II

L'ENVERS D'UN RÈGNE DE DIX-HUIT ANS.

L'histoire est restée muette sur ce qui fut prononcé dans l'entrevue qui eut lieu entre Madame et l'illustre orateur. Il quitta la maison de la rue Haute-du-Château, où se cachait la princesse proscrite, avec la même prudence dont il avait usé pour y pénétrer. Là n'est pas notre drame. À peu près à la même heure, un homme arrivait au palais de la préfecture de la Loire-Inférieure.

Le chef du cabinet de M. Maurice Duval attendait le visiteur, sans doute, car il s'empressa de le faire entrer dans le salon réservé et alla prévenir le haut fonctionnaire.

Immédiatement M. Maurice Duval le reçut.

Nous le connaissons cet homme. Nous l'avons entrevu une première fois au ministère de l'intérieur, à Paris, quand M. de Montalivet lui servit d'introducteur.

C'est Deutz.

M. Maurice Duval avait hâte d'en finir avec l'héroïque princesse qui épouvantait tant le sommeil du roi Louis-Philippe. Il n'eut pas les mêmes pudeurs que l'illustre homme d'État qui avait la charge de traiter avec le traître.

—Vous nous avez promis plus que vous n'avez pu tenir, lui dit-il.

—C'est vrai.

—Le gouvernement veut absolument que cette dangereuse affaire de la chouannerie bretonne ait un terme. Quand pourrez-vous livrer la princesse?

Deutz était resté le front courbé, non qu'il eût honte. La honte est un sentiment qu'ignorent les natures infâmes comme la sienne.

—Nous sommes aujourd'hui au 6 octobre, reprit-il lentement. Avant le 6 décembre, Madame la duchesse de Berry sera votre prisonnière.

Le préfet de la Loire-Inférieure était encore exaspéré de l'accueil qui lui avait été fait. Il ouvrit la fenêtre de son cabinet, et montrant la ville:

—Je veux terminer tout cela, dit-il d'une voix brève. Cette ville révoltée mérite un châtiment. Comment pourrez-vous pénétrer auprès de la princesse?

—C'est mon secret.

—Est-elle à Nantes, seulement?

—Je ne sais pas.

—Vous ne savez pas!…

—Non, répliqua nettement le traître. J'ai fait un marché. Je ne veux pas qu'on me vole.

M. Maurice Duval prit sur sa table de travail une lettre écrite en lignes serrées, et la parcourant du regard:

—Monsieur, dit-il, quand je vous ai reçu, je n'ai pas eu besoin de prendre des biais pour m'entendre avec vous; je vous connaissais. Voici une lettre qui m'a été adressée de Paris; elle contient sur vous tous les renseignements que je pouvais désirer.

—Après?

—Vous pouvez pénétrer jusqu'à la princesse?

—En effet.

—Vous avez promis à M. le ministre de l'intérieur que vous lui livreriez Madame. C'est très-bien. Mon devoir m'oblige de vous prêter main-forte pour cette besogne-là; mais enfin, ce n'est pas avec moi que ce marché a été fait. Voulez-vous que nous en fassions un autre ensemble?

L'œil de Deutz s'alluma; mais il garda le silence.

—Cette ville m'a insulté, continua le préfet; je veux me venger. Vous devez connaître quelques-uns des secrets des légitimistes, puisque vous parvenez à voir leur chef. Donnez-moi un renseignement quelconque, car je veux signaler ma première journée ici par un acte d'autorité.

Deutz releva la tête.

—Je puis vous faire arrêter un des principaux chefs, dit-il.

—Lequel?

—Je ne vous dirai pas encore son nom. Seulement, donnez-moi un ordre d'arrestation en blanc.

M. Maurice Duval n'avait rien à craindre; Deutz ne lui était-il pas adressé par le ministère de l'intérieur?

—Qu'en ferez-vous? demanda-t-il pourtant.

—Je m'en servirai pour faire saisir, partout où je le trouverai, celui que je vous ai promis.

