XII

Cette passion de littérature et ce culte pour les grands esprits vivants ou morts ne s'amortit pas en moi pendant le long voyage d'Italie que je fis avant l'âge. J'avais vécu seul à Rome avec les livres pendant tout un hiver. Aymon de Virieu me rejoignit à Naples au printemps. On a pu voir, dans mon épisode si répandu de Graziella, que même dans les premiers frémissements de mon âme, au premier souffle d'une passion presque enfantine, la littérature et l'amour se confondaient presque indissolublement en moi, que nous avions toujours un poëte ou un historien dans notre barque, et que nous lisions Tacite ou Paul et Virginie le soir sous les figuiers de la maison du pêcheur de l'île, à la lueur de la lampe de la belle enfant d'Ischia.