SCÈNE II

Les Mêmes, ÉDITH, qui entre la première, un bouquet à la main, suivie de LYDIE au bras de MONTJOIE et de CÉSARINE au bras de BONCHAMP.

ÉDITH, à Coralie, lui offrant les fleurs.

Je vous apporte votre part de la promenade. C'est le jardin qui vous souhaite la bienvenue. (Elle l'embrasse.) Vous avez eu tort de ne pas venir avec nous; la soirée est superbe.

CORALIE.

Merci, chère enfant.

LYDIE.

Oh! superbe!

CÉSARINE, à Lydie.

Et moi qui la prenais pour une paysanne!

LYDIE.

Elle est très distinguée.

CÉSARINE.

Et puis, elle a un je ne sais quoi dans le regard... On sent tout de suite que cette femme a connu les orages de la passion! (A Montjoie.) Vous êtes bien absorbé, vous?

MONTJOIE.

Je vous demande pardon; un peu de migraine. (A part.) Il est impossible que ce soit Coralie; et cependant cette ressemblance est extraordinaire.

BONCHAMP, à Édith qui cause au fond avec Daniel.

Où est donc ton père?

ÉDITH.

Avec un paysan qui lui a apporté une antiquité.

Elle s'assied au fond avec Daniel.

BONCHAMP, haussant les épaules.

Ah! mon Dieu!

LYDIE, regardant Daniel et Édith.

Sont-ils assez gentils, nos amoureux! A propos, vous savez que madame Daricourt plaide en séparation!

CÉSARINE.

Ce n'est pas étonnant: elle est si laide!

LYDIE.

Je la trouve charmante. Elle a une jolie oreille.

BONCHAMP.

C'est ce qu'on dit toujours d'une femme laide: «Elle a une jolie oreille!»

CÉSARINE.

Et on ajoute: «Et puis, elle aime tant sa mère!»

BONCHAMP.

D'ailleurs, elle embellit.

LYDIE.

Et quand les femmes laides se mettent à être jolies, elles sont ravissantes.