CHAPITRE IV
L'ALERTE.
Naissance du roi de Rome.--Anxiété de la population.--Explosion d'allégresse.--Emotion de l'Empereur.--Premiers bruits de guerre.--Les Varsoviens signalent au delà de leur frontière quelques mouvements suspects.--Incrédulité de Davout.--Renseignements venus de Suède et de Turquie.--Scepticisme de l'Empereur.--Il croit que la Russie arme par peur et tâche de la rassurer.--En apprenant que plusieurs divisions de l'armée d'Orient remontent vers la Pologne, il commence à s'émouvoir.--Mesures de précaution.--Napoléon aimerait mieux éviter la guerre que d'avoir à la faire tout de suite.--Il se résigne à l'idée d'une transaction.--Départ de Lauriston.--Nouvelle lettre à l'empereur Alexandre: appel à la confiance.--Arrivée de Tchernitchef: l'Empereur le reçoit aussitôt.--Quatre heures de conversation.--Vivement pressé, Tchernitchef finit par répéter la métaphore du comte Roumiantsof.--Napoléon se figure d'abord que la Russie lui demande le duché tout entier.--Mouvement de révolte et de colère.--Dantzick ou Varsovie.--Contre-propositions de l'Empereur.--Système de ménagements.--Tchernitchef comblé d'attentions et de gâteries.--Savary s'avise spontanément de couper court aux investigations de cet observateur.--Aplomb de Tchernitchef.--Savary joue de la presse.--Le Journal de l'Empire.--Article du 12 avril.--Les nouvellistes.--Esménard.--Courroux de l'Empereur; reproches au ministre de la police; mesures prises contre l'auteur de l'article et le rédacteur du journal.--Arrivée de Bignon à Varsovie.--Tumulte d'avis contradictoires.--Poniatowski reçoit communication par miracle des lettres écrites à Czartoryski par l'empereur Alexandre.--Le projet d'invasion surpris et éventé.--Les découvertes de Poniatowski confirmées par l'approche des troupes russes.--Affolement des Polonais.--Alarme générale.--La guerre en vue.--Activité de l'Empereur.--Les fêtes de Pâques 1811.--Napoléon prépare l'évacuation du duché et reporte sur l'Oder sa ligne de défense.--Davout invité à se diriger entuellement sur ce fleuve.--Mesures prises pour le renforcer et le soutenir.--Négociations avec l'Autriche, la Prusse, la Suède et la Turquie.--Napoléon ne renonce pas à éviter la guerre.--Ses efforts persévérants pour s'éclairer sur les désirs et les prétentions d'Alexandre.--Lettre inédite à Caulaincourt.--On cherche à faire parler Tchernitchef.--Chasse du 16 avril.--Visite matinale de Duroc. --Tchernitchef ne se laisse tirer aucune parole positive.--Changement dans le ministère.--Le duc de Bassano substitué au duc de Cadore.--Seconde lettre à Caulaincourt: si ce que les Russes désirent est faisable, cela sera fait.--Napoléon reste en garde: la Prusse et la frontière russe en observation.--Avis plus rassurants: phénomène d'optique: l'agitation des Polonais s'apaise.--Napoléon interrompt ses négociations avec l'Autriche, la Prusse, la Suède et la Turquie.--Il modère ses préparatifs militaires sans les discontinuer.--Doutes qu'il conserve sur les causes de l'alerte: il tient passionnément à pénétrer le secret de la Russie.
I
Depuis quelques jours, l'attente d'un grand événement tenait en émoi Paris et la France: la grossesse de l'Impératrice touchait à son terme. Quand le moment parut tout à fait prochain, la vie de la capitale s'interrompit; les affaires furent suspendues, les ateliers chômèrent, chacun quitta son travail ou ses plaisirs; inoccupée et désoeuvrée, la population cherchait à distraire son impatience par des prévisions, des pronostics, des gageures. A la Bourse, «où les sentiments sont les intérêts [160]», les transactions ordinaires avaient cessé, mais la spéculation aventurait de grosses sommes sur le sexe de l'enfant à naître.