Le préfet de la Loire-Inférieure prit un papier et le signa.

—Voilà, dit-il.

—Eh bien! avec cela, monsieur le préfet, nos affaires marcheront plus vite. J'avais peur de ne pas… comment dirais-je?… de ne pas m'entendre avec vous. Il n'en sera rien. Demain, la personne en question sera arrêtée.

—Pourquoi demain seulement?

—Ne me faites pas de questions, je ne pourrais pas vous répondre.

Deutz se leva en parlant ainsi.

—A demain! dit-il.

Cette scène que nous venons de résumer en quelques lignes avait duré dix minutes.

A son allure rapide, nos lecteurs ont dû deviner qu'elle cachait un mystère. Et, en effet, le drame que nous avons entrepris de raconter se préparait.

Deutz avait promis de vendre Madame au gouvernement de Louis-Philippe. Quand il avait fait ce marché, rien ne s'opposait à ce qu'il pût le mettre à exécution. N'était-il pas le filleul de la princesse? et ne savons-nous pas qu'on croyait pouvoir se fier à lui?

Par bonheur,—hélas! bonheur qui ne devait pas durer!—des craintes, sinon des soupçons, étaient venues aux principaux chefs vendéens. Des hommes comme Charette et Coislin ne pouvaient pas se laisser duper comme des enfants. Il en résultait que lorsque le juif était arrivé à Nantes pour la première fois (après l'achat de cette maison qu'il comptait payer sur une rentrée d'argent), il n'avait pu obtenir d'être reçu par Madame.

Vainement il s'était repris à deux ou trois fois pour obtenir une audience. Toujours le juif s'était heurté à M. de Charette, qui lui avait répondu: Impossible.

Pendant les événements que nous avons racontés dans la seconde partie de cet ouvrage, c'est-à-dire aux mois de juin et de juillet, il en avait été de même. De juillet à octobre la situation n'ayant pas changé, Deutz se trouvait fort embarrassé, ayant promis et ne pouvant tenir.

Certes, la défiance n'existait pas d'abord dans le camp royaliste. Les cœurs élevés ne connaissent pas la défiance; mais peu à peu de tels abandons s'étaient produits, que les principaux d'entre les Vendéens avaient dû recourir à un excès de prudence. On ne se méfiait pas plus de Deutz que de toute autre personne; mais, en règle générale, on se méfiait de tout le monde.

Ce fut grâce à cette prudence extrême que, pendant trois mois, la retraite de Madame ne pût être découverte. Il faut penser que le ministre de l'intérieur avait mis sur pied tous les limiers de la préfecture de police, que les meilleurs agents de la rue de Jérusalem, appâtés par une promesse de récompense extraordinaire, passaient leurs jours et leurs nuits en surveillant, et que pas un renseignement n'était encore parvenu au ministère.

Madame était-elle cachée à Nantes?

On ne le savait même pas positivement.

Les dilemmes qui se posaient étaient au nombre de deux:

Ou Son Altesse était à Nantes, et alors il devenait impossible qu'on ne découvrît pas sa cachette;

Ou elle n'était pas à Nantes, alors…

Alors on tombait dans l'inconnu.

Telle était l'unique raison pour laquelle le gouvernement maintenait ses rapports avec Deutz. Le juif devenait la suprême espérance de ces hommes à qui la trahison ne répugnait pas, puisqu'ils devaient en profiter.

Ceux qui connaissent la puissante organisation de la police de la rue de Jérusalem nous comprendront. Il était unique, dans les annales de cette aimable institution, qu'on ne fût pas encore arrivé à un résultat.

Il découlait de tout cela que Deutz ne put pas arriver jusqu'à Madame, et que, par conséquent, il ne pouvait pas indiquer à M. Maurice Duval la cachette de l'auguste prisonnière.

Mais le juif avait trop à cœur de toucher les cinq cent mille francs promis, pour ne pas chercher un moyen d'arriver à ses fins.

