NOTES
[1] Jean Allais, ou plutôt Pont-Allais, contemporain et camarade de Gringoire, l'auteur de la Sottie intitulée: Le Jeu du Prince des sots, était bossu et avait de l'esprit. On le recevait chez les grands personnages de l'époque, ce qui lui donnait de l'audace. Rencontrant un jour un cardinal contrefait, il vint se mettre bosse à bosse avec lui, en s'écriant: «Monseigneur, que l'on dise maintenant que deux montagnes ne peuvent se rencontrer?» L'Éminence trouva la plaisanterie d'assez mauvais goût.
Avant qu'on n'affichât les pièces qu'on devait jouer, on était dans l'usage de les annoncer par les rues et les carrefours, au son du tambourin. Un dimanche matin, Pont-Allais eut l'audace de faire battre le tambourin près l'église Saint Eustache. Le curé était en chaire. Ses paroissiens sortant de l'église pour entendre l'annonce du spectacle, le curé se précipite vers l'entrepreneur de Mystères par représentations, en lui disant: «Qui vous a fait si hardi de tambouriner pendant que je prêche?—Et vous, reprend aussitôt Pont-Allais, qui vous a fait si hardi de prêcher quand je tambourine?»
Cette incartade valut six mois de prison à Pont-Allais.
[2] Dans les Confrères de la Passion, on doit voir l'origine première de la troupe du Théâtre-Français; dans les Enfants Sans-Souci, Clercs de la Bazoche, est l'origine première des troupes des théâtres forains, théâtres qui engendrèrent plus tard l'opéra, l'opéra-comique, le vaudeville, et même le drame.
[3] C'est la première comédie en cinq actes qui ait été écrite en prose, si nous en exceptons celle de Plutus, traduite d'Aristophane, par Ronsard, le père de la poésie française, et représentée en 1539, à Paris, au collége de Coquerel.
[4] Il est juste de dire, comme nous l'avons prouvé précédemment, qu'il eut un prédécesseur, Lazare Baïf.
[5] Un essai en prose avait eu lieu déjà quelques années avant l'apparition des pièces de La Rivey, ainsi que nous l'avons fait remarquer.
[6] Nous devons dire que si l'on attribue généralement la farce de l'Avocat Pathelin à Villon, il est quelques auteurs qui prétendent qu'elle fut faite par Pierre Blanchet, né à Poitiers, en 1459, et mort dans cette ville, en 1519.
[7] Durfé, né à Marseille eu 1567, mourut en 1625.
[8] Dans une pastorale de Baro, Clorise, qu'il ne faut pas confondre avec sa Cloreste, il met en scène le berger Philidor et la bergère Éliante.
Philidor ôte le mouchoir d'Éliante en lui disant:
Si de ce que j'ai dit, ta rigueur trop connue, Cherche la vérité, la voilà toute nue.
Éliante répond:
—Que fais-tu, Philidor?
—C'est que je veux au moins
Te convaincre d'erreur avec deux beaux témoins.
—Causeur, rends ce mouchoir, ou de tant de malices
Je saurai châtier l'auteur et les complices.
—Pourquoi les caches-tu?
—Parce que j'ai raison,
Puisqu'ils sont faux témoins, de les mettre en prison.
—..... Ta pensée est aimable et gentille,
Il me semble les voir à travers une grille.
[9] Voici un exemple frappant de ce que nous avançons: dans sa pastorale de Silvie, le berger dit à la bergère:
O Dieu! soyez témoin que je souffre un martyre
Qui fait fendre le tronc de ce chêne endurci?
Silvie lui répond:
Il faut croire plutôt qu'il s'éclate de rire,
Oyant les sots discours que tu me fais ici.
[10] Mezzetin, nom d'un rôle de la Comédie-Italienne dont le caractère est à peu près celui de Scapin.
[11] On en était arrivé à ce point, à la Comédie-Française, que l'on vit la célèbre Desmares, pour plaire aux Parisiens, parmi lesquels le bilboquet était alors fort à la mode, jouer à ce jeu dans la pièce de l'Amour vengé.
[12] C'est seulement on 1686, lors de la représentation du Baron de Fondrières, comédie attribuée à Thomas Corneille, que l'usage des sifflets commença à se généraliser parmi les spectateurs du parterre.
[13] Auteur distingué auquel on doit la première tragédie de Médée.
[14] Ceci nous rappelle une anecdote contemporaine dont nous avons été témoin. Un de nos amis porte à un éditeur en renom un fort joli roman, le priant de le lire et de le lui éditer, s'il le trouve digne de l'impression. «Volontiers, lui dit l'éditeur, sans même prendre connaissance du titre de l'ouvrage; si cela forme un volume, c'est 1,000 francs; deux volumes, 1,500 francs que cela vous coûtera.» Le jeune homme se récrie. Alors, avec une franchise tant soit peu cynique, le vendeur de livres reprend: «Monsieur, votre nom n'est pas connu; votre roman serait-il excellent, je ne ferais pas les frais de l'édition; mais apportez-moi le factum le plus stupide signé d'un des grands noms de la littérature moderne, et je vous compte à l'instant 1,500 francs. Votre excellent ouvrage, signé de vous, je ne le vendrai pas; la rapsodie signée d'un grand nom, je l'écoulerai de suite; c'est comme cela.» A qui la faute? A l'éditeur ou au public?—Au public, selon nous, qui ne mord qu'à l'hameçon de la réclame et du charlatanisme, se souciant fort peu du talent.
[15] Nous parlerons des opéras de Quinault à l'article où il sera question du genre lyrique.
[16] Colasse avait fait la musique de l'opéra d'Achille.
[17] Il était de Marseille.
[18] Celui de Catilina.
[19] Chaparder, butiner, marauder, verbe qui semble presque avoir obtenu ses lettres de grande naturalisation, depuis que nos braves zouaves l'emploient en paroles et en actions.
[20] Personnages muets.