couleur brune, jaunâtre ou grise, qui s'emploie en pharmacie et thérapeutique (pansements), et sert en outre tout spécialement à confectionner les papillotes. Une sorte de papier buvard et de papier à filtrer a reçu, en raison de sa couleur, le nom de papier gris.

[139] P. Charpentier, loc. cit., p. 173.

[140] Glacé après l'opération dont il va être question, après le couchage.

[141] Voir sur le papier couché le Mémorial de la librairie française, 26 juillet 1900, p. 420.

[142] No du 3 juin 1899, p. 696.

[143] Pas toujours: voyez les elzeviers. (A. C.)

[144] Cf. Intermédiaire des cherch. et cur., 10 décembre 1898, col. 808-809.

[145] La Nature, 13 décembre 1890, p. 30.

[146] «Les reflets verts étant facilement supportés par les yeux, on conseille aux hommes d'étude de les préférer à tout autre (tentures, rideaux, abat-jour verts), par suite emploi du papier vert pour écrire, comme a l'habitude de le faire l'un de nos écrivains les plus féconds, M. Claretie, de l'Académie française. Ce papier a cependant un inconvénient, c'est de faire paraître l'écriture rougeâtre et peu distincte quand on a à se relire. Les papiers jaunes font admirablement ressortir l'écriture et ont des reflets plus doux que ceux du papier blanc. Plusieurs mathématiciens, notamment l'amiral Jonquière, font usage de papier jaune, lorsqu'ils ont à effectuer des calculs longs et compliqués. Les autres couleurs: bleu, rouge, violet, ne donnent pas de bons résultats.» (La Nature, 13 décembre 1890. p. 30.)

[147] Ces chiffres ne sont pas toujours rigoureusement fixes, et présentent parfois, dans la réalité, de légères différences en plus ou en moins, comme on peut s'en convaincre en consultant: P. Charpentier, loc. cit., pp. 259-260;—Desormes, Notions de typogr., p. 499;—Leclerc, loc. cit., p. 286;—Munier, Nouveau guide illustré de l'imprimerie…, p. 10;—Maire, loc. cit., p. 375, où se trouve un «Tableau des dimensions et des poids des papiers de France établis avant le système décimal en pouces et en lignes»;—etc. M. Manquest, de la maison Darblay, a bien voulu me fournir aussi d'utiles renseignements sur les dimensions et les modes d'emploi des papiers. J'ai eu recours également, pour tout ce qui touche le papier, le format et l'impression, à la compétence de M. Lebreton, chef du service des impressions de la librairie Flammarion.—Pour exprimer les dimensions des papiers, il est d'usage de mentionner le plus petit nombre le premier; ex.: Raisin = 0,50 × 0,65 (et non 0,65 × 0,50).

[148] On a conservé l'habitude d'écrire Whatman avec une majuscule.

[149] Un autre papier, employé spécialement pour le dessin, est le papier Canson: c'est un beau papier fort et lisse, qui se fabrique à Annonay.

[150] Et aussi à sa légèreté. (A. C.)

[151] Le Livre du bibliophile, pp. 32-33. (Paris, Lemerre, 1874.)

[152] Sur la fabrication du papier du Japon, voir Ch. Laboulaye, Dictionn. des arts et manufactures, art. Papier;—le Magasin pittor., avril 1877, pp. 114 et 122;—la Nature, 5 octobre 1889, p. 291;—P. Charpentier, loc. cit., p. 249;—Maire, loc. cit., p. 373.

[153] Sur le parchemin ordinaire et proprement dit, voir infra, chap. V, p. [131].

[154] Larousse, Grand Dictionn., art. Papier, t. XII, p. 150, col. 3.—Ajoutons qu'on se sert actuellement en Angleterre d'un papier également très mince, analogue au papier pelure, mais suffisamment opaque pour supporter l'impression. Il est connu sous le nom de papier indien, et sort de la papeterie de l'Université d'Oxford (à Wolvercote, près d'Oxford). Par son peu d'épaisseur, son extrême ténuité, ce papier convient particulièrement aux livres dont on a besoin de réduire le plus possible la masse et le poids (volumes contenant un très grand nombre de pages et qu'on ne peut scinder; dictionnaires de poche, guides de voyage, aide-mémoire, vade-mecum, etc.). Le papier indien d'Oxford, qu'on cherche en ce moment à propager en France, est malheureusement d'un prix assez élevé.

[155] Leclerc, loc. cit., p. 551.

[156] P. Charpentier, loc. cit., p. 307.

[157] Id., ibid.

[158] Id., loc. cit., p. 308.

[159] Numéro du 12 juillet 1900, p. 398. Voir aussi numéro du 29 novembre 1900, p. 633.

[160] In la Nature, 29 décembre 1894, p. 74.

[161] C'est à peu près ce qu'a dit l'éminent administrateur de notre Bibliothèque nationale, M. Léopold Delisle, dans son discours d'ouverture du Congrès international des Bibliothécaires, tenu à Paris en 1900: «C'est par milliers qu'il faut compter les volumes modernes que la mauvaise qualité du papier a voués fatalement à une mise hors d'usage dans un avenir plus ou moins rapproché.» (Courrier des bibliothèques, 28 février 1901, p. 52.)

[162] Revue biblio-iconographique, in Intermédiaire des cherch. et cur., 15 février 1900, col. 275-278. On a proposé aussi, dans une intention analogue, de demander aux ministères et établissements publics de ne comprendre sur leurs listes d'achat que les ouvrages tirés sur bon papier et convenablement édités.

[163] Cosmos, Revue des sciences et de leurs applications, 15 septembre 1900, p. 320; et Revue biblio-iconographique, avril 1901, pp. 206-207.—Le Mémorial de la librairie française, 29 août 1901, p. 492, indique le procédé suivant pour distinguer du papier confectionné à la machine le papier fabriqué à la main: «Découper des rondelles de six à huit centimètres dans le papier à essayer et faire ensuite flotter ces rondelles sur l'eau d'une cuvette: le papier à la machine s'enroulera de deux côtés dans la direction du centre de la rondelle, tandis que les rondelles du papier à la main se relèveront en forme de bords d'assiette.»

[164] Littré, Dictionn., art. Format.

[165] Dictionn., art. Tome.

[166] Cf. L. Delisle, Instructions élémentaires et techniques pour la mise et le maintien en ordre des livres d'une bibliothèque, p. 14.

[167] L. Delisle, loc. cit., p. 14, n. 1.

[168] Loc. cit., p. 297.

[169] Voir sur ce mot infra, pp. [107]-[109]

[170] Cf. Catalogue de la librairie Hachette, Littérature générale, février 1901, p. 41: «Histoire de la littérature française…, 5e édition… (Vingt-cinquième mille)…, par M. G. Lanson…»

[171] Bien que nous ne nous occupions pas des livres rares et des curiosités de bibliophiles, quelques renseignements sommaires sur les incunables ne paraîtront sans doute pas ici superflus.

On appelle incunables (du latin incunabulum, berceau), ou encore, mais plus rarement, paléotypes (παλαιός, ancien, et τύπος, modèle, type), les livres imprimés depuis l'origine de l'imprimerie (1450 environ) jusqu'en l'an 1500 inclusivement.

Les incunables ont pour caractères distinctifs:

1o L'épaisseur, l'inégalité et la teinte jaunâtre du papier.

2o L'irrégularité et la grossièreté des caractères typographiques, très frappantes notamment dans les types romains sortis des presses italiennes; mais ces défauts ne subsistèrent pas longtemps et les caractères acquirent bientôt un degré de perfection qui n'a pas été surpassé.

3o L'absence de signes de ponctuation.

4o L'absence de signatures, de réclames (voir infra, pp. [70] et [78]-[79], la signification de ces mots), de pagination, et, dans les plus anciens incunables, de registre, c'est-à-dire de la table indicatrice des cahiers composant l'ouvrage: ces cahiers étaient indiqués par les premiers mots de leur première page.

5o L'absence de titre séparé ou frontispice (Frontispice: «Titre orné de figures gravées ou imprimées»). [Littré.] (Voir infra, pp. [115]-[116].): le titre, ou plutôt le sujet du livre, se trouvait énoncé au début du texte, dans ce qu'on nomme la suscription ou l'incipit; c'est par ce dernier mot, ou par son équivalent: Cy commence… que commençait le plus souvent le texte.

6o L'absence du nom de l'imprimeur, du lieu et de la date de l'impression: ces indications ne tardèrent pas à figurer à la dernière page des volumes dans un paragraphe final appelé souscription ou explicit (qui signifie finit, se termine, est déroulé; sous-entendu le mot volume, et par allusion aux anciens manuscrits, qui avaient la forme de rouleaux: c'est par ce mot explicit ou Cy finist… que ce dernier paragraphe commençait d'ordinaire), opposé à suscription et à incipit; la souscription porte aussi les noms d'adresse et de colophon (κολοφών, achèvement). M. Bouchot (le Livre, pp. 33, 36, 56, 103) et après lui M. Rouveyre (Connaissances nécessaires à un biblioph., 5e édit., t. II, p. 204) emploient aussi dans ce sens le mot signature, qui, en bibliographie, désigne spécialement les lettres ou chiffres placés en pied de la première page de chaque feuille, et peut, par conséquent, prêter ainsi à confusion.

7o La quantité d'abréviations: un z pour la conjonction et; une sorte de 3 ou de 9 pour la particule latine cum ou la particule française con, et pour la finale de certains mots: neqʒ, neque; quibʒ, quibus; no9, nous; vo9, vous; etc.; le q avec la partie inférieure traversée par un trait en forme de croix pour signifier quam ou quod; la fréquente suppression de certaines lettres: bōs pour bons, presēt ou même pr̅s̅t pour présent, leq̄l pour lequel, Dn̄s pour Dominus, etc. Ces modes d'abréviation provenaient des manuscrits, où ils étaient en nombre bien plus considérable encore. Une partie des syllabes, parfois toutes les lettres d'un mot, sauf la première, étaient supprimées. Ainsi, dans un manuscrit connu sous le nom de Virgile d'Asper, qu'on date du XIe siècle et actuellement à la Bibliothèque nationale, le texte est écrit de telle sorte qu'il faut, pour le lire, le connaître par cœur. Le premier vers des Bucoliques y est représenté sous cette forme:

Tityre, t. p. r. s. t. f.

pour:

Tityre, tu patulæ recubans sub tegmine fagi.

Ces abréviations, où une ou deux lettres initiales servent à exprimer un mot entier, portent le nom de sigles (de siglæ, contracté de singulæ: singulæ litteræ. Les sigles étaient très fréquemment usités non seulement dans les manuscrits, mais dans les inscriptions lapidaires, sur les médailles, etc. Quant aux notes tironiennes, ce sont aussi de simples lettres, initiales ou médianes, employées pour figurer des mots entiers et abréger l'écriture. Ce nom vient de Tullius Tiro, affranchi de Cicéron, qui perfectionna ce système de sténographie. (Cf. Lalanne, Curiosités bibliogr., pp. 46 et suiv.).

8o La rareté des alinéas et des chapitres.

9o L'absence de lettres capitales au commencement des chapitres ou divisions: dans les premiers temps, les imprimeurs laissaient en blanc la place de ces grandes lettres, qui étaient mises à la main par des calligraphes et rubricateurs (rubricare, rubrum facere [Ducange], peindre en rouge; de rubrica, rubrique, sanguine, craie rouge, etc.).

10o Des traits obliques au lieu de points sur les i.—Etc.

Les anciens imprimeurs avaient tous des marques typographiques, allégoriques le plus souvent, dont ils ornaient les titres et frontispices de leurs livres. Beaucoup d'éditeurs d'aujourd'hui ont des marques analogues, monogrammes ou vignettes, qu'ils placent au-dessus de leur firme (de l'angl. firm [du bas-latin firma, convention], maison de commerce, raison sociale. Daupeley-Gouverneur, in le Compositeur et le Correcteur typographes, p. 180, écrit à tort «le firme»; ce mot est du féminin: cf. Littré, Dictionn., Supplément), c'est-à-dire du nom et de l'adresse de leur maison.

Il n'est pas inutile non plus de connaître les principales de ces marques des anciens imprimeurs:

Les Alde Manuce avaient pour marque une Ancre, autour de laquelle était enroulé un dauphin;

Les Elzevier, un Arbre ou une Minerve;

Rigault avait pour emblème un Arrosoir;

Wechel, un Caducée;

Nicolas Chesneau, un Chêne;

Nivel et Cramoisy, une Cigogne;

Les Plantin, un Compas;

Lean Lecoq, un Coq;

Etienne Dolet, une Doloire (sorte de hachette);

Antoine Vérard, un Écusson fleurdelisé supporté par deux anges;

Simon de Colines, des Lapins;

Simon Vostre, deux Léopards à tête de lévrier;

Jehan Ghèle, des Lévriers;

Thielman Kerver, deux Licornes;

Galiot du Pré, une Galée ou Galère;

Les Gryphe, un Griffon;

Philippe Le Noir, trois Nègres;

Robert Estienne, un Olivier;

Guiot Marchant, une Portée de plain-chant et deux Mains entrelacées;

Geoffroy Tory, un Pot cassé;

Vascosan, une Presse typographique;

Gilles Corrozet, une Rose dans un Cœur;

Philippe Pigouchet, deux Sauvages (homme et femme);

Ulrich Gering, un Soleil;

Jehan Temporal, le Temps armé de sa faux;

Etc., etc.

(Cf. Silvestre, Marques typographiques…;—P. Delalain, Inventaire des marques d'imprimeurs et de libraires;—Brunet, Manuel du libr., principalement t. V, col. 1569 et suiv.;—A.-F. Didot, Encyclop. moderne, art. Typographie, t. XXVI, col. 736 et suiv.;—E.-D. Grand, Grande Encyclop., art. Bibliographie, t. VI, pp. 598 et suiv.;—etc. Voir surtout le grand ouvrage de Mlle Pellechet, «chef-d'œuvre de la nouvelle école bibliographique», a dit M. L. Delisle (Catalogue général des livr. imprim. de la Biblioth. nation., Introduction, t. I, p. LXXVI), Catalogue général des incunables des bibliothèques de France, dont le tome I a paru chez A. Picard en 1897.

[172] On appelle feuillet «chaque partie d'une feuille de papier formant deux pages», recto et verso (Littré). La feuille, par conséquent et comme on va le voir, donne toujours un nombre de pages double du chiffre indicatif du format.

[173] Voir sur ces termes supra, p. [44].

[174] «Lorsque in-4, in-8, in-12, etc., sont abrégés, on ne les fait pas suivre d'un o supérieur.» (Règles typographiques… Hachette, p. 51.) «L'usage moderne, que nous adoptons, préfère supprimer l'o dans in-4 et in-8.» (Daupeley-Gouverneur, loc. cit., p. 101.) Voir aussi Leclerc, Typographie, p. 162.

[175] L'in-24 est un format «assez incertain et qu'on peut confondre avec l'in-32. Pour le déterminer sûrement, il faut voir si la signature se trouve à la page 49 ou à la page 65.» (J. Cousin, loc. cit., p. 97.) Si elle se trouve à la page 49 (48 + 1), le format est in-24; à la page 65 (64 + 1), il est in-32.

[176] Cela est si vrai que, depuis quelque temps, de fortes maisons d'édition, la maison Hachette, entre autres, ont imaginé d'employer, pour les ouvrages qu'elles font tirer à très grand nombre, des papiers d'un format particulier et de vastes dimensions, dit format drap de lit, dont chaque feuille peut contenir, par exemple, 96 pages in-8 cavalier. Grâce à une imposition spéciale (c'est-à-dire au rangement dans la forme ou châssis des pages composées et prêtes à être tirées, rangement effectué dans un ordre particulier, de façon qu'après l'impression et le pliage ces pages se suivent selon leurs numéros d'ordre), on n'a ensuite qu'à sectionner ces grandes feuilles drap de lit et à procéder au pliage: on obtient pour chacune d'elles six feuilles in-8 (96 pages = 16[ = 8 × 2] × 6), portant toutes leur respective signature et paraissant avoir toujours été séparées, indépendantes les unes des autres.

[177] C'est ce que demande M. Édouard Rouveyre (voir infra, p. [85]), et ce qui se fait sur les fiches dressées selon les règles de la classification décimale (voir chap. VIII, De la classification, p. [313]).

[178] Barêmes ou Devis de travaux de reliure, Annexe: Tableau des formats en usage dans la librairie française.—Ce tableau, où sont tracées les dimensions de la plupart des formats, offre un bon moyen de déterminer immédiatement le format d'un livre; il suffit d'appliquer les bords de ce livre sur les lignes délimitatrices du format qui s'y rapporte: le nom et les dimensions sont inscrits sous l'une de ces lignes. Je dois prévenir néanmoins que les chiffres donnés par M. Bosquet ne sont pas toujours théoriquement exacts.

[179] Les chiffres de ce tableau sont obtenus de la manière suivante, qui est des plus simples. Il suffit de diviser les dimensions de la feuille de papier (dimensions qui sont inscrites respectivement en tête de chaque colonne) par le nombre des plis de cette feuille dans le format que l'on veut déterminer. Ainsi la feuille colombier ayant pour dimensions 0,63 × 0,90, et la feuille in-folio étant pliée en 2 une seule fois, pour connaître la dimension du format in-folio colombier, on divisera par 2 le nombre 0,90, et l'on aura: 0,63 × 0,45, ou, puisque, comme nous l'avons dit p. [52], il est de règle de placer le plus petit nombre le premier: 0,45 × 0,63. La feuille in-4 étant pliée en 2 d'un côté et en 2 de l'autre (4 = 2 × 2), le format in-4 colombier sera de (0,63 ÷ 2 et 0,90 ÷ 2) 0,315 × 0,45. La feuille in-8 étant pliée en 4 d'un côté et en 2 de l'autre (8 = 4 × 2), le format in-8 colombier sera de (0,90 ÷ 4 et 0,63 ÷ 2) 0,225 × 0,315. La feuille in-12 étant pliée en 4 d'un côté et en 3 de l'autre (12 = 4 × 3), le format in-12 colombier sera de (0,63 ÷ 4 et 0,90 ÷ 3) 0,158 × 0,30. Si, par hypothèse, cette feuille in-12 était pliée en 6 d'un côté et en 2 de l'autre, on calculerait de même ces nouvelles dimensions. La feuille in-18 étant pliée en 6 d'un côté et en 3 de l'autre (18 = 6 × 3), on aura pour le format in-18 jésus (0,70 ÷ 6 et 0,55 ÷ 3) 0,117 × 0,183; etc. Pour tout ce qui touche les différents modes de pliage des feuilles et le nombre de ces modes, ou, ce qui revient au même, les différentes dispositions des pages dans les châssis selon les formats, c'est-à-dire l'imposition, voir Th. Lefevre, Guide pratique du Compositeur, t. I, pp. 299-418, où se trouvent de nombreux tableaux graphiques d'impositions. Voir aussi Daruty de Grandpré, Vade-mecum du biblioth… Instruction raisonnée sur le format des livres, pp. 27-64.—Nous rappelons ce que nous avons dit p. [53] (Tableau des papiers) que le format actuel de la couronne servant aux labeurs (impressions de livres) est un peu plus grand (0,37 × 0,47) que celui de la couronne destinée aux cahiers et registres (0,36 × 0,46).

[180] Cf. Leclerc, loc. cit., p. 327.

[181] Au début de l'imprimerie, l'imposition était des plus simples, ou plutôt elle n'existait pas et ne pouvait exister, puisque, par suite des petites dimensions des presses, on ne pouvait tirer à la fois que deux pages in-folio. Les imprimeurs suivaient donc l'exemple des copistes; ils pliaient en deux un certain nombre de feuilles, 1, 2, 3, par exemple; la feuille 1 était formée des deux premières pages et des deux dernières (1, 2, 11 et 12); la feuille 2, composée des pages 3, 4, 9 et 10, entrait dans la feuille 1; et la feuille 3, comprenant les pages 5, 6, 7 et 8, entrait dans la feuille 2. Ce premier cahier portait pour signature, au bas, à droite, la lettre A; les cahiers suivants recevaient respectivement pour signatures les lettres B, C, D… En outre, afin d'éviter les confusions et de faciliter le placement des feuilles, les pages étaient, de deux en deux, marquées d'un numéro d'ordre en chiffres romains, placé à côté de la signature. Ainsi la 1re page du premier cahier portait Aj; la 3e page Aij; la 5e Aiij; la 7e Aiv. On avait de même pour le deuxième cahier: Bj, Bij, Biij, Biv, etc. Au lieu de chiffres romains, on a employé aussi les chiffres arabes: A, A2, A3, A4, etc. (Cf. Leclerc, loc. cit., p. 285; et Daruty de Grandpré, loc. cit., p. 25, n. 1.)

