LA DUCHESSE DE GUISE

Eh bien, oui, je vous aime! et depuis longtemps. Que de combats je me suis livrés pour fuir vos yeux, pour m'éloigner de votre voix! Vos regards, vos paroles me poursuivaient partout. Non! pour nous, la société n'a plus de liens, le monde n'a plus de préjugés… Ecoute-moi donc: oui, oui, je t'aime…Ici, dans cette même chambre, que de fois j'ai fui un monde que ton absence dépeuplait pour moi! que de fois je suis venue m'isoler avec mon amour et mes pleurs! Et, alors, je revoyais tes yeux, j'entendais encore tes paroles, et je te répondais. Eh bien, ces moments, ils ont été les plus doux de ma vie.

SAINT-MEGRIN

Oh! assez! assez! tu ne veux donc pas que je puisse mourir?… Malédiction!…Là, toutes les félicités de la terre, et là, la mort, l'enfer…Oh! tais-toi, ne me dis plus que tu m'aimes…Avec ta haine, j'aurais bravé leurs poignards; et, maintenant, ah! je crois que j'ai peur! Tais-toi! tais-toi!