NOTES:

[1] S. THOMAS, Somme théol. I°, q. i, a. 8, ad 2.

[2] H. BERGSON, A propos d'un article de M.W. Pitkin intitulé «James et Bergson», Journal of Philosophy, 7 juill. 1910, p. 385-388. (Voir les articles de PITKIN et de KALLEN dans les numéros des 28 avril et 23 juin 1910, et celui de W. JAMES, 20 janv.)—Voir aussi TONQUÉDEC: M. Bergson est-il moniste? (Etudes, 20 févr. 1912) et les lettres de M. Bergson à M. de Tonquédec.

[3] Etudes philosophiques, I. Ier. Théorie fondamentale, 7e édition. Chez Berche et Tralin, Paris.

[4] Le mot est de W. James, V. p. 476.

[5] MAURICE PUJO, La fin du Bergsonisme, cf. JULIEN BENDA, Le Bergsonisme.

[6] M. Henri Bergson est né à Paris, de famille juive et d'origine étrangère, le 18 octobre 1859. Il fit de brillantes études au lycée Condorcet de 1868 à 1878. Ses biographes le représentent surtout comme un «fort en thème», avec des succès marqués en mathématiques. Aussi hésita-t-il entre les lettres et les sciences. En 1878, il entrait à l'Ecole normale, section des lettres, et devenait agrégé en philosophie en 1881. Sa thèse est de 1889. Après avoir enseigné dans divers lycées de province, il vint à Paris au collège Rollin, puis au lycée Henri IV de 1888 à 1898, fut maître de conférences à l'Ecole normale de 1898 à 1900, et nommé au Collège de France en 1900. L'Institut l'a élu en 1901.

[7] Nous verrons plus loin cette formule appliquée à Dieu lui-même qui serait en train de se faire!

[8] Discours au Congrès de Bologne, 10 avril 1911, dans la Revue de Méta. et de Morale, nov. 1911, p. 812.—On voit par là combien exagère le thuriféraire cité plus haut, lorsqu'il nous représente cette philosophie sortie d'un seul jet et toute armée, comme Minerve du cerveau de Jupiter.

[9] Essai sur les données immédiates de la conscience (1889);—(Matière et Mémoire 1896);—l'Evolution créatrice (1907, Alcan.) Plusieurs éditions avec de légères variantes dans la pagination.

[10] Notons dans la Revue de Méta. et de Morale: Le Paralogisme psychophysique, l'Introduction à la Métaphysique et l'Intuition.—Dans la Revue philosophique (1908): La paramnésie ou fausse reconnaissance.—Deux conférences à Oxford, la Perception du changement (1911), etc.

[11] BERGSON, les Données immédiates de la conscience, p. 178. Nous citons d'après la deuxième édition.

[12] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 217. Cf. p. 52, 216, 225, 251, 387, 389.

[13] Revue philosophique, 1906, vol. LXI, p. 143.

[14] «Elle (la philosophie) doit nous ramener, par l'analyse des faits et à comparaison des doctrines, aux conclusions du sens commun.» (Bergson, Matière et Mémoire, Avant-propos, p. iii.)

[15] Le Roy, Revue de Méta. et de Morale, 1901, p. 141, 142.—«Le sens commun nous masque la nature.» (Rev. des Deux Mondes, 1er fév. 1912, p. 558.)—Il ajoute, il est vrai (p. 559): «Du sens commun le fond est sûr et la forme suspecte». Mais, pour lui, le fond n'est qu'un commandement pratique: Agis comme si.... Seule la forme a un sens intellectuel et partant suspect. D'où la fameuse question: Qu'est-ce qu'un Dogme? Réponse: c'est un commandement pratique: Agis comme si ... sans aucun sens intellectuel acceptable.—«La philosophie nouvelle s'ouvre par une analyse critique du sens commun.» (Revue de Méta. et de Morale 1901, p. 407.) C'est la décapitation préalable du sens commun.

[16] Cf. PLATON, Cratyle, 402 A; 404 D; Théat., 152 D; 160 D.

[17] Ces premiers principes ont été traités d'hypothèses à succès extraordinaire!

[18] De même pour W. James: «Je me suis vu contraint de renoncer à la Logique, carrément, franchement, irrévocablement!» A Pluralistic Universe (London, 1909).

[19] Nous donnerons alors citations et références.

[20] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 352.

[21] Rappelons sa sentence fameuse: Τοϋτ έστι μυθολογεϊν καί μεταφορας ποιεϊν ποιητικας.

[22] LE ROY, Revue de Méta. et de Morale, 1901, p. 310. C'est nous qui soulignons.

[23] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 270. «Toutefois, ajoute-t-il, je ne donne pas ce centre pour une chose, mais pour une continuité de jaillissement.» (Ibid. p. 270.)

[24] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 17.

[25] «Exister consiste à changer.... L'état lui-même est déjà du changement.... Si un état d'âme cessait de varier, sa durée cesserait de couler.» (BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 1, 2, 3, 8, 251, 260, etc.)

[26] B. SAINT-HILAIRE, trad. d'Aristote, Logiq. Préf. t. III, p. v.

[27] Le Roy, Revue de Méta. et de Morale, 1901, p. 304, 305, 306.

[28] M. Fouillée lui-même ne se gêne plus pour parler de «la renaissance de la sophistique grecque».—D'autres, encore moins respectueux, rapprochent ce besoin d'obscurité de celui qu'éprouvent les médiums spirites, tels qu'Eusapia qui réclame toujours moins de lumière: Meno luce! C'est la condition indispensable de leurs succès.—M. Gaudeau l'a fort bien dit: «L'obscurité est précisément le contraire de la profondeur. La profondeur de la pensée, chez un écrivain, doit être une puissance d'éclairement qui nous permet de voir ou même nous force à voir le fond des choses. Or, l'obscurité, d'où qu'elle vienne, est un voile qui s'interpose entre notre regard et le fond des choses, entre nous et la profondeur.... La pensée qui est un regard et qui doit être une lumière, n'est profonde que si elle est claire parfaitement.» (La foi catholique, avril 1910, p. 172.)

[29] PLATON, Sophiste, p. 191, 300 (Ed. Cousin).

[30] MOISANT, dans les Etudes du 5 mai 1908.

[31] Réflexions d'un Philistin, Grande Revue, 10 juill. 1910, p. 16, par M. LE DANTEC.

[32] «Tout est obscur(!) dans l'idée de création, si l'on pense à des choses qui seraient créées et à une chose qui crée, comme on le fait d'habitude et comme l'entendement ne peut s'empêcher de le faire.» (L'Evolution créatrice, p. 269.)—Une création sans aucun agent qui crée ni sans chose créée est-elle donc plus claire?... Nous reviendrons plus tard sur cet étrange paradoxe.

[33] BERGSON, Essai sur les données, p. 74 (2° édit.).

[34] BERGSON, Essai sur les données, p. 78.

[35] ARIST., Phys., I. IV, c. xi, §§ 5 et 12. Cette définition regarde surtout le temps qui mesure. Quant au temps qui est mesuré, il n'est autre que le mouvement en tant qu'il tombe sous la mesure de l'avant et de l'après. C'est la même distinction que pour le nombre nombrant et le nombre nombré, το ηριθμημένον, το αριθμητόν (Phys. l. IV, c. xiv, § 3.)

[36] Voici le texte complet d'Aristote: Quantum dicitur quod est divisibile in ea, quæ insunt, quorum utrumque vel unumquodque unum, quiddam et hoc aliquid aptum est esse. Ποσν λέγεται τo διαιρετoν είς eνυπάρχοντα, ὧν ὲκάτερον η ἕκαστον ἕν τι και τόδε πεϕυκεν εϊναι. Méta., l. V, c. xiii, text. 18.

[37] Pour les purs esprits, les notions tirées des êtres matériels sont métaphoriques. Ainsi l'égalité ou l'inégalité des intelligences n'est qu'une quantité métaphorique. Mais l'âme humaine n'est pas un pur esprit. Elle a des opérations organiques douées de quantité extensive et mesurable au moins indirectement.

[38] BERGSON, Revue de Méta. et de Morale, janvier 1903, p. 28.

[39] FOUILLÉE, la Pensée et les nouvelles écoles antiintellectualistes, p. 42, 44

[40] BERGSON, Essai sur les données, p. 2.

[41] Species quantitatis distinguntur secundum diversos modos divisionis. (S. THOM., Pot., ix, 7, b. 4.)

[42] Paroles de saint Thomas (De ente et essentia), citées par Pie X dans le Motu proprio du 1er septembre 1910.