[182] Certains cartons ou encarts, plus longs que larges, «formant une bande relativement étroite», portent le nom de feuilletons. (Daruty de Grandpré, loc. cit., p. 20.) On donne encore le nom de cartons à des feuillets supplémentaires d'impression qu'on est quelquefois obligé de faire, pour remplacer des pages d'un livre qui contiennent soit des erreurs qu'on veut réparer, soit des passages qu'on désire supprimer. Ces feuillets supplémentaires une fois tirés sont cousus ou collés à la place des pages enlevées. Un carton se compose toujours de quatre pages qui se tiennent. Mais on peut n'avoir besoin d'apporter des modifications que dans une seule page, de ne changer qu'une ligne ou qu'un mot: cette page réimprimée (et qui forme un feuillet naturellement, puisqu'elle comprend un recto et un verso), destinée à remplacer la page primitive, s'appelle onglet (Leclerc, loc. cit., p. 110), du nom de la mince bande de papier cousue dans le volume et sur laquelle on la colle (cf. infra, chap. V, De la reliure, p. [151]). Enfin on donne aussi le nom de cartons aux cartes de détail placées dans les angles d'une grande carte géographique.

[183] Pour plus de développements, voir Th. Lefevre, loc. cit., t. I, p. 433, et chap. IX, Plan des impositions, pp. 299-418;—Desormes, loc. cit., pp. 45 et suiv.;—Leclerc, loc, cit., pp. 215 et suiv., et 329 et suiv.;—et Daruty de Grandpré, loc. cit., pp. 27-64. Rien que pour le format in-18, Lefevre indique treize modes différents d'imposition; Leclerc en donne sept: 1o en 1 cahier sans coupure; 2o en 1 cahier avec coupure en longueur; 3o en 1 cahier avec coupure en largeur; 4o en 2 cahiers, chacun sans coupure; 5o en 2 cahiers avec coupure et carton dedans; 6o en 3 cahiers, chacun sans coupure; 7o en 3 cahiers avec coupure et carton dedans.

[184] On remarquera que les lettres J et U, qui anciennement se confondaient avec l'I et le V, ne figurent pas parmi les signatures.

[185] Page 197.

[186] Instruction générale relat. au service des biblioth. universitaires ap. Maire, loc. cit., p. 433.

[187] Rouveyre, Connaissances nécessaires à un biblioph., 5e édit., t. II, p. 52.

[188] Voir infra, chap. VIII, p. [313].

[189] «Au début de l'imprimerie, les formats employés étaient généralement l'in-folio et l'in-quarto, et certains auteurs ont supposé qu'aucun livre, avant 1480, n'avait été imprimé sous un format plus petit.» (Trad. de l'Encyclop. Britannica, t. III, p. 652, col. 1.) Néanmoins, Peignot, dans son Dictionnaire raisonné de bibliologie, art. Format, mentionne des éditions des plus petits formats antérieures à 1480; mais on peut considérer ces «petits livres» comme des exceptions.

[190] Cf. Lalanne, Curiosités bibliogr., p. 293.

[191] Id., Ibid.

[192] Bouchot, le Livre, p. 110.

[193] Cf. Bouchot, ibid.;—Leclerc, loc. cit., p. 289. En 1513, le pape Léon X accorda à Alde Manuce un privilège analogue d'une durée de quinze ans, «… sous les peines d'excommunication et d'amende de cinq cents ducats d'or envers les contrefacteurs». (Crapelet, Études prat. et litt. sur la typographie, t. I, pp. 65-66.)

[194] Loc. cit., p. 170.

[195] Lalanne, loc. cit., p. 293.

[196] Tome II, p. 130.

[197] Loc. cit., t. II, p. 421.

[198] Constantin est moins exclusif. «Celui, écrit-il, qui veut se former une bibliothèque de quelques centaines de volumes seulement, fera bien de les prendre tous du même format. Une pareille collection d'une reliure de bon goût, et renfermée dans un corps de bibliothèque élégant, fait un très joli objet d'ameublement, et est d'un usage commode. Il n'est pas difficile de trouver dans la librairie un bon choix d'ouvrages de 300 à 800 volumes imprimés d'une manière uniforme, in-8, in-12 ou in-18.» (Bibliothéconomie, p. 48.)

[199] Loc. cit., p. 294.

[200] Cf. Werdet, De la librairie française, p. 177.

[201] Voir sur ces termes infra, p. [107].

[202] Nous rappelons ce que nous avons dit p. 76, que nous entendons toujours par in-18 l'in-18 jésus (0,117 × 0,183), et par in-8 l'in-8 cavalier (0,155 × 0,23).

[203] Cf. Bollioud-Mermet, De la bibliomanie, pp. 48-49 (Paris, Jouaust, s. d.). Cette référence est indiquée par Mouravit, mais il est à noter que le texte de l'opuscule de Bollioud-Mermet, en cet endroit ou ailleurs, ne se rapproche que bien vaguement de la remarque de Mouravit sur le choix et la convenance des formats.

[204] Mouravit, loc. cit., p. 197.

[205] Cf. supra, pp. [87] et suiv., les appréciations que nous avons citées à propos de l'in-8, et les motifs qui nous font préférer l'in-18.

[206] Leclerc, loc. cit., p. 288.—Nous avons déjà noté plus haut (p. [76]) que certains in-12, in-16 et in-18 ont les mêmes dimensions, et peuvent être considérés comme «synonymes». Inutile de faire observer que, dans les deux citations précédentes de Mouravit et de M. Leclerc, les formats mentionnés manquent de précision, qu'il eût été bon de dire de quel in-4, de quel in-8, in-12, in-16, etc., il s'agit, puisqu'un in-4 peut être plus petit qu'un in-8 (in-4 écu < in-8 colombier), un in-8 plus petit qu'un in-12, etc. (voir supra, p. [76] et le tableau de la page [77]). Mais, encore une fois, l'usage est fréquent de désigner les formats par le nombre seul des plis de la feuille, sans faire connaître les dimensions de cette feuille, la sorte de papier employée: jésus, raisin, colombier, etc., et de ne donner ainsi de ces formats qu'une idée approximative.

[207] L'invention du point typographique est due à Pierre-Simon Fournier, alias Fournier le Jeune (vers 1737); mais la mesure initiale dont s'était servi cet imprimeur et graveur était conventionnelle, partant sujette à discussions et à erreurs (cf. Leclerc, Typographie, pp. 40 et 42). Le «point Fournier» fut modifié en 1753 par F.-Ambroise Didot, qui prit pour base la mesure légale d'alors, le pied de roi, dont il divisa la ligne en six parties égales, en six points. Un caractère d'imprimerie ayant exactement pour longueur ces six points se nomme le six; s'il a un point de plus, c'est-à-dire sept points, le sept; huit points, le huit; etc. (Cf. A.-F. Didot, Encyclop. moderne, art. Typographie, t. XXVI, col. 846.)—C'est Fournier le Jeune qui a dit que «la théorie d'un art si utile (l'imprimerie) ne devrait être ignorée d'aucun de ceux à qui l'usage des livres est familier», et qu'«il serait à souhaiter que tout homme de lettres fût en état de juger sainement de la mécanique de ses productions.» (Manuel typographique, t. I. p. IX.)

[208] Leclerc, loc. cit., p. 48.

[209] Id., ibid., p. 46.

[210] Cf. Théotiste Lefevre, Guide pratique du compositeur d'imprimerie, t. I, p. 425;—Daupeley-Gouverneur, le Compositeur et le Correcteur typographes, p. 5;—E. Desormes, Notions de typographie, p. 500;—Leclerc, loc. cit., pp. 41-42. Les listes de concordance des anciens noms avec les nombres de points données par ces ouvrages offrent de fréquentes divergences.

[211] Le texte du présent livre est imprimé en caractère romain Didot corps dix petit œil; les notes sont en romain Didot corps huit, les sommaires des chapitres en romain Didot corps sept, et la préface en romain Didot corps onze.

[212] L'Imprimerie nationale a, elle, un indice spécial: ses l, dites l barrées, portent un imperceptible trait, une barre minuscule, au milieu de leur longueur (

).

[213] Cf. Bouchot, le Livre, p. 174.

[214] Voir supra, p. [86].

[215] En romain Didot. Remarquez que ce romain est plus petit d'œil que l'elzevier du corps correspondant.

[216] Du nom de l'habile graveur et imprimeur français Nicolas Jenson, qui alla s'établir à Venise vers 1469. (Cf. Lalanne, Curiosités bibliogr., p. 84.)

[217] Sur les lettres grises, cf. Daupeley-Gouverneur, loc. cit., p. 68.

[218] Leclerc, loc. cit., pp. 64.

[219] Id., ibid.

[220] «… les formes arrondies de l'onciale (d'où est issue la lettre tournure).» (Lecoy de la Marche, les Manuscrits et la Miniature, p. 153.) Notons encore qu'on nomme lettres filigranées des initiales particulières de même aux anciens manuscrits, majuscules ornées de fioritures très déliées, d'une sorte de filigrane, «fil ténu, capricieusement enroulé et engendrant des espèces de graines ou de petites boules». (Id., loc. cit., pp. 154-156); lettres dragontines, appelées aussi saxonnes, d'autres initiales d'anciens manuscrits «terminées par des têtes et des queues de serpents, bordées de points, garnies, dans leurs massifs, de perles, d'entrelacs et de monstres enchevêtrés». (Id., loc. cit., p. 263.) Rappelons enfin que les caractères gothiques des premiers livres portent le nom de lettres de forme et de lettres de somme, celles-ci moins anguleuses, moins hérissées de pointes que celles-là. C'est de lettres de somme que se servirent Gutenberg, Fust et Schoeffer, les inventeurs de l'imprimerie. (Cf. Lalanne, loc. cit., p. 103.)

[221] La casse française renferme 54 cassetins dans le bas de casse, et 98 dans le haut de casse. Des casses moins grandes, partant moins encombrantes, et d'un seul morceau, notamment la casse dite parisienne, sont actuellement en usage: on en a retranché les petites capitales, relativement peu employées, et qui sont placées à part.

[222] Sur la casse, voir Delon, Histoire d'un livre, pp. 135 et suiv.;—Maire, Manuel prat. du biblioth., pp. 304 et suiv.;—Leclerc, loc. cit., pp. 70 et suiv.; etc. Je suis également redevable de nombreux renseignements typographiques à l'obligeance de M. Jattefaux, prote de l'imprimerie Lahure.

[223] Voir cette liste complète dans Th. Lefevre, loc. cit., t. I, p. 430.

[224] Maire, loc. cit., p. 353.

[225] Crapelet, Études prat. et litt. sur la typographie, p. 145.

[226] Cf. Leclerc, loc. cit., pp. 531-532.

[227] L'Imprimerie, la Librairie et la Papeterie à l'Exposit. univers. de 1851, p. 62.

[228] Ibid.

[229] Louisy, le Livre, p. 221. «Typographia, Deorum manus et munus, imo ipsa, cum mortuos in vitam revocet, omnino diva est.» (C. Klock, ap. Crapelet, loc. cit., avant-propos, p. ij.) En tête de son Manuel typogr. (t. I, p. iv), Fournier Lejeune a inscrit—et modifié comme il suit—les vers bien connus de la Pharsale de Brébeuf:

C'est de Dieu que nous vient cet art ingénieux

De peindre la parole et de parler aux yeux.

Plus loin (t. I, p. vij) il dit que l'imprimerie est «regardée à juste titre comme un présent du ciel». Crapelet, loc. cit., p. 2, écrit de même: «L'art typographique… cette admirable invention, qui était regardée comme l'œuvre de la Divinité même…». Et Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, liv. V, chap. 2: «L'invention de l'imprimerie est le plus grand événement de l'histoire. C'est la révolution mère. C'est le mode d'expression de l'humanité qui se renouvelle totalement… Sous la forme imprimerie, la pensée est plus impérissable que jamais;» etc.

[230] On se sert aussi, ou plutôt on s'est servi de plâtre, pour prendre ces empreintes. Ce qui a fait préférer au clichage au plâtre le clichage dit au papier ou au flan, c'est la rapidité d'exécution et l'économie de ce dernier procédé; mais le plâtre avait l'avantage de donner des empreintes plus complètes et meilleures. (Cf. Leclerc, loc. cit., pp. 533-534.)

[231] Théoriquement, le mot clichage est synonyme de l'ancien mot stéréotypie: ils signifient tous les deux l'action de «créer, d'après une composition unique formée par l'assemblage des caractères mobiles, une ou plusieurs autres planches solides et identiques». (Leclerc, loc. cit., p. 533.) Mais clichage est l'expression moderne, actuellement en usage, et désignant l'opération dont nous venons de parler, qui débute par la prise des empreintes au moyen de plâtre ou de flans. La stéréotypie (στερεός, solide; τύπος, type), s'applique plus particulièrement au procédé imaginé en partie par Firmin Didot vers la fin du XVIIIe siècle, et qui consistait en ceci: «Après avoir composé une page en caractères plus bas que ne le sont les caractères ordinaires, et fondus avec un alliage particulier, plus dur que les autres, on la renfermait dans un mandrin; puis, à l'aide d'un balancier, on l'enfonçait dans une plaque de plomb de même dimension, fondue et dressée avec soin. Cette opération donnait pour premier produit une matrice où la lettre est en creux; cette matrice, placée dans un mandrin et abattue au moyen d'un mouton sur de la matière en fusion, procurait un cliché saillant… sur lequel on pouvait tirer à dix, quinze ou vingt mille exemplaires sans qu'il y parût.» (Louis de Villotte, De la stéréotypie, in Miscellanées bibliogr., t. I, pp. 9-10.) Cf. aussi l'article Stéréotypie par Stark, in Encyclop. moderne, Complément, t. XII, col. 438-442. Les Didot utilisèrent leur invention en publiant une nombreuse collection de petits volumes à bon marché,—la collection «stéréotype»—contenant tous les chefs-d'œuvre des littératures classiques, qui obtint une très grande vogue, et peut se comparer à la collection de la petite «Bibliothèque nationale», commencée par l'imprimeur Dubuisson en 1863, et qui se continue encore. Seulement, le papier des «stéréotypes» de Didot, qui, au bout d'un siècle, est encore intact, est de beaucoup supérieur à celui des petits volumes de Dubuisson, déjà tout piqués et jaunis.

Mentionnons encore, parmi les modes de reproduction typographique, le procédé dit anastatique (ἀνάστασις, résurrection), applicable non seulement aux livres, mais aux gravures, planches, etc. Il consiste à transporter sur une plaque de métal le texte ou la gravure à reproduire; on encre ensuite cette plaque, et l'on procède au tirage. Ce transport, qui s'effectuait jadis par des moyens chimiques, imaginés en 1844 par M. Baldermus, de Berlin (cf. Larousse, Grand Dicionn., et Grande Encyclop., art. Anastatique), s'opère actuellement à l'aide de la photographie. Relativement coûteux et peu expéditif, ce procédé ne convient que pour les tirages à petit nombre: on l'emploie, par exemple, pour remplacer les pages manquantes dans un ouvrage ancien, dans un livre de valeur, dont on possède un exemplaire complet.

[232] L'épithète est de Jules Richard, l'Art de former une bibliothèque, p. 6: «On n'a jamais fait de plus vilaine librairie».

[233] Relativement à l'influence du public sur la qualité des livres, voir Crapelet, loc. cit., pp. 225-226: «Il n'est pas douteux que ceux qui ont les moyens d'acheter des livres, et qui ne considèrent que le bon marché dans leurs acquisitions, ne peuvent pas employer plus mal leur argent. Les libraires (éditeurs), entraînés par le goût du public, le servent à son gré, en épuisant toutes les combinaisons pour lui donner de la marchandise à bas prix, mais qui ne conserve pas la moindre valeur: car on n'a jamais bon marché d'un livre incorrect, altéré, tronqué, et imprimé sur du mauvais papier… Henri Estienne dit: «L'avarice, fléau plus redoutable à l'art typographique qu'à aucun autre: Avaritia, malum in arte typographica magis quam in alia ulla formidandum».

[234] Anciennement même «chaque ouvrage avait un correcteur particulier. Les livres de religion étaient lus par des théologiens; les livres de droit par des jurisconsultes; l'astronomie, la médecine, par ceux qui possédaient ces sciences;» etc. (Crapelet, loc. cit., p. 155.) D'après le règlement donné à l'imprimerie de Paris par François Ier, en 1539, et cité par le même bibliographe (p. 181), «si les maistres imprimeurs des livres en latin ne sont sçavans et suffisans pour corriger les livres qu'ils imprimeront, seront tenus avoir correcteurs suffisans, sur peine d'amende arbitraire; et seront tenus lesdicts correcteurs bien et soigneusement de corriger les livres, rendre leurs corrections aux heures accoutumées d'ancienneté, et en tout faire leur devoir…». Ces dispositions furent confirmées et maintenues par les successeurs de François Ier. Néanmoins, le règlement de 1649 reproche à l'imprimerie de Paris d'avoir beaucoup perdu de son ancien éclat, et impose aux libraires (éditeurs) l'obligation de prendre un certificat de correction pour certains livres. (Voir Crapelet, loc. cit., pp. 181-182.) D'après le règlement de 1686, les imprimeurs devaient faire imprimer les livres «en beaux caractères, sur de bons papiers et bien corrects»; on exigeait même qu'ils ne pussent ouvrir boutique à moins d'être «congrus en langue latine et de savoir lire le grec». Quiconque était empêché de vaquer à la correction de ses ouvrages devait avoir des correcteurs capables; et, ajoute l'ordonnance de 1728, les feuilles mal corrigées par eux seraient réimprimées à leurs frais.» (Louisy, le Livre, p. 234.)

[235] Nous n'avons pas à nous occuper, dans cette étude consacrée à la connaissance, à l'usage et à l'amour du Livre, des rapports des auteurs avec les éditeurs et les imprimeurs. Nous ne faisons qu'effleurer ici, à propos de la netteté et de l'intégrité du texte, cette très intéressante et très complexe question: la correction des épreuves, qui a fait et fera toujours le tourment des écrivains, qui sera toujours leur «enfer»,—leur «paradis» étant de rêver à leur œuvre et de l'exécuter en imagination, et leur «purgatoire» de la coucher par écrit,—pour peu qu'ils aient la haine de l'à peu près, la passion de l'exactitude, de l'ordre et de la clarté. «Je me soucie moins que vous ne pourriez croire du succès de mes ouvrages, écrivait lord Byron à son imprimeur Murray, mais la moindre faute de typographie me tue… Corrigez donc si vous ne voulez me forcer à me couper la gorge.» (Ap. Crapelet, loc. cit., p. 304.) Nous dirons seulement aux auteurs qu'une écriture bien lisible et soignée n'est pas toujours, comme on serait tenté de le croire, une garantie du bon travail de l'imprimeur: au contraire, paraît-il. Un manuscrit artistement calligraphié ou seulement d'une parfaite lisibilité exige moins d'attention de la part du compositeur, qui souvent alors compose «à vue de nez». Cette opinion est confirmée par l'auteur anonyme d'un petit Manuel du libraire, qui adresse, après Gilles Ménage, cet «Avis aux auteurs»: «Si vous voulez qu'il n'y ait point de fautes dans les ouvrages que vous ferez imprimer, ne donnez jamais de copies bien écrites, car alors on les donne à des apprentis, qui font mille fautes; au lieu que si elles sont difficiles à lire, ce sont [les bons ouvriers ou] les maîtres qui y travaillent eux-mêmes». (Manuel du libraire, du biblioth. et de l'hom. de let., par un libraire. Paris, Emler, 1828, p. 142. Cf. aussi Crapelet, loc. cit., pp. 289-290.) Henri de Latouche, l'auteur de Fragoletta, partageait l'avis de Gilles Ménage, et il affirme également que «plus le manuscrit sera clair et lisible», moins le compositeur y apportera d'attention. (Cf. Crapelet, ibid.) Ajoutons encore que, tout en traitant ces assertions de paradoxes, l'érudit imprimeur G.-A. Crapelet, un des écrivains qui ont le mieux connu tous les détails de la typographie et qui en ont le mieux parlé, les confirme et les appuie de sa haute autorité. «… La nécessité où se trouve l'ouvrier d'apporter une attention soutenue à la lecture des manuscrits de cette espèce (mal écrits et surchargés de ratures et de renvois) donne à sa composition un certain degré d'exactitude et de correction, quelquefois surprenant.» (Loc. cit., pp. 264 et 290.) Rappelons enfin, pour ne décourager personne, que la perfection, typographique ou autre, n'est pas de ce monde, et qu'il n'existe aucun livre sans faute, typographiquement parfait. «Un livre sans faute est une chimère…» (Crapelet, loc. cit., p. 222.) Typographica ars nimis est erroribus obnoxia. (Ange Rocca, ap. Crapelet, loc. cit., p. 221.) Ainsi le Virgile in-folio, imprimé au Louvre par Pierre Didot en 1798, et qui, comme le Racine de la même provenance, est réputé un des chefs-d'œuvre de la typographie, contient un j dont le point manque, s'est détaché à la pression. (Cf. A-F. Didot, Encyclop. moderne, art. Typographie, t. XXVI, col. 858-859.)

