Notes de bas de page
[1] Ce nom lui fut donné pour sa valeur et un caractère trop ferme, qui fut son seul crime.
[2] On nommait ainsi par abréviation le grand écuyer Cinq-Mars. Ce nom reviendra souvent dans le cours du récit.
[3] Dans le long siège de cette ville, on donna ce nom à M. de Richelieu pour tourner en ridicule son obstination à commander comme général en chef et s’attribuer le mérite de la prise de la Rochelle.
[4] Il se nommait Laporte. Ni la crainte des supplices, ni l’espoir de l’or du Cardinal ne lui arrachèrent un mot des secrets de la Reine.
[5] Lisez l’Astrée (s’il est possible).
[6] Un édit de 1639 avait déterminé le costume de la cour. Il était simple et noir.
[7] Milton passa en cette année même à Paris, en retournant d’Italie en Angleterre. (Voyez Teland’s Life of Milton.)
[8] Lisez la Clélie, t. I.
[9] Termes des ligueurs.
[10] D’Olivarès, comte-duc de San-Lucar.
[11] Cette sorte de prédiction en calembours fut publique trois mois avant la conjuration.
Rive où Laure égarait ses pas et ses pensées,
Qui de sa voix touchante écoutais les accents:
Fleurs qui de vos parfums lui présentiez l’encens,
Que ses pieds délicats ont doucement pressées.
Pétrarque, trad. de Saint-Geniez.
[13] La fille.
[14] Petit bonnet de laine.
[15] Noms des chemins qui mènent d’Espagne en France par les Pyrénées.
[16] Exclamation et jurement habituel et intraduisible.
[17] Sorte de ballade.
[18] Servante.
[19] Aucune expression française ne peut représenter la précision énergique de cette romance espagnole. Il faut l’entendre chanter par la voix nasillarde et éclatante, dure et molle, vive et nonchalante tour à tour de quelque Andalous qui caresse de l’extrémité des doigts les cordes d’une petite guitare. Le mouvement est celui d’une danse, et les pensées celles d’un chant de guerre.
Yo que soy contrabandista
Y campo por mi respecto,
A todos los désafio
Pues a nadie tengo miedo.
Ay, jaleo! Muchachas.
Quien me marca un hilo negro?
Mi caballo esta cansado,
Y yo me marcho corriendo.
Ay! ay! que viene la ronda,
Y se mueve el tiroteo;
Ay! ay! cavallito mio,
Ay! saca me deste aprieto.
Viva, viva mi cavallo,
Cavallo mio carreto:
Ay! jaleo! Muchachas, ay! jaleo...
[21] «Il vécut et mourut avec des brigands. Ne voilà-t-il pas une punition divine dans la famille de ce juge, pour expier en quelque façon la mort cruelle et impitoyable de ce pauvre Grandier, dont le sang crie vengeance?» (Patin, lettre LXV, du 22 décembre 1631.)
[22] Le 19 mai 1632.
[23] Voyez les Mémoires de Richelieu, Collection des Mémoires, t. XXVIII. p. 139.
COPIE TEXTUELLE DE LA CORRESPONDANCE DE MONSIEUR ET DU CARDINAL DE RICHELIEU.
A Monsieur de Chavigny.
«Monsieur de Chavigny,
«Encore que je croie que vous n’êtes pas satisfait de moy, et que véritablement vous en ayez sujet, je ne laisse pas de vous prier de travailler à mon accommodement avec Son Eminence, et d’attendre cet effet de la véritable affection que vous avez pour moy, qui, je crois, sera encore plus grande que votre colère. Vous sçavez le besoin que j’ai que vous me tiriez de la peine où je suis. Vous l’avez déjà fait deux fois auprès de Son Eminence. Je vous jure que ce sera la dernière fois que je vous donnerai de pareils employs.
«Gaston d’Orléans.»
A Son Excellence le Cardinal-Duc.
«Mon Cousin,
«Ce mesconnoissant M. le Grand est homme du monde le plus coupable de vous avoir dépleu; les grâces qu’il recevoit de Sa Majesté m’ont toujours fait garder de lui et de tous ses artifices; mais c’est pour vous, mon Cousin, que je conserve mon estime et mon amitié tout entière... Je suis touché d’un véritable repentir d’avoir encore manqué à la fidélité que je dois au Roy, mon seigneur, et je prends Dieu à témoin de la sincérité avec laquelle je serai toute ma vie le plus fidèle de vos amis, et avec la mesme passion que je suis,
«Mon Cousin,
«Votre affectionné Cousin,
«Gaston.»
Réponse du Cardinal.
«Monsieur,
«Puisque Dieu veut que les hommes aient recours à une ingénue et entière confession pour être absous de leurs fautes en ce monde, je vous enseigne le chemin que vous devez tenir pour vous tirer de peine. Votre Altesse a bien commencé, c’est à elle d’achever. C’est tout ce que je puis vous dire.