Le plan fut longuement couvé par lui. Shakespeare aurait fait de ce Shylock une terrible figure. Mais Judas nous répugne, nous n'entrerons pas dans l'analyse psychologique de cette conscience.

Deutz comprit aussitôt que, pour se rendre utile au gouvernement de
Louis-Philippe, il fallait qu'il commençât par se rendre indispensable à
Madame.

Comment y arriverait-il?

La lutte, pour le moment, paraissait, sinon terminée, du moins interrompue.

Les chouans ne tenaient plus la campagne; le chef réel, c'est-à-dire la princesse, avait posé les armes en apparence. Il fallait donc donner un embarras quelconque aux Vendéens. Or, voici ce que s'était dit Deutz:

Le mouvement insurrectionnel de la Bretagne, pour s'être momentanément arrêté, a encore besoin de correspondre avec le comité légitimiste de Paris.

Le juif voulait devenir une sorte de courrier vendéen entre Nantes et Paris. Il arriverait ainsi, nécessairement, à être reçu par la princesse, ou tout au moins à connaître sa retraite.

Le lecteur comprend maintenant pourquoi Deutz avait demandé un ordre d'arrestation en blanc à M. Maurice Duval. La visite au préfet de la Loire-Inférieure n'avait pas un autre but.

En effet, dès qu'il eut quitté la préfecture, Deutz se fit conduire par sa voiture à la place, et demanda à parler au chef de poste. Le capitaine Régis se présenta. Deutz lui montra son ordre d'arrestation.

—J'ai besoin de quatre hommes, dit-il, pour arrêter un brigand.

—Quatre hommes! c'est peu.

—Oh! non, c'est assez. Celui-là ne résistera pas.

—Mais il n'y a aucun nom sur votre mandat d'amener?

—N'est-ce que cela?

En parlant ainsi, Deutz prit une plume et écrivit en tête de l'ordre le nom de:

BERRYER.

Sous quel prétexte arrêter Berryer?

Les affections politiques du grand orateur n'étaient un mystère pour personne. Tout le monde savait qu'il avait voué sa vie à la défense des idées légitimistes, et que son dévouement grandissait dans l'infortune.

Cela était de notoriété publique. Mais alors pourquoi n'arrêterait-on pas également M. Hyde de Neuville, M. de Breulh et Chateaubriand? Leur opinion ne faisait mystère pour personne.

Puis, là n'était pas toute la difficulté. On n'arrête pas un Berryer, malgré toutes les lois possibles de sûreté générale, sans qu'on en parle. Il faudrait déférer le prisonnier aux tribunaux, et la popularité du Démosthène royaliste était trop grande pour qu'on pût espérer le voir condamner sans preuves.

Mais le gouvernement du roi Louis-Philippe ne regardait pas à si peu.

Voyons cependant ce qu'avait fait Berryer à son arrivée à Nantes, et comment il s'y était pris pour voir Madame sans être victime de la surveillance occulte dont il était naturellement l'objet.

Nos lecteurs se rappellent que Madame se cachait chez mesdemoiselles Deguigny, au numéro 3 de la rue Haute-du-Château. Presque en face du numéro 3, la maison du numéro 6 se dressait, calme et tranquille, ainsi qu'il convient à une honnête et bourgeoise maison de province.

Sur la porte de cette demeure pendait un écriteau jaune, sur lequel les passants pouvaient lire:

JOLI APPARTEMENT MEUBLÉ

Fraîchement décoré,

A louer de suite.

Ce qui constituait à la fois un mensonge, attendu que ledit «joli appartement meublé» ne devait pas être fraîchement décoré, et une faute de français, vu qu'on ne dit pas «louer de suite» mais «louer tout de suite.» Mais il était probable que le propriétaire ne s'était guère occupé de ce détail.

Ce propriétaire, d'ailleurs, était double. Il y avait de cela un mois et demi, deux frères répondant aux noms retentissants d'Ulysse et de Nestor Mirliflor, avaient acheté ladite maison pour la transformer en appartements meublés.