[236] N'avoir pas de correcteurs, ou n'en employer que d'incapables, a été réputé crime en matière d'imprimerie par le philologue italien, bibliothécaire du Vatican, Ange Rocca, mort en 1620. (Cf. Crapelet, loc. cit., p. 176.)

[237] L'Art de former une biblioth. pp. 81-82.

[238] Crapelet observe que cette anecdote bien connue n'a pas grand fondement. «On rapporte, écrit-il, que Robert Estienne exposait des épreuves devant sa maison, voisine du Collège de Beauvais, et des Écoles du Droit Canon, situées rue Saint-Jean-de-Beauvais, et qu'il donnait une récompense aux écoliers qui y découvraient des fautes. Si ce moyen a été employé par Robert Estienne, il n'a pu lui sauver que des incorrections très légères, car ce savant imprimeur avait lu et relu ses épreuves avant de les exposer, et les écoliers n'étaient pas de force à découvrir des fautes graves après la lecture d'un homme aussi habile et aussi exercé dans ce genre de travail. D'ailleurs le fait en lui-même, qui n'est rapporté que comme un on-dit par Jans. Almeloveen, dans sa Dissertatio de Vitis Stephanorum, me paraît fort douteux, et pourrait bien n'être qu'une fiction pour enseigner qu'on ne saurait prendre trop de précautions pour assurer la correction des livres.» (Crapelet, loc. cit., pp. 213-214.)

[239] Histoire de France, t. IX, la Renaissance, chap. XI, p. 299 (Paris, Marpon et Flammarion, 1879). Cf. aussi Larousse, loc. cit., art. Estienne (Robert).

[240] On appelle titre courant le titre, soit de l'ouvrage, soit des chapitres, qui se trouve répété et «court», pour ainsi dire, au sommet des pages. On distingue encore, comme nous allons le voir (page suivante, note [241]), trois autres espèces de titres: le faux titre, le titre ou grand titre, et le titre de départ.

[241] C'est cependant ce que font souvent les imprimeurs anglais: ils numérotent toutes les pages, excepté celles des trois titres par lesquels tout livre débute généralement: 1o faux titre (la toute première page du livre: le titre, ordinairement abrégé, et sans nom d'auteur, est placé au milieu de cette page); 2o titre proprement dit, ou grand titre (titre complet, avec le nom de l'auteur, et, au bas de la page, le nom et l'adresse—la firme—de l'éditeur; le grand titre portait aussi autrefois le nom de frontispice: ce nom est aujourd'hui réservé aux titres ornés de vignettes ou d'encadrements, ou encore à la gravure placée en regard du titre—portrait de l'auteur, par exemple,—et dont le sujet se rapporte de près ou de loin à l'ouvrage); 3o titre de départ (placé en haut de la page: c'est sur cette page—la première, à vrai dire,—que commence le texte de l'ouvrage);—excepté ces feuillets de début, toutes les pages de l'intérieur du volume, les pages de titre d'article et les belles pages comme les autres, sont foliotées: voir Encyclop. britannica, t. III, p. 173 (let. B); t. VI, p. 756 (let. D); t. VII, p. 588 (let. E), etc. Ces belles pages n'ont pas de titre courant, et leur folio se trouve placé au sommet médial. L'effet de ce foliotage n'est nullement désagréable à l'œil.

[242] F. Sarcey, Gare à vos yeux!! préface, p. V. (Paris, Ollendorff, 1884).—«MM. H. Griffing et Shepherd J. Franz étudient depuis un certain temps l'influence que peuvent avoir, sur la facilité de la lecture, le format, le dessin des caractères d'imprimerie, l'intensité de la lumière, sa qualité, celle du papier, l'interlignage (c'est-à-dire l'espacement des lignes d'impression). Ils arrivent à cette conclusion que l'élément principal de la fatigue visuelle, ce sont les dimensions des caractères: il ne faudrait jamais employer des caractères de moins de 1 millimètre 1/2 de hauteur, et encore la fatigue augmente-t-elle avant même qu'on ait affaire à des lettres d'un format aussi réduit. Par rapport à ce côté de la question, l'éclairage n'est que tout à fait secondaire.» (La Nature, 23 juillet 1898, p. 126.)

[243] A propos des formats, p. [90].

[244] In Musée des familles, 1er mars 1896, p. 158.

[245] Ap. Bouchot, le Livre, p. 297.

[246] G. Naudé, loc. cit., chap. V, p. 70. (Paris, Liseux, 1876.)

[247] Loc. cit., chap. VIII, p. 98

[248] Ed. Texier, ap. Mouravit, le Livre, p. 220.

[249] Lesné, loc. cit., p. 113.

[250] Ap. Mouravit, loc. cit., p. 209.

[251] Ibid. C'est à peu près ce que dit aussi Jules Richard, l'Art de former une biblioth., p. 139: «Un bibliophile ne conserve pas les livres qu'on lit une fois, mais seulement ceux qu'on relit avec plaisir, et que, par conséquent, on relie plus ou moins richement.»

[252] Charles Blanc, Grammaire des arts décoratifs, la Reliure, p. 342.—Cf. infra, chap. IX, p. [322].

[253] «Ce genre de reliure… permet au livre de se tenir ouvert sur une table ou sur un pupitre, parce qu'on a supprimé la résistance qu'oppose le dos de la couverture quand il adhère aux cahiers.» (Rouveyre, Connaissances nécessaires à un biblioph., t. IV, p. 66.)

[254] S. Lenormand et Maigne, Manuel du relieur (Manuels Roret), p. 64.—«… Ouvrir complètement le volume, et à plat, ce qui ne peut se faire avec les livres reliés.» (Dr Graesel, Manuel de bibliothéconomie, p. 373.) C'est en grande partie pour ce motif, afin que le livre puisse mieux s'ouvrir, que nous conseillons, pour les volumes inférieurs à l'in-8, le cartonnage bradel.

[255] La largeur du format, voilà surtout ce qui, avec la flexibilité de la garniture du dos, permet au livre de s'ouvrir aisément et de rester de lui-même ouvert. Exemple: un volume oblong, un album. Prenez, au contraire, un livre de format étroit, comme les in-12 elzevieriens (in-12 couronne: 0,09 × 0,157) de certaines collections modernes: relié, il est indispensable de tenir ce petit volume à la main pour qu'il demeure ouvert, et il a toujours tendance à se refermer de lui-même, comme mû par un ressort. C'est que, dans le premier cas, le cas de l'album, la feuille étant plus large pèse davantage sur son extrémité libre, retombe d'elle-même, et oppose ainsi un contrepoids supérieur à la résistance de la couture et du dos; dans le second cas, pour l'étroit petit elzevier, c'est cette résistance qui l'emporte. Remarquons aussi que plus le papier est fort et rigide, plus la résistance du dos est énergique. Le papier des anciens petits elzeviers était du papier de fil, souple et peu épais: aussi ces gracieux petits volumes sont-ils autrement maniables et «complaisants» que les prétendus elzeviers modernes à papiers rigides.

[256] Charles Blanc, loc. cit., p. 337.

[257] Loc. cit., p. 337.

[258] Cf. Blanchon, l'Art et la Pratique en reliure, p. 18.

[259] Cf. Blanchon, loc. cit., p. 17.

[260] Cf. Blanchon, loc. cit., p. 18; et S. Lenormand et Maigne, loc. cit., p. 73.—Sur les reliures en cuir de Russie, cf. infra, chap. IX, pp. [368] et [369].

[261] Sur la fabrication et l'emploi du parchemin, voir de curieux renseignements dans Lecoy de la Marche, les Manuscrits et la Miniature, pp. 27-36. Voir aussi Maire, Manuel prat. du biblioth., pp. 377-378; et Blanchon, loc. cit., p. 18.

[262] Cf. supra, chap. II, p. [55].

[263] Chap. II, p. [56].

[264] Cf. Maire, loc. cit., p. 340.

[265] «A Venise, à Florence… Voilà le vrai berceau de la reliure… Les plus beaux exemplaires des reliures de ce temps se trouvaient dans la bibliothèque du célèbre bibliophile italien Maoli (Maïoli), qui a dû vivre de 1510 à 1560…» (Blanchon, loc. cit., p. 117.) «Au commencement du XVIe siècle, les Italiens trouvent une voie nouvelle sous l'influence des Aldes, qui avaient probablement joint à leur imprimerie un atelier de reliure. Venise fut alors pour l'Italie l'école de la reliure, et, pour la première fois, les motifs en plein or des Aldes servirent de remplissages dans les premières reliures à entrelacs… L'Italie donne alors le ton à l'Europe. Les reliures à la Salamandre de François Ier, conservées dans nos bibliothèques publiques, sont presque toutes dans le goût italien. Les Italiens furent donc nos initiateurs; mais on ne saurait méconnaître toutefois la grande part qu'ont eue, dans l'histoire de l'art et de la reliure en particulier, les artistes français de la Renaissance, notamment Nicolas Ève et son fils Clovis, célèbres libraires-relieurs de Henri III et de Henri IV.» (Spire Blondel, l'Art intime et le Goût en France, pp. 318-319.)

[266] Déjà au XVIe siècle, malgré la vogue de Venise, Bonaventure des Periers faisait dire à Mercure, au début de son Cymbalum Mundi (p. 304. Paris, Delahays, 1858. Nouv. édit. avec des notes et une notice par P. L. Jacob, bibliophile [Paul Lacroix]): «Où est-ce que l'on relie le mieux? A Athènes (id est en France, à Lyon, d'après le bibliophile Jacob, ibid.), en Germanie, à Venise ou à Rome? Il me semble que c'est à Athènes.» C'est ce qui a permis au comte de Laborde d'avancer que «la Reliure est un art tout français». (Le Palais Mazarin, ap. P. L. Jacob, Mélanges bibliogr., p. 1.) «La reliure d'art française occupe la première place en Europe, et, à l'appui de ce que nous avançons, nous pourrions citer les prix toujours plus hauts qu'atteignent, dans les ventes, non seulement les reliures anciennes, mais aussi les travaux modernes.» (Blanchon, loc. cit., avant-propos, p. V.)

[267] «C'est au célèbre bibliophile Jean Grollier (sic) que semble de droit appartenir l'honneur d'avoir créé la reliure française.» (P. L. Jacob, Mélanges bibliogr., p. 2.).

[268] On écrit aussi Derome ou Deromme: l'orthographe donnée par Jal, Dictionn., pp. 1082-1084, est de Rome, les de Rome.

[269] Outre les ouvrages déjà cités dans ce chapitre, voir sur l'historique de la reliure: Éd. Fournier, l'Art de la reliure en France aux derniers siècles;—Octave Uzanne, la Reliure moderne artistique et fantaisiste;—Henri Bouchot, les Reliures d'art à la Bibliothèque nationale, passim;—Jules Le Petit, l'Art d'aimer les livres, pp. 161-186;—Ludovic Lalanne, Curiosités bibliogr., pp. 282-291;—et les ouvrages de MM. Léon Gruel, Émile Bosquet, Marius Michel, etc.

[270] La peau de morue a donné en reliure de très bons résultats. (Renseignement fourni par la maison de reliure Engel.)

[271] Voir Intermédiaire des cherch. et cur., 30 nov. 1900, col. 917-918.

[272] Journal la Halle aux cuirs, in Intermédiaire des cherch. et cur., 10 avril 1886, col. 202.—Mais les avis diffèrent, et le même Intermédiaire, dans son numéro du 30 décembre 1900, col. 1111, affirme, par la plume de M. Marcellin Pellet, que «la peau humaine n'est pas belle en reliure; il est très difficile, sinon impossible, de la dégraisser complètement».

[273] Mouravit, loc. cit., p. 233.—Un autre médecin anglais, le célèbre John Hunter (1728-1794), fit relier de même en peau humaine un traité sur les maladies de la peau. (Dictionn. de la Conversation, art. Reliure.)

[274] Revue encyclop., 11 juin 1898, p. 542.

[275] Intermédiaire des cherch. et cur., 25 mai 1879, col. 295, et 10 juillet 1882, col. 396; et Revue encyclop., loc. cit.

[276] Revue encyclop., loc. cit.

[277] Ibid.

[278] Revue encyclop., loc. cit., p. 542; et Alfred Franklin, les Anciennes Bibliothèques de Paris, t. I, p. 297.

[279] Revue encyclop., loc. cit.

[280] Ibid.

[281] Revue encyclop., loc. cit.

[282] Intermédiaire des cherch. et cur., 10 octobre 1883, col. 585-586, et Revue encyclopéd., loc. cit.

[283] Lalanne, loc. cit., p. 288.

[284] Mouravit, loc. cit., p. 233.

[285] Mouravit, loc. cit., p. 402.

[286] Blanchon, loc. cit., p. 128. On lit dans la Revue universelle (ex-Revue encyclopédique) du 13 avril 1901, p. 337: «Ce fut à Mme Drouet qu'il (Victor Hugo) donna les Châtiments reliés en maroquin pourpre, avec, sur le plat, enchâssée dans le cuir, une abeille du manteau impérial de Napoléon III, prise par M. Jules Claretie, lors du sac des Tuileries.»

[287] Ibid.

[288] Charles Blanc, loc. cit., p. 348.

[289] P. L. Jacob, Mélanges bibliogr., p. 19.

[290] Loc. cit., pp. 68-69.

[291] A.-F. Didot, l'Imprimerie, la Librairie et la Papeterie à l'Exposit. univers. de 1851, Rapport du XVIIe jury, pp. 72-73.

[292] Pages 346 et 359.

[293] Une des meilleures couleurs usitées en reliure est la couleur dite Lavallière (ou La Vallière:—allusion à la robe de Carmélite de Mlle de la Vallière [cf. Littré, Dictionn., supplém.];—mais, dans cette acception, on écrit le plus souvent ce nom en un seul mot). C'est une couleur de gamme assez étendue, allant du brun clair au brun foncé.

[294] Blanchon, loc. cit., p. 123. «On donne ce nom (de reliures jansénistes) aux reliures qui n'ont aucun ornement extérieur, pas même un simple filet, et pas d'autre dorure que le titre du livre sur le dos,» dit M. A. Claudin, Intermédiaire des cherch. et cur., 10 juin 1875, col. 348.

[295] Bouchot, le Livre, pp. 284 et 286.

[296] Éd. Fournier, l'Art de la reliure en France, in Intermédiaire des cherch. et cur., 25 mars 1879, col. 190.

[297] «Rien de plus commun que l'S barré dans les lettres, manuscrits et reliures, de 1560 environ à 1640. Il est possible qu'on en ait fait parfois un rébus (fermesse [S fermé], c'est-à-dire fermeté), ou un monogramme; mais c'est la plupart du temps… une fioriture, un paraphe, et, sur les reliures ou les panneaux, un ornement.» (Intermédiaire des cherch. et cur., 25 avril 1881, col. 281; et 25 mai 1888, col. 297 et suiv.)

[298] Mouravit, loc. cit., pp. 241-242.

[299] Ou plutôt il devrait y avoir, car cette règle ne s'observe plus toujours, et ces deux modes de reliure, cartonnage et emboîtage, finissent par se confondre.

[300] Maire, loc. cit., pp. 296-297. D'autres font remonter l'existence et l'invention du relieur Bradel jusqu'à la seconde moitié du XVIIIe siècle. «Bradel avait, fin XVIIIe siècle, son atelier rue d'Écosse (Paris, Ve arrondissement), en une maison appartenant au collège Sainte-Barbe… Cet atelier fut ensuite occupé par Chichereau, aussi relieur, qui s'y trouvait encore en 1792.» (Intermédiaire des cherch. et cur., 22 juin 1901, col. 1073.)

[301] Graesel, loc. cit., p. 373.

[302] Lesné, la Reliure, notes, p. 131.

[303] Émile Debraux, Chansons complètes, t. III, p. 61, les Relieurs. (Paris, s. n. d'édit., imprim. P. Baudoin, 1836, 3 vol. petit in-32.)

[304] Octave Uzanne, la Reliure moderne, artistique et fantaisiste, chapitre: Des cartonnages à la Bradel, p. 252.

[305] «Un livre qui n'a pas été suffisamment battu s'ouvre facilement, bâille et devient ainsi un réceptacle à poussière et à vermine.» (Graesel, loc. cit., p. 374.)

[306] Voir supra, p. [129].

[307] Ne pas confondre le mot «charnière» ainsi employé avec la charnière—synonyme de mors—du plat des livres, dont il a été question ci-dessus, p. 128.

[308] «La grecque…, méthode pernicieuse, qui gâte presque autant de livres qu'on en relie.» (Lesné, loc. cit., p. 113.) Cf. aussi Lenormand et Maigne, loc. cit., p. 130; Blanchon, loc. cit., p. 39; Larousse, Grand Dictionn., art. Reliure; etc.

[309] Sur la couture à point arrière et à point devant, cf. Magasin pittoresque, septembre 1874, p. 284.

[310] Page [129].

[311] Loc. cit., p. 130. Voir aussi Lesné, loc. cit., note 6 du chant I, p. 115, où les mêmes remarques se trouvent formulées à peu près dans les mêmes termes.

[312] Non pas «malgré», mais conformément à ces recommandations. Cette tricherie est admise et pratiquée ostensiblement dans tous les ateliers de reliure. (A. C.)

[313] Je regrette de ne pouvoir citer, parmi ces inventeurs, aucun nom français; mais, comme on l'a remarqué avant moi, nos mécaniciens-constructeurs semblent «se désintéresser de la fabrication des machines à l'usage des relieurs, et ne paraissent pas se rendre compte des besoins et des nombreux vides à combler… S'ils faisaient pour la reliure» ce qu'on a fait et ce qu'on fait journellement pour l'imprimerie, «nul doute que notre outillage tiendrait actuellement la première place, et que nos praticiens ne seraient pas forcés de demander à l'étranger ce qui leur est parfois indispensable.» (Bosquet, la Reliure, p. 26, note 1.)

[314] Renseignements fournis par la maison de reliure Engel.

[315] Maire, loc. cit., p. 99, n. 1.

[316] Loc. cit., notes, pp. 116 et 135.

[317] Lenormand et Maigne, loc. cit., p. 371. Cf. aussi Blanchon, loc. cit., p. 43.

[318] Loc. cit., p. 125.

[319] Page 68.

[320] Graesel (loc. cit., p. 363), estime que, «pour un train d'une importance moyenne, quinze jours, au maximum, sont largement suffisants». Cela dépend de ce qu'il faut entendre par «importance moyenne». En France, la plupart des relieurs trouveraient certainement ce délai insuffisant pour un train composé seulement de vingt ou trente volumes. Bien que s'appliquant en partie à des reliures de luxe, les considérations de M. Jules Le Petit (l'Art d'aimer les livres, p. 182) me semblent plus justes: «En général, il faut que vous ayez la patience d'attendre au moins six mois à un an pour des reliures pleines en maroquin, bien faites, et au moins deux mois pour des demi-reliures. En voici la raison: les bons relieurs n'ont pas autant d'ouvriers que les relieurs de commerce… Ensuite ils commencent leurs reliures par séries d'un même genre,» etc.

[321] Je rappelle qu'il n'est question ici que d'une bibliothèque particulière et fermée, ne servant qu'à une seule personne. Pour une bibliothèque publique, il est préférable, voire indispensable, que chaque tome soit relié séparément, afin d'éviter d'en immobiliser deux en même temps dans la même main.

[322] J. Le Petit, loc. cit., p. 185.

[323] Lesné, loc. cit., chant IV, p. 59.

[324] Lesné, loc. cit., notes du chant IV, p. 170.

[325] Id., ibid., mêmes notes, p. 172.

[326] C'est également le conseil donné par l'Instruction générale relat. au service des biblioth. universitaires: «N'admettre la rognure que pour les ouvrages usuels; interdire de rogner pour les autres, en les faisant seulement rogner et jasper en tête, pour les préserver de la poussière.» (Ap. Maire, loc. cit., p. 445.)

[327] Ap. Rouveyre, Connaissances nécessaires à un biblioph., 3e édit., t. I, p. 88.

[328] Le bibliophile Jacob (Paul Lacroix), ap. Rouveyre, loc. cit., p. 87.

[329] Page 37.

[330] Préservés en queue et sur les marges extérieures, mais non en tête: la tête, comme nous l'avons dit il y a un instant, doit toujours être rognée, pour empêcher autant que possible l'intrusion de la poussière.

