LA DUCHESSE DE GUISE
Donnez à Arthur, il les lira.
ARTHUR, lisant
Mignonne, allons voir si la rose
Qui, ce matin, avoit desclose
Sa robe de pourpre au soleil
N'a point perdu, cette vesprée,
Les plis de sa robe pourprée
Et son teint au vostre pareil.
Las! voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a, dessus la place,
Là, là, ses beautés laissé choir.
O vrayment marastre nature!
Puisqu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir!
Or donc, écoutez-moi, mignonne,
Tandis que votre âge fleuronne,
Dans sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez votre jeunesse;
Comme à cette fleur, la vieillesse
Fera ternir votre beauté.
LA DUCHESSE DE GUISE, toujours distraite
Mais il me semble qu'ils sont bien, ces vers.
ARTHUR
Oh! M. de Saint-Mégrin en fait au moins d'aussi jolis…