Leurs papiers étant parfaitement en règle, Ulysse et Nestor Mirliflor avaient vite obtenu la permission de patente. Ulysse, l'aîné, portait une belle barbe grise; il était toujours triste, et en arrivant, avait dit à ses voisins:

—Nous finirons nos jours ici.

Nestor qui, comme cadet, portait une belle barbe noire et se montrait toujours gai, avait ajouté:

—Eh! eh! vous allez faire quelques fredaines!

Il est vrai que ces fredaines se réduisaient à d'interminables parties de jacquet qu'ils faisaient ensemble au café de la Comédie.

Les deux frères se levaient à six heures du matin, allaient se promener et allaient déjeuner, allaient au café, rentraient dîner, retournaient au café, et enfin se couchaient à dix heures du soir.

La maison était tenue par un Bas-Breton pur sang, parfaitement idiot, de taille ordinaire, mais qui ne parlait jamais qu'en bêlant comme les moutons, et qui, lorsqu'on lui adressait la parole, répondait en fixant sur son interlocuteur un regard stupide.

Dans le quartier, on disait que les frères Mirliflor étaient fort attachés au gouvernement. Ulysse ne parlait jamais politique, mais Nestor, lui, ne se gênait pas pour faire étalage de ses opinions orléanistes.

Quelquefois, en rentrant, Nestor s'arrêtait chez M. Vaugros le chapelier, ou chez la belle madame Ravine l'épicière. On l'accusait même tout bas de faire la cour à l'épicière.

—J'aime le roi des Français, disait-il, parce qu'il n'est pas fier. Moi qui vous parle, il m'a serré la main, comme ça, que j'en étais embarrassé, et que j'aurais voulu vous voir à ma place, madame Ravine, car, bien sûr, notre souverain eût admiré votre beauté.

Madame Ravine se rengorgeait, rougissait, faisait la roue; alors Nestor s'inclinait respectueusement, prenait un peu de tabac dans sa tabatière, le déposait sur le haut de sa main et l'aspirait.

—Bon tabac! disait-il… Moi qui vous parle, il m'a serré la main!

Puis il s'éloignait, et madame Ravine ajoutait avec dignité:

—Un homme bien aimable, M. Mirliflor jeune! Oh! bien aimable!

On comprend que l'autorité avait la plus grande confiance dans les deux frères. Au reste, leur vie était au grand jour. Les rares étrangers qui demeuraient chez eux étaient de bons et braves rentiers. Le livre de police ne contenait jamais aucune irrégularité fâcheuse.

Or, le soir même du jour où M. Maurice Duval avait reçu une si aimable sérénade de ses administrés, les deux frères Mirliflor rentraient chez eux pour dîner.

—Est-il venu du monde, Damoiseau? demanda Ulysse au Bas-Breton qui leur servait de domestique.

—Non, monsieur… Bée! non.

—Le dîner est-il servi?

—Bée! bée!… oui, monsieur.

Les frères Mirliflor s'étaient réservé pour eux le rez-de-chaussée et les caves. Quant au Bas-Breton Damoiseau,—Damoiseau!—il couchait dans le couloir. Ulysse et Nestor montèrent au premier, à la salle à manger.

A peine étaient-ils à table qu'un coup de sonnette retentit. Une voiture s'était arrêtée à la porte; le cocher avait une malle à côté de lui.

—C'est un voyageur sans doute, prononça Ulysse de sa voix grave. Allez voir, Damoiseau.

—Bée!… bien, monsieur.

En effet, c'était un voyageur, et ce voyageur était Berryer.

On se rappelle qu'un chouan s'était approché de lui, pendant qu'il regardait le charivari offert à M. Maurice Duval, et lui avait dit tout bas:

—Madame vous attend.