[331] Lorsque ces excédents de marge ont été laissés par mégarde dans le cours d'un livre, par suite du pli accidentel d'un feuillet, ils portent le nom de larrons. Les relieurs sont tenus d'éviter les larrons, qui sont des défauts, tandis que les témoins, toujours laissés à dessein, sont un des détails des reliures artistiques.—On appelle aussi larron en typographie tout «morceau de papier qui, se trouvant sur la feuille à imprimer, reçoit l'impression» (la prend en quelque sorte comme un voleur, un larron) «et laisse un blanc» (Littré); et encore tout «pli qui se trouve dans une feuille de papier mise sous la presse, et qui cause une défectuosité dans l'impression». (Id.)

[332] Sur les couvertures imprimées des livres brochés, voir l'Intermédiaire des chercheurs et curieux, 1879 et 1886, passim. Au XVIe et au XVIIe siècle, les livres se vendaient presque toujours reliés; les rares livres non reliés s'appelaient livres en blanc. (Cf. L. Delisle, Catalogue général des livr. impr. de la Biblioth. nation. Introduct., t. I, p. IV, n. 4.)

[333] «Une attention à laquelle les bibliophiles sont sensibles, c'est que le prénom de l'écrivain ne soit pas séparé de son nom, lorsque la gloire ou la notoriété ont rendu le nom et le prénom inséparables. Un relieur qui mettrait sur le titre de la Légende des siècles: V. Hugo (au lieu de Victor Hugo), serait un barbare.» (Charles Blanc, Grammaire des arts décoratifs, p. 360.)

[334] La peau servant à faire des pièces a très peu d'épaisseur; c'est de la basane sciée: on sait que certaines peaux, et la basane est du nombre, se divisent, se scient aisément dans le sens de leur longueur.

[335] «La règle est que les pièces ne doivent jamais être plus claires que le dos. Toutefois, quelques amateurs, et je suis de ceux-là, aiment une pièce verte ou rouge ou bleue sur un dos noir.» (Jules Richard, loc. cit., p. 60.) Le même bibliographe recommande (loc. cit., p. 62) de «ne pas oublier de faire toujours placer la date de l'édition en bas du dos de la reliure, sous le dernier nerf. Cela a tout à fait bon air,» ajoute-t-il. Il dit encore (ibid.) qu'il convient de joindre aux volumes qu'on fait relier tout ce qui peut en augmenter le prix, par exemple, «un portrait de l'auteur, soit en gravure, soit en photographie; s'il se peut, un autographe; des suites de gravures faites pour d'autres éditions, soit avant la lettre, soit en divers états…» Mais ce sont là des conseils quelque peu en dehors de notre programme, et qui s'adressent plus aux fastueux et fantaisistes collectionneurs qu'aux dévoués mais modestes amis des livres et de l'étude.

[336] Cf. chap. III, p. [76].

[337] Supplément au no 3 du journal la Reliure, «organe et propriété du syndicat patronal des relieurs, brocheurs, cartonneurs, doreurs sur cuir, doreurs sur tranches et marbreurs,» 7, rue Coëtlogon, Paris. Je donne ces chiffres, parce qu'ils émanent d'un journal qui fait autorité dans la question, d'un document quasi officiel; mais je ne dois pas dissimuler que ces prix sont de beaucoup majorés, et que les reliures auxquelles ils se rapportent, faites convenablement et chez de bons relieurs, coûtent environ 20 pour 100 moins cher. Il faut donc diminuer ces chiffres de cette somme, pour avoir le prix réel et acceptable.

[338] Voir Sénèque, De la tranquillité de l'âme, IX, 9. (Pour abréger, je me dispense, ici et plus bas, de citer le texte latin.) «Avoir des livres sans les lire, c'est avoir des fruits en peinture,» disait Diogène. (Ap. Fertiault, les Légendes du livre, p. 156.)

[339] Voir Sénèque, Lettres à Lucilius, lettre II. Cf. l'Ecclésiaste, XII, 12: «Ne recherchez rien davantage, mon fils. Il n'y a point de fin à multiplier les livres.»

[340] Pline le Jeune, Epist., VII, 9.

[341] Non legendos libros, sed lectitandos. (Epist., II, 17.)

[342] Ap. Mouravit, le Livre, p. 137.

[343] Ap. Fertiault, loc. cit., p. 20.

[344] Pages IX et 7.

[345] Voltaire, Articles de journaux, I, Conseils à un journaliste… (Œuv. compl., t. IV, p. 615. Paris, édit. du Siècle, 1867-1870.)

[346] Manuel du biblioph., t. I, p. 11.

[347] Loc. cit., p. 312.

[348] Ap. Sainte-Beuve, Nouveaux Lundis, t. IV, p. 403. Cf. le mot de Royer-Collard à Alfred de Vigny: «Je ne lis plus, monsieur, je relis». (Sainte-Beuve, Caus. du lundi, t. XI, p. 524.)

[349] En 1886, dans le journal l'Estafette: voir Larousse, Grand Dictionn., 2e supplément, art. Larousse.

[350] Ap. Derome, le Luxe des livres, p. 59.

[351] A. de Boislisle, Mémoires de Saint-Simon, Avertissement, t. I, p. LXXI (Collect. des Grands Écrivains de la France).

[352] A. de Boislisle, loc. cit.

[353] Elle comprend actuellement (1901) 31 volumes et s'arrête au XVe siècle.

[354] Guyot-Daubès, l'Art de classer les notes…, chap. X, pp. 108-109.

[355] «… les bibliothèques ne pouvans mieux estre comparées qu'au pré de Sénèque où chaque animal trouve ce qui luy est propre: Bos herbam, canis leporem, ciconia lacertum.» (Gabriel Naudé, Advis pour dresser une biblioth., chap. III, p. 24.)

[356] Voir Sainte-Beuve, Portraits littér., t. II, p. 437.

[357] Loc. cit., p. 120.

[358] Loc. cit., p. 121.

[359] Parmi ces réclamations, je rappellerai celle du bibliographe A.-A. Renouard, dans cette description de sa propre bibliothèque, qu'il a publiée sous le titre de Catalogue de la bibliothèque d'un amateur: «Il faudrait destiner nos imprimeries à l'emploi qui de tous me semble le plus utile et aussi le plus honorable, la fabrication très soignée d'éditions presque de luxe, quoique d'un prix à peu près ordinaire; de livres à l'usage de ceux qui, sans être curieux amateurs, ni possédés du démon de la bibliomanie, savent cependant très bien distinguer et préférer l'édition la plus nette et la plus élégante.» (Renouard, ap. Mouravit, loc. cit., p. 181.) Voilà un programme excellent en tous points: malheureusement, ce n'est qu'un programme.

[360] «Jouaust était de la famille des grands éditeurs, hommes de goût et véritablement hommes de lettres par le soin qu'ils prennent de faire valoir les œuvres qu'ils publient, et de les présenter aux amateurs sous le séduisant aspect qu'assurent un papier de choix, des types élégants et bien lisibles, une correction impeccable, illustrées de gravures finement en harmonie avec le texte, et d'autant plus précieuses qu'elles sont moins encombrantes. Son nom sera cité dans l'histoire de son art à la suite des maîtres qui en ont fait la gloire à travers les âges.» (G. Berardi, l'Indépendance belge, in Ultima, notes et chroniques, p. 9. Paris, imprim. Jouaust, 1891. In-18, 78 pp.)—«Pendant trente ans, il (Jouaust) a fait la joie des lettrés; il leur a donné de fins joyaux, que les amateurs du siècle prochain se disputeront avec passion…» (Ad. Brisson, les Annales politiques et littér., ibid., pp. 14-15.)—«Il (Jouaust) a été un lettré et un artiste avant d'être un commerçant. Il avait recueilli et il a su continuer parmi nous les traditions des Elzevir et des Plantin Moretus…» (J. Cornely, le Matin, ibid., p. 18.)

[361] Cette très intéressante collection est continuée par l'éditeur Ernest Flammarion, qui y a récemment ajouté les Confessions de J.-J. Rousseau.

[362] Sur la collection Jannet-Picard, voir supra, chap. II, p. [38].

[363] Cf. Louisy, le Livre, p. 270.

[364] Voir supra, chap. II, p. [43].

[365] Cf. supra, chap. V, p. [158].

[366] M. Gabriel Hanotaux, dans l'avant-propos de son livre la Seine et les quais, promenades d'un bibliophile (p. III), a très justement et joliment dit: «Paris est la seule ville du monde qui ait sa bibliothèque en plein air. Les boîtes des quais font partie de nos perspectives. Elles accompagnent les profils du Louvre et font un premier plan aux galeries et aux tours de Notre-Dame.»

[367] P. L. Jacob (Paul Lacroix), les Amateurs de vieux livres, p. 56.

[368] Paris, Furne, 1857 (et 1864). 1 vol. in-16.

[369] Loc. cit., pp. 3-4. Glissons ici à ce propos cette touchante réflexion de S. de Sacy (Variétés littér., t. I, p. 250, Catalogue de la biblioth. de J.-J. de Bure): «Je deviendrais aveugle que j'aurais encore, je le crois, du plaisir à tenir dans mes mains un beau livre. Je sentirais du moins le velouté de sa reliure, et je m'imaginerais le voir. J'en ai tant vu!»

[370] Voir dans les Amateurs de vieux livres, par P. L. Jacob, p. 34, un curieux portrait du marchand bouquiniste-étalagiste: «… L'étalagiste est d'ordinaire Normand, comme le vendeur de salade; il connaît mieux le prix des pommes que celui des livres; il ne juge guère sa marchandise que d'après le premier venu qui la marchande; il surprend dans vos yeux l'envie qui vous émeut à la vue de ce livre, et il le taxe à proportion de cette envie, qu'il démêle dans un geste d'empressement, même dans une indifférence composée. Le seul Manuel du libraire qu'il étudie, c'est la physionomie des acheteurs: l'un sourit, l'autre soupire, celui-ci fronce les sourcils, celui-là pince les lèvres; un cinquième, plus exercé, touchera vingt volumes avant de mettre la main sur le volume qu'il lorgne; tous enfin se trahissent d'une façon particulière, qui n'échappe pas à l'étalagiste, aussi fin, aussi astucieux qu'un diplomate du cabinet de Saint-James.»—En général, comme l'a remarqué L. Derome (le Luxe des livres, p. 66), les livres anciens coûtent moins cher chez les libraires parisiens de la rive gauche que chez ceux de la rive droite, «qui ont une clientèle princière et la confiance des riches amateurs étrangers, tandis que les marchands de la rive gauche sont réduits à celle des savants et des lettrés, qui connaissent mieux la valeur des livres et ne peuvent se permettre certaines folies». Etc.

[371] En revanche, il faut reconnaître qu'il y a de ces catalogues qui sont très bien faits et dignes d'intéresser tous les amateurs de livres, par exemple, les catalogues de la librairie ancienne A. Claudin, qui paraissent actuellement (1901, 14e année, neuvième série) tous les mois, sous le titre d'Archives du bibliophile.

[372] Chap. III, pp. 27-30. (Trad. de H. Cocheris.)

[373] Musæi sive biblioth…, Lugduni, 1635, in-4, lib. III, p. 468, ap. Mouravit, loc. cit., pp. 65-66. Cf. infra, chap. VIII, p. [257].

[374] Loc. cit., p. 139. Cf. supra, chap. V, p. [123].

[375] L'appréciation est de M. Jules le Petit, l'Art d'aimer les livres, p. 40.

[376] Jules Janin, loc. cit., p. 14.—A propos des ouvrages nouveaux, Jules Janin (ap. Mouravit, loc. cit., p. 109) donne aussi ce conseil: «N'achetez que le livre dont vous avez fait la lecture cinq ou six semaines auparavant,»—c'est-à-dire le livre dont vous avez eu loisir de vérifier et éprouver la valeur. «En ce temps de réclame, combien ont pu expérimenter la sagesse de ces paroles!» ajoute Mouravit.

[377] Jules Janin, loc. cit., p. 15.

[378] Loc. cit., p. 40.

[379] Loc. cit., pp. 40-41.

[380] Essais, III, 3: t. III, p. 366. (Paris, Charpentier, 1862.)

[381] Il s'appelait Boulard (Antoine-Marie-Henri) (1754-1825). Il fut l'exécuteur testamentaire de La Harpe, et c'est par ses soins que fut publiée la partie du Cours de littérature relative à la philosophie du XVIIIe siècle. Il ne faut pas le confondre avec son homonyme Boulard (Sylvestre), imprimeur, libraire et écrivain (1750-1819?), auteur d'un Traité élémentaire de bibliographie. (Paris, Boulard, 1804. In-8. 140 pp.)

[382] «Une biographie ne lui en accorde que 280 000; mais un autre renseignement va jusqu'à notre chiffre de 600 000 (volumes). La différence est importante. Les deux documents sont-ils précis? On peut choisir.» (Fertiault, Drames et Cancans du livre, p. 107.)

[383] Cf. le Cousin Pons, principalement chap. II, p. 11 (Paris, Michel Lévy, Librairie nouvelle, 1870): «… Il possédait son musée pour en jouir à toute heure, car les âmes créées pour admirer les grandes œuvres ont la faculté sublime des vrais amants; ils éprouvent autant de plaisir aujourd'hui qu'hier; ils ne se lassent jamais, et les chefs-d'œuvre sont, heureusement, toujours jeunes… Vous tous qui ne pouvez plus boire à ce que, dans tous les temps, on a nommé la coupe du plaisir, prenez à tâche de collectionner quoi que ce soit (on a collectionné des affiches!), et vous retrouverez le lingot du bonheur en petite monnaie.»

[384] «J'aime mes livres comme je les aimais à vingt ans; je les aime peut-être même avec plus d'ardeur, car, tout bien considéré, je les connais mieux, et il n'arrive point, dans l'amour des livres, ce qui arrive, hélas! trop souvent dans l'autre amour, savoir que, lorsqu'on est parvenu à bien connaître l'objet de sa flamme, on est tenté de l'aimer un peu moins… Parmi les goûts si divers que la Providence a départis aux humains, l'amour des livres est celui qui, après avoir donné, pendant la prospérité, les plus grandes, les plus véritables jouissances, ménage, pour toutes les peines de la vie, les plus douces, les plus pures, les plus durables consolations.» (Tenant de Latour, Mémoires d'un biblioph., pp. 250-252.)

[385] Cf. Lalanne. Curiosités bibliogr., p. 146 ;—Paul Lacroix, Éd. Fournier et F. Seré, Histoire de l'imprimerie, p. 42;—Bouchot, le Livre, pp. 79, 258 et 268;—Louisy, le Livre, p. 191;—Grande Encyclop., art. Bibliothèque, t. VI, p. 667, fig. 7;—etc.

[386] Cf. Bouchot, loc. cit., p. 268.

[387] A Leyde, comme le fait voir une gravure de 1610, les livres étaient rangés debout, mais avec le dos tourné vers le fond du rayon et la gouttière ou tranche en avant: les titres étaient donc inscrits sur la tranche. (Cf. Maire, Manuel prat. du biblioth., p. 58.)

[388] Cf. Lalanne, loc. cit., p. 284. C'était Pétrarque lui-même qui avait copié ces lettres de Cicéron et composé ce manuscrit.

[389] Graesel, Manuel de bibliothéconomie, p. 11.

[390] Ap. Graesel, loc. cit., p. 41.

[391] Ap. Graesel, loc. cit., p. 384.

[392] «… Sans cet ordre et disposition, tel amas de livres que ce peut estre, fust-il de cinquante mille volumes, ne mériteroit pas le nom de bibliothèque, non plus qu'une assemblée de trente mille hommes le nom d'armée, s'ils n'estoient rangez en divers quartiers sous la conduitte de leurs chefs et capitaines, ou une grande quantité de pierres et matériaux celui de palais ou maison, s'ils n'estoient mis et posez suivant qu'il est requis pour en faire un bastiment parfait et accomply.» Etc. (Gabriel Naudé, Advis pour dresser une biblioth., chap. VII, pp. 86-87.)

[393] Ce que dit là Gabriel Naudé se trouve déjà dans Vitruve, De Architectura, III, 2: «Cubicula et bibliothecæ ad orientem spectare debent; usus enim matutinum postulat lumen. Item in bibliothecis libri non putrescent; nam in his, quæ ad meridiem et occidentem spectant, a tineis et humore vitiantur, quod venti humidi advenientes procreant eas et alunt, infundentesque humidos spiritus pallore volumina corrumpunt.»

[394] Gabriel Naudé, Advis pour dresser une biblioth., chap. VI, pp. 81-85.

[395] «Pour ce qui est du nord, il a, lui, les bises sifflantes, les rigueurs persistantes de l'hiver, les brumes, qui donnent aussi l'humidité. Au contraire, l'orient apporte un air doux et fortifiant, pur, tiède et léger, suffisamment sec et tempéré par une suave fraîcheur: l'orient, c'est la vie en sa jeunesse; il donne la vigueur, égaie le cœur et rend à l'homme le travail agréable et facile. En même temps, cette exposition permettra de faire pénétrer souvent l'air à l'intérieur, et cet air, abondant et assez chaud, sans être brûlant comme celui du midi, sera toujours extrêmement avantageux à la conservation des livres.» (J. Cousin, De l'organisation des biblioth., p. 6.)

[396] Namur, Manuel du biblioth., p. 38.

[397] Alkan aîné, les Livres et leurs ennemis, p. 9.

[398] Loc. cit., p. 144.

[399] Voir infra, chap. IX, pp. [317] et [368].

[400] L'Art de former une biblioth., p. 56.

[401] «La base du mobilier dans toute bibliothèque est le rayonnage.» (Maire, loc. cit., p. 60.)

[402] Peignot y ajoute le cèdre, et écrit (Manuel du biblioph., t. II, p. 419): «Si l'on a une bibliothèque composée de livres précieux, il est à propos de prendre du bois de cèdre, ou au moins du chêne très sec et très sain, pour en faire le meuble et les tablettes destinées à recevoir les ouvrages. Le cèdre, par son odeur, le chêne, par sa dureté, sont plus propres à écarter les vers et autres insectes…»

[403] M. Maire (loc. cit., p. 61) donne 1 mètre pour la longueur maximum de cette portée; M. Guyot-Daubès (l'Art de classer les notes, p. 88), 1 m. 50.

[404] «Les rayons mobiles n'ont pour ainsi dire plus leur raison d'être dans une bibliothèque universitaire et même dans la plupart de nos bibliothèques de France, où les livres sont posés selon leur hauteur.» (Maire, loc. cit., pp. 61-62.) «Les rayons s'appuient, soit sur des crémaillères, ou, plus pratiquement et plus économiquement, sur des tasseaux fixés à demeure sur les montants.» (Guyot-Daubès, loc. cit., pp. 88-89.)

[405] Le docteur Graesel (loc. cit., p. 131) déclare que «l'emploi des rayons mobiles a été reconnu comme préférable à celui des rayons fixes… Ils sont, en effet, infiniment plus commodes, la mobilité des tablettes permettant, suivant les besoins, de diminuer ou d'augmenter leur hauteur sans aucune difficulté.» M. Éd. Rouveyre (loc. cit., 5e édit., t. I, p. 137) est d'avis qu'on doit «ne se servir de tablettes fixes qu'à la dernière extrémité… qu'il est toujours préférable d'adopter des tablettes mobiles».

[406] «Un homme de lettres ne devrait jamais déménager, même pour être mieux,» déclare nettement Restif de la Bretonne (Monsieur Nicolas, 5e époque, t. VIII, p. 15, note. Paris, Liseux, 1883). Il est certain qu'on ne profite bien de ses collections de livres et de notes qu'à la condition de parfaitement connaître leur place, et, par conséquent, de ne pas changer souvent cette place.—A propos de déménagements de livres, rappelons le curieux procédé imaginé par Antoine-Alexandre Barbier (1765-1825), bibliothécaire du Conseil d'État sous l'Empire. Ayant reçu l'ordre de l'Empereur d'enlever sans aucun retard les trente mille volumes de la bibliothèque du Conseil d'État et de les ranger dans un local peu éloigné, dont le rayonnage était déjà effectué, Barbier demanda cent vingt grenadiers «un peu intelligents», leur fit faire la chaîne, et, en deux jours, les trente mille volumes, passés de main en main tout le long de la chaîne, se trouvèrent transportés dans leur nouvelle résidence et remis exactement aux mêmes places qu'ils occupaient dans l'ancienne. (Cf. Constantin, loc. cit., p. 46.)

[407] Il est même plus pratique et plus simple de percer ces trous, non dans les montants mêmes, mais le long de bandes de bois, analogues à celles des crémaillères, mais un peu plus épaisses, pour que les trous aient une profondeur suffisante (de 1 à 2 centimètres), et qu'on adapte ensuite, comme précédemment, aux deux bords intérieurs de chaque montant.

[408] Graesel, loc. cit., p. 134.