[27] En 1638, le prince Thomas ayant fait lever le siége d’Hesdin, le Cardinal en fut très peiné. Une religieuse du couvent du Mont-Calvaire avait dit que la victoire seroit au Roy, et le père Joseph vouloit ainsi que l’on crût que le Ciel protégeoit le ministre.
(Mémoires pour l’histoire du Cardinal de Richelieu.)
[28] En 1639, le Roi consulta son conseil sur la supplique de sa mère exilée pour rentrer en France; Richelieu répondit:
«Qui peut douter qu’il ne soit permis à un prince de se séparer d’une mère pour des considérations importantes?... Le Fils de Dieu n’a point fait difficulté de se séparer un temps de sa mère et de la laisser en peine quelques jours. La réponse qu’il fit à sa mère, lorsqu’elle s’en plaignoit, apprend aux Roys que ceux à qui Dieu a commis le soin du bien général d’un royaume doivent toujours le préférer à toutes les obligations particulières.»
(Relation de M. de Fontrailles.)
[29] Les articles de ce traité sont rapportés en détail dans la Relation de Fontrailles. V. les notes.
[30] Mémoires de Sully, 1595.
[31] Manuscrit de Pointis, 1642, no 183.
[32] Mémoires d’Anne d’Autriche, 1642.
[33] Maison qui appartenait à un abbé d’Esnay, frère de M. de Villeroy, dit Montrésor.
[34] Voir la [copie de cette lettre] à Mme la princesse de Guéménée, dans les notes à la fin du volume.
[35] Le portrait en pied de M. de Cinq-Mars est conservé dans le musée de Versailles.
[36] Le Roi donna au Cardinal, en 1626, une garde de deux cents Arquebusiers; en 1632, quatre cents Mousquetaires à pied; en 1638, deux compagnies de Gens d’armes et de Chevau-légers furent formées par lui.
[37] Il avait donné au Roi, sous réserve d’usufruit durant sa vie, ce palais avec ses dépendances, comme aussi sa magnifique chapelle de diamants, avec son grand buffet d’argent ciselé, pesant trois mille marcs, et son grand diamant en forme de cœur, pesant plus de vingt carats; M. de Chavigny accepta cette donation pour le Roi.
(Histoire du père Joseph.)
[38] Cette gravure existe encore.
[39] Chant des guerres civiles. (Voy. Mém. de la Ligue.)
[40] On appelait le Parlement Sénat. Il existe des lettres adressées à Monseigneur de Harlay, prince du Sénat de Paris et premier juge du royaume.
[41] Le seigneur de Beaujeu eut le comté de La Marche (l’arrêt avait été prononcé en son nom); le chevalier de Bonsile, le comté de Castrée; Blosset, la vicomté Carlat; Louis de Graville, les villes de Nemours et de Pont-sur-Yonne; le seigneur de l’Isle eut la vicomté de Murat, etc.; et l’on regrette de voir, parmi les autres noms de ceux qui eurent part à la proie, Philippe de Comines partageant avec Jean de Daillon les biens de Tournai et du Tournaisis, qui avaient appartenu à ce duc de Nemours qu’ils venaient de condamner à mort.
[42] Dupuy rapporte dans ses Mémoires que lorsque l’exempt lui apporta la lettre du Chancelier qui lui apprenait l’arrêt:
«Et M. de Thou aussi! dit le Cardinal avec un air de satisfaction. M. le Chancelier m’a délivré d’un grand fardeau. Mais, Picaut, ils n’ont point de bourreau!»—On voit s’il pensait à tout.
[43] Voir interrogatoire et confrontation (12 septembre 1612), Journal de M. le Cardinal-Duc, écrit de sa main (p. 190).
[44] Voir l’interrogatoire et procès-verbaux instruits par M. le Chancelier, etc., 1612.
[45] Relation de M. de Fontrailles.
— Note de transcription détaillée —
Cette version électronique comporte les corrections suivantes:
- p. 64, «Louis XII» corrigé en «Louis XIII» («le buste [...] du roi Louis XIII», qui est aussi mentionné en page 120);
- p. 70, «tenait» corrigé en «tentait» («et tentait de cacher la surprise»);
- p. 159, «Ambijoux» corrigé en «Aubijoux» («N’est-ce pas, d’Aubijoux?»);
- p. 272, second «de» manquant ajouté dans «l’avis de la Reine-mère et de la cour»;
- p. 281/282, «chevaux» corrigé en «cheveux» («Les diamants ne vont bien qu’aux cheveux noirs»);
- p. 329, «dont» corrigé en «donc» («Le duc de Bragance donc»);
- p. 332, «même» corrigé en «mêmes» («dans les ressources mêmes qu’il inventait.»);
- p. 379, «même» corrigé en «mêmes» («ceux mêmes qui doivent affliger»);
- p. 450, «aimée» corrigé en «animée» («une voix forte et animée»).
Les variations dans l’orthographe et l’accentuation des mots n’ont pas été corrigées.
Dans la note en bas de la page 178 (ici note 7), «Teland’s Life of Milton» est vraisemblablement une erreur pour «Toland’s Life of Milton».