Arrivés à quelque distance de la rue, le chouan avait glissé un papier dans la main du grand orateur, et s'était éloigné sans ajouter un mot. Le papier contenait ceci:

«Quittez l'hôtel de France; allez rue Haute-du-Château, n° 6, la maison garnie des frères Mirliflor, et attendez.»

Berryer avait obéi à l'ordre secret qui lui était parvenu, et après avoir pris ses bagages à l'hôtel de France, il s'était rendu rue Haute-du-Château.

Les frères Mirliflor dînaient, ainsi qu'on l'a vu. Ils proposèrent à Berryer de lui faire servir à manger dans sa chambre, ou bien de s'asseoir à leur table. Berryer, philosophe et observateur à ses heures, résolut d'étudier, pour passer le temps, les trois types d'idiots en face desquels il se trouvait.

Un Émile Augier aurait, en effet, trouvé une ample comédie dans ces deux frères Mirliflor, et dans le Bas-Breton Damoiseau, qui bêlait en parlant. Qui sait si ce n'est point dans une de ces maisons garnies de province qu'Auguste Maquet a vu ce merveilleux type du père Preval, du Chevalier d'Harmental?

—Monsieur arrive de la capitale, sans doute? dit Nestor en minaudant à son client.

—Oui, monsieur.

—Et monsieur a-t-il eu le bonheur de voir le roi des Français?

—Non, monsieur.

Nestor avait mis du tabac sur sa main:

—Bon tabac!… J'ose espérer que la santé de notre auguste souverain est bonne également, monsieur…

—Oui, monsieur.

Vraiment, Berryer ne s'ennuyait pas. Il avait sous les yeux un trio admirable.

—Et la capitale est-elle tranquille, monsieur? ajouta Mirliflor aîné.

—Nestor! gronda doucement Mirliflor junior, vous empêchez monsieur de dîner.

—Bée!… monsieur, voulez-vous du poulet? demanda Damoiseau.

—Moi qui vous parle, continua Nestor, j'ai eu le bonheur insigne de voir sa Majesté le roi des Français… et même de lui serrer la main…, ainsi que je le racontais aujourd'hui à la belle madame Ravine. Vous ne connaissez pas la belle madame Ravine, monsieur? Ah! il n'y a pas des beautés que dans la capitale!…

—Nestor! répéta Ulysse.

—Bon tabac!… Si vous vouliez être bien aimable, monsieur…

Mais un coup d'œil énergique de Mirliflor aîné calma l'indiscrétion de
Mirliflor jeune.

Quand le dîner fut achevé, Berryer gagna l'appartement qui lui était destiné, et attendit. Sept heures, huit heures, neuf heures du soir sonnèrent. L'impatience commençait à le prendre. Il entendit les quelques locataires qui habitaient la maison.

A neuf heures et demie, impatienté de plus en plus, il sonna, et
Damoiseau parut.

—Il n'est venu personne pour moi?

—Bée!… je ne peux pas savoir… monsieur… vous n'avez pas encore dit votre nom… bée!…

En effet, le grand orateur se rappela qu'on ne lui avait pas présenté encore le livre de police.

Il attendit de nouveau.

A dix heures, les deux Mirliflor rentrèrent. Ils frappèrent presque aussitôt à la porte de leur locataire, et parurent, suivis de Damoiseau. Celui-ci tenait à la main le livre de police.

Rêvait-il? Berryer avait bien encore devant lui les figures idiotes des trois grotesques, mais il lui sembla que l'expression de ces figures n'était plus la même. Il témoigna sa surprise de façon si comique, que Mirliflor jeune éclata de rire, et lui tendant la main:

—Voulez-vous avoir la bonté d'écrire là-dessus vos nom, prénoms, et qualités, cher monsieur Berryer? dit-il.

Le grand orateur recula stupéfait.

—On vous avait dit d'attendre, continua le prétendu Nestor… Bon tabac! moi qui vous parle, j'ai eu l'honneur insigne de serrer la main de Sa Majesté le roi des Français!…