[409] L'emploi des échelles et escabeaux présente de continuels inconvénients, voire de graves dangers, surtout lorsque les parquets sont cirés. Parmi les savants morts des chutes qu'ils ont faites dans leurs bibliothèques, on cite le célèbre bibliothécaire de Dresde F. A. Ebert (1791-1834) (cf. Graesel, loc. cit., p. 15); le marquis de Morante, bibliophile espagnol (1808-1868) (cf. Fertiault, les Légendes du livre, pp. 64 et 193); «le zélé Rover, mort à quatre-vingt-deux ans, d'une chute qu'il fit en prenant un de ces volumes au milieu desquels il passa sa vie dans la plus sauvage retraite» (Mouravit, loc. cit., p. 136, note 2); etc.

[410] Rouveyre, loc. cit., 5e édit., t. I, pp. 134-136.

[411] La réserve, c'est le nom qu'on donne, dans notre Bibliothèque nationale, à ces raretés et trésors bibliographiques. «La Réserve est le trésor de la Bibliothèque [nationale]; elle abrite ses livres les plus précieux, et il y en a quatre-vingt mille.» (H. Beraldi, Voyage d'un livre à travers la Biblioth. nation., p. 42.) Graesel (loc. cit., pp. 51 et 182) appelle «les œuvres rarissimes, les Cimelien» (sic) (de κειμήλια, joyaux), «terme assez fréquemment employé dans les bibliothèques allemandes,» ajoute-t-il.

[412] «Formats atlantiques.—Les grands formats de certains atlas nécessitent une travée spéciale sous la forme d'un comptoir sur les rayons duquel ils seront placés horizontalement, dans l'intérêt de leur conservation.» (Instruction générale relat. au service des biblioth. universitaires, ap. Maire, loc. cit., p. 441.)

[413] «On doit toujours placer les livres dans la même direction, c'est-à-dire en allant de gauche à droite, parce que c'est précisément dans ce sens que nous sommes accoutumés à lire.» (Graesel, loc. cit., pp. 303-304.) Quant à la méthode serpentante, préconisée par Constantin (loc. cit., p. 51), qui consiste à ranger les volumes du premier rayon de gauche à droite, ceux du second de droite à gauche, ceux du troisième de gauche à droite, etc., elle ne présente guère que des inconvénients, et, encore une fois, il est préférable de nous en tenir à cette règle: ranger toujours les livres dans le sens de la lecture, c'est-à-dire de gauche à droite.

[414] Tel est aussi l'avis de Graesel (loc. cit., p. 129): «… les rayons du bas pour le grand format, ceux du milieu pour le moyen format, et ceux du haut pour le petit format.»

[415] Voir pp. [214]-[215] et [223]-[224].

[416] Guyot-Daubès, l'Art de classer les notes, pp. 92-93.

[417] Courrier des biblioth., mars-avril 1901, p. 113.

[418] Chap. III, pp. [84]-[85].

[419] Théoriquement 183 millimètres (in-18 jésus).

[420] Correspondant à nos quatre formats décrits p. [76].

[421] Page [210].

[422] Voir pp. [87]-[88].

[423] Tenant de Latour, Mémoires d'un biblioph., p. 36.

[424] Id., ibid., pp. 35-36.

[425] Guyot-Daubès, loc. cit., p. 100.

[426] Tenant de Latour, loc. cit., p. 35.

[427] Id., ibid.

[428] Annuaire du bibliophile, 1862, p. 105; et Miscellanées bibliographiques, t. I., p. 11.

[429] Ap. Rouveyre, Connaissances nécessaires à un biblioph., 3e édit., t. II, p. 161.

[430] Jules Richard, l'Art de former une biblioth., p. 145.

[431] Constantin, Bibliothéconomie, p. 117.

[432] Manuel prat. du biblioth., p. 118.

[433] Chose curieuse et qui démontre bien les progrès de la bibliothéconomie, le célèbre docteur Petzholdt, l'auteur du Katechismus (publié en 1856), condamne irrévocablement les catalogues sur fiches, les déclare incommodes, difficiles à consulter, nullement pratiques; selon lui, les fiches ne doivent servir qu'à préparer le catalogue en volumes, le seul estimable et recommandable. (Cf. Graesel, loc. cit., p. 254.)

[434] Jules Richard (loc. cit., p. 146) donne à ces boîtes le nom de cabriolet, probablement parce que certaines d'entre elles, pour faciliter le maniement des fiches, sont plus élevées à une extrémité qu'à l'autre et offrent ainsi quelque analogie avec un de ces véhicules surmonté de sa capote. Mais toutes les boîtes à fiches n'ont pas cet aspect, et la plupart sont de forme régulière.

[435] Voir un modèle de ces fiches infra, p. [226].

[436] Cf. Bonnange, Projet d'un catalogue universel…, p. 11.

[437] «Quand il s'agit de livres modernes, on peut omettre dans les adresses bibliographiques les noms des imprimeurs ou des libraires» [éditeurs]. (L. Delisle, Instructions élémentaires et techniques pour… une biblioth., p. 20.)

[438] Cf. L. Delisle, ibid.;—Maire, loc. cit., pp. 119 et suiv.;—J. Cousin, De l'organisation… des biblioth., pp. 38 et suiv.;—etc. Il arrive fréquemment, dans les catalogues de librairie, par exemple, que l'indication du nombre de volumes et du format est placée avant l'adresse. L'ordre que nous indiquons a pour lui l'autorité des plus scrupuleux bibliographes et aussi la logique. Il procède de cette règle: inscrire d'abord sur la fiche les mentions qui figurent sur la page de titre de l'ouvrage: nom de l'auteur, titre et adresse; puis les mentions qui n'y figurent pas ou qui n'y figurent qu'accidentellement: nombre de volumes et de pages, format, état des volumes, etc.

[439] Ou mieux encore, plusieurs, un pour chacune des catégories de formats adoptées pour le rangement de vos livres sur rayons. Par économie de place, nous avons adopté quatre catégories (voir supra, pp. [214]-[215]). Les bibliothèques universitaires en ont trois, auxquelles correspondent trois registres ayant chacun leur numérotage spécial: par exemple, de 1 à 9999 pour les grands formats, de 10 000 à 29 999 pour les moyens formats, 30 000 et suivants pour les petits formats. (Instruction générale relat. au service des biblioth. universitaires, ap. Maire, loc. cit., p. 432.) Ainsi, dans ces bibliothèques, d'après le numéro d'entrée inscrit sur une fiche, on reconnaît instantanément le format du livre que représente cette fiche.

[440] «L'écriture ronde, ou tout au moins un peu relevée, est recommandée dans l'inscription des cartes; elle est plus nette, plus lisible et tient moins de place.» (Instruction générale relative au service des biblioth. universitaires, ap. Maire, loc. cit., p. 437.)

[441] Loc. cit., pp. 185-186.

[442] Datée du 24 décembre 1884, signée de M. Fallières, alors ministre de l'Instruction publique, et adressée aux maires des communes de France.—Si l'on inscrit la cote dans le champ de l'empreinte apposée sur le titre, on peut, afin de rendre ce champ plus grand et d'avoir plus de place, se servir d'un timbre rond, de 3 à 4 centimètres de diamètre, pour cette première empreinte, et d'un timbre oblong d'environ 0,04 × 0,02, pour les empreintes suivantes (page intérieure conventionnelle et page finale) dépourvues d'inscriptions.

[443] Cf. Grande Encyclop., art. Bibliothèque, t. VI, p. 661.

[444] En haut du dos, et non au bas, comme le conseille Namur (Manuel du biblioth., p. 63). Il est évident qu'en collant les étiquettes au bas du dos des livres, elles ne suivent pas les ressauts produits par les différences de formats et se trouvent toutes alignées au même point, ce qui donne à leur ensemble un bien meilleur aspect. Mais il est à remarquer aussi qu'on peut être obligé, faute de place, de mettre les livres sur deux rangs: dans ce cas, les livres du premier rang, si petits qu'ils soient, cachent les étiquettes des livres du second rang; en outre, comme, en lisant un livre, on le tient d'ordinaire par la partie inférieure du dos, il y a grande chance, si l'étiquette se trouve sous les doigts, pour qu'elle se déchire ou se décolle rapidement.

[445] Cf. Gustave Brunet, Fantaisies bibliogr., p. 168, note 1.

[446] Remarquez ici la règle typographique qui veut que l'article simple prenne la majuscule quand il commence un nom de personne sans être précédé de la particule de: La Fontaine, La Bruyère, La Rochefoucauld, Victor Le Clerc; et la minuscule, lorsqu'il est précédé de cette particule: Jean de la Fontaine, le duc de la Rochefoucauld, Mme de la Sablière. (Cf. Règles typographiques… Hachette, pp. 43-44;—Daupeley-Gouverneur, le Compositeur et le Correcteur typographes, pp. 272-276;—Leclerc, Typographie, p. 133;—etc.).

[447] Nous signalerons, au sujet de la particule nobiliaire française et de la majuscule ou de la minuscule qu'elle doit prendre, d'intéressantes dissertations dans Tassis, Guide du correcteur, 8e édit., pp. 31-32; et dans Daupeley-Gouverneur, loc. cit., pp. 272-275. Nous rappellerons surtout l'ouvrage de Vian, la Particule nobiliaire (Paris, 1868. in-8; et Paris, Dentu, 1880, in-12), dont Littré, dans son Dictionnaire, art. Nobiliaire, cite l'extrait suivant, qu'on ne saurait trop recommander à l'attention des écrivains soucieux de l'exactitude et de la pureté du langage: «La particule de ne se place jamais seule devant le nom; on signe, non: de Montmorency, de Biron, de Noailles, mais: Charles de Montmorency, duc de Biron, Paul de Noailles. En signant un billet à un ami ou un acte, on met sans de: Grammont, Richelieu, Mortemart. Quand on ne met pas le titre de noblesse ou le titre de monsieur ou monseigneur, on ne met pas non plus la particule de: j'ai rencontré le comte de Ségur, et non: j'ai rencontré de Ségur; mon cher Grignan, et non de Grignan, dit Mme de Sévigné. Il y a deux exceptions: on laisse le de, même sans prénom, qualification ou titre: 1o devant les noms d'une syllabe ou de deux avec un e muet: de Thou a bien écrit; j'ai vu de Sèze;—2o devant les noms qui commencent par une voyelle ou une h muette: l'Armorial de d'Hozier; à moi d'Auvergne; le fils de d'Orléans.» (Vian, loc. cit., p. 52.)

[448] Cf. Maire, loc. cit., p. 129.

[449] Les prénoms étrangers ou leurs initiales ne se joignent pas par des traits d'union. Van Praet (bibliographe), cité plus loin, était naturalisé Français.

[450] En Angleterre et en Amérique, on écrit généralement en un mot Mackain, Maclaurin, etc., comme Mackenzie, Macdonald, Macaulay, etc. (Cf. Encyclop. britannica.)

[451] Ainsi M. J. Cousin (loc. cit., p. 44) écrit Van Mons (avec un V majuscule) et place ce nom à la lettre V; et van Aelbroeck et von Schlegel (avec des v minuscules), qu'il place respectivement aux lettres A et S. Il écrit de même De Bry (avec un D majuscule, pourquoi?), et classe ce nom à la lettre D, tandis que de Bris, de Bar, etc., se classent à Bris (de), Bar (de), etc. M. E.-D. Grand (Grande Encyclop., art. Bibliographie, t. VI, p. 615) est d'avis que «la particule néerlandaise van, analogue au von allemand, doit être rejetée après le nom: par une anomalie singulière, elle est classée avant le nom, d'après les règles de la Bibliothèque nationale, qui porte, par exemple, [van Praet] à Van Praet, au lieu de Praet (van)». A propos du classement alphabétique des noms d'auteurs, le docteur Graesel déclare très justement (loc. cit., p. 247): «C'est là une source de discussions infinies, et le nombre des cas douteux qui peuvent se présenter est tellement considérable qu'il nous serait impossible de les examiner tous, même superficiellement, sans donner à ce chapitre une étendue démesurée, et sans risquer de nous perdre dans des détails par trop minutieux».

[452] Loc. cit., p. 24.

[453] Plusieurs bibliographes n'hésiteraient pas à préférer ici l'ordre chronologique à l'ordre alphabétique.

[454] Instructions élémentaires et techniques pour la mise et le maintien en ordre des livres d'une bibliothèque, p. 22. Cet opuscule, auquel nous avons déjà eu recours à plusieurs reprises, est un des meilleurs guides qu'on puisse consulter sur la question qui nous occupe, et nous le suivons ici presque mot à mot et pas à pas. Voir aussi l'Instruction générale relative au service des bibliothèques universitaires, du 4 mai 1878, ap. Maire, loc. cit., pp. 425-449.

[455] L. Delisle, loc. cit., p. 24. C'est à tort que M. Maire, loc. cit., p. 129, dit qu'«on peut adopter deux méthodes pour les noms de saints», et classer indifféremment saint Paul, par exemple, à Paul (saint) ou à Saint Paul. En suivant ce dernier mode, certaines confusions pourraient se produire: saint Simon, apôtre, classé à Saint Simon, se confondrait (à part le trait d'union) avec Saint-Simon, historien; saint Victor, martyr, avec Saint-Victor, littérateur et critique; saint Martin, évêque de Tours, avec Saint-Martin, orientaliste; etc. Rappelons d'ailleurs ici ces deux règles typographiques: 1o «Les mots saint et sainte ne prennent ni majuscule ni trait d'union quand ils se rapportent aux personnages eux-mêmes;» 2o «Les noms composés qui désignent des pays, des villes, des rues, des églises, etc., prennent des traits d'union entre tous leurs mots». Ainsi on écrit: le martyre de saint Pierre, et l'église Saint-Pierre; le supplice de sainte Catherine, et les tours de Saint-Sulpice; les villes de Saint-Valery-sur-Somme et de Bar-le-Duc; l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire, la rue Vieille-du-Temple, l'église Saint-Louis-des-Français, etc., etc. Seuls, et seulement d'après quelques marches typographiques, les noms composés étrangers font exception: New York, San Francisco, Civita Vecchia, etc. (Cf. Leclerc, loc. cit., pp. 134, 136 et 149;—Tassis, loc. cit., pp. 42-43;—Desormes, Notions de typographie, p. 309;—Règles typographiques… Hachette, pp. 35-36;—etc.)

[456] L. Delisle, loc. cit., p. 25.

[457] Nombre d'écrivains, considérant ici Bernardin, non comme nom de baptême, mais comme nom de famille, écrivent: Bernardin De Saint-Pierre, et classent par conséquent ce nom à la lettre B: cf. Sainte-Beuve, Caus. du lundi, t. dernier, Table, art. Bernardin de Saint-Pierre;—Larousse, Grand Dictionn., art. Bernardin de Saint-Pierre;—etc.

[458] Cf. Constantin, loc. cit., p. 125; et L. Delisle, loc. cit., p. 31.

[459] On en trouve la liste dans Quérard, Bibliographie Voltairienne, et dans Larousse, Grand Dictionn., art. Pseudonyme.

[460] Loc. cit., p. 237.

[461] Son vrai nom littéraire: Voltaire, par exemple, et non Arouet; George Sand, et non Aurore Dupin ou baronne Dudevant; Champfleury, et non Fleury; etc. (A. C.)

[462] Cf. E.-D. Grand, Grande Encyclop., art. Bibliographie, t. VI, p. 615, col. 2.—Voici ce que dit à ce propos M. Léopold Delisle, administrateur de la Bibliothèque nationale (loc. cit., p. 23): «Autant que possible les noms des auteurs doivent être relevés suivant la forme que ces noms affectent dans la langue maternelle des auteurs. Ainsi les ouvrages d'André Duchesne, de Henri Estienne et de Denis Godefroy seront mis sous les rubriques Duchesne, Estienne, Godefroy, et non sous les rubriques Quercetanus, Stephanus, Gothofredus.» Nombre de bibliographes repoussent, et avec raison selon nous, ce système de transcription et de classification. «Il serait absurde et contraire à tous les usages de cataloguer les ouvrages de Melanchthon sous le nom inconnu de Schwarzerd», écrit le docteur Graesel, loc. cit., pp. 239-240. Le plus rationnel et le plus simple encore une fois nous semble de toujours s'en tenir au texte de la page du titre du livre, quitte à ajouter entre crochets sur la fiche le vrai nom à la suite du faux nom: VOLTAIRE [François-Marie Arouet] ou [François-Marie Arouet de]; MELANCHTHON [Philippe Schwarzerd]; SAND (George) [Armandine-Lucile-Aurore Dupin, baronne Dudevant]; etc.

[463] Cf. E.-D. Grand, Grande Encyclop., loc. cit., t. VI, p. 617.

[464] C'est le conseil donné par l'Instruction générale relat. au service des biblioth. universitaires (ap. Maire, loc. cit., p. 438): «Si les auteurs d'ouvrages ayant pour titres: Éléments d'anatomie et Culture des bois sont inconnus, le premier de ces ouvrages sera catalogué à Anatomie, le second à Bois

[465] L. Delisle, loc. cit., pp. 25 et suiv., et Introduction au catalogue génér…, t. I, p. LXIX;—J. Cousin, loc. cit., p. 42;—Graesel, loc. cit., p. 244. Cependant, un volume dont les premiers mots du titre seraient: Département de la Seine. Ville de Paris. Direction des Travaux. Notes du Directeur à l'appui du budget de l'exercice 1872, se classera de préférence à Paris (Ville de);—Ministère du Commerce. Lois et règlements sur… se classera à Lois;—etc. (Cf. L. Delisle, Instructions élémentaires et techniques pour… une biblioth., p. 25.)

[466] Graesel, loc. cit., pp. 244 et 246.

[467] Voir supra, p. [245].

[468] A la Bibliothèque nationale, les auteurs désignés par leurs initiales sont toujours classés parmi les anonymes, à moins qu'on ne puisse les identifier; au Musée britannique, au contraire, les initiales sont classées dans l'ordre alphabétique.—En France, les prénoms de l'auteur (ou les initiales de ces prénoms) sont réunis par un tiret; au Musée britannique, les prénoms ne sont pas réunis par un tiret. (Cf. Grande Encyclop., art. Bibliographie, t. VI, p. 614.) Par ce que nous avons dit il y a un instant sur les incertitudes que présentent parfois les initiales, on voit de quelle utilité est ce tiret ou trait d'union. Dans l'exemple donné ci-dessus: L.-E. J., nous sommes sûr, grâce au trait d'union entre L et E, que L.-E. sont les initiales des prénoms, et par conséquent J celle du nom de famille de l'auteur. Cette certitude disparaît si vous écrivez L. E. J. Le bibliophile Jacob (pseudonyme de Paul Lacroix) a signé un grand nombre de ses livres: P. L. Jacob, c'est-à-dire Paul Lacroix Jacob, sans trait d'union entre P et L, puisqu'on n'en met pas entre un prénom et un nom.

[469] Cf. Grande Encyclop., loc. cit., t. VI, p. 614.

[470] Cf. Maire, loc. cit., p. 151.

[471] Ap. Maire, loc. cit., p. 438.

[472] Cf. Graesel, loc. cit., p. 264.

[473] Pour l'explication des abréviations et des signes contenus dans ces exemples, voir à l'[Appendice].

[474] Loc. cit., Supplément, t. I, col. 292.

[475] J.-Ch. Brunet, loc. cit., t. I, col. 1873.

[476] Loc. cit., Supplément, t. I, col. 37.

[477] Loc. cit., Supplément, t. II, col. 247.

[478] Loc. cit., Supplément, t. I, col. 846.

[479] Loc. cit., Supplément, t. I, col. 842.

[480] C'est le conseil donné par Constantin (loc. cit., p. 99): «Le mieux est donc de les exécuter simultanément (les fiches, bulletins ou cartes des deux catalogues); ce qui est très aisé, en faisant une copie exacte des bulletins ou cartes», etc.; et par Maire (loc. cit., p. 163). Ajoutons cependant qu'il est inutile, pour le catalogue méthodique, de prendre copie des fiches de renvoi du catalogue alphabétique: seules, les fiches complètes ou fiches principales doivent être identiquement libellées en deux exemplaires affectés aux deux catalogues. (Cf. L. Delisle, Instructions élémentaires et techniques pour… une biblioth., p. 33.)

[481] Loc. cit., p. 52.

[482] Sur l'historique de la classification bibliographique, voir l'Introduction au t. VI (col. I à xxvj) du Manuel du libraire de Jacques-Charles Brunet: c'est une étude succincte, mais très soigneusement faite. Voir aussi E.-D. Grand, Grande Encyclop., art. Bibliographie, t. VI, pp. 608 et suiv.;—Maire, loc. cit., pp. 182 et suiv.;—etc.