[43] La nature de la quantité virtuelle, quantitas virtatis, a été, disons-nous, merveilleusement analysée par les scolastiques. On en pourra juger par cet échantillon. Saint Thomas dit qu'on peut la considérer dans sa racine ou dans ses effets extérieurs. Dans sa racine, elle se confond avec la perfection de la forme ou de la qualité: In radice, id est, in ipsa perfectione formæ vel naturæ. Mais on peut la considérer aussi dans ses effets extérieurs, surtout dans l'intensité de ses effets: Attenditur quantitas virtualis in effectibus formæ, et c'est à ce point de vue qu'elle est divisible et mesurable. (I Sent., dist. XVII, q. II, a. I, c.) Et comme la quantité, ajoute-t-il, se définit par la divisibilité, il suffit que ses effets extérieurs soient divisibles et mesurables pour qu'elle ait, à sa manière—équivalemment—la nature de la quantité. Bien plus, elle participe à la fois à la quantité discrète et à la quantité continue. A la première, par le nombre de ses effets ou des objets simultanés auxquels sa vertu peut s'étendre à la fois; à la seconde, par l'intensité ou le degré de vertu de son action sur le même objet. Elle a donc deux fois le titre de quantité, mais à sa manière propre, car il y a autant d'espèces de quantité que d'espèces possibles de division. «Species quantitatis distinguntur secundum diversos modos divisionis» (Post., ix, 7, b. 4.)—«Ratio quantitatis in communi consistit in quâdam divisibilitate: unde ratio quantitatis invenitur propriè in illis quæ secundum se dividuntur.... Invenitur etiam quodammodo in illis quorum divisio attenditur secundum ea quæ extrinsecus sunt, sicut virtus dicitur divisibilis et quantitatis rationem habens, ex ratione et divisione actuum et objectorum.» (I Sent., dist. XIX, q. I, a. 1, ad 1.)—«Quantitas virtutis attenditur dupliciter: vel quantum ad numerum objectorum, et hoc per modum quantitatis discretæ; vel quantum ad intensionem actus super idem objectum, et hoc est sicut quantitas continua.» (I Sent., dist. XVII, q. II, a. 1 ad 2.)—«Duplex est quantitas. Una scilicet quæ dicitur quantitas molis vel quantitas dimensiva, quæ in solis rebus corporalibus est.... Sed alia est quantitas virtutis, quæ attenditur secundum perfectionem alicujus naturæ vel formæ quæ quidem quantitas designatur secundum quod dicitur aliquid est magis vel minus calidum, in quantum est perfectius vel minus perfectum in tali caliditate. Hujusmodi autem quantitas virtualis attenditur primo quidem in radice, id est in ipsa perfectione formæ vel naturæ; et sic dicitur magnitudo specialis, sicut dicitur magnus calor propter suam intensionem et perfectionem....—Secundo autem attenditur quantitas virtualis in effectibus formæ. Primus autem effectus formæ est esse (durare); nam omnis res habet esse secundum suam formam. Secundus autem effectus est operatio, nam omne agens agit per suam formam. Attenditur igitur quantitas virtualis et secundum esse et secundum operationem. Secundum esse quidem, in quantum ea quæ sunt perfectionis naturæ, sunt majoris durationis. Secundum operationem vero, in quantum ea quæ sunt perfectionis naturæ sunt magis potentia ad agendum.» (I, q. xlii, a. 1, ad 1.—Cf. ARISTOTE, Méta., l. V, c. xiii.—S. THOM., in Méta., l. V, lec. 5; Opuscule de Natura generis, c. xx.—SUAREZ, COMPLUTENSES, SCOTUS, GOUDIN, LOSSADA, etc.)

[44] BERGSON, Essai sur les données, p. 62.

[45] Nous retrouverons plus tard la même méprise dans la conception du moi dont M. Bergson fera la somme ou la file des phénomènes psychiques, alors qu'il en est la cause et le principe;—et dans la notion de continu, dont M. Le Roy fera «une poussière incohérente et infiniment ténue, ne présentant ni liens intérieurs ni lacunes». (Revue de Méta. et de M., 1899, p. 547.) Une telle notion serait celle du discontinu absolu ou du contigu et non du continu. Le continu est une unité dont les fractions sont seulement en puissance.

[46] ARISTOTE, Polit., l. I, c. 11.

[47] ARISTOTE, Méta., l. IV, c. xxvi, § 1.

[48] Profecto impossibile ex individuis esse aliquid continuum, ut lineam ex punctis, siquidem linea est res continua, punctum autem individua. ARISTOTE, Phys., l. VI, c. 1.

[49] Au sens psychologique, on peut aussi introduire l'idée d'un maintenant (nunc) dans la notion de temps, comme l'idée d'un ici présent (hic) dans la notion d'espace. Le nunc du temps définit l'avant et l'après par rapport à la sensation présente. Le hic de l'espace définit la gauche et la droite, l'avant et l'arrière, le dessus et le dessous, par rapport à un ici. On dit alors que l'espace ou le temps sont centrés. Mais ce sont là des données accessoires dont les sciences et la philosophie font abstraction.

[50] Voir notre réfutation de Zénon: Théorie fondamentale de l'acte et de la puissance, p. 62 et suiv.

[51] BERGSON, Essai sur les données, p. 64.

[52] BERGSON, Essai sur les données, p. 60, 64, 172. «L'idée même du nombre deux, ou plus généralement d'un nombre quelconque, renferme celle d'une juxtaposition dans l'espace ... comme si la représentation du nombre deux, même abstrait, n'était pas déjà celle de deux positions différentes dans l'espace.» (Ibid., p. 67.)—«L'impénétrabilité fait donc son apparition en même temps que le nombre.» (Ibid., p. 68.)

[53] BERGSON, Ibid., p. 62.

[54] BERGSON, Essai sur les données, p. 64.

[55] BERGSON, Essai sur les données, p. 74.

[56] ARISTOTE, Phys., l. IV, c. x, text. 95, 96, et S. THOMAS, Ibid., lec. 16; opuscule de Tempore, c. ii.—Cf. S. AUGUSTIN, COMPLUTENSES, RUBIUS, DE SAN, etc.—E contra, SCOT, SUAREZ ..., NYS, etc.

[57] S. THOMAS, In Phys., l. IV, lec. 17.

[58] BERGSON, Essai sur les données, p. 88.

[59] BERGSON, Essai sur les données, p. 87, 89.

[60] Nous ne voudrions pas nier cependant que, pour des durées très courtes, la conscience ne puisse apprécier directement l'égalité ou l'inégalité de deux mouvements. Ainsi l'horloger apprécie à l'oreille si les battements d'un pendule sont isochrones. Par la répétition, et pour ainsi dire la superposition idéale d'un intervalle temporel sur un autre intervalle, l'uniformité des durées est assez clairement appréciée. On peut même apprécier directement s'il bat la seconde. Mais ce mode de mensuration, outre qu'il est exceptionnel, est encore trop subjectif pour être rigoureux et scientifique. Il exige comme complément des mesures externes. Ainsi l'on a déterminé qu'à Paris, pour battre exactement la seconde, le pendule doit avoir une longueur de O,99384.

[61] M. Bergson imite en cela Berkley qui avait fait sur l'espace une analyse analogue à celle de M. Bergson sur le temps. L'un et l'autre distinguent deux sortes de notions, l'une vulgaire et illusoire, l'autre métaphysique et vraie, à leur sens, qu'ils prennent pour base de leurs systèmes. Mais l'un et l'autre, au cours de leur exposition, ont été obligés de se contredire et de rétablir implicitement celle des notions qu'ils avaient explicitement niée. Ainsi, par exemple, la notion d'un minimum sensible de temps s'imposera à M. Bergson, comme à Berkley s'était imposé le minimum sensible d'espace (Cf. BERTHELOT, Revue de Méta. et de Morale, 1910, p. 744-775.)

[62] «Le temps conçu sous la forme d'un milieu homogène est un concept bâtard dû à l'intrusion de l'idée d'espace dans le domaine de la conscience pure.» (BERGSON, Essai sur les données, p. 74.)

[63] BERGSON, Essai sur les données, p. 66.

[64] «Le temps entendu dans le sens d'un milieu où l'on distingue et où l'on compte n'est que de l'espace.» (Ibid., p. 69.)

[65] «Lorsque nous parlons du temps, nous pensons le plus souvent à un milieu homogène où nos faits de conscience s'alignent, se juxtaposent comme dans l'espace.» (Ibid., p. 68.)—Que ce milieu idéal soit partiellement analogue au milieu idéal de l'espace, oui; identique, non. L'un a trois dimensions, l'autre n'en a qu'une; l'un est simultané, l'autre successif.

[66] «Si une somme s'obtient par la considération successive de différents termes, encore faut-il que chacun de ces termes demeure lorsqu'on passe au suivant, et attende, pour ainsi dire, qu'on l'ajoute aux autres: comment attendrait-il s'il n'est qu'un instant de la durée? et où attendrait-il si nous ne le localisons dans l'espace?» (BERGSON, Ibid., p. 60.)

[67] Quædam sunt quæ habent fundamentum in re extra animam, sed complementum rationis eorum, quantum ad id quod est formale, est per operationem animæ, ut patet in universali ... et similiter est de tempore, quod habet fundamentum in motu, scilicet prius et posterius motus, sed quantum ad id quod est formale in tempore, scilicet numeratio, completur per operationem intellectus numerantis. (S. THOM., I dist., d. 19, q. v, a. 1.—Cf. II dist., d. XII, q. i, a. 5, ad 2.—Phys., lec. 3 et sq.)

[68] «Lorsqu'on fait du temps un milieu homogène où les états de conscience se déroulent (comme dans un contenant solide) on se le donne par là même tout d'un coup (?), ce qui revient à dire qu'on le soustrait à la durée. Cette simple réflexion devrait nous avertir que nous retombons alors inconsciemment dans l'espace.» (BERGSON, Essai sur les données, p. 74.)

[69] «La durée interne se confond avec l'emboîtement des faits de conscience les uns dans les autres.» (BERGSON, Essai sur les données, p. 81.) «On peut donc concevoir la succession sans la distinction, comme une pénétration mutuelle ... d'éléments l'un dans l'autre.»—«Ils se fondent l'un dans l'autre, se pénètrent et s'organisent, sans aucune tendance à s'extérioriser les uns par rapport aux autres, sans aucune parenté avec le nombre....» (Ibid., p. 76, 78, 79, 87, 96.)

[70] BERGSON, Essai sur les données, p. 79, 80.