[Note 160: ] [ (retour) ] Bulletins de police, 7 mars 1811. Archives nationales, AF, IV, 1514.
Le 19 mars au soir, l'Impératrice commença à souffrir; le lendemain matin, la ville entière était sur pied, la foule encombrait les rues, les places, les quais, les abords des Tuileries, compacte et muette. A dix heures, le canon se mit à tonner, annonçant l'accouchement: il devait tirer vingt et une fois pour une fille, cent une fois pour un fils. Au premier coup, la circulation s'arrêta dans les rues: chacun resta immobile, figé dans l'attitude prise, dans le geste commencé, et à chaque détonation nouvelle répondait un battement de coeur de la grande cité. Les secondes qui s'écoulèrent après le vingt et unième coup parurent un siècle: enfin, le vingt-deuxième retentit, lança dans l'air la triomphante nouvelle, annonça à la ville et au monde la naissance d'un fils de France qui trouvait dans son berceau une couronne de roi et la promesse de l'Empire. Alors, un formidable cri de «Vive l'Empereur!» s'échappa d'un million de poitrines. Bientôt, d'un bout à l'autre du pays, ce furent un enthousiasme presque unanime, une effusion générale. Pour quelques jours, les dissidences se turent, les querelles s'apaisèrent, les ennemis cessèrent de se haïr [161]: la confiance se releva: la majorité des Français croyait encore en l'Empereur, elle se mit à croire en l'Empire. Tandis que la joie et l'obséquiosité se manifestaient sous mille formes, par des illuminations spontanées, par des pièces de circonstance improvisées dans tous les théâtres, par un déluge d'odes et de cantates, tandis que les congratulations officielles se succédaient, tandis que l'étiquette obligeait les dames présentées à la cour à venir chaque matin en grande toilette prendre des nouvelles de l'Impératrice et s'inscrire au château, tandis que les corps constitués traversaient Paris en équipages de gala pour porter au maître leurs félicitations ampoulées, lui, le front rayonnant, les yeux humides, le verbe familier et vibrant, se montrait largement et simplement heureux. Il était heureux comme homme, heureux comme chef et fondateur d'État. Son coeur s'attendrissait devant ce petit être vers qui allaient d'un élan passionné les tendresses de son âme, faite pour éprouver à un degré extraordinaire tous les sentiments humains. Puis, en ce berceau sur lequel l'aigle veillait, il croyait trouver pour sa race et son oeuvre un gage de perpétuité. Par des largesses, des bienfaits, des pardons, il ajoutait au bonheur des humbles, augmentait l'allégresse de ces instants qui tiraient momentanément la France de ses incertitudes et de ses souffrances, qui l'arrachaient du présent pour la faire vivre dans l'avenir, un avenir qu'elle voulait se figurer radieux et calme.
[Note 161: ] [ (retour) ] Bulletin de police du 20 mars: « A la Halle, deux portefaix s'étaient pris de querelle et allaient se battre, lorsque le premier coup de canon a été entendu; ils ont suspendu leur querelle pour compter les coups, et au vingt-deuxième ils se sont embrassés.» Archives nationales, AF, IV, 1514.