[483] Pandectarum sive partitionum universalium Conradi Gesneri libri XXI: Bibliothecæ universalis tom. II, totius philosophiæ et omnium bonarum artium atque studiorum locos communes et ordines universales simul et particulares complectens (Zurich, Froschover, 1548; in-fol., VI-375 ff.). Le dernier livre de l'ouvrage parut l'année suivante, sous ce titre: Partitiones theologicæ, Pandectarum universalium Conradi Gesneri liber ultimus (Zurich, 1549; in-fol., XXI-157 ff.). Le premier avait paru en 1545 sous le titre, comme on vient de le voir, de Bibliotheca universalis.

[484] Loc. cit., t. VI, p. 609.

[485] Cf. Maire, loc. cit., pp. 183 et 193.

[486] Advis pour dresser une biblioth., chap. VII, p. 88.

[487] Loc. cit., p. 89. La première édition de l'ouvrage de Naudé, Advis pour dresser une bibliothèque, est de 1627.

[488] Cf. Maire, loc. cit., pp. 183 et 195. «La tentative faite par Louis Jacob (R. P. Ludovicus Jacob), pendant les années 1643 à 1646 et 1651 à 1653, dit encore M. Albert Maire (loc. cit., p. 183), de donner la liste des livres parus en France, mérite d'être signalée, bien que ses relevés soient fort incomplets.»

[489] On écrit aussi, mais moins exactement, Bouillaud.

[490] Cf. Constantin, loc. cit., p. 127.

[491] Il ne faut pas confondre, comme le font M. Albert Maire, loc. cit., p. 565 et passim, et nombre d'autres écrivains, Jacques-Charles Brunet, l'auteur dudit Manuel, né à Paris en 1780, mort en 1867, et Pierre-Gustave Brunet, né à Bordeaux en 1807, mort en 1896, l'auteur du Dictionnaire de bibliologie catholique, de la Reliure ancienne et moderne, des Fantaisies bibliographiques, etc., et, en collaboration avec M. Pierre Deschamps, du Supplément au Manuel du libraire de Jacques-Charles Brunet.

[492] «Ce n'est ni à Gabriel Martin, ni à Prosper Marchand, ni à Garnier, ni à Bouillaud, que revient cet honneur (d'avoir créé un système bibliographique à peu près universellement adopté): l'enfin Malherbe vint n'est pas plus vrai, absolument parlant, en bibliographie qu'en littérature.» (Mouravit, le Livre, p. 332.)

[493] M. Prieur, bibliothécaire des Facultés à Besançon, a fait un relevé des critiques auxquelles prête la classification de Brunet; on en trouvera le résumé dans Maire, loc. cit., pp. 186-189.

[494] «Cette classification, œuvre des maîtres, que nous appellerions volontiers la classification des hommes de bon sens, et que l'histoire, Dieu merci, nous permet d'appeler la classification des bibliographes.»… (Mouravit, loc. cit., p. 334.)—«Après tout, c'est encore la meilleure des classifications établies jusqu'ici.» (Maire, loc. cit., p. 190.) Néanmoins, M. Albert Maire, s'associant aux critiques exprimées par M. Prieur, pense avec lui, et non sans raison, «que le système de Brunet, quoique le meilleur encore, ne peut plus répondre actuellement à toutes les exigences du développement des sciences. Il demanderait un remaniement considérable à peu près dans toutes ses parties, mais surtout dans les sciences expérimentales, qui sont trop sommairement exposées. Hâtons-nous de dire toutefois que ces changements ne peuvent s'effectuer du jour au lendemain, mais devraient être consacrés par l'acceptation simultanée de tous ceux qui se servent de ce système. Dans un congrès seulement…, on pourrait établir et arrêter une nouvelle base de divisions ou proposer de réformer le système de Brunet, s'il est gardé.» (Maire, ibid.)—«Le système français qui survécut aux innovations du XIXe siècle… est celui de Brunet, qui dérive directement de l'ancien mode de classement. Ce système est aussi celui qui fut le plus fréquemment appliqué dans les pays étrangers.» (E.-D. Grand, Grande Encyclop., art. Bibliographie, t. VI, p. 611.)—«Depuis le moyen âge, la classification des sciences humaines a extrêmement varié: la plus usitée en France aujourd'hui, et, à vrai dire, la moins imparfaite, malgré quelques défauts de détails, est celle qui, créée par les libraires érudits du XVIIIe siècle, a été adoptée définitivement dans le Manuel du libraire de Brunet; elle fait encore autorité aujourd'hui, et répond à peu près à tous les besoins; les subdivisions intérieures peuvent varier, mais l'ensemble est satisfaisant. Les progrès des sciences obligent d'ailleurs à créer sans cesse de nouveaux chapitres, principalement dans la médecine, et il serait puéril de considérer aujourd'hui l'histoire des États-Unis comme appartenant à l'histoire des colonies européennes; mais, moyennant quelques modifications de détail, ce cadre bibliographique a l'avantage très appréciable de pouvoir s'appliquer également à d'anciennes bibliothèques où dominent la théologie, la jurisprudence et l'histoire, et à des bibliothèques modernes où les sciences, la littérature et l'archéologie occupent une place prépondérante.» (A. Molinier, Grande Encyclop., art. Bibliothèque, t. VI, p. 661.)—L'Instruction générale relative au service des bibliothèques universitaires du 4 mai 1878 porte que, dans ces bibliothèques, «la division adoptée pour le classement des matières sera conforme à celle du Manuel du libraire de Brunet, comme étant la plus répandue». (Ap. Maire, loc. cit., p. 438.)

[495] Voir pp. [297]-[300].

[496] Pages [303]-[316].

[497] Loc. cit., pp. 314-317.

[498] La bibliographie, que Mouravit, comme nous venons de le voir, place, sans doute par amour et respect pour cette science qu'il possédait si bien, dans un appendice spécial et comme occupant une grande division, la sixième, ne forme, à vrai dire, qu'une sous-subdivision de la cinquième classe, de l'Histoire (VI. Paralipomènes historiques; 6. Bibliographie. Voir infra, pp. [283]-[284].) De même les polygraphes, au lieu de former une division spéciale, appartiennent à la subdivision VIII de la quatrième classe.

[499] On pourrait de même, afin de faciliter la rédaction des fiches et de régulariser l'ensemble du système, numéroter, dans la cinquième classe (U), les deux dernières subdivisions à la suite des autres: VII. Mélanges et Dictionnaires encyclopédiques; VIII. Notice des principaux journaux littéraires, scientifiques et politiques, qui, dans le texte de Brunet, ne sont précédées d'aucun indice.

[500] C.-à-d. Introduction à l'Histoire. Dans cette subdivision I figurent la Géographie et les Voyages (voir infra, p. [278]).

[501] C.-à-d. Appendice à l'Histoire. C'est dans cette subdivision VI que se trouve la Bibliographie (voir infra, pp. [283]-[284]). «Les expressions prolégomènes et paralipomènes ne sont pas claires», dit très justement M. Prieur, loc. cit.

[502] Ces minuscules, J.-Ch. Brunet les exprime parfois en caractères romains, le plus souvent en italique. Il y aurait avantage à régulariser ces indices et à les mettre toujours et partout en romain: c'est ce que nous avons fait déjà et ce que nous continuerons de faire dans l'inscription des cotes.

[503] Voir infra, pp. [280]-[281].

[504] J.-Ch. Brunet, loc. cit., t. VI, col. XV.

[505] Cette section 4 pourrait être placée avant la section 3. (Note de J.-Ch. Brunet.)

[506] C'est-à-dire qui a rapport à la catéchèse: «Instruction orale sur les choses de l'Église, par demandes et par réponses» (d'où catéchisme). (Littré.)

[507] C'est-à-dire qui a rapport à la parénèse: «Discours moral, exhortation.» (Littré.)

[508] L'histoire du paganisme et celle des religions orientales forment un appendice à l'histoire des religions. (Note de J.-Ch. Brunet.)

[509] Le texte de Brunet (Manuel du libr., t. VI, col. xl) donne bien Signes, et non: lignes, comme l'indiquent Rouveyre, loc. cit., 3e édit., t. II, p. 30, et J. Cousin, loc. cit., p. 69.

[510] La distinction entre Rhéteurs et Orateurs est trop subtile, ces deux termes se confondent maintenant trop souvent, pour qu'une classification spéciale soit attribuée à chacun d'eux. (A. C.)

[511] Puisqu'il y a ci-dessous deux astérisques devant Asie, trois devant Afrique, etc., il eût été logique d'en mettre un devant Europe. (A. C.)

[512] Le texte de Brunet,—qui, malgré les mérites de l'imprimeur-éditeur Firmin Didot, est loin d'être aussi correct et aussi convenablement disposé qu'il le faudrait,—donne ici «Histoire belgique», et plus bas: «2*. Histoire Belgique».

[513] Page 265, note [502].

[514] Voir pp. [223]-[224].

[515] Ces registres ou cahiers ne font pas double emploi avec les fiches du catalogue méthodique. D'abord, dans chaque section de ce catalogue, les fiches sont rangées d'après leur mot d'ordre, c'est-à-dire par ordre alphabétique, tandis que les ouvrages sont inscrits sur les registres ou cahiers des sections dans l'ordre où ils arrivent; en outre, les registres ou cahiers des sections du catalogue méthodique servent à fournir, pour chaque ouvrage nouvellement reçu, le numéro d'ordre à joindre à la cote, de même que le ou les registres d'entrée (un par format) fournissent, pour chaque nouveau volume, le numéro d'ordre du catalogue alphabétique; ces registres ou cahiers des sections sont, en d'autres termes, au catalogue méthodique ce que le ou les registres d'entrée sont au catalogue alphabétique. Enfin, dans une bibliothèque publique, les fiches des deux catalogues, renfermées dans leurs boîtes Bonnange, peuvent être laissées à la disposition des lecteurs, tandis que le ou les registres d'entrée et les registres ou cahiers des sections, documents administratifs, restent à portée de l'employé chargé du catalogage et lui permettent de ne pas interrompre son travail.

[516] C'est aussi ce que dit M. Léopold Delisle: «… Il conviendra de distribuer (ces cartes ou fiches) dans les différentes divisions, subdivisions et paragraphes d'un cadre bibliographique, plus ou moins détaillé, dont le Manuel de Brunet fournit le modèle le plus souvent adopté en France. Ce modèle pourra toutefois être simplifié dans la plupart des cas. Quel que soit le cadre adopté, il est bon de ne pas pousser le classement méthodique jusqu'aux dernières ramifications…» (Instructions élémentaires et techniques pour… une biblioth., p. 33.)

[517] Loc. cit., t. VI, col. XV.

[518] Cf. Namur, Manuel du biblioth., p. 25.

[519] Cf. Léon Hennet, le Régiment de la Calotte, Préface, p. I. (Paris, Libr. des biblioph., 1886.)

[520] Cf. Cours de philosophie positive, passim.

[521] Parent (aîné), Essai sur la bibliographie et sur les talens du bibliothécaire, pp. 46-50. (Paris, an IX. In-8.)

[522] Fortia d'Urban (marquis de), Nouveau Système de bibliographie alphabétique, 2e édit., précédée par des considérations sur l'orthographe française… (Paris, 1822. In-12.)

[523] Jérémie Bentham, Essai sur la nomenclature et la classification des principales branches d'art et de science. (Paris, 1828. In-8.) Cf. Grande Encyclop., art. Bibliographie, t. VI, p. 612.

[524] Namur, Manuel du bibliothécaire, pp. 57 et 243-270. (Bruxelles, 1834. In-8.)

[525] Aimé-Martin, Plan d'une bibliothèque universelle… suivi du Catalogue des chefs-d'œuvre de toutes les langues, pp. 538-543. (Paris, 1837. In-8.)

[526] Cf. Larousse, Grand Dictionn., art. Catalogue.

[527] Note sur les catalogues de la bibliothèque nationale, pp. 1-2. Il s'agit ici des Imprimés, de la salle de travail, accessible seulement aux personnes munies de cartes spéciales délivrées par le secrétariat de la Bibliothèque. Pour la salle de lecture, salle publique, dont les volumes sont distincts de ceux de la salle de travail, la Bibliothèque nationale emploie, comme nous l'avons dit (p. 260), la classification de Brunet, avec les indices respectifs A, E, I, O, U pour les cinq grandes classes: Théologie, Jurisprudence, Sciences et Arts, Belles-Lettres, Histoire.

[528] Nous avons vu (p. [260]) que «la division adoptée pour le classement des matières» dans les bibliothèques universitaires (autres que la Sorbonne) est celle de Brunet. Pour le cadre de classement de la Sorbonne, nous ne donnons non plus que les grandes lignes: voir le texte complet dans Maire, loc. cit., pp. 224-229.

[529] Cf. Maire. loc. cit., pp. 235-246.

[530] L. Delisle, Instructions élémentaires et techniques pour la mise et le maintien en ordre des livres d'une bibliothèque, p. 7. Ainsi que nous l'avons dit plus haut (p. [260]), c'est à ce système de classement de M. Léopold Delisle, ou bien à la classification décimale, que, pour une bibliothèque comme la nôtre, n'excédant pas quinze à vingt mille volumes, nous donnerions la préférence.

[531] «Il faut bien se pénétrer de l'impossibilité de créer un système à la satisfaction de tout le monde; les habitudes, les prédilections pour certaines études, les opinions religieuses et politiques de chacun y demanderont toujours des changements et même une interversion complète de l'ensemble.» (Constantin, loc. cit., p. 163.)

[532] Loc. cit., t. VI, col. xv-xvj.—Le Congrès bibliographique qui s'est réuni à Paris en 1878, à l'occasion de l'Exposition, avait émis le vœu qu'une réunion générale des bibliothécaires français eût lieu l'année suivante, afin de discuter, entre autres questions, celle de l'adoption d'un système bibliographique uniforme pour toutes les bibliothèques de France. Cette réunion n'a pas eu lieu, et ce projet, par conséquent, n'a pu être discuté. (Cf. Graesel, loc. cit., p. 432.) La même question d'uniformisation de système bibliographique est revenue, et sans plus de succès, devant le Congrès international des bibliothécaires, qui s'est tenu à Paris, en 1900, durant l'Exposition universelle.

[533] Les Américains ne sont pas les inventeurs de ce mode de catalogage, qui se trouve signalé et expliqué, dès 1839, dans Constantin, loc. cit., p. 99: «… Classer méthodiquement tous les écrits sur un même sujet, et réunir ensuite ces catalogues spéciaux dans l'ordre alphabétique de la matière qu'ils renferment, sans établir ni classes, ni divisions, ni subdivisions; c'est-à-dire: Bible, non à Théologie, mais à la lettre B…; Code, non à Jurisprudence, mais à la lettre C…», etc.

[534] L. Delisle, Journal des savants, 1896, p. 160: Decimal Classification…, pp. 155-170.

[535] Cf. Marcel Baudouin, Revue scientifique, 21 août 1897, pp. 235-239: La seconde conférence bibliographique internationale de Bruxelles en 1897; et Charles Richet, ibid., 11 juin 1898, pp. 749-752: Le projet de la Société Royale de Londres et la classification décimale.

[536] L'expression est de M. Marcel Baudouin, Revue scientifique, 30 mai 1896, p. 681: La classification décimale et les sciences médicales, pp. 681-686.

[537] Office international de bibliographie, publication no 9, Classification décimale, Tables générales abrégées. (Bruxelles, 1897. In-8, 73 pp.)

[538] Il est d'usage en typographie de mettre un point après un chiffre ou nombre servant d'indice et suivi d'un texte (note, énumération, etc.), d'écrire, par conséquent: 0. Ouvrages généraux;—1. Philosophie;… 10. Généralités, etc.; mais j'ai tenu à me conformer autant que possible et strictement au mode de rédaction et de disposition de l'Office international de Bruxelles: voir Classific. décimale, pp. 29 et suiv.

[539] Omis dans le texte de l'Office international de Bruxelles, p. 30.

[540] Le texte de l'Office international donne: religion naturelles (sic). Je me suis référé ici et plus loin à l'article de M. Ed. Sauvage, Revue scientifique, 10 septembre 1898, pp. 325-331: Classification bibliographique décimale. Peut-être faut-il plutôt lire ici: Théologie et religions naturelles.

[541] Manque dans le texte de l'Office international, p. 30. Voir Ed. Sauvage, loc. cit., p. 326.

[542] Classific. décimale, p. 7.

[543] Cf. Classific. décimale, p. 37; et Ed. Sauvage, loc. cit., p. 327.

[544] Loc. cit., p. 327.

[545] Cf. Ed. Sauvage, loc. cit., p. 327.

[546] Classific. décimale, p. 18.

[547] Cf. Classific. décimale, p. 19.

[548] Voir supra, pp. [221]-[222] et [226].

[549] Tels sont les chiffres qui figurent dans l'exemple donné par la Classification décimale de l'Office international, p. 19: nous avons vu, dans notre tableau des formats, p. [77], que l'in-8 raisin a pour dimensions exactes: 0,162 × 0,25.

[550] Cf. Graesel, loc. cit., pp. 467-468.

[551] L. Delisle, Journal des savants, mars 1896: Decimal Classification and Relative Index for libraries, by Melvil Dewey… Cet article est suivi de la mention: «La fin à un prochain cahier». Cette fin ne se trouve dans aucun des cahiers postérieurement parus.

[552] F. Funck-Brentano, Correspondance historique et archéologique, 3e année, no 26: L'Office international de bibliographie…

[553] Ch.-V. Langlois, Revue internationale des bibliothèques, I, 1896: A propos de l'Institut international de bibliographie.

[554] H. S. (Henri Stein), Ibid.: La conférence bibliographique internationale de Bruxelles.

[555] G. Fumagalli, bibliothécaire à l'Université de Naples, la Conférence internationale de bibliographie de Bruxelles et le Répertoire bibliographique universel. (Document autographié.)

[556] Loc. cit., p. 156.

[557] Loc. cit., p. 508.

[558] Voir notamment Revue scientifique, 30 mai 1896 et 21 août 1897, art. de M. Marcel Baudouin;—11 juin 1898, art. de M. Charles Richet;—10 septembre 1898, art. de M. Ed. Sauvage.—Voir aussi la Bibliographie scientifique, bulletin trimestriel publié par l'Institut international de bibliographie scientifique (Première année: 1895). Rédacteur en chef: Marcel Baudouin.

[559] Quoique la première édition, tout à fait rudimentaire, de l'ouvrage de M. Melvil Dewey date de 1876 (A Classification and subject Index for cataloging and arranging the books and pamphlets of a library.—Amherst, Massachusetts, 1876. In-8 de 44 pp.—Réédité, modifié et complété en 1885, 1888, 1890 et 1894), la classification décimale n'a guère été connue en Europe qu'après 1890, et surtout depuis la Conférence de Bruxelles de septembre 1895.

[560] Voir la Pratique médicale, journal des maladies des oreilles, du nez et du larynx, du 1er janvier au 15 juillet 1897.

[561] Ap. Maire, loc. cit., p. 445.

[562] Les Livres et leurs ennemis, p. 9.

[563] «Ou de toile», ajoute Graesel, loc. cit., p. 318. «… L'essuyage pratiqué au moyen de chiffons de laine ou de linge secoués à l'extérieur de la salle toutes les fois qu'il en sera besoin, et fréquemment blanchis,» dit la circulaire en question. (Ap. Maire, loc. cit., p. 445.)

[564] Peignot, Manuel du biblioph., t. II, p. 424;—Jules Richard, l'Art de former une biblioth., p. 147;—Rouveyre, Connaissances nécessaires à un biblioph., 3e édit., t. I, p. 108.

[565] Loc. cit., p. 147.—Par une singulière contradiction, Jules Richard, qui proscrit ici la laine et le drap, déclare (p. 56) qu'il ne blâmera pas les amateurs «si leurs rayons sont confortablement doublés de drap». Peignot, au moins, a fait amende honorable: voir infra, p. 320, note [567].

[566] Voir la note suivante.

[567] «Pour préserver une bibliothèque des vers et autres insectes, on connoît plusieurs moyens: le premier est celui dont nous avons déjà parlé, la qualité du bois dont le meuble est fait; le second est une grande propreté et surtout l'attention continuelle de garantir les livres de la poussière, parce que non seulement elle ternit les reliures et leur enlève leur fraîcheur, mais elle favorise le développement des insectes. Il faut battre les volumes au moins une fois l'an, et éviter d'employer aucune espèce de lainage dans la construction intérieure de la bibliothèque. J'ai eu tort de dire, dans un de mes ouvrages précédens, que l'on pouvoit garnir chaque rayon d'une bandelette de drap pour garantir de la poussière la tranche supérieure des livres. Le drap attire les insectes et leur sert de pâture.» (Peignot, Manuel du biblioph., t. II, p. 424.)

[568] Cf. Blades, les Livres et leurs ennemis, pp. 77 et suiv.;—Un bibliophile (E. Mulsant), les Ennemis des livres, passim;—Maire, loc. cit., pp. 93 et suiv.;—Graesel, loc. cit., pp. 319 et suiv.