[71] FOUILLÉE, La Pensée et les nouvelles écoles, p. 311.

[72] BERGSON, Essai sur les données, p. 90.—«Il en résulte qu'il n'y a dans l'espace ni durée ni même succession, au sens où la conscience prend ces mots: chacun des états dits successifs du monde existe seul, et leur multiplicité n'a de réalité que pour une conscience capable de les juxtaposer.» (Ibid., p. 87.)

[73] Nous ne disons pas qu'il est une cause active, car ni l'espace, ni le temps ne sont des agents; mais ils sont la condition indispensable pour que les agents de la nature puissent déployer leurs activités.

[74] BERGSON, Essai sur les données, p. 83, 84, 90.

[75] BERGSON, Ibid., p. 81.

[76] Permanentia rei in existendo. (S. THOM, I, dist. XIX q. 1.)

[77] Nous verrons alors la vaine tentative de M. Bergson pour remplacer la substance par un Temps qui ferait «boule de neige» par la conservation du passé.

[78] Quare non male Plato ait, quum dixit sophisticam circa non ens immorari, Τὸν σοϕιστἡν περι τo μἡ ὄν διατρίβειν. Méta., l. X, c. viii, § 2. Et putantes de ente troclare, de non ente dicunt, και οίόμενοι τὁ ὅν λέγειν περἱ τοϋ μἡ ὄντος λέγουσιν, Méta., l. III, c. iv, § 17.

[79] BERGSON, Essai sur les données, p. 80.

[80] BERGSON, Essai sur les données immédiates, p. 167.—Principe réfuté plus haut, p. 75.

[81] Cette tactique n'est pas nouvelle. Leibnitz avait ainsi procédé à l'égard des disciples de Descartes, au nom des droits de la raison, et Locke au nom des droits de l'expérience.

[82] ARISTOTE, Méta., l. III, c. v, § 12.

[83] BERGSON, Essai sur les données, p. 161, 165, 168.

[84] Ailleurs, il raille Kant de ce qu'au lieu de proscrire la liberté, il «la respecte par scrupule moral, et la conduit avec beaucoup d'égards dans le domaine intemporel des choses en soi, dont notre conscience ne dépasse pas le seuil mystérieux». (BERGSON, Ibid., p. 181.)

[85] BERGSON, Essai sur les données, p. 177, 179.

[86] BERGSON, Essai sur les données, p. 120.

[87] BERGSON, Essai sur les données, p. 121, 124.

[88] M. Bergson a vainement essayé d'expliquer ces faits avec sa théorie, dans une conférence sur la Théorie de la personne, au Collège de France, en mai 1911 (Cf. Etudes, 20 nov. 1911, art. de Grivet, p. 449 et suiv.).

[89] Cette multiplicité de séries parallèles ou divergentes dans un même temps ne suffît pas à faire un temps à plusieurs dimensions, comme l'a imaginé Ostwald (Esquisse d'une philosophie des sciences), espérant faire ainsi le pendant à l'espace non-euclidien à n dimensions. De même qu'une seconde, troisième ou n° dimension spatiale est reliée aux précédentes par un nouveau rapport spatial, ainsi une deuxième dimension temporelle devrait se relier à la première par un rapport temporel différent. Or, il n'en est rien. C'est au même moment que les séries d'états psychologiques s'écoulent simultanément. Il n'y a donc pas ici une seconde relation temporelle différente de la première. La simultanéité ne peut constituer un temps différent (Cf. LECHALAS, Revue de Méta. et de Morale, sept. 1911, p. 803).

[90] BERGSON, Essai sur les données, p. 172.

[91] BERGSON, Essai sur les données, p. 124.

[92] Il eût été plus exact de dire que l'existence de l'être substantiel—du moi-agent—a seule une continuité nécessaire, de sa naissance à sa mort. Ses opérations, conscientes ou inconscientes, peuvent, au contraire, se succéder sans aucune continuité. De là vient qu'elles sont si souvent interrompues et reprises. Mais M. Bergson n'admettant l'existence d'aucun être substantiel, nous avons dû, pour le moment, nous placer sur son terrain et montrer que, même dans la succession continue des états de conscience, il y a distinction et multiplicité.

[93] BERGSON, Essai sur les données, p. 134.

[94] BERGSON, Essai sur les données, p. 136, 137, 138.

[95] BERGSON, Essai sur les données, p. 139.

[96] «Cette figure ne me montre pas l'action s'accomplissant, mais l'action accomplie.» (BERGSON, Ibid., p. 137.)

[97] BERGSON, Essai sur les données, p. 140, 141.

[98] BERGSON, Essai sur les données, p. 151.

[99] BERGSON, Essai sur les données, p. 140 à 151.

[100] BERGSON, Essai sur les données, p. 143, 144.

[101] BERGSON, Essai sur les données, p. 145, 150.

[102] BERGSON, Essai sur les données, p. 152, 153.

[103] BERGSON, Essai sur les données, p. 118.

[104] Ce sont parfois les monstres les plus rares de la nature qui nous font le mieux connaître ses lois. Aussi, les cas tératologiques sont-ils d'une importance capitale pour l'étude des lois biologiques.

[105] BERGSON, Essai sur les données, p. 153.

[106] Nous verrons plus tard si M. Bergson n'a pas dû modifier sur un point si important sa première opinion.

[107] BERGSON, Essai sur les données, p. 158.

[108] BERGSON, Essai sur les données, p. 161.

[109] BERGSON, Essai sur les données, p. 167.

[110] BERGSON, Essai sur les données, p. 167.

[111] BERGSON, Essai sur les données, p. 126, 128.

[112] BERGSON, Essai sur les données, p. 131, 132.

[113] BERGSON, Essai sur les données, p. 129.

[114] BERGSON, Essai sur les données, p. 128.

[115] BERGSON, Essai sur les données, p. 134.

[116] BERGSON, Essai sur les données, p. 164, 165. Dans l'ouvrage suivant, Matière et Mémoire, p. 205, il cherche un correctif, en appelant l'acte libre «une synthèse de sentiments et d'idées», mais il revient bientôt à sa conception monistique.

[117] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 199.

[118] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 198.

[119] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 13, 257, 262.

[120] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 197, 263.

[121] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 252.

[122] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 199.

[123] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 207. «Nous n'avions pas à explorer ce domaine. Placés au confluent de l'esprit et de la matière, désireux avant tout de les voir couler l'un dans l'autre, nous ne devions retenir de la spontanéité de l'intelligence que son point de jonction avec son mécanisme corporel.» (Ibid., p. 269.)

[124] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 1.

[125] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 3.

[126] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 2.

[127] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 7.

[128] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 23, 56, 62.

[129] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 22.

[130] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 49

[131] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 262.

[132] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 199.

[133] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 31, 240.

[134] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 20, 21.

[135] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 159.

[136] «Toutes les sensations participent de l'étendue; toutes poussent dans l'étendue des racines plus ou moins profondes.... L'idée que toutes nos sensations sont extensives à quelque degré pénètre de plus en plus la psychologie contemporaine. On soutient, non sans quelque apparence de raison, qu'il n'y a pas de sensation sans «extensité» ou sans un «sentiment de volume». L'idéalisme anglais prétendait réserver à la perception tactile le monopole de l'étendue, les autres sens ne s'exerçant dans l'espace que dans la mesure où ils nous rappellent les données du toucher. Une psychologie plus attentive nous révèle, au contraire, et nous révélera sans doute de mieux en mieux, la nécessité de tenir toutes les sensations pour primitivement extensives, leur étendue pâlissant et s'effaçant devant l'intensité et l'utilité supérieures de l'étendue tactile, et sans doute aussi de l'étendue visuelle.» (Ibid., p. 242, 243. Cf. p. 237.)

[137] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 50, 51.

[138] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 151.

[139] «C'est bien véritablement dans la matière que la perception pure nous place, et bien réellement dans l'esprit même que nous nous plaçons déjà avec la mémoire.» (Ibid., p. 198.) «En passant de la perception pure à la mémoire, nous quittons définitivement la matière pour l'esprit.» (p. 263.)

[140] De ces deux mémoires, l'une imagine, l'autre répète. La seconde peut suppléer la première et en donner l'illusion. «Alors le mécanisme moteur supplée l'image qui fait défaut.» (BERGSON, Matière et Mémoire, p. 79, 83.) «La seconde, celle que les psychologues étudient d'ordinaire, est l'habitude éclairée par la mémoire plutôt que la mémoire même.» (Ibid., p. 81.)

[141] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 164.

[142] Cf. Ibid., p. 166.

[143] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 146.

[144] «Le souvenir pur est une manifestation spirituelle. Avec la mémoire, nous sommes bien véritablement dans le domaine de l'esprit.» (Ibid., p. 269.)

[145] M. Bergson a exprimé cette gradation par un graphique, p. 143.

[146] BERGSON, Matière et Mémoire, p. iii. Cf., p. 75, 124, 135, 193, 265. (C'est nous qui soulignons.)

[147] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 195.

[148] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 14.

[149] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 247.

[150] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 248 et 249.

[151] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 273.

[152] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 44.

[153] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 273, 274.

[154] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 200, 201. Cf., p. 275.

[155] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 278, 279.

[156] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 256.

[157] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 262, 263.

[158] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 245.

[159] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 278.

[160] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 248.

[161] «Esse cujusque rei consistit in indivisione; et inde est quod unumquodque, sicut custodit suum esse, ita custodit suam unitatem.» (S. THOMAS, Sum. theol., I°, q. xi, a. i, ad 3.)

[162] Etudes, t. II, Matière et Forme en présence des sciences modernes.