Ce fut en ces jours qu'arrivèrent du Nord les premiers bruits inquiétants. L'ennemi reparaissait à l'horizon: l'ennemi, c'est-à-dire la guerre, qui avait fait des Français le peuple-roi, et qui leur apparaissait aujourd'hui, par ses reprises continuelles et ses cruautés croissantes, comme le principe de leurs maux. La menace était encore à peine sensible: ce n'était qu'un avertissement lointain, un murmure d'alarme, venant de ces régions de la Vistule qui marquaient la frontière stratégique de l'Empire. Les Polonais de Varsovie, malgré le soin que mettaient leurs voisins à se cacher d'eux, commençaient à remarquer quelques mouvements suspects. Leurs regards dépassaient avec peine la frontière étroitement gardée: néanmoins, derrière ce voile, ils voyaient passer et repasser des ombres menaçantes, des formes d'armées se dessiner confusément et grandir. Avertis par l'instinct de conservation, ils sentaient qu'un péril se levait en face d'eux et appelaient à l'aide. Les autorités ducales s'adressaient à tout le monde, écrivaient à Dresde, à Dantzick, à Hambourg, informaient la cour suzeraine, le général Rapp, le maréchal Davout. Le prince Poniatowski, ministre de la guerre et général en chef de l'armée, envoyait un de ses aides de camp à Paris prévenir l'Empereur [162].
[Note 162: ] [ (retour) ] Correspondance de Serra, résident de France à Varsovie, février et mars 1811, passim. Lettres de Poniatowski, lettres de Rapp, feuilles de renseignements, avis divers transmis par Davout avec ses lettres à l'Empereur des 17, 24 et 31 mars. Archives nationales, AF, IV, carton n° 1653: ce carton contient un volumineux dossier de pièces relatives à l'alerte d'avril 1811.
Mais les Polonais avaient tant de fois dénoncé d'irréels périls qu'ils avaient épuisé l'intérêt et lassé l'attention. On connaissait leur tempérament impressionnable et nerveux, leur esprit exalté; on savait que leur imagination se créait volontiers des fantômes, et que ce verre grossissant décuplait tout à leurs yeux: pour une fois qu'ils voyaient juste et disaient vrai, ils n'arrivaient plus à se faire croire. Par acquit de conscience, Davout prescrivait à Rapp, plus rapproché que lui de la frontière, de s'éclairer et d'envoyer discrètement des officiers en reconnaissance; mais il se refusait, jusqu'à plus ample informé, à prendre l'alarme. Il reprochait un manque total de discernement aux divers chefs varsoviens, à Poniatowski comme aux autres: «Lorsque j'étais à Varsovie, écrivait-il en invoquant d'anciens souvenirs, on se servait de lui pour me faire les rapports les plus extravagants [163].» Malgré l'estime qu'inspirait leur bravoure, les Polonais n'avaient pas réussi à se rendre populaires dans notre armée; leurs revendications tapageuses, leur manie de se plaindre à tout propos, leurs continuelles demandes d'argent importunaient: on avait peine à les prendre au sérieux, en dehors du champ de bataille.
[Note 163: ] [ (retour) ] Davout à l'Empereur, 31 mars 1811. Archives nationales, AF, IV, 1653.
Peu à peu, d'autres avis vinrent jusqu'à un certain point corroborer leurs dires. Ces nouvelles arrivaient à la fois du Nord et du Sud, des deux pays le mieux placés pour observer ce qui se passait dans l'empire russe. Notre ministre en Suède signalait sur le bord opposé de la Baltique, en Finlande, des déplacements de troupes, un défilé d'hommes et de matériel se dirigeant vers le Sud: il croyait à la reprise de relations entre la Russie et l'Angleterre, à un va-et-vient d'émissaires. A la vérité, notre légation de Stockholm ne parlait que par ouï-dire, d'après des renseignements détaillés et romanesques que Bernadotte lui faisait complaisamment passer, et il était fort possible que le prince royal prêtât au Tsar d'agressifs desseins pour se rendre plus utile à l'Empereur et se vendre plus cher. En Orient, nos agents invoquaient le témoignage de leurs propres yeux. Notre consul de Bucharest, qui résidait dans un pays occupé par les Russes et vivait au milieu d'eux, voyait chaque jour des régiments, des brigades, des divisions quitter les bords du Danube et se reporter vers les provinces polonaises. Pour que la Russie s'ôtât ainsi les moyens d'arracher aux Turcs la cession des Principautés, pour qu'elle renonçât à ses espérances et à ses poursuites en Orient, il fallait qu'elle se crût elle-même menacée ou qu'elle eût brusquement déplacé ses ambitions, qu'elle nourrît d'insidieux projets ou qu'elle eût bien peur.