[569] Ap. Blades, loc. cit., p. 77.

[570] Cf. supra, chap. V, p. [125]. «Les reliures en bois, si à la mode anciennement, offraient aux vers un excellent terrain de développement, et il est encore facile de constater dans les volumes qui nous sont parvenus ainsi reliés… les dégâts qu'ils y ont causés.» (Graesel, loc. cit., p. 319.)

[571] Loc. cit., pp. 78 et suiv.

[572] Blades, loc. cit., p. 92, où il faut lire, germanica, au lieu de germinica. (Voir Dr Henri Beauregard, Nos Bêtes, Animaux Nuisibles, p. 32.)

[573] Voir Magasin pittor., 1878, pp. 146 et suiv.: Les Ennemis des livres. (Série d'articles non signés.)

[574] Loc. cit., p. 93.

[575] Loc. cit., p. 35. Le lepisma est très dangereux pour les livres, m'assure-t-on, et d'autant plus dangereux qu'il résiste, paraît-il, aux plus énergiques insecticides.

[576] Loc. cit., p. 321.

[577] Actuellement (juillet 1901), trois prix, fondés durant le Congrès international des bibliothécaires, tenu à Paris en août 1900, sont proposés comme récompense des trois meilleurs mémoires relatifs à la destruction des insectes qui détériorent les livres. Deux de ces prix, l'un de 1000 francs, l'autre de 500, ont été institués par Mlle Marie Pellechet, bibliothécaire honoraire à la Bibliothèque nationale (décédée le 11 décembre 1900); le troisième, dit prix du Congrès des bibliothécaires, d'une valeur de 1000 francs, provient d'un donateur anonyme. (Cf. Mémorial de la librairie française, 4 et 11 juillet 1901, pp. 395 et 412.)

[578] Graesel, loc. cit., p. 320.

[579] Graesel, loc. cit., p. 321.

[580] R. Yve-Plessis, Petit Essai de biblio-thérapeutique, p. 11. Cf. aussi Maire, loc. cit., p. 91.

[581] Loc. cit., p. 14.

[582] Alkan aîné, les Livres et leurs ennemis, p. 13.

[583] R. Yve-Plessis, loc. cit., pp. 54-55.

[584] Cf. Graesel, loc. cit., p. 322.

[585] La Fontaine, Fables, III, 8.

[586] In Magasin pittor., 1878, p. 148: Les Ennemis des livres.

[587] Bouant, Dictionn. des connaiss. pratiques, art. Taches.

[588] La terre bolaire ordinaire ou bol d'Arménie est une ocre rouge qui s'extrait par le lavage de certains sables très abondants en Arménie et dans l'île de Lemnos. (Larousse, Grand Dictionn., art. Bol.) On sait que la principale propriété de l'argile sèche est d'absorber l'eau avec avidité. Diverses terres argileuses (les argiles smectiques), avides de matières grasses, sont employées au dégraissement des draps. (Bouant, Dictionn. des sciences usuelles, art. Argile.) On pourrait les employer de même au dégraissement des papiers et des livres.

[589] J. Cousin, De l'organisation… des biblioth…, p. 165.

[590] Cf. Ris-Paquot, Guide pratique du restaurateur de tableaux… de livres, p. 244.

[591] Cf. J. Cousin, loc. cit., pp. 165-166.

[592] L'humidité, avons-nous dit dans le chap. VII, p. [198], est la grande ennemie des livres: voir à cet endroit les moyens de la combattre.

[593] Cf. J. Cousin, loc. cit., p. 167.

[594] Cf. Bonnardot, Essai sur l'art de restaurer les estampes et les livres, in Magasin pittor., 1877, p. 46. Voir aussi Antony Méray, Quelques moyens faciles de restaurer les vieux livres, in Annuaire du bibliophile, 1862, pp. 79-92.

[595] Ris-Paquot, loc. cit., p. 244.

[596] Antony Méray, loc. cit., pp. 84-85.

[597] Cf. J. Cousin, loc. cit., p. 167.

[598] Cf. Gaston Tissandier, Recettes et procédés utiles, pp. 112-115.

[599] Antony Méray, loc. cit., p. 89.

[600] Id., ibid.

[601] Magasin pittor., 1877, p. 46: Conseils pour la réparation des livres.

[602] Bouant, loc. cit., art. Taches.

[603] Cf. G. Tissandier, loc. cit., p. 115; et J. Cousin, loc. cit., p. 168.

[604] J. Cousin, loc. cit., p. 168.

[605] Rouveyre, loc. cit., t. VIII, p. 161.

[606] G. Tissandier, la Science pratique, p. 94.

[607] J. Cousin, loc. cit., p. 168.

[608] Annuaire du bibliophile, 1862, p. 83.

[609] C'est-à-dire jaunâtre.

[610] J. Cousin, loc. cit., p. 168.

[611] Loc. cit., pp. 168-169.

[612] Nous l'avons donné également: voir chap. V, p. [152].

[613] Ou mieux serpente. Cf. Littré, Hatzfeld, etc.

[614] Loc. cit., p. 13.

[615] Voir chap. V, p. [141].

[616] Cf. les changements de couleur produits sur les papiers modernes par la lumière naturelle et la lumière artificielle, supra, chap. II, pp. [58] et suiv.

[617] Blades, loc. cit., p. 33. Cf. Graesel, loc. cit., pp. 40 et 60. Si le gaz d'éclairage attaque et détruit le cuir des reliures, il semble, d'après les expériences d'un savant allemand, M. Wiesner, avoir, à distance raisonnable, peu d'action sur la constitution et la blancheur du papier. Voir un résumé de ces expériences dans le journal la Nature, 1er octobre 1892, pp. 286-287: «… Il (M. Wiesner) avait précédemment observé que du papier à pâte de bois, exposé pendant quatre mois à 75 centimètres d'un bec de gaz de huit bougies, n'avait pas plus été décoloré qu'après deux heures d'exposition directe au soleil. Il a exposé ce même papier, le plus répandu pour les publications actuelles, dans une chambre éclairée au gaz et mal ventilée: après 5400 heures d'exposition, la température n'ayant pas dépassé 21 degrés centigrades, il reconnut, que les gaz non brûlés, seuls ou mélangés à de l'oxygène, n'avaient eu aucune action sur le papier… M. Wiesner conclut que l'éclairage au gaz peut être maintenu, sans danger de détérioration pour les livres, dans les bibliothèques. Il va sans dire que cette conclusion n'exclut pas l'emploi de la lumière électrique, qui, sans influer plus que le gaz sur l'état physique et la coloration du papier, a sur lui l'avantage de réduire dans une très forte proportion les risques d'incendie.» Voir aussi dans le Mémorial de la librairie française, 29 novembre 1900, p. 633, une note analogue à la précédente, et d'où il résulte également que, relativement à l'altération de la couleur des papiers: «La lumière solaire est la plus active, le gaz l'est moins, et la lumière électrique a peu d'influence, par suite de la moindre proportion de rayons chimiques qu'elle renferme ».

[618] P. L. Jacob (Paul Lacroix), les Amateurs de vieux livres, p. 40.

[619] Ap. Rouveyre, loc. cit., t. VIII, p. 86.

[620] Ibid.

[621] Le Commerce des livres anciens, in Miscellanées bibliogr., t. II, pp. 75-76.

[622] Loc. cit., p. 76.

[623] Ibid., pp. 76-77.

[624] La tradition accuse Henri III d'avoir découpé dans quantité de missels et manuscrits des miniatures et des lettres peintes «pour en orner de petites chapelles ou pour en former des reposoirs… Maintenant que ces livres vénérés sont réputés offrir, ce qu'ils offrent en effet, l'histoire de l'art au moyen âge et même durant la Renaissance, le mal apparaît dans ses vraies proportions et fait maudire les auteurs inconnus de ces détestables pilleries, comme on eût dit au temps de Montaigne. Plusieurs personnages de la cour (de pareils livres ne pouvaient appartenir qu'à des grands seigneurs) imitèrent, dit-on, Henri III; c'est ce qui explique bien souvent ces lacérations si douloureuses pour des yeux éclairés, alors que l'on essaye de reconstituer une histoire de l'art au moyen âge, dont ces splendides volumes sont, après tout, les uniques dépositaires.» (Magasin pittor., 1876, p. 27: Les Ennemis des livres.—Cf. Ferdinand Denis, Histoire de l'Ornementation des manuscrits, p. 125. Paris, Curmer, 1857. In-4.)

[625] W. Blades, loc. cit., p. 112.

[626] Loc. cit., p. 113.

[627] «Lamartine, qui en arrachait les feuillets (de ses livres), lorsqu'il avait une citation à intercaler dans ses manuscrits.» (Lucien Descaves, le Sort des livres, in le Livre à travers les âges, p. 27.)

[628] Victor Fournel est l'auteur, sous le pseudonyme d'Edmond Guérard, d'un Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes (Paris, Didot, 1872; 2 vol. in-12), et c'est sans doute pour la confection de ce recueil qu'il massacra ainsi nombre de volumes de sa bibliothèque.

[629] L'Art de classer les notes, p. 36.

[630] Guyot-Daubès, loc. cit., p. 37.

[631] Il me paraît très probable que ni le médecin Camille Falconet (1671-1762), ni le sculpteur Étienne Falconet (1716-1791), n'est coupable de ce barbare moyen de quintessencier les livres, qu'on leur a confusément attribué à l'un et à l'autre. Victor Fournel (Edmond Guérard) raconte cette anecdote, précisément dans le Dictionnaire (t. I, p. 147) dont nous venons de parler, mais il n'ajoute au nom de Falconet aucun prénom ni aucune épithète. Il indique comme référence Panckoucke; mais ce nom isolé est insuffisant pour nous renseigner. M. Guyot-Daubès (loc. cit., p. 37) accuse nettement, d'ailleurs sans preuve aucune ni indication de source, «le célèbre médecin Falconet». Pour M. Fertiault (les Légendes du livre, p. 200), le coupable serait Étienne Falconet, qui «se rappelait sans doute avec terreur les 45 000 volumes de son oncle Camille, le médecin. C'est Dalembert qui conte le fait», ajoute M. Fertiault. D'abord, ainsi que Jal le démontre (Dictionn., art. Falconet), rien ne prouve les relations de parenté entre Étienne et Camille Falconet; tout porte à croire, au contraire, qu'ils n'appartenaient pas à la même famille. Ensuite, si Dalembert «conte le fait», il n'en nomme pas l'auteur. Voici le texte de Dalembert (Encyclopédie, t. II, p. 228, col. 2, art. Bibliomanie): «J'ai ouï dire à un des plus beaux esprits de ce siècle qu'il était parvenu à se faire, par un moyen assez singulier, une bibliothèque très choisie, assez nombreuse, et qui pourtant n'occupe pas beaucoup de place. S'il achette (sic), par exemple, un ouvrage en douze volumes où il n'y ait que six pages qui méritent d'être lues, il sépare ces six pages du reste, et jette l'ouvrage au feu. Cette manière de former une bibliothèque m'accommoderait assez,» conclut Dalembert. Le médecin Camille Falconet, qui était un très obligeant érudit, possédait une «immense bibliothèque (elle renfermait 45 000 volumes, dont 11 000 entrèrent à la Bibliothèque du roi…). Elle était au service de tout le monde… Sa méthode était d'écrire ses observations sur des cartes (fiches). Il en laisse au moins 90 000, dont la plupart doivent être très curieuses.» (Grimm, Corresp. litt., février 1762, t. V, pp. 46-47. Paris, Garnier, 1878.) Voir aussi Diderot, Œuvres compl., t. XIII, p. 463, Encyclop., art. Biblioth., Paris, Garnier, 1876.—A notre connaissance, aucun contemporain de Camille Falconet ne fait de lui un massacreur de livres, un biblioclaste, au contraire. Ce sont sans doute ses 90 000 fiches, soigneusement confectionnées par lui et léguées à son ami Lacurne de Sainte-Palaye (Cf. Hoefer, Biographie génér., art. Falconet), qui ont fait croire qu'il s'agissait, non de résumés, de réflexions ou d'extraits copiés à la main, mais d'extraits réels, de pages lacérées et enlevées. Telle la singulière confusion qui attribue à Buffon l'habitude d'écrire non seulement en jabot de dentelle et manchettes brodées,—ce qui n'offre rien d'impossible ni de bien surprenant,—mais sur ses manchettes amidonnées; plutôt que l'habitude d'écrire sur les marges ou manchettes de son papier tout simplement.

[632] Gustave Brunet, Fantaisies bibliogr., p. 253.

[633] Annuaire du bibliophile, 1861, p. 215.

[634] Chap. III, p. 34.

[635] Chap. VIII, pp. 100-101.

[636] Loc. cit., p. 105.

[637] Sur la tendance qu'ont les relieurs à trop rogner les livres, cf. supra, chap. V. pp. [154] et suiv.

[638] Voir supra, chap. I, pp. [30] et suiv.

[639] «… Comment ignorer aujourd'hui que, de siècle en siècle, des milliers de pots de confiture ont été hermétiquement fermés aux dépens des documents historiques les plus secrets ou les plus importants? La correspondance du cardinal de Granvelle (l'heureux confident de Charles-Quint), qui ne compte pas moins de quatorze gros volumes publiés par ordre de Guizot, en aurait offert plus de vingt aux âges futurs, si les ménagères d'un antique château de la Franche-Comté n'avaient pas eu plus de sollicitude pour leurs pots de conserves que pour des souvenirs diplomatiques écrits sur vieux parchemin.» (Magasin pittor., 1875, p. 307: Les Ennemis des livres.)

[640] Cf. in Magasin pittor., années 1873, 1875, 1876, 1878, cette suite d'articles anonymes humoristiques, auxquels je viens encore de faire un emprunt: Les Ennemis des Livres.

[641] Richard de Bury, Philobiblion, chap. IV, pp. 39-40, trad. Cocheris. Voici quelques versets de ce XXVe chapitre de l'Ecclésiastique:

«Toute malice est légère au prix de la malice de la femme: qu'elle tombe en partage au pécheur.

«La femme a été le principe du péché, et c'est par elle que nous mourons tous.

«Ne donnez point à l'eau d'ouverture, quelque petite qu'elle soit, ni à une méchante femme la liberté de se produire au dehors.

«Si vous ne l'avez comme sous votre main lorsqu'elle sort, elle vous couvrira de confusion à la vue de vos ennemis.»

En revanche, le chapitre suivant (XXVIe) de l'Ecclésiastique parle très élogieusement et en fort beaux termes de la femme vertueuse, et offre ainsi la contre-partie du XXVe:

«La femme vertueuse est un excellent partage, c'est le partage de ceux qui craignent Dieu, et elle sera donnée à un homme pour ses bonnes actions.

«Qu'ils soient ou riches ou pauvres, ils auront le cœur content, et la joie sera en tout temps sur leurs visages.»

Etc., etc.

[642] O. Uzanne, Zigzag d'un curieux: Les Femmes bibliophiles, p. 30.

[643] P. Eudel, le Truquage: Livres et Reliures, p. 275.

[644] Bouquiniana, pp. 36 et 94.

[645] Préface du catalogue de sa bibliothèque, in le Temps, 25 février 1901.

[646] Ap. Uzanne, loc. cit., p. 31.

[647] Magasin pittor., 1875, p. 262, loc. cit.

[648] Loc. cit., p. 15.

[649] Il n'y a en effet rien d'absolu ici-bas, et il convient de rappeler, comme correctif et exemples de femmes bibliophiles, les noms d'Anne de Bretagne, de Catherine de Médicis, de la marquise de Pompadour, de la comtesse de Verrue (la dame de Volupté), de la vicomtesse de Noailles, des duchesses de Raguse et de Mouchy, de Mlle Dosne, de Mlle Marie Pellechet surtout, à qui ses importants travaux sur les incunables ont valu le titre (qui n'avait été décerné à aucune femme avant elle) de bibliothécaire honoraire à la Bibliothèque nationale; etc. (Cf. Mouravit, loc. cit., pp. 43-44; Mémorial de la librairie française, 4 juillet 1901, p. 395; et surtout Ernest Quentin-Bauchart, les Femmes bibliophiles de France, Paris, Morgand, 1886; 2 vol. in-8.)

[650] D'après Lorenz, Catalogue général, cet ouvrage, qu'il ne faut pas confondre avec les articles anonymes publiés sous le même titre dans le Magasin pittoresque, a pour auteur Mulsant (Étienne).

[651] Alkan aîné, loc. cit., p. 15.

[652] Pour aider au maintien de cette horizontalité, on peut glisser, sous la partie de droite du volume que l'on coupe, un livre moins épais que lui de moitié environ, livre qu'on fera ensuite passer sous la partie de gauche, lorsque celle-ci, au fur et à mesure de l'opération, diminuera d'épaisseur.

[653] 1875, pp. 262-263.

[654] Sauf, comme nous le disons plus loin, pour les volumes tirés sur papier du Japon. (A. C.)

[655] Essai sur la lecture, p. 364.

[656] Psaume XIV, 2.

[657] Deutér., chap. XXXI, § IV, 26.

[658] Allusion à ces mots: «On lui présenta le livre du prophète Isaïe, et, l'ayant ouvert, il trouva le lieu où ces paroles étaient écrites… Ayant fermé le livre, il le rendit au ministre et s'assit.» (Évangile selon saint Luc, chap. IV, § 11, 17 et 20.)

[659] Richard de Bury, Philobiblion, chap. XVII, pp. 143-148, trad. H. Cocheris.

[660] Graesel, loc. cit., p. 407—A propos des livres des bibliothèques publiques et de leur malencontreux sort, on ne lira pas sans intérêt les réflexions suivantes de M. Henri Beraldi (Voyage d'un livre à travers la Biblioth. nation., p. 28): … «D'une façon générale, plaignons le livre mis en service public. On a décrit les ravages exercés sur les bibliothèques par les rats, les vers, les petites bêtes. Il faut, hélas! y joindre les désordres graves causés par ce gros microbe qui s'appelle l'homme, brutal, sans soin, et pas toujours très propre; désordres qui finissent par faire périr le livre d'une véritable cachexie de surmenage. Le processus de cette redoutable affection est tel: décoloration du maroquin par exposition au grand jour, bris du dos, éraillure des nerfs, cassure des coins, salissure de la tranche de gouttière par les pouces; à l'intérieur, taches d'encre, plis et cassures du papier par un maniement sans égards; puis, sur les marges, aux passages les plus consultés, accumulation d'une noirâtre couche de crasse confluente; c'est la gangrène, précédant les accidents ultimes, les déchirures bientôt multiples que nulle chirurgie, nulle biblioplastie ne saurait réparer.»

[661] Vol. XI, no 4, avril 1886, pp. 117-118.

[662] La traduction donnée par Graesel (ibid.) est très incomplète. La Grande Encyclopédie (art. Bibliophilie, t. VI, p. 644) en a publié une plus complète, mais qui n'est pas toujours exacte.

[663] Don't stand your books on the fore-edge.

[664] Ce qui risque de casser ou de faire gauchir le dos.

[665] Recommandation contestée.—Sur les reliures en cuir de Russie, voir supra, chap. V, p. [131], et chap. IX, p. [338].

[666] Grande Encyclop., art. Bibliophilie, t. VI, p. 644.

[667] Cité par Ph. de Grandlieu [Léon Lavedan] in le Figaro du 26 août 1879, p. 1, col. 2. Je n'ai pas trouvé cette anecdote dans les historiens contemporains de saint Louis, notamment dans Joinville.

[668] Numéro de septembre 1898, p. 191.

[669] Pages 312-313.

[670] Ibid.

[671] Cf. Rouveyre, Connaissances nécessaires à un biblioph., t. III, p. 19.

[672] Conférence faite à Nancy par M. Brouardel, doyen de la Faculté de médecine de Paris, sur les causes de la propagation de la tuberculose. (L'Indépendance de l'Est, 26 mars 1900.)

[673] Revue encyclop., 14 juillet 1900 (l'Actualité), p. 110. Voir aussi ce que nous avons dit, chap. I, p. [29]. à propos des cabinets de lecture.

[674] Page 77.

[675]

Eh! depuis quand un livre est-il donc autre chose

Que le rêve d'un jour qu'on raconte un instant;…

Un ami qu'on aborde, avec lequel on cause,

Moitié lui répondant, et moitié l'écoutant?

(A. de Musset, Premières Poésies: Namouna, I, 7, p. 335. Paris, Charpentier, 1861. In-18.)

[676] Fantaisies bibliogr., p. 264.

[677] Sainte-Beuve, Caus. du lundi, t. II, p. 170. Et cet homme qui passe pour avoir «le plus lu» et qui possédait, comme particulier, la plus vaste bibliothèque qu'on pût voir, savez-vous ce qu'il pensait des livres? «Il prétendait que tout ce qui fut jamais écrit depuis que le monde est monde pourrait tenir dans neuf ou dix in-folio, si chaque chose n'avait été dite qu'une seule fois. Il en exceptait les détails de l'histoire…» (Id., ibid.)