[163] Le lecteur sait que le monisme a deux degrés: 1° Identité de nature de tous les êtres créés; 2° des créatures et du Créateur.—Nous ne parlons ici que du premier degré. Mais le premier conduit au second, car l'un et l'autre se fondent sur l'identité des contraires et l'indifférence des différents.

[164] ARISTOTE, De ausculta, naturæ, Physic., l. III, c. i.

[165] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 342.

[166] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 35, 79, 263, 329.

[167] Voir cette réfutation dans notre Théorie fondamentale, t. Ier de nos Etudes, p. 62 et suiv.

[168] ARISTOTE, Physic., l. VIII, c. iii, §§ 2 et 6. Cf. 1. Ier, c. ii, § 6; l. II, c. i, § 6; c. iv, § 10, etc.

[169] Notons que la même solution avait déjà été indiquée par Platon: «Voici donc que le philosophe est absolument forcé de n'écouter ni ceux qui croient le monde immobile, ni ceux qui mettent l'être dans le mouvement universel. Entre le repos et le mouvement de l'être et du monde, il faut qu'il fasse comme les enfants dans leurs souhaits, qu'il prennent l'un et l'autre.» (Sophiste, 248E, 249D.)

[170] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 348.

[171] Voir RIVAUD, le Problème du devenir dans la philosophie grecque, p. 44, 373, etc.

[172] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 342.

[173] Voir notre Théorie fondamentale de l'Acte et de la Puissance ou de Mouvement, 7° édition, in-8° de 410 pages (chez Berche et Tralin).

[174] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 295. «La chose résulte d'une solidification opérée par notre entendement, et il n'y a jamais d'autres choses que celles que l'entendement a constituées.» (Ibid., p. 270.) «La matière ... doit être un flux plutôt qu'une chose.» (Ibid., p. 203.)

[175] BERGSON, Ibid. p. 1, 2.

[176] BERGSON, Ibid. Cf. p. 12, 139, 203, 251, 260, 327, 342, 395, 398, etc., etc.

[177] Cf. PLATON, Cratyle, 402 A; 404 D; Théat., 152 D; 160 D.

[178] Réplique des modernistes, p. 10. De même LE ROY: «Le devenir est la seule réalité concrète.» (Revue de Méta. et de Morale, 1901, p. 418.)

[179] «Elle coule (la réalité) sans que nous puissions dire si c'est dans une direction unique, ni même si c'est toujours et partout la même rivière qui coule.» (BERGSON, préface à une traduction de W. James [Flammarion, 1910], Philosophie de l'expérience.)

[180] B. SAINT-HILAIRE, Physique, préface, p. xxviii.

[181] Revue philosoph., avril 1911, p. 354.

[182] LE ROY, Revue de Méta. et de Morale, 1901, p. 411.

[183] L'illusion serait due aux préjugés utilitaires de l'action! «L'immobilité étant ce dont notre action a besoin, nous l'érigeons en réalité.» (BERGSON, Confér. d'Oxford, p. 20.) Comme si notre action n'avait pas un égal besoin de mobilité!

[184] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 326, 327.

[185] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 219, 220, 225, 260.

[186] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 1 à 3.

[187] «Il y a simplement (en nous) la mélodie continue de notre vie intérieure, mélodie qui se poursuit, indivisible, du commencement à la fin de notre existence consciente. Notre personnalité est cela même.» (BERGSON, Conférences d'Oxford, p. 26.)

[188] Cette causalité efficiente de la substance par rapport aux accidents est enseignée par saint Thomas et tous les scolastiques; la seule question en litige entre eux est celle de la nature de cette causalité. La substance joue-t-elle le rôle de cause efficiente principale ou seulement instrumentale? Par exemple, lors de la production d'une substance, se trouve-t-on en présence de deux actes, dont l'un serait la production de la substance, l'autre la génération des accidents par cette même substance (telle est la doctrine de Suarez); ou bien, n'y a-t-il qu'un seul acte consistant dans la production simultanée de la substance et des accidents, avec cette réserve que la substance jouerait dans la génération des accidents le rôle d'une cause instrumentale (c'est l'opinion de saint Thomas)? Mais dans l'une et l'autre thèse, la causalité de la substance est sauvegardée, en sorte que dans les deux opinions, la nature des accidents permet de conclure par induction à celle de la substance, tandis que dans l'opinion de Kant, il serait impossible de s'élever du phénomène au noumène qui reste inconnaissable. (Cf. S. THOM., Quodlib, ix, a. 5;—Sum theol., p. I, q. LXXVII, a. 6, 7;—Ia IIæ, q. LXXVII, a. 1;—De Virtut., q. I, a. 3;—De Verit., q. xiv, a. 5;—In IV Sent., q. I. a. 1.—UBRABURU, Ontol., n. 319-325;—DE MARIA, Ontol., p. 578, etc.)

[189] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 3, 4.

[190] TAINE, De l'Intelligence, I, p. 343. Au lieu de file, les bergsoniens disent plus souvent le continu, mais la pensée est au fond la même. Pour eux, «la seule réalité est celle du continu».

[191] TAINE, Ibid., p. 345.

[192] Voici un aveu de M. Bergson: «La psychologie substitue donc au moi une série d'éléments qui sont les faits psychiques. Mais ces éléments sont-ils des parties? Toute la question est là. Et c'est pour l'avoir éludée qu'on a posé en termes insolubles le problème de la personnalité humaine.... Ils cherchent le moi et prétendent le trouver dans les états (ou la file des états) psychologiques.... Aussi, ont-ils beau juxtaposer des états aux états, en multiplier les contacts, en explorer les interstices, le moi leur échappe toujours, si bien qu'ils finissent par n'y voir qu'un vain fantôme.... Bien vite, elle (la psychologie) arrive à croire qu'elle pourrait, en composant ensemble tous les points de vue, reconstituer l'objet. Est-il étonnant qu'elle voie fuir cet objet devant elle, comme l'enfant qui voudrait se fabriquer un jouet solide avec les ombres qui se profilent le long des murs.... L'unité du moi ne pourra plus être qu'une forme sans matière. Ce sera l'indéterminé et le vide absolu.» (BERGSON, Revue de Méta. et de Morale, janv. 1903, p. 10, 12, 13.)

[193] «Il y a des changements, mais il n'y a pas de choses qui changent; le changement n'a pas besoin d'un support. Il y a des mouvements, mais il n'y a pas nécessairement des objets invariables qui se meuvent: le mouvement n'implique pas un mobile.» (BERGSON, Conférences d'Oxford, p. 24.) (C'est l'auteur qui a souligné.)

[194] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 325.

[195] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 270.

[196] BERGSON, Revue de Méta. et de Morale, nov. 1911, p. 814. De même W. James qui les appelle une mascarade de noms. (Phil. de l'expérience, p. 200.) Même caricature dans Laberthonnière, qui ose définir l'âme: «Entité inerte qu'on imagine au-delà de la conscience (!) par-dessous (!!), comme un morceau de matière (!!!) sur lequel viendraient s'imprimer les diversités de la vie psychique....» (Annales de philosophie chr., nov. 1910, p. 178.) W. James, Ibid., appelle aussi l'âme: «Un bouche-trou théorique; il marque une place et réserve cette place à une explication qui devra venir l'occuper plus tard.»—Plus tard! c'est toujours commode. En attendant, l'unité de l'agent que j'appelle mon âme explique seule l'unité de mes actions et du «courant de ma conscience».

[197] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 327.

[198] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 338.

[199] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 262, 293, 295. Cf. p. 42, 343, 390, etc. «Il n'y a pas d'étoffe plus résistante ni plus substantielle.» (p. 4.)

[200] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 2, 5.

[201] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 16.

[202] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 181, 218, 270. «Le passé fait corps avec le présent.... Ce n'est pas seulement notre passé à nous qui se conserve, c'est le passé de n'importe quel changement....» (BERGSON, Conférences d'Oxford, p. 33, 34.)

[203] FOUILLÉE, Revue philosophique, avril 1911, p. 353.

[204] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 259.

[205] PLATON, Cratyle, trad. de Cousin, p. 154.

[206] PLATON, Sophiste, Ibid., p. 263.

[207] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 14.

[208] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 148, 149.

[209] «Ma personne à un moment donnée est-elle une ou multiple?... Je suis donc ... unité multiple et multiplicité une.... Je n'entre ni dans l'une ni dans l'autre (de ces catégories) ni dans les deux à la fois, quoique les deux réunies puissent être une imitation approximative de cette interpénétration réciproque et de cette continuité que je trouve au fond de moi-même.» (BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 280. Cf. 283.)

[210] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 295.

[211] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 222 et 226.

[212] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 219, 265, 280, 283, 292.

[213] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 18, 49, 58, 260, 367, 368, 370, 371, 372, 373, etc.

[214] «Il n'y a plus que des directions.» (BERGSON, Ibid., p. 17.)

[215] LE ROY, Revue de Méta. et de Morale, 1901, p. 305; 1907, p. 167. Cf. juill., p. 480, etc.

[216] BERGSON, Essai sur les données, p. 158.

[217] «Qu'est-ce que le devenir, sinon une fuite perpétuelle de contradictoires qui se fondent?» (LE ROY, Revue de Méta. et de Morale, 1901, p. 411.)

[218] LE ROY, Revue de Méta. et de Morale, 1905, p. 200-204.

[219] Voyez avec quelle énergie Aristote a stigmatisé ces sophismes, dans notre Théorie fondamentale, p. 82 et suiv.