Cette dernière hypothèse est la seule qui paraisse d'abord vraisemblable à l'Empereur. Quand on lui parle de projets sur le duché et de brusque invasion, il accueille ces propos avec un haussement d'épaules, avec un sourire d'incrédulité: le souverain et le cabinet de Russie ne l'ont point habitué à de pareils coups de tête: «Ils n'oseraient», semble-t-il dire. Si la Russie arme, c'est sans doute qu'elle a eu vent de nos propres préparatifs militaires, si discrets et rudimentaires qu'ils soient. Observant le grossissement graduel du premier corps, l'envoi à Dantzick de renforts divers, elle se croit plus près d'être attaquée et prend précipitamment quelques mesures. Pour dissiper cette alarme, Napoléon ordonne à Champagny de mentir plus soigneusement à Kourakine, de répéter avec un grand luxe de détails que la nouvelle garnison de Dantzick est destinée à empêcher un débarquement des Anglais [164]. Caulaincourt est chargé de tenir un langage des plus pacifiques, en attendant que son successeur Lauriston vienne renouveler les mêmes assurances avec l'autorité d'un homme muni d'instructions toutes fraîches. Par quelques explications émollientes, Napoléon s'efforce de calmer une fermentation qu'il juge regrettable, mais encore superficielle et peu grave.
[Note 164: ] [ (retour) ] Corresp., 17523.
Dans les premiers jours d'avril, les armements de la Russie retentirent si haut qu'il devint impossible d'en méconnaître l'importance. L'écho nous en arrivait de toutes parts, plus net, plus distinct, forçant l'attention. Tandis que les Polonais vivaient dans les transes et renouvelaient leurs signaux de détresse, on voyait clairement de Stockholm la Finlande se vider de soldats. En Orient, au dire de nos agents, c'est maintenant le gros de l'armée russe, ce sont cinq divisions sur neuf, cinq divisions portées au delà de leurs effectifs réglementaires par des prélèvements opérés sur les autres, qui font demi-tour, qui reviennent à marches forcées vers la frontière occidentale de l'empire: et cette volte-face militaire, indice d'un changement de front politique, apparaît à Napoléon comme le fait significatif entre tous et suspect.
D'ailleurs, l'Europe entière commence à parler d'une guerre dont la Russie prendrait l'initiative: nos amis, nos agents s'émeuvent et se croient tenus d'avertir. À Paris, le ministre de la police passe ses soirées et brûle ses yeux à lire des rapports inquiétants; le ministre des relations extérieures trouve dans les correspondances de Dresde, de Vienne, de Berlin, de Copenhague, la confirmation des faits signalés par celles du Nord et de l'Orient. Les bruits de guerre transpirent même dans le public: la Bourse s'émeut, les cours baissent: chacun s'aperçoit qu'un orage se forme au Nord et monte sur l'horizon. Seule, l'ambassade française à Pétersbourg conserve une impassible sérénité: elle ne voit rien, n'entend rien, vit dans un nuage: elle ignore qu'autour d'elle, dans le vaste empire dont elle a la surveillance, tout se lève et marche, qu'une impulsion continue se fait sentir, que la Russie porte et groupe toutes ses forces sur un point de sa frontière, celui qui confine à la Pologne varsovienne.
Dans ces conditions, une surprise du grand-duché devenait moins impossible. À supposer toujours que l'empereur Alexandre n'obéit à aucune intention préméditée d'offensive, résisterait-il à se servir de ses troupes lorsqu'il les tiendrait sous sa main, lorsqu'il les verrait toutes rassemblées, rangées en bel ordre, effleurant la faible armée du duché, qui s'offre comme une proie? La guerre est proche dès que les armées sont en présence: elle naît alors du moindre incident, d'un heurt fortuit d'où jaillit l'étincelle incendiaire. Depuis plusieurs mois, on allait incontestablement à la guerre; on y court aujourd'hui.