[678] Gustave Brunet, loc. cit., p. 251; voir aussi pp. 266-267. Sur les «annotations manuscrites sur les livres», cf. Charles Nodier, Mélanges tirés d'une petite bibliothèque, pp. 49-56; et Maire, loc. cit., p. 286.

[679] Jules Richard, loc. cit., p. 31.

[680]

Sacrés ils sont, car personne n'y touche.

(Voltaire, le Pauvre Diable.—Œuv. compl., édit. du Siècle, t. VI, p. 601.)

[681] Mouravit, loc. cit., pp. 365-366.

[682] La brachygraphie (de βραχὺς, bref et de γράφω, j'écris) est l'art d'écrire par abréviation. Voir, pour les sigles, notes tironiennes et autres systèmes brachygraphiques anciennement en usage, le Dictionnaire des abréviations latines et françaises usitées dans les inscriptions lapidaires et métalliques, les manuscrits et les chartes de moyen-âge, par L.-Alph. Chassant, paléographe. Paris, Aug. Aubry, 3e édit., 1866, LII-170 pp. Pour les différentes abréviations modernes dont il est question ci-après, consulter les manuels de typographie de Lefevre, Desormes, Leclerc, etc.; et les traités spéciaux: grammaire, géographie, chimie, botanique, etc.

[683] Voir sur ce mot infra, p. 395, note [691].

[684] Comme exemple des erreurs et bévues auxquelles peuvent donner lieu les abréviations exagérées, on cite la mésaventure arrivée à l'helléniste Gail (1755-1829), lorsqu'il composa l'index bibliographique de son édition d'Anacréon. Rencontrant dans un catalogue l'annonce d'un exemplaire des Odes de ce poète, suivie de la mention e. bro., au lieu de traduire cette mention, ainsi qu'il le fallait, par exemplaire broché, il la prit pour un nom de ville, et indiqua l'édition de cet exemplaire comme imprimée à Ébro. De là et d'autres bourdes pareilles, des lazzis sans nombre sur le malheureux savant. Les critiques d'outre-Rhin lui décochèrent l'épithète latine de socors, que de mauvais plaisants traduisirent par sot corps, et le terrible Paul-Louis de déclarer, dans une lettre à son futur beau-père, que Gail lui «paraît trop sot pour être ridicule». (Cf. Curiosités littéraires, p. 286, Paris, Paulin, 1845, petit in-8, s. n. d'aut.; et P.-L. Courier, lettre à M. Clavier, datée de Rome, du 13 octobre 1810. Œuvres, p. 548. Paris, Didot, 1865; in-18.

[685] Voir sur ce mode de reproduction des livres et des estampes supra chap. IV, p. 108, note [231].

[686] Voir sur ce mot chap. V, p. [127].

[687] Cf. supra, p. 73, note [174].

[688] Ainsi que nous l'avons dit ci-dessus (p. [383], 2o), cette forme d'abréviation, quand elle se rapporte à un mot masculin singulier, devrait être rejetée comme inutile: autant vaut écrire en toutes lettres jaspé que jasp. D'autre part, l'abréviation jas. «n'exprimant pas la consonne p, qui appartient à la syllabe non énoncée» (cf. p. [384], 3o), n'est pas régulière: resterait donc seulement comme abréviation possible de jaspé la lettre j, qu'on peut avec grande raison considérer comme trop incertaine et vraiment insuffisante. C'est ce qui explique et ce qui justifie encore une fois (cf. p. [383], 2o) les abréviatifs jasp. ou jas. Cette remarque s'applique à plusieurs autres des abréviations ci-dessus: lig. pour ligne, orn. pour orné, tit. pour titre, etc., etc.

[689] Mentionné par Rouveyre, Connaissances nécessaires à un bibliophile, 3e édit., t. I, p. 132; et 5e édit., t. II, p. 120.

[690] Il est à remarquer que ms. (abréviation du substantif singulier manuscrit) se termine par un point, ainsi que toutes les autres abréviations qui, comme on le voit dans la présente liste, laissent le mot inachevé, brusquement interrompu; mais que mss (abréviation du substantif pluriel manuscrits), au contraire, n'est pas suivi de point: «au pluriel, mss, sans point final» (Leclerc, loc. cit., p. 156); «pluriel mss, sans point final» (Règles typographiques… Hachette, p. 50); cf. aussi Maire, loc. cit., p. 278. Voici la raison de cette règle: dans ms. (abréviation de manuscrit, au singulier) l's finale correspond à l's médiale du mot (manus) après laquelle la coupure a été faite: donc il faut mettre un point après cette lettre, comme après toute coupure de mot; dans mss (abréviation de manuscrits, au pluriel), la seconde s, l's finale de l'abréviation, correspond à l's finale du mot: donc pas de point après cette lettre, puisqu'il n'y a pas là coupure de mot. L'abréviation du mot portrait, que nous verrons plus loin, rentre dans le même cas: ptr. (portrait, au singulier), ptrs (sans point final, pour portraits, au pluriel). De même saint et saints: St et Sts (sans point final). Manuscrit, adjectif, suit la même règle que manuscrit, substantif: n. ms., note manuscrite; n. mss (sans point final), notes manuscrites.

[691] C'est-à-dire tranches dont le dessin en couleur représente des dents de peigne: ce dessin est d'ailleurs effectué au moyen d'un peigne à dents de cuivre. Il y a aussi des papiers peigne; on les emploie surtout, ainsi que d'autres papiers de couleur dits escargot ou tourniquet, paon ou queue de paon, etc., comme feuillets de garde des livres. Voir sur la fabrication des papiers peigne, escargot, etc., Blanchon, l'Art et la Pratique en reliure, pp. 73-79.

[692] Voir la note relative à médium, supra, p. 393, note [689].

[693] Vieux style se dit, en chronologie, de la manière de compter les jours de l'année avant la réforme opérée par Grégoire XIII en 1582, et qui est encore suivie dans les pays de religion orthodoxe, notamment en Grèce et en Russie. On dit, par opposition, nouveau style, pour la façon de compter depuis cette époque. Le vieux style est actuellement (1901) en retard de treize jours sur le nouveau; ainsi le 1er janvier, dans le vieux style, est le 14 janvier dans le nouveau.

[694] Voir sur ce mot chap. V, p. [127].

[695] Voir sur ce mot p. 395, note [691].

[696] L'abréviatif V. a l'inconvénient de se confondre avec le chiffre romain V.

[697] Voir la note [696] de la page précédente.

[698] Cf. Petit-Radel, Recherches sur les biblioth., pp. 184 et 185.

[699] L'errata se met ordinairement à la fin du volume, après la table. «Il serait sans doute plus convenablement en place au commencement, après le frontispice comme avertissement essentiel au lecteur; mais, à cause de leur effet, de prime abord jugé fâcheux, on préfère reporter—pour ne pas dire dissimuler—ces indications tout à l'extrémité du volume.» (Leclerc, loc. cit., pp. 255-256.) Sur les errata, voir Lalanne, Curiosités bibliogr., pp. 272-282; et A.-F. Didot, Encyclop. moderne, art. Typographie, t. XXVI. col. 675-676.

[700] Voir le Dictionnaire de géographie ancienne et moderne à l'usage du libraire et de l'amateur de livres, par Un Bibliophile (Pierre Deschamps), supplément du Manuel du libraire de Brunet, œuvre d'une patiente et solide érudition, et d'une importance capitale pour la géographie bibliographique (796 pages in-8: 1592 colonnes). Voir aussi le Grand Dictionnaire de la langue latine…, par le docteur G. Freund, et le Dictionnaire latin-français des noms propres de lieux, par l'abbé Chevin (Paris, Retaux, s. d. In-18). Ce dernier ouvrage est insuffisamment documenté et très incomplet.

[701] Le terme auquel il est renvoyé est généralement le plus important et le plus usité.

[702] Cf. Intermédiaire des cherch. et cur., 10 octobre 1896, col. 463.

[703] Grande Encyclop., art. Chiffres.

[704] Il s'agit probablement de Pline l'Ancien; cf. son Histoire naturelle, XXXIII, 47: «Non erat apud antiquos numerus ultra centum millia», etc.

[705] Cf. Leclerc, loc. cit., p. 183.

[706] Cf. Namur, Manuel du biblioth., p. 188.

[707] J. Cousin, De l'organisation… des biblioth., p. 104.

[708] Namur, loc. cit.

[709] Et ces énigmes sont parfois, non pas en chiffres, mais en vers. En voici une qui termine le Doctrinal du temps présent, par Pierre Michault, secrétaire du duc Charles de Bourgogne; nous en reproduisons l'orthographe et la disposition:

«Vn trepier et quatre croissans

Par six croix auec sy nains faire

Vous feront estre congnoissans

Sans faillir de mon miliaire.

Cy fine le doctrinal du temps present

Imprime par Colard Mansion a Bruges.»

Par un trépied, l'auteur entend une M; par quatre croissants, quatre C; par six croix, six X; et par six nains, six I. Ce qui donne: M CCCC XXXXXX IIIIII (1466). (Cf. Namur, loc. cit., pp. 192-193, et Brunet, Manuel du libr., t. III, col. 1699.)

[710] Ap. Larousse, Grand Dictionn., art. Chiffre, t. IV, p. 98, col. 4. Lemare cite à l'appui de ses critiques l'édition des Maximes de La Rochefoucauld, de Firmin Didot, où les 504 maximes de ce recueil (plus trois suppléments: voir l'édition in-18, Paris, 1858) sont précédées chacune d'un numéro d'ordre exprimé en chiffres romains. On y lit des nombres comme ceux-ci: CCCC XXX VIII, CCCC LXX VII, CCCC LXXX VIII, etc. Ne vaudrait-il pas mieux écrire tout simplement: 438, 477, 488, etc., et ne pas obliger le lecteur à faire des calculs aussi fastidieux?

[711] Cf. supra, p. [238], ce que nous avons dit des noms composés où entre le mot saint: Saint-Valery-sur-Somme, église Saint-Sulpice, etc.

[712] Sur l'avantage qu'il y a à joindre les prénoms ou leurs initiales par un trait d'union, voir supra, p. 247, note [468] (p. 248).

[713] Cf. supra, chap. VIII, p. [229].

[714] «Le nombre total des ouvrages de bibliographie a été évalué à 20 000 par quelques bibliographes» (E.-D. Grand, Grande Encyclop., art. Bibliographie, t. VI, p. 608, col. 2.) La bibliothèque nationale en possède 14 601. (L. Delisle, Catalogue général des livr. impr. de la Biblioth. nation., t. I, Introduction, p. L.)

[715] En pareil cas, et selon le judicieux avis de Littré, «la chose nécessaire est, non pas d'être complet, ce qui est impossible, mais de fournir un fonds solide de renseignements sûrs». (Ap. Daupeley-Gouverneur, loc. cit., préface, p. xj.)

[716] «Nullum esse librum tam malum, ut non aliqua parte prodesset.» (Pline l'Ancien ap. Pline le Jeune, Epist., lib. III, 5.)

[717] C'est-à-dire paraissant tous les deux mois. Le Grand Dictionnaire de Larousse traduit abusivement l'adjectif bimensuel par «qui se reproduit ou paraît deux fois par mois». Bimensuel signifie qui se fait ou paraît tous les deux mois, par opposition à semi-mensuel, qui s'applique à ce qui se fait, qui paraît deux fois par mois. Littré, dans le supplément de son Dictionnaire, ajoute cette remarque: «C'est une erreur de prendre bimensuel pour exprimer deux fois par mois. Bisannuel signifie, non pas deux fois par an, mais qui se fait tous les deux ans, qui dure deux ans…» Bimensuel, qui correspond à bisannuel, ne doit donc pas signifier non plus deux fois par mois, mais qui se produit ou paraît tous les deux mois, qui dure deux mois.

[718] Régulièrement, c'est en tête du livre que doit se placer la table des matières, de même que c'est en tête des chapitres que se place le sommaire, c'est-à-dire la table des matières afférente à chaque chapitre: tel est l'avis des plus compétents bibliographes, et telle est la méthode suivie par eux. Cf. Petit-Radel, Recherches sur les bibliothèques, p. V;—Lalanne, Curiosités bibliographiques, p. V;—Maire, Manuel pratique du bibliothécaire, p. IX;—Graesel, Manuel de bibliothéconomie, p. XV;—Mouravit, le Livre, p. XVII. «Voulant joindre, dit ce dernier, le précepte à l'exemple jusque dans les dispositions matérielles de notre livre, nous avons, suivant un antique usage, rétabli en tête de ce volume la table analytique des matières, qui renferme le dessein et le plan de l'auteur (toutes choses que le lecteur veut et doit tout d'abord connaître), tandis que nous avons rejeté à la fin la table alphabétique, à laquelle on ne recourt que pour les recherches.» Malgré ces excellentes raisons et ces autorités, nous avons cru devoir enfreindre cette règle: la préface, elle aussi,—son nom l'indique,—est faite pour être mise en tête du livre; la nôtre renferme précisément, comme on a pu le constater, l'exposé de notre «dessein» et le résumé de notre «plan», et il nous a semblé que, placée immédiatement à sa suite, notre table des matières disparaîtrait derrière elle et ferait avec elle en quelque sorte double emploi. Nous avons donc rejeté cette table où l'on est accoutumé maintenant de l'aller chercher, à la fin du volume, après l'index alphabétique.

TABLE DES MATIÈRES[718]

Préface[VII]
Chapitre I.—L'AMOUR DES LIVRES ET DE LA LECTURE[1]
Le livre d'autrefois et le livre d'aujourd'hui.—Concurrence faite aulivre par le journal;—par les sports.—Le livre, «la passion deshonnêtes gens».—Résumé historique et succincte anthologie del'amour des livres et de l'amour des Lettres.—Attraits extérieurs dulivre: leur importance.—On ne lit bien qu'un livre qui vous appartient.—Dangersdes livres empruntés.—Faut-il en prêter?—Opinionsdiverses sur les «prêteurs» et les «non-prêteurs».—«Garderun livre, ce n'est pas voler.»
Chapitre II.—LE PAPIER[37]
Importance du papier: élément essentiel du livre.—Tirages à parteffectués pour les bibliophiles.—Historique, fabrication et consommationdu papier.—Papiers anciens et papiers modernes;—à laforme et à la mécanique.—Papier collé, non collé, demi-collé.—Papierglacé, satiné.—Papier couché.—Inconvénients et dangersdes papiers trop glacés et des papiers à fond rouge: «Ménagez vosyeux!»—Papiers de luxe: vergé, hollande, Whatman, vélin, chine,japon, parchemin.—Papiers divers: serpente, pelure, joseph, etc.—Carton,bristol.—Mauvaise qualité de la plupart des papiersmodernes.
Chapitre III.—LE FORMAT[65]
Ce qu'on entend par format.—Ce que signifient les mots tome,volume, exemplaire, tirage, édition, édition princeps, incunables, etc.—Ilserait préférable de désigner les formats par leurs dimensionsmétriques, et non plus par les termes archaïques: jésus, raisin,écu, etc., et in-octavo ou in-huit, in-douze, in-seize, etc.—Confusiondes formats.—Dimensions métriques des principaux formatsdes livres.—Imposition.—Signatures et réclames.—Tableau dessignatures.—Formats de classement adoptés par les bibliothèquesuniversitaires: grand, moyen, petit;—par la Bibliothèque nationale.—Formatsdes premiers livres.—Formats les plus appréciéspar les lecteurs.—Le plus commode et le meilleur des formats.—Concordancedes formats avec les matières traitées dans les livres.
Chapitre IV.—L'IMPRESSION[95]
Méfiez-vous des livres imprimés en caractères trop fins.—Le point d'imprimerie.—Caractères:romain, elzevier, italique.—Caractèresde fantaisie: allongée, alsacienne, antique, classique, etc.—Casse.—Policedes lettres.—Encre d'imprimerie.—Tirage: empreinteset clichés.—Plus de correcteurs.—Millésime.—Foliotage.—Inconvénientdes lignes trop longues.—Encore une fois: «Gare àvos yeux!»
Chapitre V.—LA RELIURE[119]
Faut-il faire relier les livres?—Avantages et inconvénients des livresreliés.—Opinion de Sébastien Mercier, de Gabriel Naudé, etc.—Vocabulairetechnique de la reliure: plats, dos, tranches, tête,queue, gouttière, etc.—Couture: grecquage; machines à coudre leslivres.—Reliure pleine: peaux et parchemin; reliures singulières;reliures uniformes; inconvénients des couleurs claires; reliures àla janséniste; à la fanfare; à l'oiseau; etc.—Demi-reliure.—Cartonnagebradel.—Cartonnage anglais.—Encore la couture:couture de la brochure; couture de la reliure; supériorité de la coutureà la machine.—Couture métallique.—Reliure arraphique.—Collesdiverses.—Conseils pratiques: ne pas faire relier delivres récemment imprimés;—choisir l'époque propice;—laisser aurelieur un laps de temps raisonnable;—pas de recueils factices;—gareau rognage!—respecter les marges: témoins, larrons;—conserverles couvertures imprimées;—titres à pousser;—modèles àdonner au relieur;—collationnez vos volumes.—Tarif de reliures.—Duchoix d'un relieur.
Chapitre VI.—DE L'ACHAT DES LIVRES[165]
Quels livres acheter?—L'embarras du choix.—Ils sont trop!—Avoirun petit nombre d'amis et beaucoup de relations.—Ouvragesde référence, base d'une bibliothèque.—Livres de chevet.—Ne vousprodiguez pas.—Collections modernes de nos grands écrivains.—Lalibrairie «d'occasion».—Bouquinistes et étalagistes: le plaisirde bouquiner.—Catalogues de librairie.—Méfiez-vous des souscriptions.—N'achetezque ce que vous voulez lire.—Le bonheur descollectionneurs.
Chapitre VII.—DE L'AMÉNAGEMENT D'UNE BIBLIOTHÈQUEET DU RANGEMENT DES LIVRES[191]
Comment les livres étaient rangés autrefois.—Conditions d'une bonneinstallation pour une bibliothèque: exposition, emplacement, local,meubles, rayonnages, etc.—Rayonnages fixes,—mobiles;—à crémaillères,—àclavettes.—Nous manquons de place.—Bibliothèquestournantes.—Divers modes de rangement et de classement deslivres: classement horizontal, de gauche à droite, par ordre alphabétiquede noms d'auteur; appui-livre;—classement vertical, par ordrede matières;—classement ad libitum: les plus beaux livres ou lesplus aimés sur le devant, par derrière les vilains ou les moins appréciés.
Chapitre VIII.—DES CATALOGUES ET DE LA CLASSIFICATIONBIBLIOGRAPHIQUE[219]
Différentes sortes de catalogues.—Catalogue alphabétique ou par nomsd'auteurs.—Emploi des fiches.—Ex-libris.—Timbrage et rondagedes volumes.—Détermination du mot d'ordre et classementdes fiches: nombreux cas douteux et principales difficultés.
Catalogue méthodique ou systématique, c'est-à-dire par ordre de matières.—Classificationde J.-Ch. Brunet.—Autres systèmes de classificationbibliographique.—Classification décimale de M. Dewey.
Chapitre IX.—DE L'USAGE ET DE L'ENTRETIEN DES LIVRES[317]
Nettoyage des bibliothèques.—Comment et avec quoi essuyer leslivres?—Évitez l'emploi de la laine et du drap.—Insectes bibliophages:moyens de les détruire.
Réparation des livres.—Feuillets déchirés ou décousus.—Taches:taches maigres, taches grasses.—Encollage du papier.
Les ennemis des livres: souris, rats et chats; poussière et humidité;feu, soleil et gaz; épiciers et marchands de tabac; équarrisseurs delivres; collectionneurs de frontispices et de gravures; relieurs; emprunteurs,etc.—Femmes bibliophiles.
Comment couper les feuillets d'un livre?—Le meilleur des coupe-papier.—Paroù doit-on prendre un livre?—Comment le tenir?—Respectdû aux livres.—Code et hygiène des liseurs.—Faut-illire au lit? en mangeant?—Quelle heure convient le mieux pourla lecture?—Dangers du doigt mouillé.—Faut-il annoter seslivres?—La meilleure preuve de l'affection qu'on a pour eux etpour les Lettres.
APPENDICE
I.—Abréviations[381]
II.—Locutions latines[401]
III.—Termes géographiques latins[408]
IV.—Chiffres romains[426]
V.—Signes typographiques[432]
VI.—Bibliographie[438]
Index alphabétique[465]
Table des matières[485]

45184.—Paris. Imprimerie Lahure, 9, rue de Fleurus.