[220] «Item si contradictiones simul veræ de eodem omnes, patet quod omnia erunt unum, δἦλον ὡς άπαντα ἔσται ἔν, erit etenim idem et triremis, et paries, et homo, si de omni contingit quicquam aut affirmare aut negare ... patet quod homo non erit triremis: sed est etiam, si contradictio vera est. Et jam fit quod Anaxagoras aiebat: «Simul omnes res esse», ita ut nihil vere sit unum.»—«Nam si verum est quod homo est non-homo, patet quod etiam nec homo, nec non-homo erit.» (ARISTOTE, Méta., l. III, c. iv, §§ 16, 19.)

[221] BERGSON. l'Evolution créatrice, p. 10, 366.

[222] «Accidit eis qui simul dicunt esse et non esse, magis dicere quiescere cuncta, quam moveri. Non enim est in quod quicquam mutetur, ουγαρ ἔστιν είς ὅ τι μεταβάλλει, nam omnia omnibus insunt.» (ARISTOTE, Méta., l. III., c. v., § 16.)

[223] «Accedit igitur id quod fertur vulgo his omnibus orationibus, eas seipsas perimere, αύτους ἐαυτους άναιρειν.» (ARISTOTE, Méta, l. III, c. viii, § 5.)

[224] Voici une réplique de M. Bergson: «On ne croit plus aujourd'hui que le vrai puisse être donné une fois pour toutes, saisi dans son intégralité (??) par l'effort hardi d'un vigoureux génie. Si pareille chose était possible, ce serait l'arrêt final de la pensée humaine désormais inutile.» (Congrès de Bologne, 10 avr. 1911.) C'est le sophisme du tout ou rien que le lecteur n'aura pas de peine à démasquer.

[225] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 211.

[226] BERGSON, l'Evolution créatrice, Introd., p. vi.

[227] BERGSON, l'Evolution créatrice, cf. p. 393 et suiv.

[228] BERGSON, l'Evolution créatrice, cf. p. 207.

[229] BERGSON, l'Evolution créatrice, cf. p. 92.

[230] Cf. l'Evolution créatrice, p. 59, 62, 82.

[231] BERGSON, l'Evolution créatrice, cf. p. 93.

[232] BERGSON, l'Evolution créatrice, cf. p. 185.

[233] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 111.

[234] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 91.

[235] Cf. FARGES, la Vie et l'évolution des espèces, c. vii.

[236] DELAGE, la Structure du protoplasme et les théories sur l'hérédité, p. 184.

[237] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 92.

[238] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 141.

[239] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 92.

[240] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 114.

[241] BERGSON, l'Evolution créatrice, Ibid.

[242]«Comme si tout servait de moyen à tout.» (L'Evolution créatrice, p. 136.)

[243] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 278.

[244] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 42, 261, 391. Nous avons vu que le Temps n'est pas un être, mais une condition d'existence et d'activité pour tous les êtres créés.

[245] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 203.

[246] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 137, 154, 376.

[247] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 28.

[248] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 107, 108.

[249] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 108.

[250] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 109.

[251] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 58.

[252] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 130.

[253] BERGSON, l'Evolution créatrice, cf. p. 115 et suiv.

[254] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 122.

[255] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 121.

[256] BERGSON, l'Evolution créatrice, cf. 122.

[257] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 58.

[258] «Quelque chose a grandi (dans l'élan originel), quelque chose s'est développé par une série d'additions qui ont été autant de créations. C'est ce développement même qui a amené à se dissocier des tendances qui ne pouvaient croître au-delà d'un certain point sans devenir incompatibles entre elles.» (BERGSON, Ibid., p. 57, 58.)

[259] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 123, 124.

[260] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 126.

[261] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 140.

[262] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 138.

[263] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 139.

[264] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 140, 141.

[265] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 138-144.

[266] BERGSON, l'Evolution créatrice, cf. p. 137, 284.

[267] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 144.

[268] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 146, 147.

[269] Cf. FARGES, le Cerveau, l'Ame et les Facultés, p. 420-460.

[270] BERGSON, l'Evolution créatrice, cf. p. 147 et suiv.

[271] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 151, 152.

[272] BERGSON, l'Evolution créatrice, cf. p. 153.

[273] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 155.

[274] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 155, 156.

[275] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 139.

[276] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 156.

[277] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 158.

[278] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 188 et suiv.

[279] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 191.

[280] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 190.

[281] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 185.

[282] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 286, 287.

[283] BERGSON, l'Evolution créatrice, cf. p. 56, 114, 128, 148.

[284] «C'est la même inversion du même mouvement qui crée à la fois l'intellectualité de l'esprit et la matérialité des choses.» (L'Evolution créatrice, p. 225.)

[285] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 182.

[286] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 50.

[287] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 50; cf. p. 182.

[288] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 57.

[289] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 182.

[290] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 204.

[291] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 210.

[292] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 200, 201.

[293] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 220.

[294] BERGSON, l'Evolution créatrice, p, 201.

[295] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 243.

[296] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 237.

[297] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 257, 258.

[298] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 266, 267.

[299] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 217, 220-221, 238, 226, 299; cf. p. 271.

[300] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 293, 294.

[301] «Un création de la matière ne serait ni incompréhensible ni inadmissible.» (BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 260.)

[302] Cf. FARGES, Théorie fondamentale, p. 180-192.

[303] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 299.

[304] BERGSON, l'Evolution créatrice, cf. p. 348, 350, 377, 381, 385.

[305] «Il n'y a pas de choses, il n'y a que des actions.... J'exprime cette similitude probable quand je parle d'un centre d'où les mondes jailliraient comme les fusées d'un immense bouquet,—pourvu toutefois que je ne donne pas ce centre pour une chose, mais pour une continuité de jaillissement. Dieu, ainsi défini, n'a rien de tout fait; il est vie incessante, action, liberté.» (BERGSON, Ibid., p. 270.)

[306] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 209. (C'est nous qui soulignons.)

[307] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 49; cf. p. 367, 373.

[308] Au fond, c'est la confusion de l'essence et de l'existence que les scolastiques avaient si bien distinguées. L'existence n'est identique à l'essence que dans un seul être, l'Etre parfait. Dire que le monde existe parce qu'il dure, qu'il est la durée même, c'est dire qu'il est l'Etre parfait, alors que son imperfection et sa contingence éclatent de toute part.

[309] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 341.

[310] LE ROY, Revue de Méta. et de Morale, juill. 1907, p. 482.

[311] Semper prius est quod melius est. ᾽Αει τὸ βέλτιον πρότερον. ARISTOTE, Méta., l. II, c. iii, § 12.—. Ούκ οϋν βέλτιον τὸ πρὦτον. Méta., l. XI, c. vi, § 11.

[312] BOUTROUX, Etudes d'hist. et de philosophie, p. 202.

[313] RENAN, Averrhoès, p. 7.

[314] «La formule maîtresse de ces novateurs est précisément le contraire de la nôtre, et toute leur doctrine se résume dans cette phrase: le non-être prime l'être. Aussi, de là, ces belles conclusions que l'on sait: tout a commencé par le néant;—le devenir est la seule existence véritable;—le plus sort du moins;—ce qui passe est réel; ce qui demeure, une abstraction;—l'Etre infini est la dernière et la plus vide des abstractions. Toujours et partout, c'est la primauté du néant affirmée impudemment; le dernier mot de tout ceci est la formule: le non-être prime l'être.» (DE RÉGNON, la Métaph. des causes, p. 116.)

[315] «Dieu, ainsi défini, n'a rien de tout fait.»—Il est «une continuité de jaillissement».—(Il est donc en train de se faire et d'évoluer avec l'univers.) (BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 270.)

[316] PLATON, Sophiste, trad. Cousin, p. 261.—ARISTOTE, Méta., l. XII, c. ix.

[317] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 299.

[318] BERGSON, l'Evolution créatrice, Introd., p. vii; cf. p. 96, 111.—«La doctrine des causes finales ne sera jamais réfutée définitivement. Si l'on écarte une forme, elle en prendra une autre.» (p. 43.)

[319] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 347.

[320] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 67-83.

[321] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 75, 83.

[322] BERGSON, l'Evolution créatrice, cf. p. 84.

[323] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 95.

[324] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 111.

[325] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 112.

[326] BERGSON, l'Evolution créatrice, cf. p. 97.

[327] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 114.

[328] HAMELIN, Essai sur les éléments de la représentation, 1907, p. 321.

[329] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 104, 110, 200, 283.

[330] Τὸ γαρ ὅλον πρότερον άναγκαιον είναι του μέρους. (Polit.. l. I, c. ii.)

[331] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 184.

[332] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 96.

[333] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 105.

[334] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 113.

[335] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 268.

[336] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 269.

[337] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 270.

[338] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 272.

[339] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 283.

[340] SULLY-PRUD'HOMME, le Problème des causes finales, p. 157.

[341] BERGSON, l'Evolution créatrice, Introd., p. vi.

[342] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 193, 194, cf. p. 201.

[343] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 399.

[344] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 226.

[345] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 3.—Cf. l'Evolution créatrice, p. 316.

[346] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 37.

[347] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 39.—Cf. p. 53, 56, 151, 262, etc.

[348] Elles ont même le maximum possible d'objectivité, parce que «la perception des qualités sensibles est beaucoup plus indépendante du besoin et présente par là même une réalité objective supérieure». (BERGSON, «Réponse à Pitkin», Journal of Philosophy, 7 juill. 1910.)

[349] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 225; cf. 228, 66.

[350] La qualité sensible consisterait dans une espèce de contraction du réel opéré par un état variable de tension ou de relâchement, p. 21, 232.