Napoléon se décide enfin à prendre quelques mesures de précaution immédiate. Il accélère la marche des contingents allemands dirigés sur Dantzick, stimule l'activité des princes appelés à les fournir, gourmande les retardataires. Davout devra, si les circonstances l'exigent, se porter «à tire-d'aile» vers l'Oder et la Vistule, par Stettin, le Mecklembourg et la Poméranie: le premier corps traverserait tout cet espace «en masse et avec rapidité, marchant comme en temps de guerre et sur trois colonnes [165]».--«Mais nous n'en sommes pas encore là», se hâte d'ajouter l'Empereur. Néanmoins, il songe à opérer d'urgence quelques rassemblements derrière le Rhin et les Alpes.
[Note 165: ] [ (retour) ] Corresp., 17566.
Puis, par une répercussion naturelle, les inquiétudes que lui donne la Russie se traduisent en avances un peu plus marquées aux États qui peuvent le servir contre elle. Le 5 avril, dans une conversation avec le prince de Schwartzenberg, ambassadeur d'Autriche, il prononce pour la première fois le mot d'alliance positive et exprime le désir d'avoir à sa disposition, en cas de besoin, un corps auxiliaire [166]. Il dédaigne moins les avances de la Prusse et permet à Saint-Marsan, son représentant auprès d'elle, d'entrer en conversation [167]. Dans le Nord, Alquier est invité à prêter une oreille plus attentive aux propositions de Bernadotte et à découvrir positivement «ce que l'on veut [168]». Champagny prépare un projet de dépêche pour Latour-Maubourg, notre chargé d'affaires à Constantinople: cet agent devra s'ouvrir un peu plus aux ministres de la Porte, en y mettant toujours beaucoup de prudence: «Nous ne sommes pas en guerre avec la Russie, dit le projet. L'Empereur ne veut pas cette guerre nouvelle; la Russie la craint sûrement, bien loin de la désirer. L'alliance existe encore entre les deux gouvernements, l'apparence doit en être soigneusement conservée. Vous devez donc bien vous garder d'aucune démarche patente que la Russie pourrait regarder comme dirigée contre elle. Cependant, préparez le lien qui devrait unir la France et la Turquie, si la guerre venait à éclater, et aplanissez dans le silence tous les obstacles qui pourraient s'opposer à l'intime union des deux puissances [169].» Napoléon veut se mettre à même de jeter la Turquie, comme la Suède, sur le flanc des armées russes, s'il leur prend fantaisie de marcher sur Varsovie.
[Note 166: ] [ (retour) ] Helfert, 197-200.
[Note 167: ] [ (retour) ] Corresp., 17581.
[Note 169: ] [ (retour) ] Archives des affaires étrangères, Turquie, 221.
Cette irruption n'en serait pas moins pour lui le pire des contretemps: elle dérangerait tout l'avenir tel qu'il le compose dans sa pensée, et la déplaisance qu'il éprouverait à improviser une guerre le pousse à traiter plus sérieusement avec la Russie. Tant qu'il a cru à la possibilité de reporter la crise à l'année suivante, c'est-à-dire à une époque où il aurait en main l'ensemble de ses moyens, il n'a guère admis qu'une solution radicale et tout à son avantage, une guerre qui jetterait la Russie à ses pieds ou une capitulation de cette puissance devant le simple déploiement de nos forces. Aujourd'hui, comme la crise se produit prématurément et le prend au dépourvu, il ne repousse plus l'idée d'un dénouement à l'amiable; il incline de son côté à transiger, à faire droit dans une certaine mesure aux demandes de l'adversaire, pourvu qu'il n'en coûte pas trop à son orgueil et à sa politique. Ces aspirations allaient-elles s'accorder avec les velléités de même ordre nées un peu plus tôt dans l'esprit d'Alexandre, interrompre le conflit et sauver la paix?