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«Insectes bourdonnants, assembleurs de nuages,
Vous prendrez-vous toujours au piége des images?
Me croyez-vous semblable aux dieux de vos tribus?
J'apparais à l'esprit, mais par mes attributs!
C'est dans l'entendement, que vous me verrez luire,
Tout œil me rétrécit qui croit me reproduire.
Ne mesurez jamais votre espace et le mien,
Si je n'étais pas tout je ne serais plus rien!
«Non ce second chaos qu'un panthéiste adore
Où dans l'immensité Dieu même s'évapore,
D'éléments confondus pêle-mêle brutal
Où le bien n'est plus bien, où le mal n'est plus mal;
Mais ce tout, centre-Dieu de l'âme universelle,
Subsistant dans son œuvre et subsistant sans elle:
Beauté, puissance, amour, intelligence et loi,
Et n'enfantant de lui que pour jouir de soi!...
«Voilà la seule forme où je puis t'apparaître!
Je ne suis pas un être, ô mon fils! Je suis l'Être!
Plonge dans ma hauteur et dans ma profondeur,
Et conclus ma sagesse en pensant ma grandeur!
Tu creuseras en vain le ciel, la mer, la terre,
Pour m'y trouver un nom; je n'en ai qu'un... Mystère.
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«—Ô Mystère! lui dis-je, eh bien! sois donc ma foi...
Mystère, ô saint rapport du Créateur à moi!
Plus tes gouffres sont noirs, moins ils me sont funèbres;
J'en relève mon front ébloui de ténèbres!
Quand l'astre à l'horizon retire sa splendeur,
L'immensité de l'ombre atteste sa grandeur!
À cette obscurité notre foi se mesure,
Plus l'objet est divin, plus l'image est obscure.
Je renonce à chercher des yeux, des mains, des bras,
Et je dis: C'est bien toi, car je ne te vois pas!
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