[351] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 40, 56.

[352] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 60, 61.—Cf. p. 145, 147, 150, 264.—«De là l'illusion qui consiste à voir dans la sensation un état flottant et inextensif, lequel n'acquerrait l'extension et ne se consoliderait dans le corps que par accident: illusion qui vicie profondément la théorie de la perception extérieure.... Il faut en prendre son parti: la sensation est, par essence, extensive et localisée.» (Ibid., p. 151.)

[353] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 147, 267.

[354] Cf., sur ce double jeu, notre étude l'Objectivité de la perception, p. 229 et suiv.

[355] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 239.

[356] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 267.

[357] «Les états cérébraux qui accompagnent la perception n'en sont ni la cause ni le duplicat.» (Matière et Mémoire, p. 263. Cf. p. 52, 68.) «Le cerveau est un instrument d'action, non de représentation.» (p. 69.)

[358] Cette théorie profonde d'Aristote et des scolastiques trouve un écho dans l'Evolution créatrice, p. 182, où la vision est appelée «un toucher rétinien».

[359] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 227.

[360] HAMILTON, Lec. on Met., t. I, p. 288.

[361] B. SAINT-HILAIRE, De Anima, préf., p. 117.

[362] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 59, 37, 61, 257, 244.

[363] Voir notre étude I. Théorie fondamentale, p. 370 à 402.

[364] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 263, 245, 143, 260, 19.

[365] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 105, 106.

[366] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 245.—Cf. p. 263.

[367] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 244, 256, 36.

[368] «Elle (la vraie philosophie) doit nous ramener, par l'analyse des faits et la comparaison des doctrines, aux conclusions du sens commun.» (Ibid. Avant-propos, p. iii.) Un aveu si précieux est à retenir pour juger la philosophie nouvelle. On ne saurait trop le répéter.

[369] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 70; cf. p. 49, 52, 261.

[370] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 20, 21, 63.

[371] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 65, 60, 67.

[372] BERGSON, Matière et mémoire, p. 255. Les besoins des animaux et ceux de l'homme étant différents, on peut en conclure que leur perception du monde est différente de la nôtre, dans une certaine mesure, mais le fond est le même.

[373] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 197, 62.

[374] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 257.

[375] «Pourvu que l'on ne considère de la Physique que sa forme générale et non pas le détail de sa réalisation, on peut dire qu'elle touche à l'absolu.» BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 217, 216; cf. p. 52, 225, 251, 387, 389, etc. On voit par là combien M. Bergson est loin de ne voir dans les sciences—avec nos pragmatistes—que des définitions nominales ou conventionnelles plus ou moins déguisées, auxquelles le succès tiendrait lieu de vérité.

[376] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 390, 391.

[377] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 54.

[378] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 177.

[379] «Originellement, nous ne pensons que pour agir. C'est dans le moule de l'action que notre intelligence a été coulée. La spéculation est un luxe, tandis que l'action est une nécessité.» (BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 47.) Le même reproche est adressé au Sens commun: p. 48, 49, 166, 167, 306, 322, etc. On le traite d'«intéressé»; d'«utilitaire», et partant de «suspect».

[380] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 168, 169.

[381] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 169.

[382] ARISTOTE, Phys., l. III, c. i, § 6; Méta, l. X, c. ix, § 2, 4.

[383] ARISTOTE, Phys., l. III, c. i, § 9.

[384] BARTHÉLÉMY SAINT-HILAIRE, Phys., Préf., p. 38; et l. III, c. ii, § 4, note.

[385] «Progrès qui est le mouvement même.» (BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 168.)

[386] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 179; cf. p. ii, 175, 193.

[387] BERGSON, l'Evolution créatrice, introd., p. ii; cf. p. 53.

[388] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 225.

[389] BERGSON, l'Evolution créatrice, introd., p. i, ii; cf. p. 173, 175, 213, 289, 398.

[390] Cf. BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 151, 157, 166, 190, 198.—«(L'intelligence) est la faculté de fabriquer des objets artificiels, en particulier des outils à faire des outils, et d'en varier indéfiniment la fabrication.» (Ibid., p. 151.)

[391] FOUILLÉE, la Pensée, p. 79.

[392] FOUILLÉE, Ibid., p. 161.

[393] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 137, 105, 148, 130, 125.

[394] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 11, 17, 22, 29.

[395] Cette confusion de l'étendue abstraite avec la matière a été relevée plus haut. Ni l'anatomiste ni le chimiste ne peuvent décomposer les corps à leur fantaisie. Ils doivent en respecter les «articulations» naturelles.

[396] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 167.

[397] On peut voir ces trois notions dans Aristote, VI Phys., c. i;—Continua, quorum extrema sunt unum: Συνεχῆ, ὦν τά ἔσχατα ἓν.—Contigua, quorum extrema sunt simul: 'απτόμενα δʹὦν τά ἔσχατα αμα. —Dissita, ea interquæ nihil est medium, quod sit ejusdem rationis: 'εφεξῆς δʹὦν μηδἑν μεταξυ συχχενές.

[398] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 13, 160, etc.

[399] BERGSON, Matière et mémoire, p. 218.

[400] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 10, 366.

[401] «Moi et non-moi, moi et vous, moi et tous, forment une discontinuité primitive qu'aucun artifice ne saurait supprimer.» (FOUILLÉE, la Pensée, p. 16.)—«Si nous découpons le réel, c'est qu'il est découpable, c'est qu'il est jusqu'à un certain point découpé, c'est que nous y sommes découpés nous-mêmes; c'est, par exemple, qu'un homme n'est pas un autre homme, qu'un homme n'est pas un cheval ... bref que nos idées, nos concepts et nos lois ont un fondement dans le réel.» (Ibid.. p. 74.)

[402] «Multitudinem esse et divisibile, magis est sensibile quam esse indivisibile. Quare multitudo ratione prior quam indivisibile per sensum est.» Τὸ μαλλον αισθητὸν τὸ πλἦθος εϊναι και τὸ διαιρετὸν ἢ τὸ άδιαίρετον, ὤστε τῷ λόγῳ πρότερον τὸ πλἦθος τοϋ άδιαιρέτου δια τῆν αϊσθησιν. (Méta., l. IX, c. iii, § 2.)

[403] FOUILLÉE, la Pensée, p. 223.

[404] S. THOMAS, I°, q. LXXXV, a. 3.

[405] ARISTOTE, Phys., l. I, c. ii, § 15.

[406] PLATON, Phèdre, 265 E.—Voir aussi contre l'unité de l'être Parménide et le Sophiste, surtout, p. 248, trad. Cousin.

[407] ARISTOTE, Méta., l. XII, c. iii, § 8, 9.

[408] ARISTOTE, Phys., l. II, c. ii, § 3;—Méta., l. XII, c. iii, § 8.

[409] S. THOMAS, I°, q. LXXXV, a. 4.

[410] SAINT THOMAS, Contra Gent., l. II, c. xcv.

[411] «Quocirca idem erit bonum et non bonum, idem homo et equus: nec de hoc erit illius disputatio, an omnia entia sint unum, sed eo potius an nihil sint: item tale esse et tantum esse, idem erunt.» ὥστε ταύτον ἔσται άγαθὸν και ούκ άγαθὸν, και άνθρωπος και ίππος, και ού περι τοϋ ἓν εϊναι τα ὄντα ὁ λόγος ἔσται αύτοϊς, άλλα περι τοϋ μηδέν, και τὸ τοιῳδι εϊναι και τοσᾡδι ταύτόν (Phys., l. I, c. ii, § 14.)

[412] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 170.

[413] LE ROY, Revue de Méta. et de Morale, sept. 1899, p. 517.

[414] M. Fouillée l'a très bien vu: «La tentative pour expliquer entièrement l'origine des idées et leur vérité par la biologie constitue une immense pétition de principe.» (La Pensée, p. 80.)

[415] «In quantum dicit verbum anima cognoscit objectum.» S. THOMAS, de Verit., q. iv, a. 2. Après l'intuition de son objet, l'esprit se l'exprime et se le dit à lui-même.

[416] «Omnis scientia est universalium.... Quodam modo scientia est universalis» (dans ses principes); «quodam modo autem minime» (dans ses applications particulières). (ARISTOTE, Méta., l. XII, c. x, § 8.) «Un joueur d'échecs, par exemple, ne crée pas une science en gagnant une partie. Il n'y a de science que du général.» (POINCARÉ, la Science et l'hypothèse, p. 13.)

[417] «Loin de faire fi des principes, nous croyons qu'ils sont l'essentiel. Y substituer la pure étude des faits biologiques, c'est vouloir faire marcher une montre sans y introduire le grand ressort.... Vainement on nous invite à délaisser pour les questions pratiques du jour «la paix des questions éternelles»—dites plutôt le tournant des questions éternelles. Les problèmes du jour ne peuvent vraiment se résoudre qu'en vertu de raisons qui les dépassent: l'actuel dépend du perpétuel.» (FOUILLÉE, Morale des idées-forces, p. XXVII, XXIX.)

[418] Φανερὸν τοινυν έκ τουτων ὄτι ἔστι τὸ πρώτος κινοϋν άκίνητον (ARISTOTE, Phys., l. VIII, c. v.)

[419] Pour Aristote, c'est quelque chose de divin, τὸ θείον; pour saint Thomas et pour nous, c'est la pensée même de Dieu reflétée par ses créatures.

[420] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 340.

[421] «Concevoir (le concept) est un pis aller (!!) dans les cas où l'on ne peut pas percevoir (!!).... Une conception ne vaut que par les perceptions éventuelles qu'elle représente (!!).» (BERGSON, Conférences d'Oxford, p. 5.) Le lecteur appréciera si ce n'est pas là une inintelligence totale.

[422] «Persistance inextinguible d'un reste: c'est la tare essentielle du concept.» (Revue néo-scolastiq., nov. 1910, p. 489.)

[423] SAINT THOMAS, in Il Cœlor., l. XVIII.

[424] Quidquid esse potest intelligi potest. S. THOMAS, Contra Gent., l. II, c. 98.—La raison en est que tout ce qui vient à l'existence est la réalisation d'un possible et partant d'une idée.

[425] BERGSON, Revue de Méta. et de Morale, 1903, p. 8.

[426] Nominaliste pour tous les concepts, excepté pour celui de Temps, où M. Bergson est ultra-réaliste, puisqu'il en fait la substance des choses dans le grand Tout. En faisant du Temps non pas un fluide, mais la fluidité même, il hypostasie une abstraction.

[427] L'universel veut dire essence commune à plusieurs individus. Ainsi la rondeur est une essence commune à toutes les choses rondes. La première vue de l'esprit découvre une essence, v.g. la rondeur de ce cercle: c'est l'universel direct. La seconde vue la considère comme étant commune à tous les autres cercles, existants ou possibles, c'est-à-dire comme infiniment imitable: c'est l'universel réflexe.

[428] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 56, 114, 128, 136, 148.

[429] BERGSON, l'Evolution créatrice, introd., p. iii.

[430] En général, l'intuition désigne l'acte de connaître un objet immédiatement, sans raisonnement ni passage par des idées intermédiaires. Elle s'oppose à l'acte discursif.

[431] «Une faculté tout autre que celle d'analyser. Ce sera, par définition même, l'intuition.» (BERGSON, Revue de Méta. et de Morale, 1903, p. 35.)

[432] BERGSON, l'Evolution créatrice, introd., p. iv; cf. p. 216.

[433] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 31, 47, 49, 164, 323, etc.

[434] Voici un aveu: «Même quand elle se lance dans la théorie, la science est tenue d'adapter sa démarche à la configuration générale de la pratique (et du réel). Si haut qu'elle s'élève, elle doit être prête à retomber dans le champ de l'action et à s'y retrouver tout de suite sur ses pieds. Ce ne lui serait pas possible si son rythme différait absolument de celui de l'action elle-même.» (L'Evolution créatrice, p. 356.) Bien loin de s'opposer, le théoricien et le praticien se complètent.

[435] Il s'agit «d'une connaissance par le dedans, qui les saisit (les faits) dans leur jaillissement même au lieu de les prendre une fois jaillis, qui creuserait ainsi au-dessous de l'espace et du temps spatialisé....» (BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 390.)

[436] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 50; cf. p. 216.

[437] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 53.

[438] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 210, 211.

[439] Même hésitation chez M. Le Roy qui écrit: «La tâche propre du philosophe serait de résorber l'intelligence dans l'instinct, ou plutôt de réintégrer l'instinct dans l'intelligence.» (Revue des Deux Mondes, février 1912.)

[440] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 179.

[441] BERGSON, l'Evolution créatrice, cf. p. 197.

[442] «La première (connaissance) implique qu'on tourne autour de cette chose; la seconde, qu'on entre en elle.» (BERGSON, Revue de Méta. et de Morale, 1903, p. i.)

[443] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 290.

[444] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 209.

[445] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 258, cf. p. 259.—«En les rapprochant les unes des autres (les formes de l'instinct), en les faisant ensuite fusionner avec l'intelligence, n'obtiendrait-on pas cette fois une conscience coextensive à la vie et capable, en se retournant brusquement contre la poussée vitale qu'elle sent derrière elle, d'en obtenir une vision intégrale, quoique sans doute évanouissante?» (Ibid., introd., p. v.)

[446] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 272.—«On appelle intuition cette espèce de sympathie intellectuelle par laquelle on se transporte à l'intérieur d'un objet pour coïncider avec ce qu'il a d'unique et partant d'inexprimable.» (Rev. de Méta. et de Morale, 1903, p. 3.)

[447] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 209.

[448] BERGSON, Discours de Bologne, 10 avril 1911, dans la Revue de Méta. et de Morale, nov. 1911, p. 826, 827.

[449] BERGSON, Ibid., p. 813, 824.

[450] Pour Kant, c'est le concept qui recoud le décousu informe de l'intuition sensible. Pour Bergson, c'est, au contraire, l'intuition sensible qui recoud le morcelage du concept. Opposition curieuse qui trahit le caractère artificiel de ces systèmes!

[451] Aristote avait déjà dit: «Sentir n'est pas encore savoir.» (Anal. Post.)

[452] FOUILLÉE, la Pensée, p. 363.

[453] «Concevoir est un pis-aller dans le cas où l'on ne peut pas percevoir.» (BERGSON, conf. d'Oxford, la Perception du changement, p. 5.)

[454] Cf. S. AUG. De Genes. ad litt., IV, 32, 50.—S. Thomas ajoute que la vision dans le Verbe est la connaissance la plus parfaite, soit du général, soit du particulier. Perfectius (res) cognoscitur per Verbum quam per se ipsam, etiam in quantum est talis, (De verit. q. 8, a. 16, ad II; cf. q. 4, a. 6.)

[455] BERGSON, Revue de Méta. et de Morale, janv. 1903, p. 13.

[456] FOUILLÉE, la Pensée, p. 353.

[457] BERGSON, Revue de Méta. et de Morale, janv. 1903, p. 9, 15, 27. Voici quelques jolis exemples de ces concepts «fluides». Définition de l'idée: «Une certaine assurance de facile intelligibilité.» Définition de l'âme: «Une certaine inquiétude de vie.» (Ibid., p. 31.) On comprend que de tels concepts soient perpétuellement changeants.

[458] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 393.

[459] Cf. notre étude I sur le Mouvement, p. 142 et suiv.

[460] BERGSON, Revue de Méta. et de Morale, 1903, p. 32, 33.

[461] Aristote, lui aussi, a voulu revenir «de la sécheresse et de l'insuffisance logique à la richesse féconde de l'expérience, de l'artificiel au naturel.» (RAVAISSON, Testament philosophique, p. 7.)

[462] LE ROY, Revue de Méta. et de Morale, 1907, p. 488, 495.

[463] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 389.

[464] BERGSON, Matière et Mémoire, p. 54.

[465] «L'intuition de soi est l'illusion d'un ultra-raffiné qui prend la conscience aiguë d'une sensation pour la coïncidence avec l'être.» (Revue néo-scolastique, nov. 1910, p. 490.) Une méprise si grossière n'est certes pas d'un ultra-raffiné!... La conscience ne saisit pas seulement la pensée, mais aussi celui qui pense: intellectus intelligit semetipsum—, dit saint Thomas. Et ce n'est pas seulement l'école d'Aristote et de saint Thomas qui est unanime sur ce point capital, mais encore l'école suarésienne: «Prima cognitio accidentis non terminatur ad abstractum sed ad concretum ... sicque substantia cognoscitur simul cum accidente, hoc est in confuso, in quantum est pars talis concreti accidentalis.» (SUAREZ, De Anima, l. IV, c. iv.) Quant aux écoles spiritualistes modernes, contentons-nous de citer cette magnifique et décisive parole de F. Bouillier: «Dénier à la conscience le pouvoir d'atteindre, en même temps que les phénomènes, l'être que nous sommes, l'être un, identique, essentiellement actif, vie et pensée, c'est la mutiler profondément, c'est rejeter la meilleure partie de ce qu'elle nous atteste, et cela seul qui est continuellement présent au milieu de la diversité de tous ses autres témoignages.» (La Conscience en psychologie, p. 95). Une psychologie expérimentale «sans âme» n'est donc qu'une mutilation profonde de l'expérience.

[466] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 212, 213.

[467] C'est ce que les scolastiques ont appelé la quiddité: «Intellectus humani proprium objectum est quidditas sive natura in materia corporali existens.» (S. THOMAS, Sum. theol., I, q. LXXXIV, a. 3, et q. LXXXIX, a. 3.)

[468] La première notion acquise est celle de l'être: «Ens est primum quod cadit in apprehensione simpliciter.» (S. THOMAS, Quæst. disp., De Verit., q. x, a. 1.) Or, l'être le dit d'abord de ce qui est de soi (substance), puis de l'être dérivé (accidents): «Ens absolute et primo dicitur de substantia, posterius, secundum quid de accidentibus.» (S. THOMAS, De ente et essentia, c. ii.)

[469] On sait que, pour Aristote et saint Thomas, c'est l'intuition de l'être réel qui fonde toute la métaphysique. (S. THOMAS, I°, q. LXXXXV, a. 5.) La connaissance qui en découle est progressive: 1° connaissance de l'être (quelque chose qui est); 2° connaissance confuse de la substance; 3° connaissance confuse des accidents; 4° connaissance distincte de la substance; 5° connaissance distincte des accidents. Ensuite vient la connaissance de la nature des êtres étudiés: essences et propriétés. On voit par là que l'intelligence saisit la substance avant les accidents (c'est l'inversé pour les sens), parce qu'elle ne peut comprendre l'être dérivé qu'après l'être de soi. «Sicut prædicamenta non habent esse nisi per hoc quod insunt substantiæ, ita non habent cognosci nisi in quantum participant aliquid de modo cognitionis substantiæ quod est cognoscere quid est». (S THOMAS, In libro XII métaph., l. VII, lec. I.) C'est l'inverse pour les sens qui sont tout d'abord frappés par les accidents et ne saisissent l'objet que par concommitance, comme on saisit une main gantée sous le gant. En résumé, la substance est sensible per accidens et intelligible per se.

[470] BERGSON, Revue de Méta. et de Morale, 1903, p. 33, 35; cf. Matière et Mémoire, p. 203, 205-207. Grâce à cette intuition directe du réel, nous pouvons confronter l'image du souvenir avec le réel pour la rendre de plus en plus adéquate. L'adæquatio rei et intellectus est ainsi rendue possible. Elle est impossible, au contraire, pour ceux qui nient l'intuition et ne peuvent plus comparer l'image qu'avec d'autres images, sans jamais saisir l'original.

[471] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 192, 193.

[472] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 206; et réponse à Pitkin, Journal of Philosophy, 7 juill. 1910.

[473] D'ailleurs, qui distinguera les véritables biens, la véritable utilité, les succès dignes d'envie, sinon l'intelligence éclairée par d'autres critères?

[474] BERGSON, Réponse à Pitkin, Ibid.

[475] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 323.

[476] Cf. Revue de Méta. et de Morale, 1901, p. 317.

[477] LITTRÉ, Revue des Deux Mondes, 10 juin 1865.

[478] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 239-257.

[479] BERGSON, Ibid., p. 242.

[480] BERGSON, Ibid., p. 253.

[481] BERGSON, Ibid., p. 253.

[482] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 295-323.

[483] A l'exemple de M. Bergson, nous avons nous-même réédité dans ce paragraphe, presque littéralement, notre réplique déjà parue ailleurs.

[484] S. THOMAS, I Sent., dist. VIII, q. i, a. 3.

[485] BERGSON, Ibid., p. 310.

[486] MICHELET, Esquisse de logique.

[487] «Ens rationis dicitur, quod cum in re nihil ponat, et in se non sit ens, formatur tamen seu accipitur ut ens in ratione.» (S. THOMAS, V. Méta., l. IX;—Summa theol., I°, q. XVI, a. 3, ad 2.—Cf. JEAN DE S. THOMAS, Log., II, q. 2.)

[488] BERGSON, Ibid., p. 320.

[489] Dans sa lettre au P. de Tonquédec (Etudes, 20 janv. 1912, p. 516), M. Bergson a eu la loyauté de reconnaître l'insuffisance de cette première argumentation: «Elle aboutit simplement à montrer que quelque chose a toujours existé. Sur la nature de ce «quelque chose», elle n'apporte, il est vrai, aucune conclusion positive.» Le lecteur comparera cet aveu à ses prétentions premières.

[490] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 299.

[491] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 291.

[492] Pour ces citations et les suivantes, voy. Bergson, son cours au Collège de France, en mai 1911: Théorie de la Personne, cité par Grivet, Etudes, 30 nov. 1911.

[493] «Seule, la matière qu'il (le courant de la conscience universelle) charrie avec lui, et dans les interstices de laquelle il s'insère, peut le diviser en individualités distinctes. Le courant passe donc, traversant les générations humaines, se subdivisant en individus: cette division était dessinée en lui vaguement (?), mais elle ne se fût pas accusée sans la matière. Ainsi se créent sans cesse des âmes, qui cependant, en un certain sens, préexistaient. Elles ne sont pas autre chose que les ruisselets entre lesquels se partage le grand fleuve de la vie, coulant à travers le corps de l'humanité.» (BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 292.)

[494] Nous avons vu plus haut, en parlant du «morcelage», que c'est l'esprit, au contraire, qui se découpait un corps. Ce sont là des assertions difficilement conciliables à nos yeux.

[495] Voir, par exemple, l'interview de Maurice Verne dans l'Intransigeant du 26 nov. 1911.

[496] Voir l'interview ci-dessus.

[497] Cf. l'Evolution créatrice, p. 294.

[498] PIERRE LOTI, le Pèlerin d'Angkor (Calmann-Lévy). Cf. Discours de réception à l'Académie française de M. Jean Aicard, par Pierre Loti, 23 déc. 1909.

[499] «Je parle de Dieu comme d'une source d'où sortent tour à tour, par un effet de sa liberté, les «courants» ou «élans» dont chacun formera un monde: il en reste donc distinct (??), et ce n'est pas de lui qu'on peut dire que «le plus souvent il tourne court», ou qu'il soit «à la merci de la matérialité qu'il a dû se donner.» (1re lettre au P. de Tonquédec, p. 517 des Etudes.)—M. Bergson avait écrit (Evolution créatrice, p. 270): «Je parle d'un centre d'où les mondes jailliraient comme les fusées d'un immense bouquet,—pourvu toutefois que je ne donne pas ce centre pour une chose [une substance] mais pour une continuité de jaillissement. Dieu, ainsi défini, n'a rien de tout fait....»

[500] L'Evolution créatrice, p. 270, 271.

[501] De même pour M. Le Roy: «Pour nous, Dieu n'est pas, mais devient. Son devenir est notre progrès même.» (LE ROY, Revue de Méta. et de Morale, 1907, p. 509.)

[502] LE ROI, Dogme et Critique, p. 145.

[503] Malgré cela, M. Bergson persiste à croire qu'il n'est pas panthéiste, et sa bonne foi ne saurait être mise en doute. «De tout cela, écrit-il, se dégage nettement l'idée d'un Dieu créateur et libre, générateur à la fois de la matière et de la vie, dont l'effort de création se continue du côté de la vie, par l'évolution des espèces et par la constitution des personnalités humaines. De tout cela se dégage, par conséquent, la réfutation du monisme et du panthéisme en général (??). Mais, pour préciser encore ces conclusions et en dire davantage, il faudrait aborder des problèmes d'un tout autre genre, les problèmes moraux. Je ne suis pas sûr de jamais rien publier à ce sujet; je ne le ferai que si j'arrive à des résultats qui me paraissent aussi démontrables ou aussi «montrables» que ceux de mes autres travaux.» (Lettre au P. de Tonquédec, IIe lettre, Etudes, p. 515.)

[504] Autre formule de la même erreur: «Le temps n'est jamais; il devient toujours.»—Comme si le présent n'était pas en acte! «Nihil est temporis, dit saint Thomas, nisi nunc.» (Iº q. 46, a. 3, ad 3.)

[505] Cf. LE ROY, Revue de Méta. et de Morale, 1901, p. 292 et suiv.

[506] Congrès de Bologne, 10 avril 1911, dans la Revue de Méta. et de Morale, nov. 1911, p. 810.

[507] Sa première devise était: «Mettre plus de science dans la métaphysique et plus de métaphysique dans la science.» (BERGSON, Revue de Méta et de Morale, janv. 1903, p. 29.)

[508] BERGSON, Congrès de Bologne, 10 avril 1911, dans la Revue de Méta. et de Morale, nov. 1911, p. 825.

[509] «En principe, la science positive porte sur la réalité même, pourvu qu'elle ne sorte pas de son domaine qui est la matière inerte.» (BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 225; cf. p. 216.)

[510] POINCARÉ, la Valeur de la science, p. 214.

[511] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 218, 258, 211, 272.

[512] «D'après cette nouvelle méthode, pour connaître les choses telles qu'elles sont, il ne faut pas user de l'intelligence, qui ne peut que les dénaturer, mais se rapprocher (par l'intuition) de l'expérience brute, se plonger dans le tourbillon des sensations, s'abîmer enfin dans le torrent de la vie animale et végétative, se perdre dans l'inconscience et se noyer dans les choses. Ce réalisme psychologique conduit à l'idolâtrie du fait en métaphysique et en morale....»(COUTURAT, Revue de Méta. et de Morale, 1897, p. 241, 242.)

[513] W. JAMES, Philosophie de l'expérience, p. 257, 264, 265, 309, 316. «Le meilleur chemin à suivre est celui de Fechener, de Royce, de Hégel: Fechener n'a jamais entendu le veto de la Logique; Royce entend sa voix, mais refuse délibérément de savoir ce qu'elle dit; Hégel n'entend ce qu'elle dit que pour en faire fi; et tous passent joyeusement leur chemin. Serons-nous les seuls à subir son veto?» (Ibid., p. 197.) C'est Bergson, dit-il, qui l'a enhardi dans cette voie.—«Je me suis vu contraint de renoncer à la Logique carrément, franchement, irrévocablement!» (A Pluralistic universe.)

[514] MARITAIN, l'Evolutionnisme de M. Bergson, dans la Revue de Philosophie, sept. 1911, p. 539.

[515] Cf. Card. MERCIER, Discours du 8 déc. 1907 à l'Université de Louvain.

[516] M. Bergson est à peu près le seul philosophe universitaire à traiter les questions de métaphysique, comme on peut s'en convaincre en feuilletant le catalogue d'ouvrages philosophiques publiés chez Alcan.

[517] BERGSON, Revue de Méta. et de Morale, janv. 1903, p. 30, 31.

[518] Cette critique, il est vrai, n'est pas nouvelle. Déjà Platon l'adressait aux artistes de son temps: «N'est-il pas vrai que les artistes, s'inquiétant peu de la vérité, donnent à leurs ouvrages, au lieu de proportions naturelles, celles qu'ils jugent devoir faire le plus bel effet?» (Le Sophiste, trad. Cousin, p. 220.)

[519] RENÉ DOUMIC, Revue des Deux Mondes, 15 mars 1910, p. 433.

[520] Cité par GRIVET, Etudes, 20 nov. 1911.

[521] BERGSON, l'Evolution créatrice, p. 375, 355, 369.

[522] W. JAMES, Philosophie de l'expérience, p. 305.